La Flandre libérale

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26 december 1918
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s.n. 1918, 26 December. La Flandre libérale. Geraadpleegd op 25 mei 2022, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/319s17tp2t/
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44" Alliée — Jeudi 26 Déctmbr» I9f8, PIHX f 10 OSMEYSfUES !" 45. — Jgudi 26 DéctMbrt 1918. LA FLANDRE LIBÉRALE ABONNEMENTS 4P Momentanément 2 fr. 50 par mois ou 7 fr. 50 par trimestre Pour l'étranger le port en sus, «ÉBÀCTIOR, ÂDOINISmîION ET SMFEIMBSIË : QAND, i, RUE DU NOUVEAU BOIS ANNONCES Fottf le prix des annonces, s,adresser an bureau dn journal On traite & forfait, ——| HONNEUR H LA FRANCE? =-•- hommage à la france La ville de Gand reçoit aujourd'hui la triomphante armée française, qui a si puissamment contribué à la victoire finale de nos alliés. L'accueil chaleureux que le peuple flamand réserve aux soldat® de la troisième République, dont le sang a été si généreusement versé pour la cause commune, est w faible témoignage de la reconnaissance due à ces héros qui ont combattu à côté des nôtres et qui ont assuré le triomphe du Droit et de la Liberté contre l'oppression de la force brutale. Ce n'est pas d'aujourd'hui que datent l'amitié et la reconnaissance du peuple belge envers la noble nation française. Ces sentiments ont, dans le passé, des racines profondes, et il nous est agréable de rappeler, en ce jour de triomphe et de joie, qu'ils sont nés et se sont affermis dans la lutte livrée par nos deux nations pouT la Liberté e-t pour le Droit. C'est à la France que nous de-rons les libertés politiques qui, depuis près d'un siècle, ont assuré notre bonheur et notre prospérité. Jamais nous ne l'oublierons ! (Dans la mémorable nuit du 4 août 1786, les Etats-Généraux, pour le plus grand bien de l'humanité, ont déclaré "détruire entièrement le régime féodal". Dette déclaration était 1© couronnement de 'L'effort intellectuel prodigieux fait, pendant de longues^ années, par les penseurs du XVIIIe siècle, les Voltaire, Rousseau, Diderot, d'Alem-Lert, dont le nous est buriné en lettres indélébiles à la plus magnifique page de fl'hictnV.» «I,. !.. .yattoi.yg.i^p !". 1 Edifiant, au lendemain de cetf« Révolution, le code politique de la France, l'Assemblée nationale constituante inscrivit, le a septembre 1791, en tête de sa Constitution, l'impérissable Déclaration des D r oi t s de 1 ' h oi m m e qui est aujourd'hui et qui sera dans l'avenir à la base de toute société pouvant se dire vraiment civilisée : "Les hommes naissent et demeurent 1 ibres et égaux en droits. " w "Le principe de toute souveraineté ré-■" side essentiellement dans la Nation,. " " Nul ne doit être inquiété pour ses opi-" nions, même religieuses. La libre com-" munication des pensées et des opinions •" est un des droits Les plus précieux de l'homme. " " La propriété étant un d-roit inviolable " et, sacré, nul ne peut 'en être privé, si " ce n'est lorsque la nécessité publique, " légalement constatée, l'exige évid'em-" ment. " Les principes fondamentaux de cette Déclaration, que nulle loi humaine, ni divine n'avait encore proclamés, ont été établis alors par l'élite de cette vaillante race française, qui depuis a toujours lutté avec une énergie indomptable pour les sauvegarder. A peine les avait-elle formulés que la jeune République fut menacée de toutes parts et principalement par les despotes de race germanique qui, par droit héréditaire, étaient alors les maîtres absolus de nos contrées asservies. Quand la- France dut s'armer pour défendre contre le despotisme le code nouveau dont elle avait doté l'humanité, et qu'elle envahit nos province», voici 'a proclamation qu'elle adressa à nos populations : " Nous entrons incessamment sur votre territoire ; nous y venons pour vous aidier à planter l'arbre de la