Le petit belge

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s.n. 1914, 08 August. Le petit belge. Seen on 15 July 2024, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/pz51g0jq8t/
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SAMEDI 8 AOUT 1914 iÈinisiratoii 4, Impasse de la Fidélité, 4 Bruxelles ABONNEMENTS pour toute lu Belgique • Un au ». • • • 8 franc* Six mois • . • • • • 4 — frois mois & Pour l'étranger, le port en sus. le Petit Belge SAMEDI 8 AOUT 1914 Mira et Mâflies : 4, Impasse de la Fi&tité, 4 Bruxelles ANNONCES h RÉCLAME# —O— Pour tout os qui oonoern* !» paftMeHt adresser directementet excluaivemea 4 la DIKI2CTION DU JOURNAL, 4. in passe de la Fidélité à Bruxelles L'ALLEMAGNE DEMilDE UN ARMISTICE Sept régiments issiens anéantis 6 \ • - L W Restons dignes L opinion publique, que l'attente d'événements décisifs énerve visiblement, est, en ce moment, fort exaltée contre les espions. Chaque arrestation qui se fait, agissant comme lin choc en retour, accroît l'excitation et risque de faire perdre au public la maîtrise de ses actes et avec elle, le souci de sa dignité. Nous conjurons nos concitoyens d'être attentifs à ce danger intérieur. Car c'en est un et d'importance, dans cet instant, que de s'exposer à laisser entamer Tinté grité de nos forces morales. Nous appuyons donc de toutes nos forces 1 appel au calme et au sang-froid adresse par le bourgmestre de Bruxelles à la population de la capitale. C'est très bien d'aider les autorités à dé couvrir et à arrêter les espions. Mais de là a en voir partout; de là à molester toute personne arrêtée avant qu'on ait pu faire enquête sur sa culpabilité; de là à suspecter d espionnage tout étranger avant un accent tudesque sans réfléohir qu'il y h d'autres étrangers que les sujets allemands qui onfc cet accent, il y a tout de même quel que marge. • „ Veillons à ne pas la franchir. Aucun procédé de justice sommaire et populaire n'est tolérable vis-à-vis de la po pulation civile, non belligérante d'u.n gou vernement ennemi. Des scènes regrettables»* sont produites ^lll{Tî'rve^venk ^us' À* a"cun prix se repro-voeate-11 > ^ <je la foule, de 1 absente mo-V6nerv©" . forces policières, pour satis-uieTitanee ^ inavouables raneunes soit le faire ®°^^ieux inscinct de déprédation, plus ^ d'honnêtes gen§ qui sont dévoués £i notre pays, qui l'ont montré en de .cû? circonstances, qui le montrent en-maiïu prix .de leurs peines et de leurs de-cor se sont vus inquiétés, pourchassés, niés à l'égal de professionnels de l'espionne et cela sur de simples apparences exté-eures. Il faut que cela cesse. En pareil cas, i'il y\ doute sérieux, que l'on se borne à provoquer l'intervention des autorités compétentes et responsables, chargées officiellement de faire la lumière. Elles sauront démêler le vrai du faux, séparer l'ivraie du fro; ment, faire rendre justice et tranquillité aux innocents, traduire les coupables avérés à la justice martiale. Voilà la conduite à te-nn.Notre cause est trop belle et trop juste pour que nous la laissions compromettre par l'étourderie des uns, l'excès de zèle des autres, les bas calculs intéressés de ceux-ci, les louches entreprises de provocation de ceux-là.N'oublions pas enfin qu'il y va de notre intérêt le plus pressant. Les lois oe la guerre sont précises et unanimes : les belligérants se traitent en belligé rants ; ils doivent traiter les non-belligérants en non-belligérants,c'est-à-dire respecter leur vie et même leurs biens, ceux-ci du moins dans la mesure des nécessités inhérents aux opérations, de guerre. Mais cette garantie de sécurité relative est expressément subordonnée à l'observation par les civils de leurs devoirs d'abstention rigoureuse. Ainsi donc, de la vigilance, mais point de violences contre qui que ce soit. Ne donnons