Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire

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19 november 1918
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s.n. 1918, 19 November. Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire. Geraadpleegd op 22 oktober 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/959c53gp98/
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Mardi 19 novembre 10 8 IO «u*Ui5(ac$ U ««««r* «Mr*svéf N* 322 JEBdESCO OJfcttSS FIaAlW âJ* FOSSS'v A BONN KME«T8 • DKUX FRANCS PAR MOIS . iiiwmi mu— m ni» i' 'i~n't ni—tti—- mTi n ' - - REDACTION à. ADMINISTRATION : SA»."# — S, RUE DE FLANDRE, A 6AND Ann«ne«* fr. C.l* la Ii#ço« Miilnmu|tT>it lu tiium) 1 I* lifne cii Chre iqae m. d*B.v ia «erf» <t journal ii h1, la. iiçitr. Informations financiàr** î!. :éj- ii«i:s. judiciaires :: fi. la. ligne. m traite à fo i,s puni ies «n s souvent lépeiies. imiWMIWreKiU .7 tKJnfmBX KaHHMCOaSMKir*''»'ertr Autorisé par la Censure En Hollande Le Mouvement révolutionnaire Une agitation révolutiono::ir« r-t hinviitéf în Holhinde par n 1 certain grmip !" ?nm-listes. 11 parait même que (les dé-e-n'ii!- i les révolntionnn'res allemands opèrent. p-m; e coinp' e bolehéviste Ije député Toelstra, un des chef du mouw nant, propose de créer un conseil suprèm: le soldats et d'ouvri-rs qui dé. iderait du égime ;'i adopter Un Comité local révolutionnaire aurait, l'après le « Vooruit .... fotmulé. les exigence? :i dessous ; notre conhèrë ajoute que ce :omité a été constitué en dehors du .parti locialistes. 1 Démission immédiate du gouvernement it fis administrations communales Installa-ion d'un gouvernement démocratique s'ap-iityant sur des Conseils d'Ouvriers et de Sol-lats.2. Aboli'ion de la pi'0|irié;é privée, en plaint toutes les professions qui se rattachent . cet. ordre d'idées sous la direction des syn-icats ouvriers. 1rs antres professions étant, datées sous le .vMitrôle de ces syndicats 3; Introduction, si possib' par les ouvriers ux-mêmes, de li journée de travail de huit, leures au maximum, com ne transition vers il journée de six heures. Dans les mines, in-roduction immediate de la journée de six eures. 4. Mise en liberté immédiate de tous ceux ui ont refusé le service, des dét mis politi-ue et des mutins. 5. Abolition du régime politique existant et îaintien de l'ordre par les ouvriers eux-lêmes.ti. Abiogation de toutes lois qui entravent I liberté de mouvements des ouvriors et sol-ats. Conquête du droit de démonstration. 7. Démobilisation immédiate, les hommes ardant leurs armes. s. Suppiession de toutes impositions indi-îctés, établissements d'impôts grevant exclu-ivement le capital et les gros revenus. 9. Suppression de la dette publique et con-scation de tons bénéfices de guerre. 10. Suppression de la royauté et de la diplo-latie.11. Une indemnité minimum de subsistance oui' tons ouvriers et assimilés, donc aussi Dur les démobilisés. Saisie de toutes parties habitation superflues au profit de ceux qui int ^ans abri 12. Mise sur un pied d'égalité de l'homme ; de la femme. 1". Défense de fabriquer et de vendre des lissons fortes. 14. Amélioration du sort des petits cultivant rs. Le journal hollandais «De Telègraaf » inonee que Toelstra a développé son pro-■amrae au cours de meetings tenus à Ri tter-im. 11 aurait réclamé la création d'un con- II suprême d'ouvriers et de soldats ainsi que die de conseils locaux dans toutes les villes. Nous n'exigeons pas le pouvoir, aurait-il iclaré, nous le prenons. » Toutefois les députés socialistes Duys et îrlaen 11e soutiennent pas Toelstia qui irait même déclaré que le « Telegraaf » a ussement reproduit ses paroles. w us*?..