Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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05 January 1915
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s.n. 1915, 05 January. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Seen on 25 February 2020, on https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/en/pid/kk94747x0d/
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— Série nouvelle. Ne 55 Le numéro * 10 Centimes Mardi ê Janvier 1915 PRIX DE L'ABONNEMENT 3 Francs par mois (ù envoyer par mandat postal) Envoyer les demandes à ^ADMINISTRATEUR-DU JOURNAL 28 lu, rue in la Boira — LE HAVRE Directeur : lj*ERNAND NEURAY LE XXe SIÈCLE wmssmsm PETIT® (miîE»PO.'V»AW? | fijes S îlgKœm.. — <>.£><* Xipxe «oppl^Bsentalro,... O.SSS-AnmMem Jiwi iiM à forïalè Adresser îes annonças à JKAI>MIMST3M.TKUlLi>o.K>ORNA35i 8'te; lîBiiBfe îœi58 — LE BàïBS ïéîéptroiie te î495 Quotidien beSge parai^snt au Havre LEURS INTELLECTUELS C'est le code authentique iu paganisme barbare que ces Messieurs défendent Ils ont le monopole de rintelligence, outre-fcîn. Là-bas, personne n'en doute. Tout lie bng du siècle dernier, leur mentalité s'est fcouaric des rêveries die Fichte et de Hegel, jehiti-ci plus ténébreux que le plus téné-breux des sophistes, dont un des leurs, et bon des moindres, Herr Professor Windel-ktud, a pu écrire : « Qu'on se dépêché de « lire Hegel ; la génération capable de le |i comprendre est en voie de s'étoindre ! » Cela ne les empêche pas de croire cflae l'es* mrit allemand' est pius clair et plus limpide que celui des Français et des peuples la-lins. . Ils ont constitué dans leurs milieux intellectuels une philosophie gouvernementale, mue. doctrine de l'Etat, Issue des bizarres doctrines que Fichte proposa, au début d!u Xixc siècle, dans" son célèbre Discours à la nation allemande. L'Etat allemand! est une néaiisation de la divinité, devant laquelle loi vernit s'incliner, non seulement les nations raisinés, serves et eseliaves:, mais encore les citoyens qui ont l'honneur de M apparte-ndir. Telle est la pure essence du, germanisme, die Dfoitschheit. Dès lors l'individu, n'est rien, la. nation, allemande est tout. Elle est l'entité divine supérieure qui pour se développer peut broyer le reste du- monde. Les conséquences s'imposent : VAllemagne est au-dessus du droit. Non seulement elle peut mais elle doit faire la guerre de •conquête ; l'expansion de sa force est la réalisation de son essence germanique. Von Bernard!, le général-philosophe, a développé ces paradoxes avec la plus révoltante des criMliités. La vie des individus ne compte pour rien, puisque l'individu n'est rien quand on le met en parallèle avec la nation. Aussi bien les généraux poussent leurs hommes à la tuerie ; ils affichent un mépris souverain des- pertes qu'ils subissent ; ils gaspillent leu.rs soldats en masses compactes. Après cela, quel cas voulez-vous qu'on fasse de la vie des civils dans les pays ennemis, où la valeur huma-ine est d'une essence inférieure ? Ne demandez pas h ces soudards de respecter les femmes, de ménager les vieillards et les enfants, de sauvegarder les œuvres d'art et de ne pas toucher à la propriété ! Ils tuent, violent, pillent. brûlent" le sourire aux lèvres, parce tau'ils sont investis d'une mission qui leur impose de tuer;: de violer, de pilier, de brûler.Omnivaleur de l'Etat, régne de la force brutale, violation de la parole donnée, mépris de l'individu : c'est le code authentique du paganisme barbare. Les brutes qui souillent notre Belgique catholique sont des neo-jpaïens. Il-s sont devenus les ennemis jurés I (Vi christianisme qui professe le respect de I l'individu, et lui garantit une place centrale I <îan« la société. L'individu n'est pas fait I poiiT l'Etat, dit la morale chrétienne, mais l'Etat pour le bien de l'individu. Celui-ci n'est pas un moyen, mais une fin. Dignité I de l'être humain, respect de sa conscience, | de sou patrimoine matériel artistique, et ! cela même si l'Etat est poussé aux inéluc-^ tables nécessités de la guerre ; voilà les | principes que les nations chrétiennes