liberté, sans nous meler en rien de la constitution que vous voudrez adopter. " Pourvu que vous établissiez la souye-raineté du peuple, et que vous renonciez à vivre sous des despotes quelconques, nous serons vos frères, vos amis et vos soutiens. Nous respecterons vos libertés et vos lois. La plus exacte discipline régnera dans les armées françaises. " Nous entrons dans vos provinoes pour y poursuivre les barbares autrichiens qui ont commis dans le département du Nord les excès les plus atroces. " Sans doute, il ne fut pas possible d'appliquer sans résistances, ni sans excès, les principes de la Déclaration des. Droits de l'homme. Lef> révolutions appellent souvent les réactions et le progrès ne s'établit que par l'œuvre lente du temps. Lorsque, de victorieux qu'il avait été tant qu'il avait pu prétendre apporter les principes de liberté, aux peuples qu'il soumettait, Bonaparte fut devenu lui aussi un despote vaincu, nos provinces furent, hélas! à nouveau (envahies par les hordes germaniques. Et il n'est pas sans intérêt de rappeler les termes par lesquels s'adressait à nos populations' un gouverneur prussien : » Concitoyens! recevez dans ce jour so-lenn'el où l'on adresse des actions de grâce à la Providence, pour les victoires rem portées, ce premier grand bienfait du re tour de l'ancien ordre, ce premier «t beau gage d'un meilleur temps. Célébrez Dieu et les princes magnanimes qui le représentent sur la terre. " Je me suis rendu caution pour vous que vous en serez digne ,et que vous le resterez. Consacrez mes paroles par la prière, par des sacrifices, par le courage ; par vos actions, par la fidélité et par 'a constance ! C'est alors que le Seigneur restera avec nous, et nous conserverons notre chère Patrie. " Ces deux documents montrent — et la comparaison est tout à l'honneur de la France — que les deux rac>es n'ont pas changé, leurs méthodes non plus. Sachons en cet instant tirer des événements du passé une salutaire leçon pour l'avenir. Chaque fois que les conducteurs des peuples affectent des sentiments de piété et des allures religieuses, prétendent gouverner et parler au nom de la Divinité, les heures sombres du recul du Droit menacent l'humanité. Le droit dee Belges à une existence propre, à laquelle ils aspiraient depuis si longtemps, fut foulé aux pieds par les monarques de la Sainte Alliance, au nom desquels parlait le gouverneur teuton. D'un trait de plume on fit de nous des Hollandais. La France, vaincue; assista impuissante à cet attentat commis contre notre droit. Mais les ferments de liberté apportés par les armées de» la Révolution avaient trouvé un terrain favorable chez les descendants des fiers communiers flamands. Ils devaient agir bientôt, et, dès 1830, la Belgique sut réclamer nt, conquérir son indépendance. Et, luttant pour son droit, ce fut encore auprès de la noble France qu'elle trouva la protection et l'appui nécessaires pour le faire triompher et le faire reconnaître par les puissances. Et aussitôt indépendante, la Belgique, pour son bonheur, se souvint de la Déclaration des Droits île l'homme, où elle puisa les principes de la Constitution qu'elle se donna et qui fut reconnue alors pour être la plus libérale de l'époque. Il eût été étonnant que la communauté d'origine de nos institutions politiques n'eût pas exercé une influence profonde sur le développement parallèle des deux nations voisines. Aussi lorsque parfois le principe de liberté fléchissait et que la lumière rayonnante du droit s'obscurcissait en France, éprouvions-nous en Belgique un malaise et une inquiétude pour avenir, si nous ne constations pas toujours un recul simultané dans les idées fondamentales du progrès politique. Ainsi avons-nous vécu heureux et unis, dans l'amitié que crée le bon voisinage doublé de l'estime réciproque, confiants pour notre part dans un traité qui nous assurait la haute protection de