L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1916, 08 Juin. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 30 novembre 2020, à https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/fr/pid/9k45q4sp03/
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ytCfflP Annee 694 S cents CIO Centimes) •Jeudi 8 Juin 1916 L'ECHO BELGE L'Union tait la Force «Journal Quotidien du iralin paraissant en Hollande Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N. 35. VOORBURGWAli 234-240, AMSTERDAM. Téléphone: 2797. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. _ , , „ „ . „ ( Charles Bernard, Charles Herbieî, Comité de Rédaction: ; „ , . ' „ . , f René Chambry, Emile Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal:N.Z.Voorburgwal 234-240, Amsterdam Téléphone: 177S. Abonnements: Hollandefl. 1.30 par mois. Etranger fi. 2.00 par mois Annonces: 15 cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. Lord Kitchener C'est un coup très dur, particulièrement injuste, et dont le retentissement sera grand, que porto aux Alliés la mort héroïque efc tragique de Lord Kitchener. Lorsque la nouvelle nous parvint, aucun de nous ne voulait y croire. On ne pouvait croire en effet que cette grande force, cette grand© volonté, ce grand cerveau, mis t~u3 trois au service d'une grande ©t noble idée, — que tout cela eût cessé d'exister, de s02u03.t7.re et de travailler. Et pourtant, lo .véinenti n'est pas venu, mais, hélas, les confirmations. Lord Kitchener est jn-'irt. Si nous ne savions pas nous-mêmes quelle a été sa véritable grandeur, la crainte qu'il inspirait aux Allemands nous eût renseignes. Ils savaient, comme nous savons, son merveilleux génie d'organisateur, son talent de capitaine et d'entraîneur d'hommes, la haute conscience qu'il avait de son rôle et de son action, devant son pays, devant les Alliés et devant l'histoire; et il n'est que trop certain que la disparition de cet homme causera à nos ennemis une immense satisfaction. En lui s'incarnait le militarisme anglais, ce militarisme qui est aux antipodes mêmes du militarisme prussien, hargneux, féroce, querelleur et avide, — et qui est celui imposé aux honnêtes gens qui ne sont pas mûrs encore pour la servitude et le joug par le voisinage dangereux d'éternels traî-neura de sabre et de chantres exaspérés d'une hégémonie scélérate; oe militarisme-là est un militarisme de défense. Le militarisme prussien est un militarisme d'attaque et de provocation. Kitchener est mort, suivant de moins de deux ans cet autre grand soldat anglais, le maréchal Roberts. Eu ces deux hommes vivait et agissait la grande pensée et la crainte d'une attaque possible de l'Allemagne contre la Grande-Bretagne. Lord Roberts a consacré ses forces et sa lucidité, si complètes encore et si belles,"au soir même de sa vie, à avertir les Anglais de ce qui se (ramait contre eux, et contre leurs libertés, , àe l'autre côté de la mer du Nord. Nous j savons de reste qu'on l'écouta peu. On écoute peu les Cassandre. Et c'est à Lord Kitchener que revint l'honneur et la gloire d'organiser, de créer et d'envoyer aux tran- ! chées cette armée que réclamait Lord ! Roberts et,qu'on lui refusa. C'est le second de ces deux hommes qui a eu de beaucoup la tâche la plus difficile. On sait comment *il s'en est tiré. Il a commencé par parler le moins possible, ce qui est excellent pour un organisateur. Mais il a travaillé formidablement. Il s'est mis au service de son pays avec un désintéressement et une impétuosité admirables. Lui, maréchal glorieux et populaire, doté d'un commandement de tout repos en Egypte, il eût pu glaner de faciles lauriers en commandant ses troupes contre l'ennemi turc préparant déjà sa trahison par une sournoise attaque contre Suez. Il a préféré jouer la difficulté. Il a réussi. Il a doté l'Angleterre d'une armée numériquement égale à l'armée française. Il a fouetté l'imagination et le patriotisme anglais au point de lui rendre facile le sacrifice suprême qu'on exige d'un soldat aux heures de danger. Il a surtout haussé incomparablement l'idéal national, britannique