pas à nos ennemis le prétexte qu'ils attendent peut-être pour se livrer aux plus affreux excès, sous couleurs de représailles. Restons Belges, c'est-à-dire justes, dignes, calmes et de sang-froid. y mim c -—>o«— De très nombreux particuliers et commerçants patriotes, une foule de communautés religieuses, de nombreuses administrations et sociétés multiplient leurs offres de services et leurs actes de dévouement, soit pour venir en aide à nos soldats ou à leurs familles, soit pour prodiguer des soins aux blessés. Nous sosnmes débordés de communications relatives à ce magnifique et universel élan; il nous serait matériellement impossible de les publier toutes, la place nous faisant défaut. Mais à tous ces excellents Belges, nous disons, au nom de la Patrie, au nom de no= soldats, merci du fond du cœur! L'état de siège n'est pas établi daus la province de Brabant Bruxelles, 1 heure du matin. M. ie ministre de la guerre fait connaître que contrairement à son précédent télégramme' # l'état de siège n'est pas établi dans la province de Brabant. Au pont de Visé En 1106 il en fut comme en 1914 Décidément le pont de Visé porte malheur aux Allemand?. Ce n'est pas la première fois que les Belles y font tourner les talons aux soldats de S. M. l'empereur d'Allemagne. En 1106 — il y. a donc de cela 808 ans — l'empereur Henri, qui donnait la chasse à son propre père réfugié à Liège, se présenta devant ce pont et essaya de le passer. Il avait, comme son successeur d'aujourd'hui, essaye d'amadouer et d'intimider tout à la fois les Liégeois; ceux- ci lui répondirent en refoulant impétueusement les Allemands qui étaient déjà passés sur la rive gauche de la Meuse, et qui durent fuir dans le plus grand désordre. Sous le poids de leur masse, le pont se rompit tout à coup ; chevaux et cavaliers furent précipités dans la Meuse et tout ce qui avait échappé au fer des Liégeois périt dans les flots. Voilà comment l'histoire se répète. A Liège, les loustics disent que les Prussiens auraient été bien avisés s'ils n'étaient pas venus à Visé. P.-S. — Coïncidence curieuse : C'est précisément le 7 août 1106 que le vieil empereur Henri IV mourut dénué de tout dans une maison de la rue Féronstrée, à Liège... «. s Cassandre m Cassandre, qui s'était fait une spécialité de prophétiser des événements fâcheux, de se lamenter chaque fois qu'un guerrier de sa famille agissait, que le gouvernement de Troie prenait une décision, finit par se rendre odieuse à tout le monde. Elle faisait le vide autour d'elle. Dans tous les lieux où l'on se retrouve lui-même n'en connaît rièn ; ces nouvelles sont mauvaises, tout va mal, il y a vingt ans qu'il a prédit cc qui arrive. Ah ^ si on 1 avait écouté ! Cassandre a l'air d'Atlas supportant le poids du monde. Cassandre pérore, se donne de l'importance, plastronne et fait la roue à sa manière. ^ Une demi heure après que vous avez quitté ce matuvu, vous apprenez que nos soldats se battent avec une bravoure qui fait en ce moment l'admiration de l'Europe et que les opérations s'accomplissent sans que les chefs aient été un seul instant pris au dé pourvu, que chaque jour des héros surgissent et que personne au monde, à part les quelques artisans de notre défense, ne se doutait que nous fussions capables d'accomplir de si grandes choses ! Cassandre, taisez-vous! Quand les mères sont admirables d'abnégation, de courage et d'énergie, quand le beau sang rouge ae nos jeunes hommes coule sur le champ de bataille, vos grimaces sont malséantes. Si malgré votre cabotinage vous avez le cœur angoissé, allez dans un coin verser des larmes, mais n'apparaissez en public qu'avec un visage résolu. Il n'y a que les femmes qui aient en ce moment le droit de se lamenter; or, les femmes vous donnent, Cassandre, l'exemple de la résolution. Nous avons