apposent et opposeront toujours aux théories des ; barbares . Ces théories', le monde civilisé les laisse-ra pour compte aux soudoyés de Guillaume. D'aMleuirs, lie manifeste qu'ils ont signé n'a-t-il pas été signé sur commande. Dans ce pays, où l'empereur incarne l'Etat, et l'Etat la nation, tout marche au commandement,. Krupp fabrique des canons ; les « intellectuels » fabriquent des sophismes. De part et d'autre on agit par ordire. Doux pays qarO.stwa.ld propose'comme 1' « idéal de l'organisation n ! Ceux qui pensent autrement ont labouche close. Un professeur haut coté — m'écrit, ou plutôt me fait écrire par une voie détournée — qu'il désapprouve les abominations dont ses compatriotes se sont rendus coupables vis-à-vis de la pauvre Belgique ! Combien d'autres pensent comme lui. Si Leibniz vivait encore, il prendrait, l'initiative d'un contre manifeste et il le signerait, wfcws Leibniz est le philosophe die ï'indivi-«uiaMsirne tandis que l'Allemagne c-st infectée d'e théories paithéistes ; Liebniz avait un senil-iment profond de la solidarité des peu-chrétiens tandis que les-philosophes ofiriiels die l'Allemagne contemporaine sont û la solde d'un prince païen, bouffi d'orgueil et d'égoï-sme. , est fort à craindre que personne dans De monde universitaire n'osera dégager sa cause de celle du manifoste des 93 et dire tout bas CG ^ue ^eaucouip doivent penser Est-ce encore de la Kullur ? GRAINDORGE, ZEEBRUGGEBOMBARDË Le correspondant de l'Exchange T.ele-grapli mande d'Amsterdam, le 2 janvier, que la flotte alliée a de nouveau bombardé z-eebrugge. CMon de Jîcsîor Wfliarî Une dépêche de Baie à l'agence Fournier assure que Nestor Wilmart, qui pu.rgeadt sa iPeme ù. la prison de Saint-Gilles, Bruxel-Jies, aurait réussi à s'évader le 12 novembre «fermer. On, se souvient que le « joyeux Nestor », lut condamné à plusieurs années d'emprisonnement pour avoir mis en report dam «es banques et chez des particuliers poui plus de trente millions d'obligations irrégu Aieres des chemins de fer de Gnnd-Terneu-^en,dont il était le principal administrateui Le procès Wilmart dura de longues semaines et les débats de cette affaire sensation nelle devront d'ailleurs être repris devan I!* ^e ^uxelles. Ils l'auraien Courrier de Londres Christmas et le nouvel an Nous avons reçu des visiteurs ailés dans cette île. . A Cela s.e passa le jour de Ghristmas j les geins de Siieerness et de Sout-hend, à l'embouchure de la Tamise, virent — ceux qui n'étaient pas à table, car c'était l'heure du repas, laquelle dure, ce jour-là, toute la journée — des points noirs dans le ciel. Alerte 1 c'était l'ennemi. Vous avez connu les détails de cette aven- 1 ture et peut-être les avez-vous connus q avant nous, car l'infrangible repos de ^ Christmas ne fut pas interrompu pour si ^ ipeu. . , Il fallut attendre la matinée du lendemain samedi pour que quelques feu-illes n, ipeu sérieuses consentissent à nous dire ce ^ qui s'était passé. Les gros journaux, eux, les magnats de la presse, ne sortirent de leur sommeil réglementaire que le lundi et nous racontèrent avec sang-froid que, p le vendredi nrécédent, des aéroplanes qui... que... etc. . n . . . m Vous voyez donc que si les aviateurs^ al- ^ lemands avaient compté perturber les fêtes de Noël à Londres, leur but ne fut pas at- J teint. Londres mangea du dindon, en fai- l sant le calembour rituel (« turkey » signifie <( turc » et « dindon »), se cassa un peu les dents aux objets hétéroclites que l'usage veut qu'on, dissimule dans les ténèbres compacts du Christmas-pudding et se brûla gaiement les doigts au jeu traditionnel qui consiste à dégager les pièces de six pence j-dissimulées sous des raisins secs arrosés J de brandy enflammé. Car tels sont les rites » culinaires,dans la maison décorée de houx, v de gui, de lierre, de tout Christmas an- <-glais, où l'étranger constate avec stupeur comme elle est joliment enfantine la fa- (-çon de s'amuser de ces terribles hommes f d'affaires que sont les Anglais. Les aviateurs anglais ont rendu à Cuxha- £ ven la visite que les Allemands leur avaient J faite à Sheerness, vous