Le soir

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25 november 1918
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s.n. 1918, 25 November. Le soir. Geraadpleegd op 27 oktober 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/jh3cz3301w/
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LK sont a été particulièrement frappé par les Allemands, qui " ~ 1 1 ' " ——- — .^^r—rrm~~ ■ loi ont enlevé la presque totalité de sou matériel. — m » ^ Demandes d'emplois (tarif réduit) ... 3 petites lignes. 1.00 Des 80 bons de réquisition qu'il a ou devrait avoir en sa posses- BBSSE9ESS3 Toute ligne en plus ■Ion, un ?£»l constate l'enlèvement de près do 50 moteurs électriques; W&ï g?W ^^§§Sr Toutes autres rubriques ou annonces commerciales • . .0/60 d'autres U- 200,000 kilo» de papier, qui ont été pris pour être livrés Kfl Ég&r lÊf Ml V$!\ FaitS DiverS ^partio) • ••••• ** 6-®J aux jouivaax censurés. Nous paraîtrons donc Jusqu'à nouvel ordre |kÏ| jgfl tM 1*3 H £&§ Vj^k HFJ j||l JP^J ~~ £,u# partie) . , '• . » —T ?'!3 Avec des moyens de fortune. Nos lecteurs nous excuseront. Des machl- P" 1 t§: -4 MjJSM ESlM BlM •*• (3m« partie) Ses, un outillage complet ont été commandés il y a six mois aux Etats- f£ '.i 3||g j|P5 ES! Sport et Réparations judiciaires * * J*J[ Unis, «t j*ous permettront de paraître bientôt dans des conditions meil- p'y y£&] ^83 ba b&w kps Nécrologies • • • • «p. 3.00 • euros que celtes de 1014. §3 fl ES « fil B "Wk Hf ifl @ «Il Réclamé avant'les LMoioes! ' " * "J Les abonnements sont provisoirement suspendus, l'ennemi nous L&J |jg33 M 4 Ipv JfëSI gj k§| Théâtres et Spectacles . . . t.'IZ ayant enlevé nos approvisionnements. Ils seront rétablis sous peu, *'3 JaSzL ^#£^1 Jtë£y l§0 !^8 BÈ33 £3 T,«4nh . A™rt„„„o * eA, x * * * "** notre papier arrivant à la suite de l'armée. Nous déduirons tlu prix KSfSSP®^??'! arH^^^W nonces ; À 591 — Administ. : A 4738 — Réd.:A 198 et A 3549 ie l'abonnement nouveau la valeur des mois non servis eu 1914. Evtririf.-w», r, î Rédaction et Administration : 23, Place de Louvain, Bruxelles. » ■« - , „., Deux P.liifÎAlU . An À O I. r.é K> X /> ■ LA SEMAINE Une ère nouvelle commence. Depuis 1(J14, un monde nouveau était en gestation. Les * accouchements sont toujours douloureux. Celui-ci était particulièrement difficile. Le docteur Clémonceau et Je chirurgien Foch viennent *3e pratiquer une opération césarienne, qui s?m-£ie avoir sauvé l'enfant, et, avec un parrain îornme Wilsoo, nul doute que le nouveau-né, la Société des Nations, ne vive et gran-- disse.' Quant à la mère, l'affreuse Germania militariste, couverte de tous les crimes et de toutes les souillures, elle est morte. Ce résultat nous l'avions prévu dans notre dernière Semaine du... 3 août 1914. « Ce n'est pas la fin du monde qui approche, écrivions-nous, c'est simplement la fin d'un *n>nde mal organisé 1 » Les raisons qui nous induisaient à émettre ^e pronostic, pouvant paraître téméraire, fcous les avons exposées plus tard en ces termes dans «La Victoire ou l'Esclavage» : flalgré quarante années de préparation, mal-çjfé le coup porté par surprise à la France en ^lant la neutralité belge-, malgré Ludendorf _ Hindenbaj^- maltrré i> ^fpction t«?aristn et V>TTson ra-iximaliste, malgré i organe,.H.on ^^fa disciplina de l'armée, malgré l'endurante L^ssivité des civils, l'Allemagne sera vaincue. L'organisme militaire le plus colossal que t# monde aiA connu touche à sa fin. Le militarisme prussien est un anachronisme, les anachronismes sont condamnés à disparaître.Le colossal cher aux pangeirmanistes dénonce <3n manque d'équilibre. La Bible nous parle ${$ colosses aux pieds d'argile. On s'était donc aperçu, au