vu dans nos campagnes des femmes dont les enfants sont là-bas dans la fournaise. Elles sont sublimes ! Nous n'aurons pas que des succès, les succès eux-mêmes comportent un certain nombre de revers. Çe n'est pas dans le bonheur que se marquent les caractères, c'est dans l'adversité. Elevons donc nos âmes à la hauteur des sacrifices de la Patrie. Bruxelles reçoit nos premiers blesses Nous avons vu arriver un long convoi l'après-midi à la gare du Nord. Une foule immense et recueillie se pressait dans le vaste hall, maintenue par aes cordons de gardes civiques.Dans l'allée, où arrivait le train étaient rangées les automobiles de la Croix Rouge et des Hospices de Bruxelles, les voitures d'ambulances et les civières « à bac » destinées au transport rapide des blessés dont l'état réclamait des soins urgents. Sur le sol étaient étendus des lits de fortune, matela§, draps et couvertures, sur lesquels on éten dait les malades entre deux transports. A l'arrivée du train, toutes les têtes se découvrirent, le silence se fit, religieux. Les portières s'ouvrent; les blessés, un à un, sont descendus avec précaution; ceux qui ont les plus graves blessures sont étendus sur les matelas, dans les civières; les autres, avec l'aide des infirmiers, sont hissés dans les automobiles qui démarrent en quatrième vitesse. Et tous sont portés vers l'hôpital Saint-Jean, vers les hôtels et les maisons particulières aménagés pour les recevoir, et aux fenêtres desquels flottent la grande croix rouge; vers l'hôpital militaire aussi, avenue de la Couronne. Au passage des blessés, plus d'une bête se découvre. Les passants, aevinant la destination de chaque véhicule, indiquent constamment la route au conducteur, et font signe des bras aux carrefours pour que la circulation n'impose aux voitures d'ambulance aucun ralentissement. NOS HÉROS On ne saurait trop rendre hommage à la valeur déployée ces jours-ci autour de Liège prv le général Léman et par ses troupes. Si celles-ci ont un peu fléchi devant l'at* taque dans la nuit de mercredi à jeadi, c'est j que après toute une journée de comoat elles: eurent affaire à des troupes fraîches du 4° ! corps d'armée allemand qui, elles, n'avaient; encore pris aucune part à la lutte. Ajoutons que les soldats allemands qui 1 ont été jusqu'ici aux prises avec les nôtres se sont battus comme des lions, marchant avec ! une intrépidité admirable squs la mitraille i que crachait notre artillerie. Par contre, on j a constaté que leur tir, au rebours du nôtre, ! . était assez défectueux. U semble en être de j même du service d'intendance qui, chez nous, ! a fonctionné avec une régularité parfaite et j a permis le ravitaillement dans d'excellentes! conditions. Nous avons raconté la mort du comman- ' dant de Menten de Horne, tué à la tête de j son escadron. Des détails connus aujourd'hui j permettent de dire que le commandant et ses hommes se sont conduits en héros. Un escadron de lanciers en reconnaissance se heurta à un régiment de uhlans. Nos hommes, commandant en tête, mirent pied à terre et firent le coup de feu. Surpris par une fusillade énergique, les uhlans s'ar-rêterent et quelque flottement finit par se remarquer dans leurs rangs. Alors les lanciers remontèrent à cheval et chargèrent avec une vigueur furieuse. Ce fut une mêlée épique. Les uhlans, mis en déroute, firent demi-tour et disparurent à l'horizon.C'était une victoire Chèrement achetée, mais combien glorieuse. < a La position de Liège est ce^ qu'on ap- j pelle en langage militaire une tête de pont * et accessoirement un pivot de manœuvres. i Le rôle de Liège comme tête de pont est de . permettre à nos troupes de passer sur les , deux rives, à l'abri d'une position défensive. , Liège a, d'abord, rempli le rôle de pivot de manœuvres, c'est-à-dire que nos