ne l'ignorez pas j non plus. Etrange façon de célébrer le jour où la paix fut annoncée aux hommes de < honne volonté !... Cependant, ce màtin-là, | | dans la maison amie où j'étais arrivé la veille, j'étais éveillé par le chœur acidulé des petites servantes et dles enfants. Il j chantait : j While shepherds watch'd their bock by 1 ^qigiu] < Ail seated on the ground < The angel of Lord came down : And_glory shone around... « Les bergers dans la nuit, assis sur le | sol, veillaient sur leurs troupeaux, l'ange 1 de Dieu brillant de gloire descendit du ciel î et leur dit : « Ne craignez pas..., etc. » C'est 1 hymne 62 du livre officiel de prières ! mais quelle diabolique ironie, en ce jour d aéroplanes massacreurs, d'évoquer l'ange aux ailes pacifiantes... Ah ! nous avons fait des progrès, depuis mil neuf cent quatorze ans ! A la suite de ces échanges de politesses meurtrières entre Allemagne et Angleterre, nous venons d'être invités à gagner nos caves (je demeure sous un toit) si les canons de Londres avaient à mitrailler un ennemi aérien. Je commence à connaître cette cérémonie ; je l'ai vue dans quelques villes et j'ai été invité à « descendre dans ma cave » par de nombreuses municipalités. Aussi suis-je peu ému, mais il m apparaît que les Anglais ne le sont pas beaucoup plus que moi. La menace des Zeppelins a certes produit ici un effet d'agacement, en tout cas ; elle nous fait vivre, la nuit venue, dans une obscurité bien désagréable, mais je crois le sentiment général fait plus d'impatience que de craintes : « Qu'ils viennent donc et >qu on en finisse !... Mais les Allemands nous adressent d'incessantes menaces terribles qui sont suivies de peu d'effet... » On les a un peu « espérés » à l'occasion du Nouvel An. Comme on sait le tact de nos ennemis, il y avait, en effet, quelque présomption qu ils pussent choisir la nuit fatidique. Mais 1914- est mort sans nous apporter un suplément d'aventures. Vous savez que le Premier de l'An n'est une fête importante qu'en Ecosse ; en Angleterre. c'est un jour à peu près comme un autre ; il n'est pas « bank holiday », c'est-à-dire que les affaires y continuent selon leur train habituel. C'ependant, le 31 décembre au soir, on dîne tard dans les grands hôteLs, en attendant le minuit fatidique (cette année il fallut des permissions spéciales) et quand « Big Ben », la grosse cloche de Westmlinster, sonne les douze coups, on se souhaite bon an, en faisant gros tapage. Cette année, Big Ben n'a" pas sonné ; il est muet par ordre, toujours par prévision des Zeppelins, à qui sa voix enrouée annoncerait la place de Westminster, abbaye et Parlement ; mais on n'en a pas moins fait le srand tapage rituel. Spécialement autour de Saint-Paul, où se réunissent les Ecossais sectateurs du 1er janvier, ce fut un vacarme effrayant de trompettes, de gongs, de cris et de voix humaines. Dans les gares, les locomotives, devenues enragées, poussèrent de longs sifflements. Après cinq minutes, la paix nocturne redescendit sur Londres. 1915 était entré en scène et déjà on s'habituait à lui . Que nous apporte-t-il ? Je lis l'affiche d'une revue : « 1815 : Waterloo ! — 1915 : Berlin. » Amen. Léon SOUGUENET. LA CRISE MIISTÉRIEIIM BULGARIE , nouvelle déclaration de neutralité Sofia. 3 janvier. — Hier, an cours de la - discussion du budget des Affaires élran- - gères. M, Radosla.vo.fi, président du Conseil, • a rmrawelé 1& déclaration de. neutralité de . l'a Bulgarie et il a donné une fois encore l'as- - surance que tant que les intérêts du pays ne t seront pa.s mis en jeu, la Bulgarie obser-t vera la même attitude vis-à-vis de ses voi-sins. NOUS PROGRESSONS EN- HAUTE-ALSACE COMMUNIQUÉ OFFICIEL FRANÇAIS Paris, 4 janvier, 14 ïieiures 50. De la MER A L'OISE, la jaaraiée a été resqjuie complètement cialme. Le ternps eM to,vieux. Il y a en un duet d'arfiillcrre sut ueltfues points dur fronit. En face de Nou-ittes, notre artiliferBC lourde a rédtait an si-;nce dles batteries allemandes. Sur l'AISNE et en CHAMPAGNE, la ea-oniruade a été partieuilièremcnt violente. Nos atteries ont affirmé leor supériorité et ont ris