Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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04 October 1914
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s.n. 1914, 04 October. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Seen on 26 September 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/xp6tx36s4j/
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Dimanche 'î octobre 1914 5 centimes le numéro 58me année — N° 277 JOURNAL DE GAND ABONNEMKNl» î jjgLalQDl : 16 fruai par an ; 7-60 truiM yacr rix mois ; 4 Ira*** pour trahi mato Pour Tétranger, le port en «a _ |,«|—LJ.i-.J li..U «Il I I "«I ^ I . RÉDACTION & ADMINISTRATION : & RUE DE FLANDRE. 3. GAND TÉLÉPHONE 666 " ANNONCES» Totr le tarif au bas de U dernière page du journal. La Guerre Européenne En France La grande bataille Le communiqué officiel de Paris, daté vendredi soir, à 23 h., porte : iV notre aile gauche, un de nos déta-imepts, débouchant d'Arras, a légère-mti reculé, à l'Est et au Nord de cette le. ftu Nord de la Somme, nous avons igressé jusqu'en avant de la ville Ubert. ïntre Roye et Lassigney, l'ennemi Diononcé -de violentes attaqués qui sont brisées contre notre résistance. Mme sur le Veste du front. On signale aux abords de Saint-Mihiel, il ne ;e plus d'ennemis sur la rive gauche la Meuse. L'Homme enchaîné » saisi ordeaux. — Le deuxième numéro de mine emlialné, de M. Clemenceau, lé saisi hier matin on gara de Bo.i- 11x. La peau de l'ours in se rappelle que, sur le général von ise, fait prisonnier aux batailles de la :ne, on trouva un décret impérial le amant d'avance sous-gouverneur mili-e de Paris. /"oici le pendant. Au nombre des pri-tniers amenés depuis quinze jours à ion se trouvait un officier d'état-major ft on n'avait pu établir ni l'identité, è grade. Il refusait de parler et avait clié de ses vêtements les insignes. En nclie, il écrivait tout le temps en nand sur les feuillets blancs d'une pendant une dame infirmière, s'ex-ant très correctement en allemand, yant adressé la parole en cette langue, :apter sa confiance au point qu'il se a avoir affaire à une compatriote qui it habilement faufilée dans les rangs i Croix-Rouge française, et, au bout uelques jours, il avoua qu'il avait eu e sa nomination de gouverneur mili-de Dijon, signée par l'empereur laume, pour entrer en fonctions à la du 7 septembre courant. î a alors reconnu en lui un ingénieur, :hé pendant plusieurs années à une ide usine dijonaise et parti en juillet ier, soi-disant pour aller voir sa lie. (Figaro.) Les troupes des Indes â. Marseille. e correspondant du « Times » proie, avec enthousiasme, qu'il a assisté i fait historique : J'ai vu, écrit-il, les tioupes d'un plus anciens états du globe, des ces marchant à la tête de milliers soldats, pleins du feu de l'Orient, s à aider leur Empereur dans la grande des guerres ou à mourir r lui. a brume qui annonce une chaude née de septembre se lève sur la mer, nd un innombrable train de bateaux ange le long du château d'If et des adjacentes. a traversée a été superbe, le débar- se fait en bon ordre. Les beaux ctacles militaires n'ont pas manqué laiseille depuis deux mois, on a vu Zouaves et des Turcos d'Algérie, Marocains aux turbans blancs, des 'es du Sénégal, noirs comme l'ébène les soldats français d'Algérie* tous été accueillis avec joie, mais rien saurait surpasser l'accueil enthou-® que ces Latins au sang chaud ont aux Indiens, auquel iépondait la martiale des soldats au teint basané, leur chef appelle à la rescousse r détruire l'affreux despotisme mili-' d'Occident. ^suite les Indiens ses entent chez i les soldats français leur serrent la n, examinent avec curiosité leurs s, leurs baïonnettes, leurs uniformes, "rieux et si pratiques, tous sont en ki avec quelques légères nuances. îtte armée est admirablement prête 'tous les détails do son équipement, rnle de prendre part à l'action. J'ai beaucoup d'armées européennes, lis je n'ai vu autant d'entrain. Ce des types magnifiques d'hommes, y eut une explosion d'enthousiasme ("tique, quand