la France. Et quand vint l'heure suprême, où l'Allemagne sanguinaire, après une longue et savante préparation, crut enfin ses armées assez puissantes, pour pouvoir impunément mépriser les traités, bafouer le droit et assouvir ses convoitises, nos deux Patries se sont retrouvées unies dans la suprême résistance pour sauver la sainte Liberté des étreintes de la force brutale. Après avoir éprouvé ensemble les pires angoisses et souffert les plus épouvantables malheurs, nous sommes aujourd'hui heureux et fiers de nous retrouver unis dans la Victoire. Nous sommes unis comme des amis qui peuvent se regarder en face, et échanger de clairs regards, parce qu'étant sa-ris convoitises hostiles, ils sont sans arrière-pensée, parce qu'ils communient vers des buts désintéressés et nourrissent des espérances'd'avenir, moins pour eux-mêmes que pour l'humanité tout entière. Et nous sommes heureux, parce que dette humanité de demain nous l'entrevoyons meilleure, plus grande, plus libre, plus prospère et plus unie, travaillant au bien commun dans une société pacifique d'hommes de> paix et de bonne volonté. Nous sommes heureux parce que nous entrevoyons ensemble la réalisation de la prophétie de votre grand Mirabeau, quand, dans un accès sublime de son éloquence divine, il's'écriait : " Le Droit est'le'souverain du monde!" m "Y" "J"1 ""f1 "l"" ""j" «"g ' Souvenirs de l'occupation teutonne Les prisonniers français à 6and Jusqu'à la fin du mois de-juin dernier, nous avions rarement vu à Gand des prisonniers français. Ce fut dans l'après-midi du 4 juillet qu'on en vit conduire un groupe de 625 au couvent des Augustin», rue ae l'Académie. Malgré la solide escorte teutonne, les passants les acclamèrent avec une spontanéité et un élan touchants. A peine furent-ils enfermés dans le couvent, que des voisins se mirent en mesure de leur passer de la nourriture, dont ils paraissaient avoir grand besoin. Furieuses de l'accueil enthousiaste que la population avait fait à nos vaillants alliés, les sentinelles allemandes s'avisèrent, à ce qu'il paraît, de vouloir rudoyer les prisonniers. Mais, s'il faut en croire les bruits qui circulèrent 'en ville le lendemain matin, les Français ne s'étaient pas laissés faire. Aussi les Boches jugèrent-ils prudent, dès l'après-midi, d'en envoyer un groupe à Medrelbeke, qui s'embarqua dans le vicinal à la gare de Gand-Sucl. Les sentinelles n'étant pas trop nombreuses, et nos amis ayant baissé les glaces des wagons, on put leur passer une bonne provision de cigarettes en même temps que des aliments.Quelques soldats eurent l'amabilité d'offrir en retour des petits "souvenirs", entre autres des calepins, qui sont précieusement gardés par leurs heureux possesseurs^Le gros de la troupe de prisonniers fut conduit le 6 juillet à la Cotonnière de Gendbrugge. Cette fois, comme on l'apprit par les hâbleries de quelques Flamboches, les chefs de cette petite- bande de. trqî+v^i avaient mis leurs acolytes teutons en garde contre- les nouvelles manifestations dont les Français n'auraient pas manqué d'être l'objet en traversant la ville. Les vexations auxquelles la population entière fut exposée à cause de sa profonde sympathie, de son amour fraternel, peut-on dire, pour les prisonniers, commencèrent à cette date. Les Teutons opérèrent des arrestations et enlevèrent les certificats d'identité aux... coupables. Ceux-ci durent comparoir devant la "Strafabteilung", qui se montra, à son habitude, très généreuse dans l'octroi de jours de prison. Nous avons déjà relaté, à ce propos, les impressions de M0 Heyse, qui, arrêté le 6 juillet, fit un séjour dans les quatre lieux de détention et prisons de Gand. Voici un autre incident qui se passa 1-e même jour : JVIlle T..., ayant eu l'audaco d'offrir quelques biscuits; à un Français, fut conduite avec sa mère au corps de garde de la Cotonnière. Madame T... demanda a.u sous-officier