et a donné au plus obscur Teddy la volonté de n'être pas seulement un bon Anglais, mais un bon Européen. Kitchener a transformé l'Angleterre en un camp. Il a fait sortir de cette terre riche et heureuse, et qui se croyait à l'abri de toute attaque 3. cause de son insularité, cinq millions d'hommes terriblement décidés* à donner aux Allemands la leçon qu'ils ont si copieusement méritée. Comparez l'Angleterre de juin 1914 à celle d'aujourd'hui, l'Angleterre confiante et un peu étourdie par sa prospérité, refusant tout espèce de ,,grande armée" et se contentant d'un corps expéditionnaire de moins de cent mille hommes pour affirmer, avec sa flotte, sa puissance dans le monde; et celle d'aujourd'hui armée, cuirassée, héroïque et formidable, mue par une seule pensée, qui est la pensée de vaincre, quel que soit le prix de la victoire 1 Ce changement profond dans le3 moeurs et la façon de penser de l'Angleterre, c'est l'oeuvre de Kitchener. C'est pour jvoir fait accepter à l'Angleterre l'idée — révolutionnaire pour les Anglais — que seuls sont dignes de la liberté les peuples qui peuvent défendre cette liberté les armes à la main, qu'il restera dans l'histoire de ces temps héroïques comme une des plus extraordinaires incarnatipns du génie d'organisation qu'on ait jamais vues. Il a eu des défauts, certes, et il a commis des erreurs. Mais erreurs et défauts 11e pèsent pas lourd dans la balance à côté de ses mérites éclatant? Quels que puissent être les déboires de de main, quellés que soient les déoeptions qu peut-être à l'heure actuelle entament le énergies et incitent à des jugements témérai l'es et passionnés n'oublions pas, n'oublions jamais que Lord Kitchener a su faire de l'Angleterre, alliée incomparable sur mer, î une alliée précieuse dans les combats militaires. Demain, les soldats de l'armée de ce grand oapitaine, ayant sa mort à venger, nous montreront de quoi ils sont capables. Nous avpns confiance. Ils seront dignes du grand homme qui les a mis au service de la grande et sainte cause des Alliés! Si grand que soit le chagrin que nous éprouvons en présence de la mort de Lord Kitchener, si grande que soit la perte que fout les Alliés par 1$ disparition d'un tel homme, il faut le dire tout de suite: cett mort, cette disparation n'aura suouu influence sérieuse sur la conduite des ope rations. Il y a un an, la mort de Kitchene eût été sans doute, un désastre pour l'Angle terre. Aujourd'hui que l'oeuvre du mare chai est accomplie elle n'est plus qu'un grande douleur. L'oeuvre de Kitchener, e] effet, est terminée, sa tâche est remplie. So: armée existe, elle est prête, elle combat, ell tombe, elle résiste, elle souffre, elle avance elle vainc ! Rien ne pourra plus ni la dé truire, ni l'arrêter, et, lorsque la victoir< sera remportée, qui confirmera nos espé rances, ce sera ,,l'armée de Kitchener" comme on l'appelle en Angleterre, qui avec les armées des autres pays alliés, aurj frappé, à l'heure choisie, le coup décisif e terminal. Kitchener mort, la tâche conti nue, qu'il a préparée et facilitée incom parablement. Mniâ quel malheureux coude la destinée que cet homme qui avai tant fait pour la victoire commune n'ai pu assister, comme il le méritait, à la réaji sation de cette v'etoire? Comme un bon e puissant ouvrier, il s'endort au crépuscul de sa vie, ayant creusé son glorieux sillor et laissant un grand exemple. Ayant véci en héros, il meurt en héros. Il lui aura ét< donné de vivre des heures exaltantes d< travail et de création, et il aura vu, avant d< fermer pour toujours ses yeux-clairvoyants l'aurore, pâle encore, mais certaine, dt jour auguste de la victoire. Mais l'ayant vue, cette aurore, et recon nue, il se sera endormi tranquille. René Feibelman , » jMm Un nouveau livre de M. Waxweilei M. le professeur E. Waxweiler, de Bruxel les, l'auteur de la ,,Belgique neutre ei loyale", vient de faire paraître une repli que aux accusations que l'Allemagne por siste à répandre chez les neutres contre le Belgique. Ce nouveau travail, intitulé ,,Le Procè; de la Neutralité belge" 1), so distingue