troupes opé- > rant sur la rive droite de la Meuse ont pu, ' évoluer s'appuyant sur cette place et sûres d'y trouver un refuge sans courir le risque d'être culbutées dans la Meuse. Liège a enstiite rempli de la façon brillante que l'on sait sorç rôle de tête de pont, c'est-à-dire qu'elle a permis aux troupes refoulées de repasser sur la rive gauche. ^ , Liège enfin remplit son troisième rôle : ( tenir aussi longtemps que possible pour permettre éventuellement un retour offensif, de : notre armée. _ # i A cet effet pleins pouvoirs sont donnés au , général commandant cette position pour faire ■ évacuer la ville, car comme les forts sont isolés, comme Liège n'est pas entouré d'une enceinte, comme ses douze forts dominent des vallées il se pourrait que des troupes allemandes y pénétrassent. Dès lors, pour remplir son rôle jusqu'au bout, il faut que les forts puissent bombarder les ennemis à l'intérieur de la ville, sans souci de massacrer les habitants. Qu'on ne déduise pas non plus de la reddition éventuelle d'un des forts que la situation est désespérée : Ces forts se contrebat-tont.Enfin, si par malheur, Liège devait se rendre avec ses forts détruits et son artillerie enferrée, il ne faudrait pas conclure non plus à un désastre irréparable : Cette prise de Liège est dans l'ordre des choses possibles. On a écrit que cette ville ne tiendrait pas plus de vingt-quatre heures et voilà plusieurs jours que la marée allemande déferle vainement contre son héroïque défense. L'anmenratrun UO i » _ 0 bruxelloise Une réunion des meuniers et des boulangers: de l'agglomération bruxelloise a eu lieu à l'hôtel de ville, soUs la présidence de MM. les \ t'ehevins Maurice Lcmonnier et Max Hallet, qui se sont chargés du service de l'alimenta- ; tion de la ville de Bruxelles. Lfes meuniers et les boulangers ont apporté; un concours empressé et désintéressé remarquable à l'administration. Les achats de farine effectués par la ville de Bruxelles sont suffi? sants pour assurer l'alimentation de toute l'agglomération .bruxelloise. A la suite d'une réunion des délégués des collèges de toutes les communes, il a été décidé : 1° Que ie service de l'alimentation de la ville de Bruxelles ferait la répartition des quantité» de farine nécessaire par commune en tenant compte de la population; 2° Chaque commune fera de son côté la ré-nartition entre les boulangers habitant son territoire; 3° Des mesures sont prises pour éviter dgs achats au-dessus des besoins des boulangers; 4° Le prix du pain a été fixé de commun accord à 32 centimes le kilogramme net. Les distributions de tarin* ont commencé. Les habitants de l'agglomération sont donc assurés d'obtenir chez tous les boulangers du pain à 32 centimes le kilogramme. «Les conditions de ta vente des autres denréos alimentai-, res vont être annoncées au public. fiflil la guerre Jne réunion du corps diplomatique : 'Son Excellence Mgr Tacci, nonce aposto-que, en sa qualité de doyen du corps di-■•iomatique, a convoqué jeudi soir, à la non-> iature, tous les chefs de missions des puis-i ances étrangères accréditées à Bruxelles 1 our délibérer sur les mesures à prendre dans • i cas du transport éventuel du gouverne-, ient belge à Anvers. Un don généreux M. le chanoine de Dorlodot, professeur à Université catholique de Louvain, a mis à jt disposition du ministre de la guerre 100,000 fanes pour en faire l'usage qu'il jugera le ilus opportun. Au Marché matinal ! Au marché matinal de vendredi à Bruxel-Îîs, les prix ont été normaux; les pommes de iîrre ont été vendues à 11 et 10 francs les iX) kilogrammes. A la clôture du marché, maraîchers ont offert uwe très grande uantité de légumes à M. le bourgmestre our une œuvre à désigner par lui. L'offre a té acceptée et M. le bourgmestre a vive-îent remercié les auteurs de ce bel acte de énérosité. • Les légumes ont été donnés à l'Œuvre de Alimentation de l'enfance. Il a fallu trois smbereaux pour les enlever. La vitesse des autos Il y a des chauffeurs qui abusent de la si-uation. Nos rues, nos avenues et nos bou-?vard« sont transformés en pistes où l'on oule à du quatre-vingt à l'heure, affolant in-itilement les passants. Que, dans certains cas, on soit obligé d'al-vite, nous ne le contestons pas, mais à !