de service si elle aussi avait commis un crime en permettant à ses sujets de donner une tartine aux brosseurs littéralement affamés des officiers boches qui avaient logé dans sa demeure. La demande eut le don de rendre le sous-off perplexe, et il laissa l'affaire sans suite. Le nombre des Français augmenta encore d'ans de notables- proportions, au point qu'il fallut en loger à l'oiphelinat des garçons. On vit alors conduire journellement des groupes pour travailler au petit Dock, dans une fabrique du quai de Terplaeten, à la Clouterie de Gendbrugge, etc., etc. Des centaines de personnes, appartenant à toutes les classes de la population s'empressèrent de se placer sur le passage des prisonniers pour leur offrir ce dont ils avaient besoin, ainsi que... quelques dou ceurs. Dans la rue des Cinq Vannes et au boulevard Frère-Orban, notamment, les femmes habitant.oe quartier populeux attendaient les prisonniers faisant la navette entre le " Materialen dépôt " et la gare, pour leur passer la soupe bien chaude qu'elles avaiént reçue à' la cuisine communale. ' ' , „ Les femmes travaillant dans le dépôt créé par les Boches, au quai de Terplaeten, furent privées jusqu'à nouvel ordre du pain - supplémentaire auquel elles avaient droit, pour avoir offert des tartines aux prisonniers. Les habitants du'quartier ouvrier de la chaussée de Termonde allaient chercher pour ;les Français des pommes'de terre à la campagne. _ La bourgeoisie, bien entendu, elle aussi fit noblement son devoir. Ce furent particulièrement des dames et des demoiselles qui; se dévouèrent pour nos, amis et s'associèrent à la classe ouvrière pour adoucir, dans la mesure du possible, la situation des prisonniers qui se plaignaient particulièrement de ne pas avoir du linge de rechange et de manquer de savon. Le comité de ravitaillement obtint 1 autorisation de leur procurer du pain et la Croix ver;te, de la soupe. Les enfants des écoles "gardaient lent petit pain blanc pour le donner à leurs grands camarades. L'ukase de von Schikfus, affiché le 13 juillet, et promettant jusqu'à 5 années ix.t.X.T ~t: rr; rn tf: ."n :T: de prison et 20,000 francs d'amende à cetix qui oseraient dorénavant se mettre en contact d'une façon quelconque avec les prisonniers, ne parvint pas à ralentir, -le bel élan de nos concitoyens. On eut recours à un peu plus de ruae et voilà tout. Il fallut bien se résoudre» souvent, à acheter la bienveillance de;i sentinelles allemandes, ce qui ne coûta it pas cher. Mieux .valait cela que de devoir s'abstenir d'être agréable aux braves Français qui se montraient si. reconnaissants de ce qu'on faisait pour eux. Bientôt chaque Français eut sa marraine. Il s'établit alors un échange de correspondances entre etux. Et nous avons pu lire des lettres de remerciements fort touchantes. L'arrêté teuton permettait de remettre des paquets aux prisonniers, "à condition qu'on eût l'assentiment de3 gardiens ". Ceux-ci, -généralement, n'osaient pas y consentir quand on risquait d'être vu par un officier. Quelques-uns se montraient fort mauvais coucheurs et refusaient brutalement l'autorisation demandée, sous prétexte que les prisonniers no devaient pas être plus choyés qu:eux-mê-mcs.Les groupes de soldats furent aussi suivis par des policiers en bourgeois qui arrêtèrent les Gantois sans s'inquiéter s'ils avaient ou non eu soin de se mettre en règle avec les prescriptions teutonnes. La situation s'améliora un peu quand do nombreux groupes de Français furent employés à enlever le cuivre et le fer dans les usines. Les fabricants purent alors faire servir des repas complets aux travailleurs. Ailleurs, grâce à la complicité des concierges ou du personnel des usines, les marraines eurent l'occasion de déposer des paquets dont leurs filleuls partageaient le contenu avec les camarar des. Quelques Français offrirent leur croix ■■le i guerre aux marraines