**?. - c ? -w • wew: •- - - ■ ~r. Les Expositions A la SaMe Tacts lÉpBteÉ : - ■ I! Ueiri Van qui jadis exposa fit quemment aux côtés d'Aiph Cogen est resti cette lois encore, fidèle à l'ancienne rollabc ration. Les deux artisfes ont d'ailleurs de traits 1 emmiins, l'un et l'autre cherchant concilier les théories imprt -sionnistes et 1 tradition académique Mais, tandis que che Gogen raccoriksemble s'être fait d'une ma niére personnelle et définitive, 011 perçoi chez Van Melle une certaine irrésolution.dan les tendances et d'instabilité dans la tecl: nique. Tantôt il est franchement moderne, recltei chant la luminosité et l'atmosphère, comm dans son « Pêcheur » ou comme en cette rusti que scène intitulée « Après l'orage » ; tantû il revient à l'antique procédé du clair-tibscui comme dans « Intérieur »; tantôt encort comme dans la « Masure à Namèche », il es ancien par la minutie de l'exécution, la pré cision appuyée des contours, en même temp que novateur par la franchise et l'éclat de colorations. Il lui arrive même de pousse une pointe vers le symbolisme, témoins so grand tableau « Toute une vie », où se mai que un effort conscienscieux, une recherch toujours en éveil. Mais..dans tous les cas, un solide science du dessin, une conuaissanc i approfondie du métier diyiuent aux œuvre de ti Van Melle une indiscutable valeur e leur assurent un sort durable. (A suiere.J U. V. ! J ' Au barreau gantois Le conseil de discipline de l'ordre de: avocats s'est réuni samedi matin sous la pré sidence de son bâtonnier. M" Louis Ver haegen. On espère que M" Albert Jeuterick, encort détenu en Allemagne, rentrera sous peu. Le conseil s'est occupé de cei tains membres dn barreau qui ont quitté la ville er même temps que les Allemands. Conformé ment au décret de 1810, ces avocats seront convoqués à une séance que tiendra le' Conseil de discipline dans le courant de la semaine prochaine. L'adresse suivante au Roi Albert a été votée à l'unanimité : Gand, 16 novembre 191.V Sire. Le conseil de discipline de l'Ordre des avocats près la Cour d'appel de Gand, réuni i pour la première fois depuis le jour inoublia-i ble où Vetre Majesté, à la tête de son armée victorieuse a repris possession de no-! tie antique cité, Lui adresse l'hommage de son inébranlable fidélité à la Dynastie nationale. à la Constitution et aux lois, qu'au jour de leur réception dans l'Ordre tous les avocats jurent de défendre. Le Barreau, qui appartient à l'élite de la Nation et qui. depuis 1- <0, lui a donné et lui donne encore tous les jours des services dis-dingués, s'efforcera de se montrer digne de son passé patriotique, conscient des devoirs plus stricts qu'impose à tous les citoyens le rang éminent que la Belgique a conquis dans le inonde et qui est le prix de tant d'héroïsme et de tant de sang. 11 s'efforcera de contribuer à le maintenir autant qu'il dépendra de lui. A l'hommage qu'il adresse à Votre Majesté, il associe Sa Majesté la Reine dont l'exquise et maternelle charité a consolé nos ~ "I ----- - héros mourants ou mutilé», le jeune Pria-e espoir de !» Nation ti denses aiigiides ; -rents. ajrt a partasré les périls de i troupe la t. mille royale tout entière I ,a Belgique a été affranchie grâce à lu brayonre de s-> vaillante, armée qui a uni .ses • îï'nts à ceux de r t'e s mi> s an s-rvice di ^ l'i i'i^-n- ses puissants alliés. Le Barreau --'associe r|i>:!