La nation

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s.n. 1914, 22 April. La nation. Geraadpleegd op 11 december 2023, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/f76639m11p/
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4e ANNEE. N 0 12- Le Numéro : 5 centimes. Affilié à l'Union de la presse périodique Belge. Mercredi 22 Avril 1914 LA NATION « Pour la Culture Française. » Journal liebdomadalre paraissant le mercredi. « Pour la Culture Française. » ABONNEMENTS : Belgique : 3.50 francs ; France : 5 franc ; Étranger : 7 francs. ww nbtnw/i kj \j uwvrviinu . 106B, Rue de l'Arbre-Bénit, Bruxelles Téléphone B 1848. Les manuscrits non insérés ne seront pas rendus. Il sera rendu compte de tout ouvrage dont deux exemplaires seront envoyés à la rédaction. ANNONCES : On traite à forfait. LES DEUX POLITIQUES Un incident qui date d'hier a montré la force de pénétration des idées qui nous sont chères. 11 parle plus haut que nos bavardages de meeting et de gazettes. M. Max Hallet, fonçant, au Sénat, sur le projet de loi scolaire voté par la Chambre, n'a pas hésité à déclarer qu'un referendum wallon donnerait, dans l'heure de mécontentement qu'on traverse, 90 p. c. de votes pour l'annexion à la France. Je ne crois pas du tout à cette proportion, ni même, sauf dans quelques cantons-frontière, à un mouvement annexionniste ; mais qu'un mandataire public, ayant l'âge, la notoriété et le talent de M. Hallet ait pu s'exprimer ainsi, j'estime que le fait est grave et qu'il réduit à leur valeur l'indifférence ou l'optimisme du monde officiel.J'estime enfin qu'il nous éclaire sur le mouvement séparatiste actuel. 11 nous montre, en effet, que la séparation n'est qu'un premier acte, et que le second acte, c'est l'annexion. A l'orangisme flamingant, voici donc que les masques tombent et qu'on oppose, enfin, le pangallisine wallin-gant. C'est, d'ailleurs, une vieille idée, aussi vieille, sinon plus vieille, que celle des Néderlandistes incurables. Elle n'a pas pour elle, il est vrai, les réalités de l'histoire. Il fut un temps où les comtés de Hollande et de Zélande ne faisaient qu'un avec la Flandre. Sans la guerre de religion, suscitée par le fanatisme espagnol, jamais on n'eût séparé ces membres d'un même corps. C'est en vain que vous chercheriez, dans nos annales, le temps où la vieille principauté de Liège — les trois quarts de la Wallonie actuelle — ait été rattachée à la couronne de France. Elle était un fief allemand, gouvernée, le plus souvent, par des évêques allemands ; jamais les fleurs de lys ne furent gravées sur son écusson. Il n'empêche qu'en haine de ses maîtres, et parce qu'elle reposait sur un tuf celtique et parlait de moitié des dialectes français, elle connut à toutes les époques le frémissement d'une sympathie active, dont bénéficia son voisin du midi. Pensez à Louis XI ei aux compagnons de la Tente Verte, dont M. Carton de Wiart a narré si agréablement les aventures, à Guillaume de la Marck, aux Orignoux, à nos jacobins de 1793, à Danton reçu triomphalement à Liège, aux admirateurs du duc d'Orléans lui faisant offrir la couronne de Belgique en 1830. Depuis cinq cents ans, la France donc a toujours compté, à Liège, des partisans ; elle y a toujours entretenu une petite agitation, qui, aux époques troublées, grandissait et menaçait la paix publique. Et toujours-, aussi, cette agitation conduisit à des violences inutiles; sous Charles le Téméraire comme sous Louis XIV, comme après Waterloo, la même fatalité voulut que fussent brisés les liens éphémères, noués entre la grande et la petite patrie. Est-ce un avertissement pour nos créateurs d'Amitiés françaises et nos fervents des Ligues wallonnes? Je le croirais volontiers, d'autant plus volontiers que la France républicaine, sortie des convulsions douloureuses de 1871, a abdiqué les ambitions de la vieille monarchie et du régime impérial. Il y a eu, dans le passé, deux politique françaises par rapport à notre pays. Il y a eu celle des derniers Capétiens, des Valois, des grands Bourbons, dont la tradition fut reprise, avec toute la friperie de la Royauté défunte, par Bonaparte devenu