|cu près toutes les autos prennent cette al-ifcrventiQQJ" ^ nt,ridf,nt, En Flandre Mercredi, les voyageurs qui venaient d'Os-tende à Bruxélles aperçurent au loin un grand rassemblement de monde'dans la campagne. Ils crurent que c'étaient des soldats. Le train s'approchant ils virent une foule innombrable de femmes, de vieillards et d'enfants prosternés autour d'une chapelle parmi les champs. La Flandre, dont les enfants étaient partis à la guerre, priait ardemment pour le salut 4e la Patrie. Plus d'un incroyant sentit son cœur se gonfler d'émoi devant ce spectacle impressionnant.Où mène le sport Notre chroniqueur sportif, le sympathique champion cycliste amateur Sadi Davignon, est actuellemerffc en panne au Dànemark. Parti pour ce pays pour y représenter la Belgique à un cnampionnat international, en compagnie de Werbrouck et Otto, il est ac tuellement bloqué dans la petite ville d'Es-1 bjerg. Toutes les communications sont coupées entre le Danemark et la Belgique. Le sport mène loin... « < Prisonniers A la gare du Nord, vendredi matin. Le hall paisible est brusquement plein de rumeurs. Des gens se précipitent et font cercle, autour de trois cavaliers gris que deux gendarmes belges viennent d'amener et de pousser en hâte sur le quai'. Les trois prisonniers de guerre ont l'air très fatigué. L'un porte encore le casque noir à pointe; les deux autres ont autour de la manche le brassard à croix rouge. Le major de Bauw, brandissant son sabre, invite avec autorité les curieux à se retirer et les bleus, sur son ordre, dégagent le quai rapidement ,V0 mands sont, diriges vers la salle d attente de 3. classe, dont les portes je referment sur l^es trois hommes sont maintenant assis d'eux"? On ;>r «ogiment auquel ils appartiennent. Us répondent très complaisamment aux questions qii'oa leur pose. Les deux soldats porteurs de brassards appartiennent, dise»t-ils, aux 7e et 8f dragons de Mecklembourg-Schwerin Us s|nt arrivés, pour soigner les blessés belge» e) allemands, par Aix-la-Chapelle. Ils ne sivent rien ae la guerre et n'ont assisté à akcun combat. L'autre cavalier fait partie du 8e uhlan. Ses csmarades et lui ne connaissaient pas les soldats belges. On leur a dit qu'ils marcheraient contre les Français et ils viennent seulement d'apprendre qu'ils ont lutté contre l'armée belge. Le uhlan se trouvait aux envi-r<tas de Waremme avec deux escadrons do cavalerie lorsque leur troupe a été cernée et aix trois quarts anéantie. Les autres, avec là, ont été faits prisonniers. Impossible d'en savoir davantage à cause d^ la difficulté que Von éprouve à se faire comprendre. Les trois prisonniers désirent seulement savoir où on se dispose à les transférer. Mais leurs gardiens l'ignorent. J—^Avez-vous soif 1 interroge un garde avec prévenance. Dankc sohôr ! répondent d'une seule voix les trois hommes en saluant militairement. • — PUBLICITE CENTRALE dans tous les journaux du pays et de l'étranger. Conditions très avantageuses. COMPTOIR NATIONAL BELGE : PUBLICITE-EDITION. 