temps des prophètes déjà, que. le gigantisme était une maladie. Lorsque von rëeirnhardi écrit que la guerre est une nécessité biologique, il dit vrai pour la race allemande, mais il faut entendre qu'il s'agit d'une maladie, d'un phénomène pathologique. Les Al-lem^ds onit mal interprété la doctrine de Darwin La compétition pour l'existence n'assure pas la survivance aux plus forts, mais à ceux qui sont doués de qualités d'adaption plus grandes. Si le pillage et la chasse aux esclaves leur en ont laissé le temps, les Allemands auront pu fcdmirer dans la cour du Musée, à Bruxelles, îes squelettes des iguanodons de Bernissart. Ces •moonstres mesuraient plus de dix apôtres de iong et atteignaient cinq ou six mètres de hnu-teur. Ils peuplaient les marais, ils vivaient dans les eaux boueuses du sol belge comme les Allemands y vivent dans le sang de leurs victimes. Les gigantesques reptiles ont disparu sans laisser de postérité, torpillés par un cataclysme de révolution cosmique, tandis que les infiniment petits, qui circulaient autour d'eux, ©nt survécu. ï-es iguanodons étaient les plus lorts, mais *)-' n'ont pas pu s'adapter, et ils on cédé la pUce à des êtres aux moyens plus limités mais ar-ius plastiques. Ainsi s'en iront avec les fossiles, sous le puissant souffle de liberté qui passe sur le morde, £es Hohenzollern, le junkerisme, le militarisme Jt toutes les autres perverses inventions panger-«îanistes.Et nous ajoutions : Seulement si l'on ne veut pas que ces mons-ires tentent un retour offensif, si l'on ne veut pas qu'ils ressuscitent, il faut leu^1 a.up^q^er ~.7tP tpffilcmeVt# «de tmxbunt • ^es iorpi^ro^^ppuè <ju'il ne reste plus'trace d'eux. C'est chose à peu près faite aujourd'hui. * » Les Hohenzollern, le junkerisme, le militarisme sont par terre grâce aux prodiges tl^ héroïques poilus que nous avons vus défile» vendredi dans les rues de Bruxelles êux acclamations d'une foule qui ne fut pas moins héroïque durant ces années tragiques. J.PS Hohenzollern, le junkerisme prussien et le militarisme sont par terre, — mais ils ne «ont pas encore sous terre. Nous comptons sur le congrès de la paix pour les mettre au iombeau,—sous une pierre que nul ne pourra lever. Qu'on ne s'y trompe pas. La mentalité du f>euple allemand peut changer, évoluer, mais e lois de l'évolution sont connues. Elles nous interdisent de croire à un changement brusque, à un amendement subit. Nous sommes en présence d'une république ajlemande; mais ce ne sont pas les socialistes allemands qui ont fait la révolution : ce sont les soldats de Foch, les victoires des alliés. Heine, qui r^nnaîssaft lea Allemands pour le moins aussi b on que les zimmTwaldiens, les bolcheviks et autres probosclies défaitistes nous A avertis: Si nous avons jamais envie d'en découdre avec vous, nous ne manquerons pas de raisons excellentes. Dans tous les cas, je vous conseille de vous tenir sur vos gardes. Vous avez plus à craindre de l'Allemagne affranchie que de toute la Sainte-Alliance avec ses Croates et ses Cosaques .. Qu'il se passe en Allemmme ce qve voudra, que le pouvoir appartienne au Kron-prifiz dé Prusse ou aux socialistes, ayez vc.tre poudré sèche... Karl Marx pensait comme Guillaume Ier. Bebel parlait comme Bismarck. Scheiçlemann agit comme le Kronprinz. Que le congrès de la paix n'oublie point cet avertissement. Les traités rôglant les relations internatio nales et les projets de refonte des relations sociales qui ne tiennent pas compte des différences entre les races et de leur stade d'évolution sont des traités et des réformes condamnés à la faillite. Ils valent autant que des chiffons de papier. C'est à cette grossière ignorance ou à cette méconnaissance