empereur, sacrifié par un pape et très auguste époux d'une archiduchesse. C'est une politique à laquelle nous devons tourner le dos, car elle a été répudiée par la troisième République, respectueuse du sentiment des peuples, désireuse de paix, de réorganisation intériereu et acquise aux entrepises coloniales en haine de la guerre européenne. L'autre politique qui se ré- j sume en ce pacifisme armé et ag: sant, c'est celle du gouvernemt actuel de la France, responsable p : voie d'hérédité, du pacte de 183 1 gardien d'une nationalité pour laque 1 devant Anvers, ses fils versèrent le ; sang. M. Klobukowski, ministre de 1 République à Bruxelles, est venu no ; le dire à Liège le 17 mars 1913 restez unis si vous voulez restez he reux et prospères. M. Albert Mocke! ' été bien inspiré en rappelant, le si où nous banquetâmes en son honnei le service inoubliable que les troup du maréchal Gérard avaient rendu 1 notre royauté, menacée dès ses pi miers pas. Il eut été mieux inspi ! encore, à mon humble sens, en form lant la moralité très certaine de ( événement historique; mais elle e 1 moins plu à quelques-uns de ses auc teurs. Qu'on ne vienne donc point no ; parler d'un mouvement annexionnisl ' ou, si l'on en parle, qu'on pren 1 garde à la trop évidente connexité i : chacun le voit avec les idées dont réclament certains de nos antiflami : gants. 1 Ou bien le séparatisme n'es comme l'insinuait hier encore le p: maire qui rédige,ici en style villageoi une petite feuille de combat, qu' effort vers une plus grande autonon des provinces wallonnes, libérales socialistes, dont la majorité flamand dans nos Chambres et dans l'admini tration générale, gêne les entournure Et en ce cas, il n'est pas besc d'un Parlement de plus, riche en po ticiens convertis, pour entendre la le ture du cahier des griefs d'une par des Belges ; les ligues wallonnes, redoutées de M. de Broqueville, ferc bien la besogne spéciale pour laque on les a fondées,et où les intérêts sup * rieurs de notre culture et de noi » langue ne sont pas impliqués. Ou bi le séparatisme est l'avant-coureur d' mouvement plus grave, que M. Hal a nettement annoncé au Sénat, et aie il mérite la réprobation de tous ce qui redoutent une conflagration univf selle, suite trop certaine d'une mena d'accroissement de la France sur frontière du Nord. M. Wilmotte. i La part du Rêve L'actualité ne m'intéresse plus depi huit jours. Le ciel bleu m'enchante chaque jour, dès l'aube, je cours à campagne. J'ai vu le chevalier Pn temps, couronné de soleil, venir du fo des temps entouré d'elfes rieurs. L politiciens, en redingotes noires no ont assez fait admirer leurs binocles les subtilités de leurs âmes médiocre; Qu'ils se taisent. Soyons tout à la ji du renouveau que Dieu nous donne. Les vergers sont en fleurs. L arbres ressemblent à des prêtres, rei tus d'habits brodés, qui disent l'offi pour la première communion îles jeun faunes et des nymphes impubères. Les clochettes des jacintcs tintinr bulent dans l'herbe verte, agitées qu'eh sont par le servant zéphyr. Les rimeu et les peintres qui voient ce spectai se découvrent, s'agenouillent et cha tent « Hosannah ». Crispin de PASSE. ÉCHOS Pour notre Industrie national Notre excellent confrère Y Echo Comm cial d'Anvers qui est toujours vaillamme sur la brèche pour la défense de noi industrie nationale contre l'invasion de camelote allemande publie l'intéressa entrefilet que voici : On ne saurait assez recommander a Belges de favoriser leur industrie nationa! non seulement parce que c'est là leur dev< de bons patriotes, mais encore parce qi nos produits sont de qualité supérieui C'est une chose reconnue partout. A pl forte raison pourrait-on demaider aux adn nistrations qu'elles ne s'adressent qu'à d firmes du pays. Mais il paraît que voilà u; chose à laquelle ces administrations : condescendront jamais. s- C'est ainsi que la ville de Dînant a con-,nt cédé l'exploitation du gaz et de l'électricité à une société allemande. Et si vous savez c pour quel motif, vous êtes instamment prié de venir nous le dire. Ile ur la Un parallèle entre us Flamands et Hollandais : Les conseillers municipaux parisiens ont