comme le piécédent, par la haute tenue d< l'exposé, le soin de la documentation l'absence de toute passion. S'appuyant exclusivement sur des faits dont plusieurs sont empruntés à des source; qui n'ont pas été livrées à la publicité, M Waxweiler fait péremptoirement justice de: griefs que l'on adresse à son pays. Son premier chapitre sera pour beaucoup une révélation; il trace une esquisse de te politique extérieure de la Belgique depuif le3 premières années de son indépendance et il montre comment, à travers les hostilités et les convoitises, la Belgique* a su prendre une attitude qui se ramenait essentiellement à ce programme: ,,Pas d'inféoda-tion."C'est, d'ailleurs, la pensés fondamentale qui traverse tout l'ouvrage; qu'il s'agisse do la discussion des imputations faites à la Belgique au sujet de ses relations avec l'Angleterre et la France, ou de la justification de la résistance qu'elle a opposée, le 2 août 1914, à la demande de l'Allemagne, ou, enfin, de l'analyse des obligations que lui imposait sa neutralité permanente, toujours l'auteur affirme qu'à côté du sentiment de son honneur, les intérêts vitaux de la Belgique lui commandaient de garder sa pleine autonomie. La Belgique n'est pas une création artificielle: elle puise en elle-même les éléments de son épanouissement comme nation indépendante. Des extraits de mémoires diplomatiques confidentiels, des «vis émanant de l'ancien chef d'état-major belge qui eut, en 1906, les conversations que l'on sait avec un attaché militaire anglais; des renseignements décisifs fournis par le grand quartier général des armées françaises de l'Est, sur les cantonnements des troupes que l'on a prétendu avoir vues en Belgique avant l'ouverture des hostilités; un commentaire, accompagné d'une carte très suggestive, des premières mesures prises par le haut commandement de l'armée belge: tous ces documents, nouveaux et clairement présentés, achèvent de donner au livre de M. Waxweiler une importance capitale. 1) Un volume in-8, 136 pages, avec 3 fac-similés et 1 carte. En vente à la Librairie Belge, Jac. Catskade 52, Amsterdam. Prix: f). 1.15. Tout ça pour rien! Les Allemands ont fomenté durant cette guerre de nombreuses révoltes et rébellions non seulement contre les Alliés dans leurs colonies mais aussi contre les nations neutres. Ce sont : les Sin Feiners en Irlande, les Arabes en Tunisie, les berbères contre la France au Maroc, •*s officiers égyptiens et les ,,nationalistes" ontre l'Angleterre, les Boers dans la colonie lu Cap, les Senoussis et les Berbères contre .'Italie en Tripolitaine, la polide Sikh contre 'Angleterre à Singapour, les Germano-Américains au Canada, les Hindous contre l'Angleterre dans l'Hindoustan, les Musulmans contre la Russie au Caucase, les bandits bakhtiari contre le Gouvernement persan, les Polonais et les lettons contre la Russie, les Flamingo-boche? contre le Gouvernement belge, les indigènes congolais contre la Belgique, les indigènes cl'Angola contre le Portugal, les tribus païennes de la Nigérie septentrionale contre l'Angleterre, les Javanais contre la Hollande dans les Indes orientales, les visées impériales du président chinois Yuan, le général mexicain Villa contre les Américains, les Albanais1 contre le Monténégro. Et toutes ces machinations ont en lo même succès!... Il faudra trouver autre chose» En Belgique. ^ Le Régime de la Terreur j n A Liège, les juges allemands prétendent n faire respecter leurs compatriotes. Tâche ardue, e sinon impossible. Et, parmi un nombre resppe-», table de condamnations de fraîche date, nous croyons bon de mentionner celles-ci: e Henriette Fonsny, *30 marks ou six jours pour avoir été impolie (sic) à la poste aile- ; mande de Verviers. Ernest Reymen, 3 mois pour avoir détenu L' des armes et des munitions. La confiscation a est ordonnée. it François Poel, 4 semaines pour avoir détenu l- un vieux revolver. Saisie ordonnée. L- Mathilde Schmorrenberg a possédé des cou-p pures d'écrits germanophobes. Confiscation ^ ordonnée. , Joseph Caccini, sujet suisse, 100 marks ou 10 jours, et. Alphonse Muytens, 200 marks (1 L" jour par 5 marks) et Mme Deschamps 200 !t marks (1 jour par 5 marks), tous pour avoir e exposé publiquement le portrait d'une per-1 sonne fusillée pour espionnage et' avoir fait _x suivre d'une petite notice. q Joseph Legrand, 100 marks (1 jour par o : e marks) et Anna Barthélemi, 200 marks (I jour par 10 marks) pour incitation dans l'affaire précédente. ' Vve Jean Fr., Charlier, née Antoine, à Hou-1 tain St.