4, Impasse de la Fidélité, Bruxelles. PAUVRES ML Ohl la guerre! L'abominable chose! Nous arrivons de l'Hôtel de Ville, encore tout remués des scènes navrantes auxquelles nous avons assisté. Depuis jeudi soir, depuis vendredi matin, les pauvres gens que. le sifflement des shrapnels et des obus tombant sur Liège a fait fuir précipitamment ont trouvé ià un refuge provisoire. Quelle tristesse! Dans le grand couloir du rez-de-chaussée, où l'on a amené des bancs et des matelas, les réfugiés se sont installés au petit bonheur, se groupant autant que possible par quartier. Il y a là des familles entières quelle bombardement à surprises et qui, obligées de fuir la ville sans délai, sont parties, abandonnant jusqu'à leurs économies pour s'arracher plus vite à l'horrible destin qui les atten- i dait. 0 Sur un banc, dans un coin, un garçonnet de douze ans s'est assis et s'est endormi dans cette attitude.. Plus loin, sur^des bancs où les femmes ont jeté leurs châles, des couples dorment, oubliant dans le sommeil les heures d'épouvante qu'ils viennent de vivre. A quelques pas, une femme du peuple, entourée de ses enfants, pleure en allai- : tant son dernier né. Et partout, sur le sol, sur les tables, sur l'appui des fenêtres, les fugitifs ont déposé leurs maigres hardes, du hngé et quelques vêtements qui constituent aujourd'hui tout leur trésor. Ces braves gens habitaient tous les quar tiers populaires. Us arrivent de Bressoux. d'Outremeuse, du quartier Sainte-Margue rite, où les obus ont exercé leurs ravages. Jeudi matin les Allemands avaient commencé à bombarder la ville, semant partout la panique. Des gens fuyaient en criant : u Sauve qui peut! ». D'autres engageaient les habitants à se réfugier dans les caves. En quelques heures, Liege eut la physionomie d'une ville à Tabandon 'e feu l'ultimatum. Comme il avait énergiquement refusé, on entendit bientôt le canon tonner à nouwau et l'on vit les obus pleuvoir de tous côtés. Des (maisons prirent feu, des monuments s'embrasèrent et l'incendie se propage»- Alors la population, terrorisée, comprenant qu'il fallait fuir à tout prix, commença son exode. On vit des gens fuir tenant leurs bottines ou leurs sabots en main et courir, à peipe vêtu#, vers la gare. Riches et pauvres, abandonnant leurs maisons ou leurs modestes logis, se hâtèrent vers la gare où des trains attendaient... Et les voici ^Bruxelles où l'administra tion communale a décidé /d'accueillir ces malheureux, de les héberger eo de les nourrir en attendant qu'on peut leur trouver chea l'habitant une hospitalité meilleure. Dans un groupe un vieillard raconte qu'il a vu ce matin même flamber la place de l'Université. A six heures et -demie, le bombardement avait cessé. Quand il a quitté Liège, il y a quelques heures, ^otites les maisons étaient fermées et les commerçants avaient descendu leurs volets. Des brancardiers passaient transportant des blessés et une quarantaine de prisonniers se dirigeaient vers la gare, au milieu de la sympathie des curieux. Plus loin une femme raconte qu'elle est partie à 8 heures. Elle s'est sauvée parce que les gens d'Outremeuse remontaient vers Ste-Marguerite en criant à tout ie mojide de se sauver. Le matin, les Allemands avaient bombarde , la rue Féronstrée et la rue Léopold. Le pont ; des Arches et le pont Maghin avaient sauté, rir en attendant qu'on puisse leur trouver A Ste Marguerite, deux garçonnets avaient été ^emportés dans la rue par un obus. Ces pauvres gens font avec une simplicité [ émdlivante le récit de leurs malheurs. Au-^ tour d'eux, des personnes compatissantes se L prodiguent et la charité publique multiplie u ses miracles. Plusieurs habitants se sont . déjà présentés à l'Hôtel de Ville s'offrant à . recueillir les familles les plus éprouvées, cel-. les ayant le plus de bouches à nourrir. ï m. Ajcuiuiurid passe pn.rmi ies groupes, li r commande au personnel de faire servir du café à tous ces pauvres diables et de ne les 5 laisser manquer de rien. Nous les logerons çe ; flftînaé3instamment de "faire appel au public ' pour qu'il mette à la disposition de l'Hôtel , de Ville tous les objets de couchage néces-, saires