sous leur feu clés réserves, ennemies, tous nous sommes emparés de phisiem-s oints d'appui tenus par les Allemands laais la, région de Perthes et de Mesnii-tes-îurlus.Entre i'ARGONNE e't la MEUSE, ainsi pie sur les HAUTS-DE-MEUSE, il y a eu line canonnade initemiititente. Un-e tentative aile hier mati-n par nos, troupes pour eiite-,-er Boiircuàiitas n'a pas réussi. Noire pro-;ressifin a continué dans le boirXe Prêtre :t aiu, nord-ouest dto Porat-à-Moussen. En HAUTE-ALSACE, nous avons enlevé me importante hauteur à l'ouest de Cernay Une contre-attaque ennemie a été reipoussée. \ Siteiiïliacb, nous avons pris possession di: 3«artiei die l'église et du cimetière. vatica» et la Hftrtliyt fraaçafe* fous savions d-epu^s quoique temps déjà à la suite de son élection au pontificat, 3 Benoît XV avait adressé au Président la République une lettre des plus cour-;e pour lui annoncer son avènement, et . M. Poincaré, an nom du gouvernement la République et d'accord avec l'unanime de ceux qui le composent, avait répon-au Pape par une missive pariieubère-nt aimable pour la personne du Sou-ve-n Pontife. , , . „ 1 ne noue appartenait pas de faire a.llu-n à ce détail — si important fuUl en ce ment — de la politique intérieure de la jnce. , , /lais voici que le correspondant parisien VIndépendant-, M- Jean Bernard, en. parle s délibérément. /oici ce que dit notre confrère à ce sujet : : M. Clemenceau raille, en termes voilés, Poincaré d'avoir répondu à la lettre par fuelle Benoit XV lui annonçait son élec-n pontificale. Il n'y a pas un bon Fran-■s, à quelque opinion qu'il appartienne, i n'ait approuvé ce geste de haute courtoi-internatioiiale.i Comment ! La France n'a plus aucun pport avec le Vatican où réside une puis-nce incontestable ; le nouveau Pape fait premier pas, une avance, en annonçant -même son élection au Président de la Ré-blique ! Que (levait faire celuii-ei ? Igno-- cette lettre ? C'était prendre dès lie dé-t et par mne initiative personnelle, une ti-tade hostile vis-à-vis dru Pape, h. qui J.lemiagne prodigue des marques d'atten-n et dont elle fait l'assaut par des émis-ires nombreux. « M. Poincaré n'a pas cru qu'il avait, le oit d'agir ainsi. A-près avoir consulté le nsei'l dles ministres, où siège un représen-it avéré de M. Clemenceau, le ministre du ■mmerce, M. Thompson, il a écrit une liet-; de réponse à Benoît XV. Pour la faire lir place Saint-Pierre, comme nous n'a-ns plus d'ambassadeur aiu Vatican et mme on ne pouvait, d'une façon raison-.:ble, envoyer cette missive par la posite ec nn timbre de 25 centimes, on pria l'évê-e d'Orléans, qui allait à Rome pour ses taires personnelles, de se charger die cette tite mission. n C'était convenable et c'était, en outre, em! dans le caractère français. C'est ce que mprirent tous les ministres qui, ton? ns exception, approuvèrent cette manière agir, qui n'engage pas le présent et ré-rve toute liberté pour demain. « iiMiii ié fe !§ iii ê iiii Le Petit Parisien publie une interview, de . Diamandy, député au Parlement de Bu irest, président de l'a Société des amitiés anco-roumai,nes, venir à Paris probable eut pour une mission diplomatique. Des déclarations de cet homme d'Etat, i suite que l'intervention armée de la Rou anie contre l'Autriche - Hongrie serai ïsormaiis assurée. En février, au début d» iars au pins tard, quand la saiso® de: •arnds froids sera passée, que les muni ans nécessaires auront été reçues, que 1; îttille des monitors roumains pourra re ion fer le Danube et menacer éventuelle eut Budapest-, 500.000 Roumains entreron ir lie sol hongrois. /échange des prisonniers de guerre UN APPEL DU PAPE AU KAISER Amsterdam, 3 janvier. — Selon une dé bcho du grand état-major allemand, 1< ipe aurat envoyé au kaiser le télégramm, livant : « Mettant ma confiance en vos senti .ents de charité chrétienne, je vous prii j terminer cette année désastreuse et d, jmmencer le nouvel an par un acte d, inérosité impériale en acceptant une pro osition tendant à l'échange des prison iers de guerre incapables de faire un ser ce militaire. » L'empereur aurait répondu t « Je remercie Votre