èulp.<mi âme ans A nianilest.at tons graudios' s".par lf.-.|H.ellps bi jj Nation bel; célèbre le..v-?tour an foy.-r di ses admirables enfîinis, qài ont enduié .-.n.-t faiblesse lés iatignes et. 1 • s dangers pour la g : libération de la Patr ie. II est.heureux de pouvoir donner à Vo'tr: j JliijcM.' l'assurant-• que n'i l'abominable op i piession lel'eun mi. ni le-. p:ivatioi:s su|> e portées n'i.nt. pu avoir raiîon de rérit-igie de nos populations, qui. unanimement, sont de-t tnein-ée.-. elles aussi, fidèles au drapeau belge, symbole de l'indivisible unité de. la t Notre petiplc. uni à ses alliés, dar.s la société des i:nti,jti .eh ilisées,-' joindra ses eft'01 ts aux leur s pour : a : - e ; 1 iompher dans le inonde les Liées d- ,Tu«ti il Lr 'c.rt-è et de Progtès pou: |. squelies ton.» :,;it ly-roïquen: nt sonf-îuit pendant ces ani.' es donloun use* et glorieusesL< -. soussignés, membres du Conseil de l'Ordre, sont, dé Voti > Majesté, les humbles et fidèles sujets. Une proclamation du parti ouvrier belge Le parti ouvrin® belge «adresse au peuple l'appel suivant : AU PKUPLK liKLttK! < L'heure de la délivrance" va sonner. L'empire allemand s'effondre sons les coups des aimées de l'Entente et de la Révolution! Le peuple belge, réintégré dans ses libertés. revi i diquera avant font, de l'Allemagne nouvelle, la réparation totale desmétaitsde l'Allemagne d'hier. ~-t Dansle domaine international.pour assurer la paix du monde, il aidera de tout cœur, au triomphe des principes de, Wilson par la création de la Ligue des Peuples. Citoyens. A cette heure décisive, il importe que les travailleurs veillent eux-mêmes au maintien de l'ordre public, indispensable as relèvement des ruines et à la restauration économique et morale du pays. Qu'ils soient prêts pour qu'au retour des soldats qui ont si héroïquement coopérée à la libération de notre sol et à l'affranchissement du vieux monde, la Belgique inaugure, elle aussi, une ère de justice et de solidarité , sociale. Le peuple belge suivant l'évolution de tous les pays civilisés, exige l'accession complète de la classe de» travailleurs au pouvoir politique, notamment par l'établissement immédiat du suffrage ssiversel pur et simple à 21 ans Travailleurs ! Oans la Belgique de demain, la classe ouvrière, enfin majeure, veut, ave'c l'abolition de l'article 310, la liberté syndicale pour tous, i y compris le personnel des services publics ; Au nom de la conscience nationale, le parti 1 ouvrier réclame d'urgence la poursuite des traîtres et des accapareurs, et la taxation des ; bénéfices de guerre. Mai - la réalisation de cette œuvre de réno-| vation exige avant tout que le calme règne. Nous vous convions, donc à assister, avec asp* iid ?t dignité, à. la retraite des troupes ennemies qui vont r.eutrei e'n-Al:-, massue pnUi y aehevf r l'œuvre de la Rêvalntion. Travailleurs gt déniera? L" c.-a;seil e-énéra! du pni ti ouvrier l-plif et !" i.imitë de la Fédéra'i- i bi' x-'iloise s é.. : t 1 ; manence Ils ■,] p„ ... .... seb-nn- 't d • n'a.x : r -.i ni r««•:•>:! qee , »»r> 1 '-..con: .>• s out.-.i 1. s ■('p:-: tïnnsde droit ' t fontes J..S satisfactions de 1 ; n ê: :et de sécu lté i| ii voas ,ont dues. '.! Is pas de fausses mVroeuv- -• ' t'as de ' mon Vf 1 ii '• r i.t s •prématurés! t'a S de nianif"st :-t i >- s :a: -.ii, -tives! t: 1 u i 1 mot d'ordi e du l'a 1 ti ouvrier. K s : m i s dignes des destiné, s qr.i nous attend : t ! j U'ie.'