U- été reçus triomphalement par les édiles de a La Haye. La population de la charmante cité hollandaise leur a fait un accueil des plus chaleureux. Aucune note discordante r> n'est venue troubler le concert de sympathie es qu'elle leur avait réservée. à Et nous songeons avec amertume à la réception qui leur fut faite il y a quelques années à Bruxelles, réception qui ne le céda pas en chaleur et en enthousiasme à celle u" de La Haye mais qui fut troublée par une :et incongruité de flamingants mal dégrossis, ût L'on se souvient de l'affiche injurieuse qu'ils ij_ firent placarder sur les murs et qui fut lacérée par deux de nos meilleurs artistes-peintres qui furent payés de leur tact et de leur us politesse par une condamnation de police, e, Il paraît que la réception des édiles ne parisiens fut suivie à La Haye d'un concert au cours duquel on exécuta et on n'exécuta se que des œuvres françaises. Aucun Hollandais ne protesta car les Hollandais sont n" des gens bien élevés. Qu'auraient fait les énergumènes de la it, moedertaal ? Le précédent du concert fran--j. çais donné l'été dernier à Gand nous per-met de le deviner. La leçon cinglante que les Hollandais in viennent d'infliger aux flamingants méritait ie d'être soulignée. et * » * e, s. Le irançais à l'Etranger. s. Un Congrès international d'Expansion in commerciale se tiendra à Barcelone en j_ juillet et août prochains. Les conférences y c seront faites par des professeurs, hommes de lettres, officiers, fonctionnaires, agriculteurs espagnols et auront lieu quelques-unes .ct>~ si espagnol, mais la plupart en français. Les nt conférences espagnoles seront remises aux jje étrangers (de toute nationalité) sous forme g de résumés en français. Et remarquez que le Congrès a surtout pour but de faire con-re naître l'Espagne et l'Amérique espagnole, en un * * let Le Parisien à Bruxelles. La Chronique publie cet amusant croquis ix du Parisien en voyage à Bruxelles : :r- " Un autre agrément des journées pascales, ce c'est la visite des Parisiens. Grâce aux trains ga de plaisir organisés par la Compagnie du Nord, dès la veille de Pâques, le faubourg Montmartre débarque au boulevard Ans-pach. C'est le Parisien de la petite bour-geoisie, naïf et badaud, et il n'a pas beaucoup changé depuis Labiche. Ce voyage " à l'étranger ce passage de la frontière a été médité pendant de longues semaines, au café, après la manille. On est parti en lis caravane, deux ou trois ménages, avec ef M. Anatole, ou M. Félix, l'indispensable célibataire, loustic et renseigné. Il connaît Bruxelles, et fait le cicerone. Mais il n'ar-n~ rive pas à empêcher ses amis de s'émer-id veiller : es — Comme c'est propre 1 Comme c'est lis élégant ! Quels beaux tramways ! Tiens ! ^ Ils n'ont pas d'autobus ! Avez-vous vu les " bureaux de tabac n? C'est ça qui est chic! ' • Ce boulevard Anspach, pourquoi qu'ils ]ic appellent ça boulevard, puisqu'il n'y a pas d'arbres ? On dirait la rue de Rennes... Et es le Roi, est-ce qu'on le voit quelquefois ? Nous irons toujours voir son Palais. Le Parisien s'intéresse toujours beaucoup au Roi. es Parfois, quelqu'un de la compagnie a des connaissances à Bruxelles, on va leur ,fm rendre visite. La conjonction de M. et Mme Beulemans et de M. et Mme Denis €S est toujours savoureuse. On se fait des poli-rs tesses ; montrant les beautés de sa ville, ■le M. Beulemans déclare d'un air modeste : n- " Ça n'est qu'à même pas Paris !" — Commença donc ? riposte M. Denis. C'est charmant, Bruxelles, c'est délicieux ! œ C'est une vraie grande ville, avec moins de ^ bruit, d'agitation qu'à Paris ! On va se promener au Bois ! — C'est aussi bien que le Bois de Boulogne ! ^ On s'offre une séance de cinéma : — Ma parole, ils ont toutes les actualités -r" parisiennes ! nt On se paye l'apéritif : re — On se croirait au " Café de Ver-sailles près de la gare Montparnasse! nt C'est tout pareil, n'ert-ce pas ? On regarde les affiches des théâtres : les Jx mêmes pièces qu'à Paris, M. Denis n'en e> revient pas de ses étonnements. Alors, )lr M. Beulemans se renfrogne, et quand on se Je quitte, au seuil de l'hôtel, il déclare à sa e* femme : us — Ces