-Simon, 400 marks (1 jour par 10 marks) pour avoir envoyé de l'argent en An-- gleterre par l'intermédiaire d'une banque suisse. Joseph Rémion, pour attitude incorrecte vis-à-vis d'un sous-officier allemand 5 jours. Théophile Grosjean, 5 jours, pour attitude incorrecte ,vis-à-vi6 d'un officier allemand. r Louis Roch, 2 semaines, pour avoir falsifié sa carte d'identité. • Marcel Quaden et Marie-Julienne Debattice, chacun 10 marks ou 2 jours pour circulation t dans la. zone frontière sans passeport. Jean Crutzon, 5 jours d'arrêt, même motif. * * # 1 A Anvers, le bruit court de l'arrestation de M. Jean Collignon, directeur de la firme Col-3 lignon et Cie. On n'qn donne pas les motifs. , Nous, publions cette nouvelle s&us réserves, q n'ayant pu prendre encore les informations nécessaires.> * * * Le tribunal de Namur est parmi les plus oe-' cupé. £1 ,,recherche" les affaires, comme s'il y b' avait des-primes affectées aux jupes qui auront le plus grand nombre de condamnations 3 prononcées à leur actif. Sport et distraction ! C'est, sans doute, pour ce motif que : 5 ,, Maurice Detalle, à Namur, rue de Baumel, x 3o, Fernand Massaux. à St-Servais, rue de Gembloux, et Célestin Dieudonné, à St-Servais, 5 rue des Trois Pilliers, 56. sont condamnés cha-5 cun à trois semaines de détention pour avoir 5 propagé dos pamphlets germanophobes, s Anatole Charlier, à Fumay, de nationalité française, à 4 semaines de détention pour avoir manifesté des sentiments hostiles envers les Allemands; Le 10 mai 1916, il a offensé, (sic) k dans un café, le marchand de journaux Victor ' Canelle et a dit, entr'autres. que le journal * .,L'Ami de l'Ordre" que Capellc tient en ven-1 te, et qui paraît sous les auspices du gouver-ï nement allemand, ne répand que des mensonges. Retenons le nom du mouchard Victor Ca-pelle ; il est digne d'être boche ce marchand ' do journaux. Sept sujets allemands ont essayé de frauder sept chevaux à la frontière germa no-belge.,, Les chèvaux ont été saisis. Mais le tribunal ne 1 nous dit pas ce qu'il a décidé quant aux puni- • tions à infliger aux AÏÏejnands. Enfin, Victor Hosay est.condamné h 200 ,, marks ou à 1 jour par 10 marks -pour s'être soustrait à la livraison imposée de deux porcs destinés aux troupes allemandes. A Bruxelles M. Brand Whitloclc, l'honorable ministre des Etats-Unis à Bruxelles, a visité solennellement l'hôtel communal de St. Gilles. M. Bréart lui servait do guide. Des fleurs furent remises à Mme Brand Wliitlook et des paroles aimables furent échangées. M. Dumont, architecte du monument, était présent à la réception.Prochainement le marquis de Villalobar, ministre d'Espagne, sera reçu par la municipalité de St. Gilles à l'hôtel communal. • • • Peu après leur fâcheuse entrée, les Boches ont obligé les Bruxellois à adopter ce qu'ils appelaient l'heure do l'Europe centrale. A présent) ils viennent d'avancer cette heure de soixante minutes, ce qui fait que, lorsqu'il est en réalité cinq heures du matin, nos horloges marquent déjà sept heures. On a pro- j testé vivement et critiqué Josué von Bissing ; qui réglementa le soleil. On a aussi beaucoup ,,zwanzé" cette innovation boche de la dernière heure. Un horloger du boulevard du Nord mit même à sa vitrine trois pendules, indiquant la première l'heure d'été, la seconde l'heure de l'Europe centrale, la troisième l'heure do Greenwich. Sur la pre- j mière, il avait placé l'écriteau suivant : Heu- ! re russe, adoptée par les Allemands; sur la 1 seconde : Heure allemande adoptée par les Français; sur la troisième: Heure anglaise à laquelle les Anglais restent fidèles. Un rassemblement se forma bientôt et des policiers se