Sainteté pour sa dé Jclie. Votre proposition d'améliorer le sor es prisonniers rencontre ma complet, empathie et les sentiments de charit n-étienne qui inspirèrent votre proposi on sont en plein accord avec mes propre ésirs. » Il paraît que le Vatican aurait adressé 1 lême appel à tous les pays belligérants. LdS Biiiuiuras suuuuiuqudù ub i imowaguu j ( La question des céréales La Haye, 3 janvier. — La « Gazette de Francfort » annonce qu'une « Société des céréales de guerre » vient d'être fondée par le gouvernement prussien, avec le concours ds villes contenant plus de 100,000 habi-; tants et des représentants de la grande industrie.Cette société aura pour mission d'ache-i ter de grandes quantités de céréales pour la fabrication du pain, de les entreposer et surtout de prendre les mesures nécessaires pour assurer les besoins de 1& consommation pendant les mois critiques qui précéderont la nouvelle récolte. Les journaux conviennent en effet maintenant que le stock actuel de céréales est considérablement inférieur à celui qui existait dans ce but en temps de paix. Il faut en effet tenir compte des céréales que l'on avait l'ihabitude d'importer et de la médiocre abondance de la récolte de 1914, qui a été moins bonne que celle de l'année précédente. Le déficit total est estimé à 15 ou 20 % de La consommation totale. C'est nour y parer que l'on recommande à la population de restreindre l'emploi delà farine de blé et de la remplacer par l'emploi du pain K, contenant de la fécule de •pomme de terre. Si la- popula-tion ne se conforme pas aux recommandations faites en vue d'économiser le pain dès maintenant, cette société-recevra des pouvoirs étendus pour contrôler le marché des grains. La pénurie, du cuivre Copenhague, 3 janvier. — La « Gazette de Francfort » annonce que le prix maximum des barres de cuivre de 13 mm. a été fixé à 235 marks les 100 kilos, et celui des barres d'aluminium à 370 marks. Pour se procurer du cuivre, il a été prescrit en Allemagne de démonter toutes les lignes et câbles en fils de cuivre en commençant par les localités les moins importantes. L'éclairage électrique sera remplacé par un éclairage de fortune â acétylène, en vue duquel l'Allemagne fait actuellement de grands approvisionnements de carbure de calcium. A Anvers, les autorités allemandes ont fait enlever les grandes portes de la gare qui étaient en bronze. La recherche de l'or Amsterdam, 3 janvier. — On continue à faire en Allemagne les plus grands efforts pour fa-ire affluer à la Banque d'empire l'or en circulation dans le public. La « Gazette de l'Allemagne du Nord » écrit qu'à Guben, près de Francfort, des commerçants vont de maison en maison demander aux habitants d'échanger leur or contre des billets. Cet or est remis à la Banque d'empire. « Nous ne pouvons plus vaincre », dit un financier allemand Le correspondant à New-York du « Times » de Londres télégra-phie le texte d'une lettre d'un banquier danois adressée au directeur d'une des plus grandes banques du monde. Cette lettre contient le paragraphe ^ suivant : « Un des magnats berlinois de la finance , m'a avoué que les dirigeants allemands se ; rendent compte de l'impossibilité de vaincre. » i ——— ï fe se mstltiplient La Gazelle de Cologne écrit : « Que nous devions résister et que nous résisterons est j une chose certaine. Mais ce qui est moins j certain, c'est que l'année prochaine nous ! h ayons encore, jusqu'à la nouvelle récolte, ! des provisions suffisantes de blé. » _ i " ; Le krssprms serait restré en Allemagne Stockholm, 3 janvier. Le kronprinz d'Allemagne se trouvait le i 2G décembre à Liège. Il devait repartir le i soir même pour l'Allemagne. Les Scandinaves craignent l'Allemagne Petrograd, 3 janvier. — La Vetehernee - Vrcmia annonce, de source absolument au-t torisée, qu'au cours de l'entrevue de Mal-; moe, il a été établi que la neutralité cles pays j Scandinaves est toujours menacée par l'Al- - lemagne. s En raison do celte menace, les trois monarques s'engagèrent réciproquement à prendre toutes les mesures nécessaires afin e de conjurer toute violation éventuelle