-nat-iOu nouvelle, dan- la paix et. la J liberté, réalis, va demain les hautes aspira ; fions des travailleurs en marché vers le i triomphe de leur idéal Ci• t appel est signé pour le bureau du i eoris' i: général dn- Par.: onVrie;- belge par I MM d. (i' -ek, L Bertrand. \ i)ebiinrie,'. ! A. n v t -, J u le a. .T. Wan'ors. C Me:-l feus, V. s - \vy, L Mi-ysman^î. M Hallet-, K. j Hon-siaux, 10. Vinck, L. Troclet, A. C'ools, j P. Pa.-tur, (>. Solau, L Colleaux. Notre ûoHvernemeit tier général, plusieurs personnalités politiques des divers partis. L'entretien a porté sur la p litique intérieure et la situation économique du pays ainsi que que sut la formation dn futur cabinet. Il semble se confirmer le Ministère actuel donnera sa démission sous peu. Un nouveau cabinet sera constitué-, mais on ignore encore les éléments qui s-, ront choisis, Les uns prétendent, qu'il se composera de lipembresprix uniquement en dehors du Parlement; d'autres pensent que le choix se fera en majeure partie paTini les pailemeïi-taires qui sont.,restés dans le territoiri occupé par l'ennemi. Un seul fait semble certain, c'est que lé nouveau ministère se composera de six catholiques. trois libéraux et trois socialistes. # « » D'après le « Voornit », le nouveau ministère serait constitué comme suit : ÇathoHques : MM. de la Croix, chef de ca-liit, finances ; Renkin. chemins de fer ; Armi-gny, affaire a économiques ; de Broqueville, affaires intérieures et agriculture ; Van de. Vyveie ou Ruzette, sciences et arts; Jaspart. Libéraux. MM. P.-E Janson on Masson, guerre; Hymans. affaires étrangères: Franck, colonies. S cialist.es : Anseele. travaux publics ; Vandervelde. justice; Wauters. travail, industrie ou ravitaillement. Pour 9a Beigiq^ie j M. Hoover, président de la C.R.B. a pris des 1 dispositions pour procurer des vivres et des vêtements à 250.000 réfugiés en Hollande venant de régions de la Belgique et du Nord de la France que les Allemands ont fait évacuer. Il a déjà fait envoyer à Rotterdam 180.000 tonnes de vivres; rien ne sera négligé pour augmenter les expéditions aussitôt que les communications intérieures seront rétablies. D'autre part, la Ligue des industriels américains et 1'«Export Association», qui comptent en~emb!e plus de 1000 firmes avec un capifsl de 50 milliard : de dollar:,, ont pris .a décision suivante : « Par reconnaissance pour i'héroïsme et ies sacrifices de là France el de la Belgique, pour 1 défense de la civilisation contre un emiéim qui dévastait i-v -s cbami>s et leurs industries, ii adécidé par les industriel^ d Aine.:;:-.e qui, d'aecor-i avec leurs comoatrio; -s- étaient résolus a ■: \ r:r la capiti.i t*o de' \ilcia(::ns, e ic ir tous ies efforts pour appoi te. à la France et à la Be ■ ique aide el se'con jusqu à leur restauration complète après ia victoire » Le service des Chemins de fer La maréchal Foch a prié 1rs Allemands d envoyer d«« offici<"-s p tnr donnet des ren-seigneme.nts complets au sujet de l'organisa-tina du trafie n- eh air tVr et p:: • cpUrs d'eau (in jpiit qtt les Allemands, notamment 211 Be'aique. -:jJ,-:i»porlé de jrmi'.rmisea modifications aux ehemins de fer. principalement à la signalisation. Le retour des prisonniers L- journal hollandais De Telegraaf » annonce que la gare de Sitta'rd (Limbourg hollandais 1 est bondée de :oM,.ts prisonniers de l'Entente mis en liberté par les Allemands p 1 A Zeebrugge Le député Standaei t a proposé an comité de l'Union anglo-belge, d'élever sur la môle de Zeebrugge, un monument à la mémoire des héros du «Vindictive ». qui