Parisiens, ça est qu'à même des stoeffers ! Pour sûr, ils croyaient qu'ils es allaient arriver dans un village ! ie te * * •( Le Irançais obligatoire dans les écoles " Un député se propose de présenter à la Chambre un projet rendant obligatoire l'enseignement du français dans les écoles " Voilà une proposition qui mérite d'être chaleureusement appuyée par les collègues de ce courageux représentant du peuple. Il faut espérer que la Chambre la sanctionnera à une écrasante majorité et qu'ainsi la connaissance de la langue française sera bientôt très répandue parmi les enfants urugayens... Car j'oublie de vous dire qu'il s'agit de l'Uruguay. Dans votre candeur naïve, vous aviez peut-être cru qu'il s'agissait de la Belgique. Voyons, est-ce que la langue française est en Belgique, comme elle l'est en Uru-gay, une langue nationale ? Napoléon ou Bonaparte ? Le mariage célébré à New-York de M. Jérôme Bonaparte, petit-neveu de Napoléon 1 avec Mme Blanche Strebeigh soulève un point intéressant et peu connu de l'histoire de France. Les descendants de Napoléon s'appellent-ils Bonaparte ou Napoléon ? De nombreuses erreurs sont commises à ce sujet, écrit le Matin de Paris, aussi bien par l'administration que par des écrivains ; pour rester dans la vérité historique, il suffit cependant de se reporter aux documents officiels qui ont fixé la constitution de la famille impériale. En effet, quand le premier consul abandonna le nom qu'il avait illustré en Italie et en Egypte, pour prendre le nom de Napoléon, il donna également ce nom à tous les membres de sa famille, a l'exception de son frère Lucien. Les descendants du frère cadet de l'empereur ont donc seuls continué à porter le nom de Bonaparte, tels le prince Roland Bonaparte et le nouvel époux de Mme Blanche Strebeigh. Pour tous les autres descendants, en ligne collatérale, du fondateur de la dynastie leur nom légal fut et demeure celui de -..Napoléon ; r'es* d'ailleurs sous ce nom qu ils I figurent aux registres d'état civil de la I famille impériale, déposés aux archives du Sénat. Depuis 1870, on a parfois perdu de vue ces principes ; c'est ainsi que, lors du tirage au sort du fils de Napoléon III, il fut inscrit sur les tableaux de recensement du premier arrondissement de Paris, pour la classe de 1877, sous le nom de 11 Bonaparte Napo-léon-Eugène-Louis-Jean-Joseph ". On y peut lire encore, en marge, cette annotation : n Rayé. Décédé le 1er juin 1879, au Cap (colonie anglaise). " Par contre, c'est sous le nom de Napoléon que les princes Louis et Victor sont portés sur la matricule du 6e bureau de~recrutement de la Seine, comme engagés conditionnels d'un an, et sous ce nom qu'ils en ont été rayés, par application deja loi du 22 juin 1886. La dermière erreur officielle en cette matière a été commise par le ministère de l'intérieur qui, consulté au mois de février dernier, par M. Engerand, député du Calvados, sur l'application de la loi dite d'exil, au fils nouveau-né du prince Victor et de la princesse Clémentine, a donné au petit prince le nom de Bonaparte, alors que sans contestation possible il s'appelle Napoléon. Nous faudra-t-il aller en Amérique pour prendre des leçons d histoire de France P LES ÉLECTIONS FRANÇAISES Il nous paraît utile, à la veille de la consultation électorale française, de jeter un rapide coup d'œil sur la situation des partis qui vont se trouver aux prises, de rechercher quel est l'enjeu de la bataille et de supputer — oh! sans vouloir jouer au prophète — les chances de chacun des groupements en présence. Il faut oser le dire très franchement, jamais peut-être les élections ne se sont présentées pour les républicains dans d'aussi défavorables circonstances. Jusqu'ici la lutte était circonscrite entre les réactionnaires, les unifiés et les républicains de gauche (membres de l'alliance démocratique, radicaux et radicaux-socia-listes, socialistes indépendants) et le débatétait sinon limité, du moins consacré presque entièrement à la question cléricale.Mais les meilleures choses ont une fin. Le cléricalisme vaincu, anéanti, annihilé, d'autres problèmes devaient inévitablement surgir au premier plan de