dévouées qui ; ' "fti terent rieremenf cette décoration" le jour de notre délivrance. L'espace nous manque pour raconter en détail les multiples incidents auxquels donna lieu le passage des prisonniers et qui eurent pour résultat l'envoi en prison et la condamnation à des amendes, de quelques centaines de nos concitoyennes et concitoyens. Leur arrestation provoqua parfois des scènes violentes. On vit des femmes du peuple rosser d'importance les Boches : cela se passa, entre autres, rue neuve St-Pierre et à la chaussée de Meulestede. Dans la rue des Champs, un Boche qui avait appliqué un coup de crosse sur lo bras d'une dame au moment où elle passait des cigarettes à un prisonnier, fit connaissance avec la boxe française, à' la grande joie des passants. +++ Il y eut jusqu'à 1,250 prisonniers français réunis à Gendbrugge. Les cas de désertion furent fréquents. Un jour il n'y eut pas moins de 127 manquants à l'appel du soir. Mais beaucoup de déserteurs ne parvinrent pas à franchir la frontière hollandaise, malgré les effets bourgeois et les cartes géographiques qu'on parvenait à leur procurer. , λ - - Un premier départ de prisonniers eut lieu à la gare du Rabot le 30 août. On leur témoigna une dernière fois toute la ■ sympathie qu'ils nous inspiraient, et on-,les acclama très chaleureusement, au passage du train quai de l'Industrie et à la chaussée de Meulestede. Le 7 octobre, au matin, on apprit que tous les Français internés dans les locaux de Gendbrugge, sauf environ 200, avaient été conduits à Gand-Ghamp des Manœuvres, où- les attendait un train de wagons de voyageurs. Ils étaient surveillés par un détachement de cent hommes. Plusieurs marraines, prévenues à temps, purent, pour la première fois, serrer la main à leur protégé. On s'embrassa même de tout cœur. Et, faut-il le dire, après le départ du train, bien des jolis yeux se remplirent de larmes. Plus d'un, filleul n'a pas oublié sa chère marraine,- et s'est empressé de lui donner de ses nouvelles dès que la chose fut possible. Quelques-uns promettent de revenir à Gand, libres cette fois. Nul doute qu'ils ne soient accueillis avec la plus grande joie., G. V. - " Xt»» — Probité française Un soldat français du 19e chasseurs à Eied, cantonné à Le'euwergem, trouva ier une liasse1 de billets de banque allemands, il y en avait pour 6000 marks, qu'il s'empressa de porter a son chef, M. le commandant Ducornez. ,, C'était toute la petite fortune d'ouvriers agricoles de l'endroit. On juge de leur bonheur en rentrant en possession de leur avoir. En l'absence de son mari, la femme avait cru bon, pour empêcher qu'on ne lui "volât son argent, de cacher la somme dans les vêtements de son erifant, où nul n'eût songé à aller la. chercher. Le petit, 'en jouant, et ignorant d'ailleurs le précieux dépôt dont. il était porteuir, avait perdu le magot. Heureusement qu'il échut aux mains d'un soldat formé à l'école de la. probité et de l'honneur. rr: rr.nr rr.m mrr:rn ."r,; rrrrrrnrHrnrrirrrr: .t.t.t. Ba tangue & fa culture françaises en Tfanôre La Flandre, où Belges et Français versèrent côte à côte leur sang au cours des combats terribles qui se sont terminés par la victoire des armées du Droit, la Flandre fut de tout temps un pays bilingue, où l'a- langue et la culture françaises f urent toujours en, honneur dans toutes les classes de 1a- société. Les premières œuvres de la littérature flamande ne sont guère que des adaptations des légendes épiques des trouveurs gaulois ; notre Rey naer t die Vos est un remaniement, parfois original, de 'l'épopée animale, née dans l'Artois, où Renard ia carne déjà l'esprit gaulois, frondeur et satirique ; nos beffrois et nos cathédrales gothiques sont dus à des artistes qui puisèrent le meilleur de leur inspiration dans les. admirables réalisations architecturales du génie bâtisseur fran. çais. Aux foires de Champagne, nos commerçants