ils traversèrent la ville 1 marche est ouvert' par des Sikhs ® taille gigantesque, 1» police est débordée, les spectateurs leur serrent la main, des femmes et des jeunes filles leur jettent des roses et des fleurs. On leur donne des oriflammes tricolores, qu'ils arborent aux canons de leurs fusils. On ne se lasse pas de contempler ces hommes barbus aux dents blaifches, aux yeux de feu. Le spectacle dure des heures et des heures, quand les vigoureux petits Gurkhas attaquent la « Marseillaise » sur leurs charmants instruments de bois, l'enthousiasme est à son comble, et on leur cède le trottoir. Les hommes, les batteries, les mules, les chevaux défilent devant les terrasses des cafés. Hommes, femmes et enfants agitent leurs chapeaux, leurs mouchoirs, leurs cannes et leurs ombrelles, aux cris : « Vivent les Anglais! Vivent, les Indiens », auxquels répondent des « Vive la France» et quelques phrases en langue indigène qui signifient : Sommes-nous ou serons-nous vaincus? Non. jamais ! Les troupes dansent de joie, à la surprise amusée des milliers de spectateurs. Des princes dans des uniformes chamarrés d'or éclatant au soleil sur des montures magnifiques, répondent par des saluts majestueux à cette explosion. 'Demain Anglais et Indiens quitteront leur campement et se battront avec un courage indomptable contre l'ennemi de toute eivilisat'on et ils n'ont qu'une crainte, c'est d'arriver trop tard, quand la victoire sera déjà décidée. » En BeIgique Autour d'Anvers On télégraphie d'Anvers au Bien public : Anvers, 3 octobre. — Nuit calme. — Ce matin, la bataille a recommencé de deux côtés. L'artillerie tire sans discontinuer. L'infanterie allemande a cherché à faire sa trouée vers la Nèthe entre Duffel et Lierre. Elle a fait un effort désespéré pour passer le pont de la Nèthe. Notre artillerie a fauché les assaillants, qui ont subi des pertes considérables.L'attaque d'Anvers Le correspondant militaire du Times écrit : « Nous avons la plus entière confiance en la bravoure de nos alliés belges et nous sommes convaincus que même si leurs coupoles d'acier et leur grosse artillerie sautent sous le feu des canons géants de l'ennemi, la garnison défendra les intervalles pied à pied, de ses boulets, de ses baïonnettes, de ses obus, de mines et de contre-mines, jusqu'à ce * qu'elle soit délivrée. Deux mois se sont écoulés depuis qu'il apparut clairement que l'odieuse agression par l'Allemagne d'un petit Etat neutre qu'elle s'était, par des traités, engagée à défendre, que cette agression irait jusqu'au bout, jusqu'à l'investissement des forts d'Anvers. Entretemps la garnison a bien travaillé. Tout le monde sait qu'un vaste champ autour des travaux a été déblayé, que des inondations ont été préparées, que des tranchées et des obstacles innombrables ont été accumulés, pour permettre aux défenseurs de résister jusqu'au bout. La nature de l'attaque des Allemands des forts de Liège, de Nannir, de Mau-beuge, nous a permis de voir de quelle manière ils procéderont probablement, nous a indiqué par conséquent comment la défense doit être conduite. Les premiers efforts de la garnison ont tendu à écarter aussi longtemps que possible l'assiégeant de la place fortifiée d'Anvers, et de maintenir ouverte la communication avec la mer. Tous les combats autour de Termonde, d'Alost, de Malines et d'autres villes, n'avaient pas d'autre but. Les efforts des Belges ont non seulement eu un plein succès, mais ils ont fait subir aux Allemands de très fortes pertes. La garnison est rentrée maintenant dans sa première ligne de travaux permanents, et là toute la jeunesse belge doit combattre avec un patriotique acharnement, pour venger ses morts et défendre son pays. Rien de notre côté n'a été ou no sera négligé pour sauver la forteresse, pour aider et pour soutenir nos malheureux Alliés, qui après une succession de meurtres, d'actes de sauvage barbarie, de vols, d'incendies, sans exemple à notre époque, sont chassés en misérables fugitifs, de leurs foyers. » Boom bombardé. Les Allemands ont commencé