de leur neutralité. uKeelsixtraiiciieespeigfi Un ami nous ccril du iront : Nous éiions de grand^'garde la nuit de Moël aux avant-po-stes : un îlot perdu au milieu des grands Lacs formés par les inon-iatàons de F Y ser ; la lune faisait briller d'un teiat métallique la surface gelée cl'es eau.x ; les senitane.iKes partout doublées avaiemt re-"u l'ordre formel d'ouvrir l'œil1 ; 011 redoutait la traîtrise des Allemands, ceux-ci étaient si proches que le petit pos'te» avancé entendait tousser la. sentinelle' ennemie. Nous n'eûmes cependant pas cette sensation, forte qu'est une attaque en pleine nuit ; nous eûmes mieu^, moins émouvant mais pins réeonfortani. Tandis que, malgré fout, les veux se fermaient pleins de sommeil, nous fûmes réveillés sowiain. par un murmure, une harmonie qui s'élevait grave et solennelle comme un. choral de Baeh : c'était l'ennemi qui célébrait Noël ; quand! la mélopée fut finie, les « hoch » retentirent. Jusqu'alors les nôtres n'avaient rien dit, lie moment n'était pas venu ; l'heure a lie mande précédant la notre d'aine heure ; mais au coup de minuit, une clameur immense, une clameur à donner le frisson, monta de tous' les trous de taupes de Dixmude à Nieuport : « Minuit, chrétiens, c'est l'heure solennelle où l'Hom-me-Dieu descendit jusqu'à nous ! » Et vraiment c'était le » peuple '(.Debout » qui. chantait « sa délivrance » ; c'était le' peuple dt Belgique représenté par la fleur de ses enfants. le peuple qui sentait passer dans soi: âme l'élan de foi de ses- ancêtres, le peuple qui attend plus du Dieu dies batailles que de La force des canons ! Minute inoubliable ! De ces milliers de jeunes poitrines, dans k £Trand silence de la nuit, le chant macn.i fiqu-e sortait en accents d'une incomparable puissance. On aurait dit que tous vonladen prouver aux barbares sacrilèges que seul; ils avaient droit, au « Gott mit uns )>, prof a né par les atrocités teutonnes. C'était la ré pense éclatante au chant sombre et mono tone de l'ennemi. C'était la démonst.ratioi vivante'des deux états d'âme, d'un côté l'en thousiasme et l'espérance de la victoire, di l'autre l'affaissement et la sensation de 1; défaite prochaine. i Après ce chant d'allégresse chrétienne ! nos troupes entonnèrent la Brabançonne, c le Vlaamsche Leeuic, puis des hourrahs re ten.tirent et des cris ele : « Vive le Roi ! Viv la Belgique ! » Et- les échos portèrent jus qu'aux dernières tranchées allemande cette voix d'un peuple qui ne veut pas mor rir. Eh retournant à notre "dure couchette, j me 'disais : k YoiL'i donc ce solelat belge qi paraît plutôt, froid î Ces sentiments si noble et- si profonds malgré cinq mois ele bataille et de tranchées, au milieu des eaux et de boues de l'Yse.r, tout cela se montre vivair comme au premier jour. El tous ces garçon de chez nous ne se doutent, même pas el leur admirable héroïsme. » Ce fut pour non une fierté nouvelle d'appartenir à la « d vision de fer », qui montra bien cette nuit-1 que si elle était, de métal pour le coura# elle avait cependant un grand cœur, tout v brant ele foi et do patriotisme. Pour fêter le réveillon-, nos bien aimt souverains avaient fait cadeau à cha.qr soldat d'u-n paquet de chocolat avec la mer tion : « Sokllats de l'Yser, la patrie est fièi >eVvvpws ! )) Ce cadeau fut reçu avec une jo enfantine et si les soldats avaient quelqi fierté c'était d'être commandés par un Ri chevaleresque et aimés par une Reine il comparable. E. L. Enterrement d'un soldat belge à Rotterdam Notre correspondant de La Haye noi écrit, le 29 décembre : <c Un soldat belge, nommé Gilbert Be lard, est décédé à Rotterdam, à l'hôpit; Saint-François. « Il a été enterré avec les honneurs mil taires. « Dans le cortège funèbre, on remarqua un détachement de la 1-andwer hollandais un corps de musique et des blessés belg' soignés à Rotterdam et qui sont en état c marcher. « Huit de ces derniers portaient les co ronnes. dont une du consulat belge, ui des soldats blessés, une des réfugiés belg et une eles révérendes sœurs de la Croi Rouge qui avaient soigné le défunt. De rière les porteurs de couronnes, on rema