voulue des enseignements de l'histoire, de la biologie et de la psychologie sur la race que l'on doit le martyre de la Belgique et le suicide de la Russie. * :U L'évolution est une loi générale, elle, englobe l'univers .Tout évolue, tous les jours. L'histoire nous enseigne que les nations naissent, croissent et meurent. Leur vie, plus ou moins longue, est marquée par des vicissitudes qui modifient parfois le caractère général de la collectivité. L'évolution est tantôt progressive, tantôt régressive. La Russie et l'Allemagne même, dans un certain sens, nous offrent un double exemple d'évolution régressive. L'humanité, partie des bas-fonds, gravit un calvaire sur la route duquel il est plus facile de reculer que d'avancer. Les Allemands peuvent évoluer, s'amender. L'éducation e' l'ambiance, le temps aidant, font des miracles. Mais les miracles sont rares. Depuis saint François d'Assise, i'i n'est- plus arrivé à personne de muer les loups en brebis par des sermons. Rien dans le passé et le présent des Allemands, rien dans leurs actes ou leurs paroles ne fournit le moindre indice d'une transformation. Nous allons vers un monde nouveau; il n'y a qu'un obstacle : l'Allemagne pangermà-niste. Cet obstacle vivant -doit être, nous ne disons pas brisé de peur d'être mal compris, mais maté. Qu'on nous comprenne bien. On a dit : pas de représailles, pas de haine. Nous le disons aussi. Pas de représailles, ce serait nous déshonorer. Mais justice, ^t justice entière, si l'on ne veut pas que 1914 recommence un jour. Ne prêchons pas la haine : la haine est mauvaise conseillère. Mais ne cachons pas la vérité. Le salut est dans la vérité : il v a trop d'anniversaires rouges pour oublier. Nul n'est, fondé à se plaindre de la vérité d'ailleurs. Montrons l'Allemagne et les Allemands tels qu'ils sont et non tels que certains les imaginent bu tels que l'on peut- espérer qu'ils deviendront un jour. Et tant p:s si la vérité suscite la haine, le mépris et la défiance salutaires. Tant pis ou, peut-être, tant mieux si la haine, comme la. malédiction biblique, s'étend aux descendants doc- nu-teurs du plus errand attentat contre l'Humanité que l'histoire ait enregistré, — car il n'est pas rvermis d'esnérer, hélas 1 quo les actes des fils de si haïssables pères méritent de sitôt l'amour du prochain. * * * Le 3 août 1914, nous écrivions à cette place : «Quelle que soit l'issue de la situation tragique au milieu de laquelle l'Europe vit depuis plusieurs jours, que la catastrophe se produise ou que l'orage menaçant se dissipe, la secousse aura été telle que si la démence ne s'empare pas de tous les cerveaux, le pacifisme comptera demain des millions et des 'IcVencôre nos prê'visïohs se sont réalisées. L'horreur de la guerre est telle qu'une paix juste et durable, une paix juste et durable garantie par une société des nations, n'apparaît plus comme une utopie. Mais la mise hors d'état du militarisme n'est pas la seule condition d'une paix juste et durable. Il ne servirait à rien de le dissimuler. Le sort des nations civilisées modernes, a dit Emile de Laveleye, est écrit dans l'histoire des défuntes démocraties de l'antiquité : ou les trop grandes inégalités sociales disparaîtront ou les sociétés libres périront., tomberont sous les coups de nouveaux barbares. Ce sont les esclaves grecs qui ont ouvert les portes des cités de l'Hellade aux légions romaines. Ce sont des esclaves encore qui, à Rome, ouvrirent la porte Salaria aux Goths d'Alaric qui se présentaient pour la troisième fois devant la ville. Caporetto est, en parti*1 du moins, l'œuvre des zimmerwaldiens italiens. Ce sont les mouiiks russes bolchévisés par la bande de Lenine, de Trotzky