débarquèrent à cet endroit, dans la nuit du 23 avril 1918. Le projet de monument fera l'objet d'*n concours réservé aux artistes belges tt »" «»— «•» •* >-ta- « A «H L'Arrivée de Gui!!aume en Hollande U est probable que (Ttiillaume II, ex-empereur d'Allemagne, n'a 1 as été tiès flatté 4t la façon dont, il a été reçu en Hollande -II-arriva M* fttw»t4Àr»4»-4iw»neh»-»wr à 6 heures; une sentinelle lui fit remarquer que le bureau de la douane ne s'ouvrait qn'à 7 heures et qu'il devait, donc attendre »d« heure A 7 heures tout le groupe fut. officipllt-ment interné et l'on commença i examiner les paquets. Entretemps, Guillaume se rendit à pied ci bureau de la douane à Eysden où il dut attendre et courir, de gauche à droite de S à 10 heures. Enfin il s'embarqua dans un train dont les rideaux étaient baissés. On comprend que nos voisins du. Nord Soient pas fiers de recevoir chez eux l'être le plus abhorré de toute l'humanité et que l'opinion publique soit vivement excitée costre lui. L'ex-tyran ne doit donc, pas s'attendre à trouver en Hollande une retraite, agréable. Il devra finir par se convaincre qii'il aurait bien fait de ne pas survivre à la débâcle. Le ge»to eût été beau mais il n'a tenté personne, ii dans l'entourage du Kaiser, ni parmi les grands généraux de son état-major. L"ex~Kronprinz en Hollande Maestricht, 12 novembre.— L'ex-kronprinï d'Allemagne, sa suite composée des major» von Mulden en von Moelier, du capitainr van Zobeitz et de quelques domestique» et cliaaf-feurs sont arrivés de Spa, d'où ils étaient partis en automobiles par les chemins détournés afin d'éviter des. contingents de mutin». Us ont été an étés à la frontière par d«s jar- suillsten du journal de Gand. 2 La Mère Patrie ROMAN PAR MAURICE MONTÉGUT Alors, le père, le chef, Jérôme Bricogne, rla d'une voix forte, dans un silence pro-îd que seul troublait, d'un rythme régulier, bruit sourd du ressac. Il disait : — Roland, mon fils, mon aîné, mon grand ; ristine, ma fille de demain, petite Tina que i vue naître et pousser avec les jeunes bres — mes enfants — voici votre maison. ius tous, des deux familles, nous l'avons éle-e de nos mains jour à jour, lentement, avec même sollicitude et dans la même pensée... est-ce pas Hermann Griffeld? L' Allemand approuva d'un signe de tête. — ... Dans cette pensée qu'elle devait être rabls et belle pour abriter le long bonheur nos enfants très chers ; qu'elle devait être nne et chaude aux petits qui viendront... ii, ce fut dans cette pensée, assurément! ce jour »»t un beau jour, ear non» cite- bions vos fiançailles, Roland, Christine, — devant la maison terminée. « Vous y rentrerez seuls au printemps, à la saison des nids, avec la bénédiction du piètre ; et, ce jour-là encore, ce sera grande joie, grande fête pour nous et nos amis. « Roland, Christine, — comme une première fois, il y a cinq ans, votre frère Herbert et votre sceur Clorinde, par un acte semblable. vous cimentez aujourd'hui l'alliance de nos familles allemandes et françaises. Ces deux drapeaux, symboles, qui flottent sur nos tètes, le rappellent à tous. «Dans le vieux patois de la Nouvelle-France. les mots famillu et nation sont synoniroes. N'est-ce pas qu'aujourd'hui le sens de cette expression est plus exact encore ? Colons d'Acadie, colons du Canada, nous vivons en dehors des passions, des querelles de nos mères patries, mais non sans intérêt et non pas sans amour. « Or, une longue paix entre nos deax pays d'origine nous permet des alliances gracieuses et sages. De eette