quait cinq cents réfugiés belges. « Au cimetière, on notait la présence c général Onnes, commandant militaire, c vice-consul de Belgique, M. G. Knight d'autres personnalités. <( Le service funèbre avait été1 céléb dans la chapelle de l'hôpital Saint-Fra çois. » Le Corps diplomatique à Bruxelles Quelques nouvelles au. sujet des repi sentants de puissances auiprès du Roi d Belges qui sont restés à. Bruxelles : Le comte d'.Vnsembourg, chargé d'affi res du Grand-Duché de Luxembourg, t rentré de congé et a repris ses fonctions. M. de Barros Calvacanti de Laccrda, pi mu premier secrétaire de légation du Brés est maintenu au. poste de Bruxelles, où remplace le Ministre actuellement au. Havi C'est en raison des grands services que diplomate a rendus au Brésil et ù la Bel* que, quio son gouvernement l'a maintenu Bruxelles. S. E. M. Gua.ni, ministre de l'Uruguay, quitté Bruxelles pour la. Hollande. Le premier secrétaire de légation de Rou,ma,nie et Mme Gabriel Mitilineu so rentrés de La Haye. ,Lta comtle Gialstcin d'Ansemboiurg a i nommé secrétaire de légation du Grar Duché de Luxembourg à Bruxelles. M. Fernando Gasani v Herreros de Te, da, attaché de légation d'Espagne à Brux les, a été transféré à Londres. Le comte de Samcstabal, deuxième seci ; taire de légation d'Espagne à Wasbingtc . a élé envoyé à Bruxelles pour la durée la guerre, eu égard au surcroît de trav ■ qu'il v a à la Légation en Belgique, i Mgr Tacci, nonce apostolique, est resté La, Haye où il est accrédité également. C'est Mgr de Sarzana, auditeur, qui gi la nonciature à Bruxelles. lettre ô'^îllemagne LA ULIiRRE PRÉVENTIVE. — UN AVEU! INVOLONTAIRE. LA VÉRITÉ QL'IL IMPORTE DE CACHER. Berlin 29 décembre 191 i.. Il faut que je vous narre à l'instant uno petite seène dont je me suis fort diverti.: Vous en tirerez, j'en suis sûr, votre profHv J'étais à table, ce matin, déjeûnant le ulus paisiblement du monde. Tout ù. coup, moij hôte entre en coup de vent ; — j'ai gagna ses bonnes grâces et nous nous enI retenons souvent assez familièrement. Il tient) en mains la « l-rankfurter Zeiltung » que l<a courrier vient de lui apporter ; il l'agite rageusement ; son visage est congestionna de colère. — Mais voyez donc ! me dit-il su/un ton vif. Ces imbéciles ont perdu tout sens commun J Et il me tend la respectable feuille. Je le savais violent; mais je ne le croyais pas aussi irrévérencieux envers une autorité consacrée. Je jette cependant les yeux sur le texte qu'il me montre et je lis, imprimé en manchette avec des lettres monumentales : Russlànds Angriffs krieg, « lai guerre agressive de l'Allemagne ». — Quo voyez-vous là de mal ? lui dis-je*. — Mais lisez donc! reprend-il, à peu près 1 hors de lui. Ces gens se contredisent d'unei façon grotesque. Ils vont nous rendre ridî-' cules ! Ils vont nous faire passer pour des imposteurs ! Ils affirment énergiquemenfi > -n'en ouvrant les hostilités, nous n'avons - pas songé un seul instant fi faire une guor- préventive, et en môme temps, ils appor- - lent das arguments décisifs qui prouvent i péremptoirement le contraire. C'est le coni- - te Andrassy, dans la n \euc Freie Presse », I qui a fait cette trouvaille, et la " Frankfur-i 1er » a cru bon de reproduire son article, d'y insister,afin qu'il n'échappe à personne-, , dé lui élever un monument. Mais écoutea t plutôt : « La Russie, de concert, avec la Serbie; c poursuivait une politique panslaviste, dirx-" gée contre nous. Ses intentions étaient: s agressives. La politique de Sasonoff ne sfl " conçoit que de cette façon. Il n'était pas contraint de faire la guerre pour l'amour do ® la Serbie ; il était seulement obligé de so II mettre à ses côtés en prévision de l'inévita-s ble conflit de l'avenir. Je crois volontiers s qu'il ne voulait pas encore déchaîner main-f tenant la grande lutte décisive. Mais si, par* I suite d'un crime, l'agitation yougo-slavd 3 apparaissait à l'avant, plan, il ne voulait cS-c pendant, ù aucun prix aboutir à une solu-? lion qui, enlevant l'épine serbe de notre corps, aurait rendu douteuse l'aide de la, Serbie dans une guerre décidée pour des' temps peu éloignés. 