et de Radek. oui ont vui 'u la Russie à1 l'Allemagne. Le devoir le plus pressant après la signature de la paix extérieure sera de songer à la paix intérieure. Nous répétons donc ici ce que nous avons écrit en janvier 1917 dans la «Paix juste et durable» i Il ne peut y avoir désormais de paix juste, de paix durable, de paix d'aucune sorte sans la paix sociale. Et il ne sera pas de trop de conclure ou de continuer contre le péril intérieur cette union sacrée qui nous aura sauvés du péril extérieur. La défaite des barbares ne suffira pas à assurer l'exisJtence des Alliés et l'avenir de la civl-litation.• <>îre est pleine de victoires; elles nous ont conduits à la plus grande des catastrophes. Après avoir abattu l'ennemi de l'Humanité il faudra encore triompher de nou6-mêmes : nous deviendrons d'autres hommes où le monde verra de nouveau, à bref délai, des jours de sanç et d'énouvante. I,p. salut p.st pji nous. nin- blâme social est hérissé de difficultés mais aucune d'elles n'exclut l'hypothèse d'une solution pacifique. Que chacun s'aixprête donc à faire son devoir, tout son devoir social. Aucun sacrifice ne paraîtra trop lourd d'ailleurs en songeant à la détresse des veuves, des orphelins, des vieux parents désormais sans soutien, en se remémorant les mers couvertes de cadavres, l'enfer des tranchées — le don de soi de tous les vaillants qui prirent le fusil pour tuer la guerre. Et que faut-il, en somme, pour que la Belgique, le monde nouveau puissent évoluer pacifiquement dans le chemin du meilleur devenir au lieu de faire, comme les pèlerins d'Echternach, trois pas en avant et deux en arrière? Il suffit d'un peu de tolérance. t-'v- On objectera que la tolérance contre les violents n'e3t que du mauvais folsto'isme. Mais ne suffit-il pas pour écarter la violenee de ne point proscrire de la discussion les hypothèses qui nous choquent ou nous paraissent dangereuses ? Soyons désormais tolérants. Une ère nouvelle commence. Oublions les vaines querelles du passjS l Pardonnons-nous les uns les autres. ? Un monde nouveau naît, dépouillons le vieil homme. ! Soyons dignes de la victoire. Ne nous montrons sévères qu'envers la trahison et les traîtres, envers les complices des cléments sanguinaires qui étaient partis en guerre pour nous réduire on esclavage. PICCOLO. petïtTgazette Le roi Albert à Paris. C'est le 6 décombre prochain que le roi Albert, répondant à l'invitation du gouvernement de la République, se rendra à Paris. An Palais. Le Roi vient do nommer M. Jules Ingenbleck, secrétaire du Roi et de la Reine depuis de si nombreuses années, au poste d'administrateur de la Liste civile, en remplacement de M. Renaud de Briey, démissionnaire. M. Jules Ingenbleck, qui s'est spécialisé depuis longtemps dans l'étude (les questions financières, ost l'auteur d'un volume récent et d'un intérêt pénétrant d'actualité : la Justice devant l'impôt, dont nous aurons l'occasion de reparler. Le commandant Delvaux vient d'être désigné en qualité de secrétaire du général Jungbluth, aide de camp général du Roi. EL.®?» visites «ïes chefs «i'IElat. Successivement notre capitale aura l'honneur de recevoir les clie's des diverses nations alliées. MM. Wilson, lo président Poincaré, le roi d'Angleterre, le roi d'Italie seront solennellement reçus ici. A Sa Jeudi, à 2 heures, la Chambre examinera tout d'abord les pouvoirs des vingt suppléants appelés à siéger. Puis, après l'tleciion du bureau viendront la dcc'aration de M. Delr.c.'oix, et la discussion de l'adresse en réponse au discours du Trône. ItcRsiinu des «Ircitcs. Une sé.'iic© pl^èje^çs, <lro;te3,fle la ,Clïamhrd et du Sénat aura lieu^eudi,- à 10 heures-du matin: fëes rhénan, i de