jeudi après-midi vers une heure, le bombardement de Boom. Nous étions sur la route de Niel à Boom ( dit un reporteur dela« Métropole» lorsque nous reçûmes l'ordre de rebrousser chemin; il eût d'ailleurs été impossible de continuer, à cause de la foule des fuyards. Pourtant, quelques obus seulement sont tombés sur le village, n'occasionnant que des dégâts relativement peu importants. Les forts de Breendonck et de Liezele et les batterie d'intervalles ont vigoureusement répondu, et il ne semble pas que l'effort des Allemands de ce côté ait persisté, car leurs batteries se sont tuesau bout d'une heure A Loochristy. La guerre est désastreuse pour notre industrie .horticole. Quelques établissements seule meut,ceux qui ont une clientèle américaine, ont pu se débarrasser de quelques milliers d'Azaléa indica; et c'est la seule culture dont environ 25 % des produits ont été enlevés. L'Angleterre, la Suède, le Norvège, le Danemark et la Hollande ont fait des commandes très réduites. Partout les horticulteurs rentrent leurs plantes, et beaucoup d'entre eux se verront dans la rude obligation de détruire une grande quantité de leurs produits. La main-d'œuvre a de beaucoup diminué, quantité d'ouvriers horticoles se trouvant sous les drapeaux, mais les travaux ont été réduits, ce qui fait qu'il u'y a pas encore de crise ouvrière. Il n'y a peut-être pas d'industrie qui souffre plus des événements actuels que l'horticulture, dont presque tous les débouchés sont à l'étranger. D'autre part, les horticulteurs se demandent avec inquiétude s'ils auront assez de charbon, sans quoi leurs cultures seront irrémédiablement perdues pour peu que l'hiver soit rude. , Le gouvernement, la province et les communes devraient, nous semble-t-il, s'inquiéter de ce danger et y parer. Dans la commune de Loochristy sont hébergés un grand nombre de fugitifs, la plupart de Malines nous avons eu aussi des gardes civiques Fort heureusement nous n'avons pas reçu la visite des brutes allemandes. V. A Ypres. Pour le moment, tout est calme, les Alboches ont disparu d'ici, bonne garde est faite d'ailleurs. Nous avons plus d'un millier de réfugiés de tous endroits, et pas mal d'entre eux ont été témoins de massacres de toute espèce et qui .dépassent toute imagination. A Bruxelles De Y Indépendance : I^es habitants sont de plus en plus persuadés que leur délivrance est proche. D'aucuns fixent même une date à cet heureux événement. On se chuchote à l'oreille des renseignements mystérieux et les visages ne portent pas trace de tristesse. Ce qui confirme leurs espoirs, c'est le découragement des soldats allemands qui reviennent de France; plusieurs d'entre eux se sont suicidés dans la forêt de Soignes ; ceux qu'on interroge déclarent pour la plupart qu'ils en ont assez et n'aspirent qu'à rentrer chez eux. Ives Allemands trouvent que le Bruxellois est un être impoli et mal élevé. J1 est certain qu'il n'a pas pour ses hôtes la considération outrée à laquelle les porteurs d'uniforme et les traîneurs de sabre sont habitués dans leur pays de haute culture, et il le leur montre à chaque occasion. Mais il le fait de manière à ne pas fournir matière à des querelles ni prétextes à des répressions. Il subit les règlements allemands, mais fait respecter les règlements belges non abrogés; à l'occasion il « zwanze » à froid Messieurs les Teutons. Un officier allemand s'obstine à rester sur le marchepied du tram malgré l'observation du receveur; celui-ci fait arrêter le tram et ne le remet en marche que lorsque l'officier s'est conformé au règlement. Un général monte sur le tram et, s'adressant au conducteur, homme de 25 ans, lui demande comment il se fait qu'il n'est pas soldat. Alais, je suis soldat, répond le conducteur; seulement, on ne m'a pas encore rappelé; on n'a pas encore besoin de moi; mais je serai peut être-rappelé un de ces jours; et alors je rejoindrai. Le général le regarde, ahuri, et descend du tram sans demander son reste. Au coin de la place de Brouckère et de la rue Fossé aux I^oups, un auto militaire allemand (il n'y en a, hélas, plus d'autre) lancé à une allure folle, heurte le tram « chocolat ». Ces accidents sont relativement rares, vu le nombre et la vitesse des autos, mais il y en a. Le chauffeur reste inanimé à son volant, l'officier pique une tête sur l'asphalte, où il reste étendu; l'auto est démantibulée; le tram a peu souffert. Le receveur contemple ce tableau, hausse les épaules et « Ding, Ding, » donne le signal du départ. Accident sans importance, deux Alle.