ruèrent dans le magasin, intimant l'ordre au facétieux horloger d'avoir à enlever sur le champ les trois écriteaux. Mais il y avait eu assez do curieux devant l'étalage pour rapporter, l'histoire qui fit le tour de la capitale en moins do vingt-quatre heures. • * • L'éclairage électrique vient d'être installé à Jette-Saint-Pierre. La pose des câbles et les canalisations sont terminées. Dès à présent, les habitants qui désirent l'éclairage électrique chez eux peuvent en faire la demande. Par un accord conclu entre l'administration communale et la Compagnie du gaz de Saint-Josse-ten-Noode, c'est cette dernière qui fournit le courant électrique. Les travaux ont étA f^nés rondement. Le Longchamp fleuri, tant couru par les Bruxellois, n'aura pas encore lieu cette 1 année. Une manifestation beaucoup plus imposante se prépare qui nécessite la collaboration de tous et de toutes. Grosses et petites bourses y pourront trouver l'occasion de s'y dépenser avec profit. C'est le 18 juin prochain que l'on rendra un juste hommage aux fleurs en les faisant servir au soulagement des petits orphelins, de$ innocentes victimes de la guerre. Chaque fleur vendue leur vaudra un sourire, enaque bouquet aidera à panser quelque plaie. A Anvers Il est question de. rouvrir l'hiver prochain l'opéra flamand, maûî on ne sait pas encore jusqu'à quel point ce bruit est fondé. * * * Les 2 et 19 juillet prochain, aux portes d'Anvers, se donneront des représentations, avec orchestre et choeurs, de l'-„ Artésienne". C'est le terrain de la propriété Vanden Abeele, la première que l'on rencontre en dépassant la porte du Kiel, qui a été mis gracieusement à la disposition des organisateurs. On peut grouper là 2,000 spectateurs. Les artistes apporteront leur concours gratuit. Les représentations aurpnt lieu au bénéfice de l'oeuvre récemment créée: ,,Nouvelle Vie". * * * Voici des renseignements concernant la tuberculose, à Anvers. Pendant l'année 1914, le fléau,y a fait 347 victimes, soit 2 de moins que l'année qui a précédé. Dans le nombre, il y en avait 32 parmi la population flottante. Ce qui revient au taux de 10.5 par 10,000 habitants (9.9 dans la population urbaine). C'est le chiffre le moins élevé qu'on ait pu constater, et qui était exactement semblable à celui de l'année 1912. Dans la période qui va de l'année 1858 à 1914, la tuberculose futN la plus meurtrière en 1859. Sur une population de 108,975 âmes seulement, on eut à enregistrer 524 décès dûs à la maladie, ce qui constitue le pourcentage considérable de 48.1 par 10,000 habitants. Depuis lors, le mal est allé en décroissant d'année en année, et l'amélioration a été particulièrement sensibPe dans les vingt dernières années; il a été toutefois stationnaire depuis 1908, le chiffre de décès oscillant entre 10.6 et 11.5. A Liéée Les projets relatifs à la transformation de la place de l'Université croissent et se multiplient. On avait d'abord parlé d'^ ériger un nouvel hôtel de ville. Or, cette idée est abandonnée. De nouveaux projets se font jour et d'anciens projets enfouis dans les cartons depuis des années reviennent sur le tapis. Tous concordent à créer une artère qui partirait soit de la place Cockerill, soit de la place de l'Université et aboutirait place Cathédrale. L'infect quartier de la rue de la Syrène serait assaini. D'autres voudraient voir reculer de 8 mètres l'alignement actuel et bâtir, sur l'emplacement des maisons détruites, une Bourse, un théâtre wallon et une maison des étudiants. Bref, tous monuments qiii, au point de vuè des impôts, ne rapporteront guère à la Ville. Dans tout cela, on oublie l'état dans lequel seront nos finances après la guerre. Bien loin qu'on fasse des dépenses somptuaires, la plus stricte économie devra présider à 11 gestion des deniers publics, a moins que l'indemnité allemande soit assez forte pour rebâtir tout ce que les Barbares ont démoli, mais aussi pour embellir, assainir et perfectionner, si l'on ose dire. * * * Trois habitants do Horion-Hozém ont n'ont rien trouvé de mieux d)ans leurs moments de loisir que de faire des excavations