à ces malheureux. t a m ^ Le transfert du gouvernement à Anvers Si, conformément au vœu du législateur en cas d'invasion, la position fortifiée d'An* vers devenait le .siège du gouvernement, les ministres s'y transporteraient avec le personnel strictement indispensable. Toutes les femmes de ministres sont à Bruxélles. La baronne de Broqueville est de retour de Postal. Ces dames ne quitteront pas la capitale de toute la durée do la guerre, Anvers étant avant tout une forteresse où ne se rendent que ceux qu'un impérieux devoir y appelle. Le temps qu'il îait... et celui qu'il fera Le vent est faible ou modéré d'entre sud-ouest et ouest sur nos contrées, où la température est comprise entre 13^ et 16"\ Prévisions : Vent sud-ouest modéré; pluie. Les Allemands demandent un armistice de 24 heures > .w.-.w. - — ■ ■■ ' 1 ! « VENDREDI MIDI I La situation est bonne. D'après des ren-i_ seignements téléphoniques reçueg au département de la guerre les Allemands ont ' demandé au général Léman un armistice de 24 heures pour enterrer leurs morts. t D'après, nos adversaires eux-mêmes leurs troupes auraient eu de 20 à 25,000 hommes • hors de combat. L^ ville de Liège n'est • pas occupée par les Allemands. i Les Allemands ont bombardé Liège é jeudi. Simple manœuvre d'intimidation. Elle n'a produit aucun effet sur le gouver-.e neur militaire qui fait preuve d'un admi-}I rable sangfroid et d'une bravoure sans e exemple.Le bruit s'est répandu qu'à Liège les habitants avaient tiré sur les Alle-" mands. Ce bruit est faux et est officielle- II état de siège ainsi que la place d'Anvers. Mais dans toutes les provinces le code pé-nal militaire est appliqué dans toute sa se rigueur. On a fusillé vendredi matin en-e> core deux espions à la porte de Bruxelles *■' à Louvain. Une division de cavalerie allemande anéantie au Nord de Liège VENDREDI, 4 HEURES La division de cavalerie allemande qui avait passé la Meuse au Nord de Liège, forte de sept régiments, a été presque anéantie par la division Léman aidée de notre division de cavalerie. Après que la division d'infanterie eut décimé les unités formées, les cavaliers belges ont foncé à travers tout avec une bravoure extraordinaire. On fait prisonniers par paquets les cavaliers allemands débandés. C'est un ■véritable désastre pour les Prussiens. (Voir suite « Oornitros Nouvelles») Meuse ie Lie JEUDI 11 HEURES SOIR La situation au point de vue militaire reste normal. Le plan de l'état-major se déroule méthodiquement. Après avoir accroché à Liège et maintenu pendant trois jours trois corps allemands, le 7®, -le 10° et le 9° — soit 120,00Q hommes — la troisième division, sur l'ordre de son chef, s'est repliées en bon ordre ayant gardé une capacité suffisante pour se remettre à combattre lorsqu'elle aura pris du repos. Les hommes ne sont que fatigués mais en rien démoralisés, au contraire ! Les forts tiennent toujours vaillamment. Aucun n'est entamé. Quant à la conduite des Allemands à l'égard de la ville de Liège — qui est ouverte puisqu'il n'y a pas d'enceinte — elle ne le cede en tien à celle dont nos ennemis ont fait montr# devant Visé. Ils envoient constamment des parlementaires mais ne cessent pas de cribler la ville d'obus. , Le ministre de Russie a fait une démarche officielle au ministère de la guerre pour féliciter l'armée belge de sa vaillante conduite. -A Londres on est aussi émerveillé. En résumé, Liège tient et continue héroïquement à tenir l'ennemi en échec. 20' ASHÉE - Se 220 rin<; eentlmw|Je_t>Bn^ro gng_cenumea ie Htiinfei-o 20* AHHËB-— M" 229

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This item is a publication of the title Le petit belge belonging to the category Culturele bladen, published in Bruxelles from 1895 to 1913.

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