-mands seulement hors de combat! Au point de vue alimentation : le sel commence à manquer; on ne peut plus s'en procurer qu'à l'abattoir, en très petites quantités; le beurre augmente, la viande aussi, les fruits restent très bon ' : marché; quant au pétrole il est introu-I vable; le charbon devient très rare. I Le Parc sert toujours de plaine d'exercice; mais les allées des boulevards extérieurs ont cessé de servir de piste d'entraînement. Depuis le début de l'occupation, les cavaliers allemands avaient pris l'habitude de passer à cheval, non seulement sur les allées réservées aux cavaliers, mais aussi sur celles réservées aux piétons. Maintenant cette joie leur est refusée. Partout où la ligne des boulevards circulaires et l'avenue Louise sont coupées par des voies perpendiculaires, des bandes de calicot ont été tendues d'arbre en arbre, à hauteur de la poitrine d'un homme à cheval; elles portent la mention : « Réservé aux piétons ». De plus, entre chaque rangée d'arbres, 1111 pieu fiché en terre, dans le plan de la bande de calicot, porte une manterne, modèle lanterne d'écurie, cv qui complète cet original tableau Place de la Monnaie, les gr.lles de la poste sont fermées, Les facteurs se sont réunis à la Brasserie Flamande, le 26 septembre et ont décidé de ne pas continuer à travailler; ils ont fait samedi la dernière levée des boîtes. Les Allemands devaient, depuis lundi, organiser eux-mêmes le service. A la Caisse d'Epargne, rue Fossé-aux-Loups, il y avait, dimanche, dès 7 h. du matin, une vingtaine de personnes faisant la file; on sait que la caisse d'épargne effectue de petits remboursements. Alors que les boulevards du centre sont, à certaines heures, assez animés, la place de la Bourse paraît toujours nue et vide; ce qui provient d'une part de la suppression des terrasses aux cafés, d'autre part de la disparition d'une série de vendeurs de journaux, de camelots, etc. Pendant le jour 011 a, pour se distraire, le passage des Taube sur la ville, leur poursuite et leur destruction par des avions alliés (deux Taube ont été abattus ainsi la semaine dernière aux environs de Bruxelles.) Des soldats allemands de toutes armes, de tout âge et de tous grades circulent 1111 peu partout; 011 affecte de 11e pas les voir. Le soir, la ville est vraiment triste, lugubre même à certains endroits; les cafés ferment à g heures; les consommateurs s'en vont et dès qu'ils ont regagné Jeurs demeures, toute animation cesse d'une manière pre'squ'absolue; avant ro heures Bruxelles est complètement mort. L. D. Notes de la journée Le samedi, 3 octobre 1914. Que nous réserve cette journée qui, avec son ciel maussade et gris, s'annonce froide et désagréable? Recevra-t-on,ainsi qu'on le disait hier soir, l'avis « officiel » de la débâcle définitive des armées allemandes sur l'Aisne, précurseur de nouvelles plus favorables encore? Ou bien faudra-t-il patienter de rèchef,et se contenter du laconisme voulu des commu-muniqués du grand état-major? C'est ce que l'on saura tout à l'heure; ce soir, peut-être ! Mais en attendant, l'on est plein de confiance et d'espoir. * * * L'on a souvent reproduit dans la presse des extraits de correspondances privées faisant connaître ce que l'on pense de nous à l'étranger. Allons-y à notre tour de notre petite information particulière, ' et donnons en quelques lignes d'une lettre envoyée de Suisse ces jours derniers par un de nos compatriotes bloqué là-bas dans un milieu cosmopolite : « Tout le monde — j'en excepte les « Belges naturellement — professe pour « la Belgique une admiration