dans des terrains et d'en extraire de ia houille sans autorisation préalable. L'un d'eux avait creusé un puits de 15 mètres de profondeur et n'avait pas cessé son travail malgré l'intervention du corps dea mines. Tous trois sont condamnés à 26 fr d'amende conditionnelle. # * * Quarante échantillons de denrées diverse» ont été prélevas pendant, le mois d'avril par le service de la Ville, savoir 18 de lait, 7 de beurre, 5 de potbèse, 2 de faune, 2 de sirop, 1 de miel, 1 de saindoux, ] de café, 1 de sucre cassonade 1 de moutarde, 1 de conserves aux pois. 12 échantillons s de lait ont cté reconnus falsifiés par addition d'eau, 4 de beurre qui renfermaient de 21 à 44 % d'eau et 2 de potkèse qui renfermaient de la fécule de pomme de terre. Au Pays Wallon Il y a 106 Jupillois prisonniers de guerre, dont 21 civils, internés en Allemagne. Un comité,' à la tête duquel se trouve le dévoué M. Jacquemotte, pharmacien, leur fait parvenir des coLs. Le secours discret fonctionne et un comité néerlandais fournit des pains de Hollande et des pommes de terre. Naturellement, les finances communales ont été mises à contribution. Un emprunt ie 130,000 francs a été contracté avec la garantie d'une cinquantaine de notables de la localité, dont chacun s'eat obligé pour une part déterminée. Il faut croire que la commune a trouvé certaines ressources, notamment dans la vente des denrées, car cette garantie a été diminuée dans d'assez notables proportions. D'autre part, le Bureau de bienfaisance est assez riche. Quoi qu'il en soit, la guerre actuelle aura pour résultat d'épuiser les ressources de la bienfaisance officielle et privée. La Société des Forges et Tôleries Liégeoises chôme, mais les ateliers Pied-boeuf, la Société des Métaux Usinés, le Charbonnage Violette travaillent. On compte environ huit cents chômeurs. A Namur Au cours de sa dernière séance le Conseil communal de Namur a décidé, à l'unanimité, de décerner les prix Blondeau 1916 et 1917 respectivement à M. Anatole Bops et Frans Kegeîjan. M. Anatole Rops s'est consacré à l'étude des questions d'hygiène et d'esthétique. Les Namurois lui doivent, en grande partie, les travaux d'approfondissement de la Meuse effectués en vue d'épargner à la ville les j désastreuses inondations qui la dévastaient presque régulièrement jusqu'en 1880. M. Franz Kegeljan est un peintre de talent doublé d'un archéologue renommé. Il excellait dans la reproduction des aspects, monuments et sites du vieux Namur et avait réussi, à force de travail, à produire une oeuvre unique qu'il avait offerte à la ville. Hélas! lorsque, en août 1914, nptre llôtel de Ville s'écroula, détruit par la fureur teutonique, il ensevelit sous ses ruines le produit d'un travail inestimable de plus de vingt-cinq années. Et voici que M. Franz Kegeljan s'est remis courageusement au travail. S'aidant de ses croquis et esquisses, il s'acharne à reconstituer son oeuvre, afin que sa cité ne soit point privée des dessins Si pittoresques de son vieux temps. Tous les Namurois s'associent au choix de leur édilité. Puisse le Solennel hommage rendu à MM. Anatole Rops et Franz Kegeljan toucher leurs coeurs de vrais enfants de Namur! A ta LuxemboEsrg Les Allemands furent aperçus à Suxy, pour la première fois, à la lisière des forêts lo 10 août, à 6 heures du matin. Le soir même, ils traversaient le pays à une centaine et s'installaient sur une des collines qui dominent la région. Point n'est besoin de peindre la détresse des habitants devant les exigences de l'ennemi. Plus d'une fois le bourgmestre fut contraint, soùs l'a menace du revolver, do leur fournir ce qu'il no pouvait, se procurer qu'à grand'-peine. Il fut témoin de nombreuses fusillades entre les soldats allemands et les patrouilles françaises se détachant de l'armée campée à Ch'iny, à Les Bulles, à Jamoigne et Izel. Ces fusillades durèrent jusqu'au 22 août, lendemain d'une sanglante bataille à Izel où les Allemands furent refoulés. L'aurore du 22 août fit pousser ohez nos habitants un soupir de soulagement et leur donna une quiétude qui, hélas! ne devait durer que