l'actualité nationale et créer fatalement dans les rangs républicains du flottement, de l'indécision, du malaise même. La réforme militaire, la réforme fiscale, la réforme électorale vinrent y jeter le désarroi. A vrai dire, seule la première de ces réformes fut résolue; on connaît les multiples avatars qui empêchèrent l'aboutissement des deux autres. Or, chose curieuse, c'est précisément la réforme militaire, le rétablissement du service de trois ans, sanctionné par une énorme majorité à la Chambre et au Sénat par la quasi-unanimité, accueilli vaillamment par le peuple entier, c'est précisément cette réforme qui, aujourd'hui, est devenue l'enjeu de la lutte. Et cela est profondément déplorable, car elle devrait dominer les partis et les considérations de politique intérieure; car elle fut reconnue indispensable par les sommités militaires françaises; car elle valut à la France le respect et l'admiration de l'univers. Trois ministères successifs, les cabinets Briand, Barthou et Doumergue en ont proclamé la nécessité et l'attitude du ministère Doumergue à l'égard de cette question mérite d'être soulignée : au lendemain du Congrès radical de Pau, qui se déclara nettement favorable au retour par étapes au service de deux ans, M. Poincaré appelait au pouvoir le cabinet radical de M. Doumergue et le premier soin du nouveau président du conseil fut de proclamer l'intangibilité actuelle de la loi que le cabinet Barthou s'enorgueillit à juste titre d'avoir fait voter. Cette attitude de M. Doumergue aurait dû faire réfléchir les propagandistes anti-troisannistes : pour qu'un ministère radical prît, aussitôt arrivé au pouvoir, l'engagement de défendre l'œuvre consacrée par le Parlement, au lendemain du jour où le parti auquel il appartenait avait fait le serment solennel de la détruire, il fallait que les circonstances extérieures en exigeassent impérieusement le maintien. Les démagogues antitroisannistes ne furent pourtant pas convaincus et il est vraiment triste de constater que, par leur fait, une loi de défense nationale constitue le principal enjeu de la lutte et qu'elle serve d'épouvantail aux bourgeois timorés. Ce n'est d'ailleurs pas la seule question qui se pose. Les réformes électorale et fiscale menacent, elles aussi, de rendre la partie extrêmement dure pour les républicains qui vont affronter la lutte. C'est qu'en effet les républicains marchent divisés sur ces questions. Alors que les socialistes unifiés ont fait taire toutes les raisons de discorde qui existaient entre eux, vont à la bataille • en se serrant les coudes, présentent des candidats dans tous les arrondissements et disposent de ressources importantes; alors que les réactionnaires se tiennent la main, les républicains marchent à la débandade : d'un côté les « fédérés » partisans de la loi de trois ans, de la représentation proportionnelle et adversaires d'un système inquisitorial d'impôt sur le revenu; de l'autre les « unifiés », partisans du retour par étapes aux deux ans, du scrutin majoritaire, de la déclaration contrôlée en matière fiscale. Ces derniers ont évidemment l'appui du gouvernement, partant celui des préfets (et l'on sait quel précieux atout cette protection constitue). Ils ont pour eux le peuple des campagnes et contre eux les industriels, les commerçants, les petits rentiers que la menace de la « déclaration contrôlée » effraie et choque. Ils ont enfin à mettre à leur passif le scandale qui vient de se produire et dont la presse française nous apporte encore chaque jour l'écho. Qu'on le veuille ou non, à tort ou à raison, une partie du corps électoral leur fera supporter la lourde faute commise par deux des leurs et il eût été souhaitable à cet égard, dans l'intérêt même du parti républicain, que le gouvernement radical désavouât avec moins de mollesse MM. Caillaux et Monis. Quant aux «fédérés», il n'est pas douteux — les résultats des élections partielles le démontrent péremptoirement — qu'ils ont avec eux, dans la Question électorale, une grosse partie des électeurs; dans la question militaire tous ceux qui estiment qu'on ne biaise pas avec les destinées du pays et que la loi