dont « nous pouvons être fiers, et éprouve une « commisération réellement touchante « pour nos malheureuses populations. « Nous avons grandi, aux yeux du 111011-« de entier, dans des proportions dont on « ne se fait pas d'idée dans notre pays, « et la haute opinion que l'on a de nous « est de nature à nous consoler de nos « chagrins, et à nous donner confiance « dans l'avenir. » « Par contre, ce qui frappe, c'est le « dégoût, l'horreur, la haine que l'on « éprouve pour les Allemands. Et ces « sentiments sont partagés par tous les « étrangers, quelle que soit leur natio-« nalité : Américains du Nord, Brési-« liens, Argentins, Chiliens, Grecs, Ita-« liens, etc., etc. sont plus montés les uns « que les autres : le Kaiser et ses sujets « sont voués à l'exécration générale ! » Sans commentaires, n'est-ce pas? * * * Le Kaiser lui-même du reste, ne rend-il pas hommage à notre pays et à sa vaillante armée, quand dans sa dépêche du !) août rapportée dans le livre qui, parte de notre « héroïque résistance » ? N'empêche que ses soudards se sont conduits vis-à-vis de nos populations paisibles et de ces s héros » comme les derniers des vandales, et les plus abominables bandits. Mais heure viendra qui tout payera ! Le Conseil de discipline de la garde-civique siégera désormais à Gand et y tiendra audience le mercredi de chaque semaine. On sait qu'au cours de ses séances précédentes, il a prononcé des condamnations diverses contre des gardes qui avaient manqué aux appels. Mais un certain nombre de condamnés se sont avisés de se pourvoir en cassation, et dès lors un problème se pose : comment va-t-on exécuter les condamnations ? A supposer même que la Cour de Cassation siège, et le chose paraît douteuse, — ainsi que nous le confirmait hier un conseiller auprès de notre Cour suprême, car il 11e saurait convenir ni à leur dignité, ni à leur prestige de rendre la justice sous la menace des baïonnettes allemandes — comment s'y prendre pour faire parvenir lés dossiers à Bruxelles? Alors quoi? Tant que la Cour de Cassation n'aura statué, le jugement ne saurait être exécuté. Et les délinquants espèrent sans doute atteindre la prescription de leur peine. * * * A la Cour d'appel, où il a été tenu ce matin une courte audience — à la Chambre civile — pour le règlement des rôles, toutes les affaires ont été remises jusque dans le courant du mois mois de novembre. Il semble en effet qu'il y ait peu de plaideurs, tant à raison du fait que maints avocats cumulent, avec leur profession, des fonctions qui les absorbent et les tiennent éloignés de la barre, qu'à cause de la difficulté des communications.Le moment paraissant toutefois favorable pour vider l'arriéré, le premier président a déclaré que la Cour aurait ! siégé dès que des plaideurs se seraient présentés devant elle. On ne saurait mieux dire! Devant la Chambre des appels correctionnels, il 11e semble pas qu'il doive y avoir des audiences avant la fin de ce mois; d'une part plusieurs prévenus, témoins, avocats sont sous les armes; et quant à ceux qui doivent venir des divers coins cie nos deux Flandres, les communications avec Gand sont la plupart du temps rendues impossibles. Au tribunal de commerce, nulle animation.* * * * * * Un avion a survolé Gand, vers 4 1/2 heures de l'après-midi, à une très petite hauteur. Il semblait venir d'Anvers et se diriger vers Eecloo et ne pas être un « taube ». * * * P. S. — Notre espoir, de ce matin ne s'est pas réalisé, et la grande bonne nouvelle ne nous est pas venue. Nous n'en persistons pas moins à dire : courage et confiance. Roger Th. ABONNEMENTS Le prix d'abonnement au Journal de Gand, pour le dernier trimestre de l'année courante, est RÉDUIT A DEUX FRANCS. Les abonnements doivent être pris dans nos bureaux, rue de Flandre, 3. Chronique gantoise LA CIRCULATION des trains de voyageurs à Gand a de nouveau été interrompue hier, sur plusieurs lignes, par le passage de trains militaires allant dans diverses directions. Nous croyons utile de garder le secret, pour le moment, sur la nature