l'espace do quelques heures. Le matin de ce jour nous amena les soldats français, 3,000 environ, qui chassèrent les avant-postes allemands et se dirigèrent à marches forcées vers Neufchâteau. L'armée passait encore que déjà la bataille commençait a la sortie de la forêt, et en même temps le même vacarme de canons et de mitrailleuses se faisait entendre du côté - do Rossignol. Impossible de peindre ces heures, angoissantes où tous se demandaient avec effroi quelle serait l'issue de cette lutte meurtrière. Vers' 2 heures de l'après-midi, les ambulances amenèrent les premiers blessés et jusqu'au soir tous les voituriers du pays se dévouèrent, au risque de leur vie, pour porter secours à ces malheureux et les ramener. Le soir, l'année française se retira, poursuivie dans la forêt par l'ennemi. Les Allemands prirent alors quelques notables et les gardèrent plusieurs jours. Ils réquisitionnèrent plusieurs cultivateurs avec leurs charrettes et leurs chevaux, leur donnant l'ordre formel do suivre les troupes allemandes pour aller ramasser leurs blessés qui jonchaient lo terrain jusqu'en France. Dans la matinée du lendemain, prévoyant la lutte qui, vu la situation du pays, pouvait tout anéantir, de nombreux habitants s'enfuirent dans la forêt, pendant que les aéroplanes sillonnaient le ciel et que l'orage meurtrier s'annonçait menaçant. Le bourgmestre, que son devoir retenait, resta avec les personnes dévouées qui s'occupaient des blessés, mais bientôt il fut emmené comme otage. Sa captivité ne dura cependant que peu de temps et il fut remis en liberté sur un recours en grâce que ses enfants adressèrent à un chef qui visitait les blessés. Plus tard les Allemands condamnèrent à quatre mois de forteresse le nommé Auguste François, pour avoir caché un soldat français chez lui. En résumé, il n'y eut à Suxy aucune maison incendiée, et aucun civil fusillé, sauf un jeune homme de dix-huit ans, Louis Gérard, réquisitionné par les Allemands et tué par une balle perdue. Il n'y eut aucun combat proprement dit sur le territoire et aucun pillage important à signaler. Actuellement la population s'occupe des travaux des champs et à la réfection et l'embellissement des routes, plantations de sapins; etc. f • • A Mellier, aucun civil ne fut fusillé, aucune maison ne fut incendiée. Trois otages furent pris parmi la population le 21 août 1914, mais ne furent retenus que pendant vingt-quatre heures. Ce sont: M. l'abbé Hausse, curé de Mellier; M. Pierrard, père, brasseur, et M. Dewez, Joseph, industriel. La section de Thibessart fut plus, éprouvée: si aucune maison n'y fut incendiée, Trois habitants de ce dernier village furent fusillés. Les villages de Léglise et des Assenois-Iez-Neufchâteau sont intacts et aucun habitant ne fut fusiPé. Mais deux civils d'Anlier furent fusillés à Léglise, Il y a un an S juin 1915. — Contre-attaques allemandes repoussées sur les pentes est du 'plateau, de Lorette. Avance française au nord de la sucrerie de Souchez. A Neuville-Saint-V aast, nous enlevons et occupons l îlot ouest du village et quelques maisons dans la rue principale. Dans le Labyrinthe, nous réalisons de nouveaux progrès, après avoir enrayé des contre-attaques, de même qu'au sud d'Hébuterne, où nous tunts emparons de deux lignes de tranchées sur un fîont de 1200. mètres. m m Ha visite à la Kommandantur!'1' L'article que nous publions ci-après a été publié dans le No. 74 de la vaillante ,,Libre Belgique": ,,Ego, de la ,,Libre Belgique"." Le planton lut mon cartel, se raidit et m'honora d'un superbe salut militaire. Quelques minutes d'attente... ,,Son Excellence attend M. Ego". Je suivis le planton vers les appartements de M. von Bissing, dépassant une longue théorie de quémandeurs ; foule de tout âge, mais de condition supérieure, car les petits sont indésirables auprès du Gouverneur. Un mauvais sentiment 6e fit jour en mon âme habituellement humble et modeste, le sentiment de ma supériorité sur tous ces gens qui, attendant avec patience leur tour, jetèrent un regard d'envie sur celui qu'ils croyaient être un homme de haute