1_ « La guerre avec la Russie était inévitable ; l'Autriche-Hongrie ne pouvait pas con-s sentir à une solution qui ne l'aurait pas e mise il l'abri du danger yougo-slave. C'est) pourquoi, la Triple-Entente ne peut adres-e ser de reproche aux puissances centrales e d'avoir contraint la Russie, après le meui-tre de Sarejevo, de faire connaître ses des-" seins.La guerre qui a éclaté le l"r août n'est 1_ pas, en ce qui, les concerne, une guerre prû> ventive. Après avoir considéré les inten-_ lions de la Russie, l'Autriche-I-Iongric et l'Allemagne ne les ont pas devancées pal* une agression dirigée contre cet Empire ; mais elles l'ont mis en face de cette question : veux-tu la guerre ou non ? et elles l'ont ainsi amenée, s'il voulait la guerre, à> la faire de suite. Quant ù savoir dans quelle mesure, à l'intérieur même de la Tripfci-IS Entente, la responsabilité de la Russie retombe sur l'Angleterre et la France, c'est là une question qui la concerne. En tous 3" cas, il est inadmissible que les puissances; II do l'Entente nous dépeignent maintenant comme l'agresseur, parce que nous avons! 1_ contraint l'adversaire, s'il tenait vraiment à nous attaquer, ù ne pas le faire dans deux; 't ans seulement. » e> Eh bien ! s'exclame mon hôte, qu'en pen-:3 sez-vous et que résulte-t-il de là ? Nous Ie étions convaincus — à tort ou à raison — que la Russie était résolue à une guerro contre nous ; mais elle ne la voulait pas ie maintenant ; elle désirait attendre quelques 5S années encore ; elle tenait uniquement à1 s- soutenir la Serbie, afin de s'assurer son aip-r- pui dans le conflit futur. Et nous, de coin-r- cert avec l'Aulriche, nous l'avons contrainte à prendre les armes de suite. Mais, con-u tinue-t-il, et il frappe son journal du dos da lu la maiin, qu'est cela si ce n'est une guereo et préventive ? Ne croit-on pas rêver ? Et s'il en est ainsi, pourquoi ne pas l'a-ré vouer franchement, ainsi que l'a fait Maxî-n- màilien Harden ? Nous nous croyions menacés dans notre essor de grande puissance. - mondiale et nous avons prévenu le danger? nous avons voulu combattre à notre heurey d'accord avec nos alliés, au moment qui nous était le plus favorable, quand nous étions prêts, avant que l'adversaire ne fût trop fort 1 Mais c'était notre droit 1 C'était, noire devoir ! Qui pourrait nous le re-pro- .£. cher ? Nous n'avons fait qu'écoute- les.: cg avertissements des voix les plus autorisées, de Freitschke, de Bernhardi ; nous avons' suivi leur enseignement. J'interrompis à ce moment : — Combien vous avez raison, mon cher ,0_ hôte ! fis-je. Mais soyez indulgent. Si la il franchise sied à des publicrétes comme M. ij Harden ou à des théoriciens comme Freits-■q chke et Bernhardi, elle est défendue aux Cg hommes d'Etat et aux politiques. Car tout ,j_ le monde ne respire point ûn patriotisme* à aussi éclairé que le vôtre et n'a point una foi aussi profonde dans les destinées sou-„ veraines de l'Allemagne. Il y a en Allemagne des socialistes ; c'est une gent parfois ja indocile et vous savez si elle est puissant© nt et organisée. Aurait-elle compris ces exigences supérieures nécessitées par la gloi-!té re de l'Empire ? ,<}_ Enfin, il y a les pays neutres. Vous n'iU gnorez pas combien, en ces temps pénibles, a- l'Allemagne doit compter avec eux. Ils sont el. pacifistes, ces neutres ; leur morale représente la guerre comme un acte criminel -é_ dont il faut, à tout prix s'abstenir. Esprits' n bornés et mesquins ? Je le sais. Que vou^ lez-vous ? Ils n'ont point la chance d'appar-5iî tenir à un grand Empire ; ils ne possèdent pas la foi dans la supériorité t.ranscendan-. a taie de l'Allemagne. Et à cette heure de dure nécessité et de grave danger, je le répè-■re te, elle a besoin d'eux. S'ils n'ont point unel ômc suffisamment trempée .pour supportes

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This item is a publication of the title Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique belonging to the category Katholieke pers, published in Bruxelles from 1895 to 1940.

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