de ces déplacements. Aujourd'hui, les trains paraissent avoir repris leur circulation normale, sauf dans la direction d'Anvers. Pavillon de la Lys. De Bleye ir*. Restaur, recomin. Dîners. Matelotte. Waterzooi, etc. QUATRE AUTO-MITRAILLEUSES anglaises ont passé hier après-midi par Gand. Elles ont stationné quelques heures devant un restaurant voisin de l'Hôtel-de-Ville. La foule a acclamé les Anglais Un beau mariage, c'est celui du café avec la chicorée des Trappistes Vincart. M LES ANGLAIS A GAND. — Hier matin, samedi, vers II y2 heures, nous fûmes témoins d'une petite scène qui prouve que nos amis les Anglais ne sont pas de la trempe de ceux que nous combattons avec eux. Près de St-Jacques, devant la petite aubette à journaux, tout à coup, un incident qui aurait pu avoir de graves conséquences, se déroula sousinos yeux. Un vieux bonhomme, montéjsur une bicyclette caduque tombe, précipité à terre par... une automobile, suivie d'une autre. Il n'avait pu se garer à temps. Il se relève, examine sa lamentable mécanique et bientôt se décide à repartir; on l'appelle, il se retourne; ce sont des^officiers anglais qui montaient les deux autos. Toutes deux avaient stoppé instantanément et n'avaient pas encore franchi le pont de la rue Saint-Georges. L'un de ces officiers descend de la machine, arrive vers le vieillard; il déboutonne sa houppelande, fouille son porte-monnaie, donne à celui qui ne réclamait rien trois pièces de cinq francs, lui dit avec un accent caractéristique ces seuls mots ; « pour réparer » et se sépare du bonhomme ahuri, enchanté de ce que lui arrive, en lui envoyant d'un geste cordial, un bonjour vraiment charmant. La scène est courte; la voilà narrée en sa plus simple expression. Les officiers repartis, le sinistré d'occasion, muni de sa petite aubaine, disparut aussi et nous, témoins de l'aventure nous promîmes de ne pas la laisser sans quelque publicité. Pressés comme ils l'étaient, ces officiers aux, uniformes khaki eurent donc un mouvement spontané de charité et de générosité qu'il importait de faire connaître. Cela nous change un peu de Messieurs les Allemands à la rencontre desquels ils allaient, rejoignant nos combattants belges. Le Ohocoiat Hardy, Yervlers, est excellent. Goûtez et comparez. CONSERVATOIRE. — La réouverture des cours aura lieu le lundi 19 octobre. DÉPARTS DE FUGITIFS. — De la Flandre libérale : Un millier de fugitifs ont qifitté la ville hier pour se rendre dans différentes communes de la Flandre occidentale; un nouveau départ d'environ douze cents a eu lieu aujourd'hui. En outre 250 personnes appartenant à des familles pauvres, la plupart de Termonde et de Malines, sont parties ce matin pour Ostende, où «lies s'embarqueront pour l'Angleterre. C'est la première expédition directe de réfugiés qui est opérée de Gand à Londres. Elle est accompagnée d'un détachement de la deuxième troupe de nos boy-scouts gantois. Un deuxième départ sera organisé dans le courant de la semaine prochaine. Sauf avis contraire, les inscriptions seront reçues à partir de mercredi prochain, au Conservatoire royal de musique. BANQUE DE FLANDRE Société Anonyme 33, Place d'Armes COMPTES CHÈQUES (à vue) 3 •/„• COMPTES A (avec préavis de 15 jours) 4,00 »/„■ COMPTES DE QUINZAINE pour la période en cours 3,50 Le nouveau roi d'Albanie. De Rome nous arrive la nouvelle que l'Albanie s'est donné un nouveau roi. Burhan-ed Din, fils d'Abdul-Hamid, proclamé d'abord chef du parti islamite albanais, a été élu « Mbret » par le Sénat albanais, qui, profitant des circonstances actuelles a cru pouvoir se substituer, de son propre chef, aux puissances dans la solution de cette importance et délicate question. La fuite du prince de Wied à bord du vapeur italien Misurata, et son débarquement à Venise ont marqué la faillite de la politique austro-allemande en Albanie. L'élection de Burhan-ed-Din, sans l'assentiment des puissances, constitue une sorte de coup d'Etat préparé de longue main et dont il faut rechercher

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