importance. ,,Que M. Ego daigne entrer", fit cérémonieusement le planton en s'inclinant. J'entrai. Comme mû par un ressort secret, M. von Bissing sursauta, courut à ma rencontre, me serra la dextre : quelle poigne, grands dieux! — ,,Enfin, vous voilà! Depuis des semaines je vous attends ! ^gmme c'est aimable à vous de vous déranger... J'aurais beaucoup voulu' vous éviter cette peine en allant moi-même vous voir, mais le chiendent est que je ne parviens jamais à trouver votre domicile actuel... Quand on pense vous découvrir, pschutJ Envolés ! Quelle vie de nomades!... Mais asseyez-vous donc, cher Ego..." Jamais je n'avais reçu accueil plus aimable; je voulais me mettre en frais de politesse, mais je parvins à peine à placer quelques mots quelconques. Je dois ajouter à ma décharge que M. von Bissing me serrait toujours la main à faire craquer mes phalanges ; l'empreinte de mon anneau est restée deux jo7>i- dans le médius; je me promets de l'enlever lors d'une prochaine visite. Le Gouverneur pressa un bouton. — ,,Deux bouteilles de1- Chambertin", ordon-na-t-il au larbin qui se présenta. ,,Un lon-drès, Ego?... Goûtez-moi ce bourgogne-là! Délicieux, hein? Et dire qu'on trouve ça dans les caves des châteaux abandonnés. Sont-ils bêtes, ces châtelains, de filer ainsi pour l'Angleterre, laissant là de tels neç, tars! Heureusement que nos soldats viennent régulièrement à point pour les sauver et empêcher les instincts de rapine de la populace. Tiens, ce cru vient du château du Comte X... où il a été cueilli par nos officiers qui m'ont fait hommage de quelques centaines de bouteilles... Encore un verre? I Exquis ! Exquis ! Et dire que ça ne coûte rien..." Le Baron était intarissable, contrairement à la bouteille qu'il vidait en vrai connaisseur.— ,,J'aurais beaucoup voulu vous présenter à la Baronne', mais je suis obligé de faire moi-même les honneurs de mon home. Figurez-vous que Frau von Bissing n'a pas voulu intégrer la Kommandantur conjugale sous prétexte qu'on n'y est pas en sûreté, pas plus d'ailleurs qu'à mon schloss des Trois-Foutaines, à cause des bombes aériennes. .. Mais buvez donc, cher Ego ! Le Gouverneur savoura son verre. J'en profitai pour prendre la parole. — ^Excellence, lui dis-je, puisque vous parlez de l'Allemagne, oserais-je vous demander votre opinion autorisée sur ce qui se passe dans votre patrie ? , De méchantes langues font ici courir des bruits invraisemblables sur sa situation économique, et la ,,Libre Belgique" serait heureiuse de pouvoir leur donner un solennel dérdenti". — ,,Ego, mon ami, dit le Baron, votre question touche mon coeur d'Allemand. . Non, ce qu'on dit n'est pas exagéré. Notre peuple souffre, et pas toujours en silence! Cependant l'Empereur et son Chancelier ne cessent de l'encourager, de lui faire comprendre qu'il doit tout supporter stoïquement pour la Patrie. D'ailleurs, le peuple a une grande consolation: il voit que la famille impériale, la noblesse et les grands qui ont charge d'âme, et doivent par conséquent garder le cerveau lucide, peuvent manger à leur faim ou boire à leur soif; et pour un peuple discipliné, ayant le culte de l'autorité, il y a là un ^érieux adoucisse-memt, au moins - moral, à ses maux... D'autre part, il sait que le Gouvernement impérial et moi-même ne reculons devant rien pour vonir à son secours. Ainsi, par exemple, la question des pommes de terre est d'une importance primordiale pour le bas peuple. Qu'ai-je fait? En 1915, j'ai 1) Depuis que la Libre Bd-gique se soumet à la censure, elle entretient avec M. von Bisàing les relations les plus cordiales ; le Gouverneur lui ayant, par personne interposée, exprimé le désir d'une rencontre, elle a chargé son collaborateur Ego, maître ès-langues germaniques, d'aller lui présenter ses. respectueux hommages, (La Rédaction*-

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Cet article est une édition du titre L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam appartenant à la catégorie Oorlogspers, parue à Amsterdam du 1914 au 1918.

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