permission nous avons usé, nous usons, et nous userons encore avec contentement. « L'épreuve d'une vieille amitié, trente années de vie côte à côte, dans un partage 1 égal défi peines et des joies, la communauté j de nos désirs et de nos volontés, notre union défensive contre les loups pillards et l'Indien tenté, nous ont déjà liés d'une étroite façon. : L'amour inévitable de nos filles et de nos garçons a scellé pour .jamais ce pacte de : famille. Notre sang est mêlé ; les jeunes sont des amants, les vieux sont des frères. Crions ensemble: « Vive la France! Vive l'Allemagne! Vive l'Acadie I - Tous les bras se levaient et trois grands cris montèrent. Alors, Jérôme, lentement, se dirigea vers ia très vieille femme, restée droite pourtant, que les autres entouraient comme une escorte 1 d'honneur. Devant elle, d'un geste large, il découvrait sa tête, grise, et, la voix plus douce, il prononçait : — Et vous, Bertrande Bricogne. ma mère, aïeule, bisaïeule, ô grande vénérée ! témoin des temps perdu», orgueil de la maison, venez, c'est votre tour ! Fermez à la clef cette demeure vierge ; cette clef' vous la remettrez vous-même aux nouveaux époux, le matin de leurs «eee» ; et cela sera fait pour leur poi ter I bonheur. Ce soir-là, ils y entreront unis à jamais, — avéc leur destinée. Ainsi sollicitée, l'ancêtre s'avança, muette et grave, au milieu des groupes inclinés. De ses vieilles mains fanées — selon le rite et la coutume — elle fit jouer la serrure neuve, en retira la clef qu'elle pendit à sa ceinture. Puis, d'une voix lointaine, mais posée encore, elle récita :, — Heureux ceux qui s'aiment dans la paix du Seigneur I Heureux le» fiancés par le désir de tous ! Heureux les jeunes époux que de très vieux amis accompagnent au seuil. Roland ! Christine ! Ils étaient devant elle, un genou plié ; lui, brun et tort, courbant sa liante taille, pensif et recueilli ; elle, grande aussi, souple et robuste, avec de nobles flancs, faits pour la maternité ; fille de race féconde, elle promettait d'enrichir l'avenir. Bertrande étendit les doigts »ur ces denx #tes brune et blonde ; et, le» yeux aux nuées, elle remuait les lèvres en parlant à son Dieu. Puis elle releva les deux jeunes gens et les serra contre elle. Ce fut Hermann Griffeld qui termina la série des discours, en l'exprimant, ainsi : — Oui, c'est un beau jour. Il y a trente ans, quand j'arrivai dans ce pays, seul arec ma jeune femme — Tliècle, tu t'en souviens? — riche, si peu, fut-ce d'espoir, n'ayant plus rien derrière et n'ayant rien devant, si j'avais pu, par un don de divination magique, prévoir qu'un jour... prévoir ce jour-ci... et quelques autres pareils... certes, j'eusse été bien surpris, car j'étais loin d'imaginer que la destinée nous réservât tant de bonheur tranquille. « Et ce tut pourtant. Mais ^râee à qui ? Par le secours de qui ? De vous, Jérôme : je vous dois tout... Je l'ai dit et redit, je ne manquerai pas une occasion solennelle de le redire encore... » Alors, Bricogne doucement interrompit Griffeld. — Merci, merci, Hermann, mais il y a longtemps que vous m'avez rendu service pour service et que tout ceci est pas.^é. Tout le monde autant que vous n'aime pas cet air-là... Est-ce vrai, garçons V

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Dit item is een uitgave in de reeks Journal de Gand: politique, industriel, commercial et littéraire behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Gand van 1856 tot 1923.

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