de trois ans est un sacrifice nécessaire (pour l'honneur de la France, espéron qu'ils soient majoritéj ; dans la question fiscale, tous ceux qu'effraie un système inquisitorial d'impôt sur le revenu. Enfin à leur tête se trouvent les gloires de la tribune française, des hommes d'Etat qui ont jeté sur leur pays, quand ils occupaient le pouvoir, un éclat et un lustre qui ont surpris, ébloui, fasciné, séduit l'Europe entière. Mais en revanche ils ont contre eux d'abord leur naissance trop récente; ensuite et surtout le manque de troupes actives. Telles sont dojic les circonstances dans lesquelles la lutte va s'engager ; l'anticléricalisme reste commun aux « fédérés » et aux « unifiés» et celui de MM. Briand, Barthou et Millerand est d'une teinte tout aussi accentuée et peut-être d'un âge moins récent que celui de certains chefs unifiés. Suivons avec attention la lutte qui est engagée et espérons avec tous les amis de la France que la loi de trois ans en sortira victorieuse et que, la crise passée, le peuple français reprendra l'œuvre de réconciliation, de concorde èt d'union nationales pour le plus grand bien de la République, de la France et partant de l'Humanité. Eaque. Un étrange marché Le Soir nous annonce une nouvelle qui, si elle n'est pas démentie, fera grand bruit dans les milieux wallons. On sait qu'à Huy, une liste wallonne devait être présentée aux prochaines élections législatives. Les candidats dont les noms figuraient sur cette liste étaient MM. de Crawnez et Braconnier. Les esprits étant très surexcités en Wallonie et exaspérés par les récentes lois votées sous la pression des flamingants, il ne paraît pas douteux que cette liste aurait recueilli un nombre considérable de suffrages et peut-être même un des candidats aurait-il passé. Cette perspective émut considérablement les partis politiques et, si nous en croyons le Soir, M. de Broqueville serait intervenu pour dissuader MM. de Craw-hez et Braconnier de maintenir leur candidature.Voici en quels termes le chef de cabinet aurait écrit aux deux candidats : » A MM. le baron J. de Crawhez et Braconier-de Hemricourt. » Chers Messieurs, » J'ai examiné avec soin les divers moyens de donner satisfaction aux Ligues wallonnes qui vous honorent de leur confiance. » Le meilleur mode d'action, c'est-à-dire celui qui serait le plus favorable au succès, me paraît être celui-ci : Vous auriez en quelque sorte une. délégation permanente de vos amis en vue d'établir un contact régulier et permanent avec le gouvernement; en toutes circonstances, vous seriez les interprètes des desiderata de ces ligues, afin de solutionner ces questions irritantes dans le respect absolu des droits de tous, et d'éviter même de heurter de légitimes'susceptibilités. » Je tiens à vous déclarer que le gouvernement est tout disposé à entrer dans cette voie; il connaît vos sentiments patriotiques et loyalistes ; il se tient tout à votre disposition, et je vous affirme que vous serez toujours reçus par nous à bras ouverts, chaque fois que vous le désirerez.» Vous le savez, je pense, j'ai, comme vous deux, les meilleures raisons pour aimer beaucoup les Wallons et la Wal-lonie.» Ce sera pour moi un réel plaisir de vous réserver toujours le plus cordial accueil. » Je vous prie, chers Messieurs, de croire à mes sentiments tous cordiaux et dévoués. » de Broqueville. » Le bon billet I Vous croyez bien, n'est-il pas vrai, que les deux candidats ne se sont pas laissés prendre au piège et qu'ils ont fait justice des protestations d'attachement à la Wallonie émanant d'un flamingant tenace, du chef d'un gouvernement qui s'énorgueillit d'avoir fait voter la loi flamandisant l'armée et l'enseignement primaire. Eh bien ! c'est ce qui vous trompe : MM. de Crawhez et Braconier ont retiré leur candidature. Pauvres dupes que nous sommes et combien il est regrettable que nos militants n'aient pas la ténacité, l'énergie, la prévoyance et l'habileté de nos ennemis. Hélas! il suffit d'une promesse plato-niqee pour faire rentrer servilement dans es rangs ceux qui manifestent des velléités d'indépendance. F.

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