s'entretenaient eau français avec les Florentins ert, les marchands parisiens, qu'ils rencontraient régulièrement à certaines époques de l'année. L'attrait de la langue déclarée "délita-ble entre toutes et la plus commune à toutes geDs" par l'Italien Rriunetto Latini, la supériorité d'une culture qui est l'héritière directe de la pensée antique, l'élégance et la- délicatesse raffinées des mœurs courtoises de File de France, — de ce que nous pourrions appeler la mode de Paris, —- les inéluctables nécessités économiques contribuèrent à implanter et à r épandre chez n ou dès le hau^ moye^-àge7 la "sbeï pSrfëUrè'''' française. De multiples témoignages l'attestent, dont la filière est ininterrompue depuis le XIIe siècle jusqu'à nos jours. C'était un Flamand, Froissart dont l'œuvre historique évoque, en une langue savoureuse et colorée, la société chevaleresque du XIVe siècle. L'amoiur du pittoresque, l'art avec lequel sont brossées ses fresques chatoyantes rappellent le "faire" d'uni Rubens, cet autre grand Flamand qui maniait et écrivait avec aisance, lui aussi, le français. C'était un vrai Flamand, Philippe de Oommynes, ce diplomate adroit et peu scrupuleux, dont les "Chroniques" constituent un des plus beanix. monuments de la littérature française. C'était un Flamand, Jean Lemaire- de Belges, trop oublié aujourd'hui et dont nombre de pages de ses "Illustra ti ont, des Gaules" mériteraient par leur fraîcheur et leur grâce exquises de survivre. C'était un Flamand qui parlait et écrivait en thiois, mais qui se mit très tôt à écrire en français, .par goût; rendant un bel hommage à la, langue: de Charles d'Orléans et de Villon, il la déclara "gente, propice, suffisante assez (très riche) et du tout élégante pour exprimer en bonne foi tout ce que l'on saurait excogiter soit en amour ou autrement ". C'était un Flamand, et non des moindres, Philippe de Marnix de Sainte-Alde-gondo qui rédigea en français son célèbre Tableau des différends de la religion, dont Edgar Quiwet se montrait un admirateur enthousiaste. Ce n'était pas seulement les intellectuels, les bourgeois qui parlaient et écrivaient le français: des gens du peuple, des artisans et d'es ouvriers entendaient parfaitement cette langue et s'en servaient à l'occasion. C'est ce qu'il nous est permis- d'inférer entre autres, d'un passage significatif tiré de l'épiitre dédi_ cataire placée en tête du dictionnaire flamand-français, de Melleima (1591). Après un éloge magnifique, de la langue française, Mellema déclare "que si nous voulons juger 'sans passion, i'1 nous faudra confesser que tous les Flamand s, avec leurs seize provinces nommées le Pays-Bas, s'en servent quasi, corn- me les Valons et Français me s me s, es miarchez, es foires, es cours, les paysans en assez grand nombre, les citoyens et les marchands pour la plupart, les gentilshommes: brief, les parlemens et secrétai-ries, le clergé avec les estudians '. Ce témoignage n'est pas isolé ; nous pourrions en citer d'autres tout aussi éloquents.Au XVIIe et au XVIIIe siècle, Les fortes positions qu'occupaient la langue et la culture françaises en Flandre, non seulement se maintinrent, mais s'étendirent; elles se développèrent davantage encore au XIXe siècle. Le peuple flamand a toujours eu trop de bon sens pour ne pas comprendre l'intérêt que présentait pour lui l'étude d'une langue internationale qui le mettait directement en contact avec l'univers civilisé ; d'une langue qui charrie depuis des siècles les idées les plus généreuses, les plus démocratiques ; d'une langue que le sociologue russe Novicow proposait, eh 1911, dans un livre qui fit sensation, de proclamer 1' " idiome international auxiliaire du groupe de civilisation européen Sans doute les Flamands ne renoncent pas à leurs patois, si savoureux, si pittoresques, dont la crnelité et la verdeur suggestive font se cabrer le Hollandais rmide^ mais _ lent le français chaque fois que l'ocMB^^ s'en présente, soit entre eux, soitl^^ leurs_ frères wallons, soit avec leurs «Liïs de Lille et de Paris ; et 'plusieurs le parlent fort bien. Sur im total de quatre millions de Flamands, les statistiques officielles accusent plus de 900,000 bilingues ; et le nombre des bilingues, soyons-en convaincus, ne fera que s'accroître.La population ouvrière de Gand, notamment, montre pour le français une véritable prédilection. Pendant l'occupation allemande, en dépit des mesures odieuses prises par les Teutons pour faire disparaître de chez nous toute trace de " Welehe ", des milliers de chômeurs ont suivi des cours de français : 1' " As sociation flamande pour la vulgarisation de la langue française dont l'activité-, pour être occulte, n'en a pas été moins considérable et fructueuse, a vu augmenter, dans de sérieuses proportions, le nombre de ses élèves. Bien des ouvriers, avec qui nous nous sommes entretenu pendant la guerre, nous ont tous exprimé le même désir : elévolopper les notions de français qu'ils avaient souvent apprises par eux-mêmes. Le français n'est pas une langue étrangère en Flandre ; c'est une langun indigène, et ce l'a toujours été, qui fait partie du terroir au même titre que les patois régionaux. La culture française, plus exactement la culture U/ine, revêt chez nous, sans doute, un aspect .spécial, conditionné par notre climat, nos habitudes et nos coutumes: mais elle pénètre profondément nos mœurs ; elle se manifeste dans nos idées, dans nos façons de penser et d'agir ; elle imprègne toutet notre organisation morale, intellectuelle et sociale. N'est-ce pas un fait caractéristique que les plus grands écrivains qu'ait eus la Flandre au XIXe et au XXe siècle, les De Coster, les Lemonnier, les Verhaeren, les Maeterlinck, les Van Lerberghe, comptent parmi les bons auteurs dont s'enorgueïïlît à juste titre la littérature française contemporaine 1 Paul HENEtf Nouvelles de l'étranger ANGLETERRE Déclarations du président Wiisen au «Times» Le " Times " " publie d'intéressantes déclarations que son correspondant de Paris a reçues du président Wilson. Le président a marqué le contraste qui sépare le prochain congrès de la paix de celui de Vienne : " Au congrès de Vienne, a-t-il dit, les délégués étaient plus préoccupés de leurs propres intérêts et de ceux des classes qu'ils représentaient, que des désirs de leurs peuples. .Versailles doit être une réunion'des serviteurs des peuples représentés par les délégués. Nous devons tous concerter et mettre en commun tout ce que nous aurons acquis pour le profit des idéal s qui sont communs à nous tous. " Parlant de l'objet principal de la paix, le président s'est encore exprimé en ces termes : • " Les. gens do toutes les nations ont actuellement les yeux fixés sur Versailles, et je suis sûr qu'ils se posent cette ,seule question : " Trouvera-t-on parmi les hommes d'Etat qui vont s'y rassembler assez de sagesse et de résolution pour créer une sauvegarde contre les guerres futures?" Les difficultés et les responsabilités que présente la fin de la guerre doivent naturellement être partagées par les grandes nations du monde comme par celles qui sont moins puissantes. " Le président a ajouté qu'il avait le désir de visiter l'Italie et la Belgique. Il s'est étendu sur son prochain voyage en Angleterre et sur la nécessité d'une coopération intime entre l'Angleterre et les Etats-Unis. " Nous comprenons et apprécions, je crois, a-t.il dit en terminant, les grands problèmes en présence desquels la guerre a mis le peuple britannique et nous nous rendons parfaitement côînpte des ques-

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Dit item is een uitgave in de reeks La Flandre libérale behorende tot de categorie Culturele bladen. Uitgegeven in Gand van 1874 tot 1974.

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