fer. La vio déjà renaît partout. Hier, un premier train a quitté la gare du ftord pour Anvers. Le premier train pour Mons, sauf anicroche, partira mardi. A la Sîonrse. La réouverture de la Bourse des valeurs aura lieu mercredi. A i'iJnivorshé <Sc KruxeHes. C'est le 7 janvier prochain que s'ouvriront les cours do l'Université de Bruxelles. a. s lrou;»os beî^ca eu Allemagne Ce sont la 4° et la 5e division d'armée qui formeront le contingent beige parmi les troupes alliées qui doivent garder lo Rhin. Les lieux de garnison de ces deux divisions sont en Beigique : Namur et Mons, où dos troupes françaises seront cantonnées. Quant aux quatre autres divisions belges, elles reprendrout pour quelque temps au moins leurs anciennes garnisons. lJéjà la lro division est a Gand, ia28 a Anvers, la bd à Bruxelles, la 3° division entrera a Liège jeudi prochain. Ej passas© par lu L mtour^ hoksniais. La nouvelle du retour en Allemagne de certains détachements allemands par le Linibourg hollandais a provoque quelque émotion. Les Hollandais n'aursieut-ils pas violé la neutralité i 11 n'en est rien Le passage se ïaifc d'accord avec les Etak îu..és. Vo.ci, en e jet, la note communiquée par la légation des Pays-lias a Paris : Le retour en Ai.«uia.,iie de certaine:» troupes allemandes à travers .« L.iwbourg par la route de Maeseycic à lnsto^en a été accordé dan.» 1 miérèi Ja population btîlgoctaprt';3imU.u.eavec les ministres de Logique, de I Fiance et ue (iraude-Brc:ague. Les armes et le matériel de guerre qu'elles ont emmenés resteront aux Paya-Has. ÏJte iclo ubIivuaIc interoifiéd. La Chambre desDéputés v.enc de décider qu'une fête nationale îuteraa.ôo aurait lieu désormais. Elle serait célébrée partout le 11 novembre DE BONNES NOUVELLES ISolro ravitaillement est assuré. Rencontré ce matin des officiers de notre manne qui nous donnèrent les bonnes nouvelles que voici: Le port d'Anvers est en bon état. Les Allemands ont enlevé, do-ci de-là, quelques grues, mais il n'y a, de ce chef, aucune entrave à l'exploitation. Les passes de l'Escaut sont en bon état du côté belge, et il est à supposer que les Hollandais feront de rapides efforts pour améliorer les leurs, ce rqui ne demandera pas beaucoup de temps. Trois torpilleurs de côtes sont restés au port ; ce sont des torpédos-boats armés de canons de 47 et d'un grand canon central ; les machines sont en ordre de marche. Les autorités, de notre marine de guerre les ont fait saisir et garder. D'autre part, une commission internationale composée de l'amiral Keyes, Anglais, du capitaine de Boisauges, Français, d'un amiral américain, d'un officier italien du commandant Léon Hennebicq et de l'enseigne de vaisseau Delande de la marine militaire belge, ont décidé que le» vingt torpilleurs 'et sous-marins que les Allemands ont fait interner ^en Hollandé seraient incessamment ramenés en -Belgique. Les Allemands ont laissé sur quai à Anvers quelque vingt mille tonnes de charbon, une vingtaine do chalands chargés chacun de trois cents tonnes et une cinquantaine de remorqueurs. Dès ce matin dimanche dix-neuf bateaux de trois cents tonnes sont arrivés au port de Bruxelles, à destination de l'usine à gaz. Et tout fait prévoir que bientôt la distribution diurne du gaz pourra être rétablie. L'état du port d'Anvers et de nos canaux permet de dire qu'à l'aide des remorqueurs existant à Anvers, toutes les villes reliées par des canaux pourront être incessamment ravitaillées en toutes matières. LA HOLLANDE Une dette de reconnaissance Le moment est venu de payer nos dettes de reconnaissance. Payons-les sans compter. Pendant ces Quatre dernières années, la Belgique a beaucoup souffert. Des mains bienveillantes se sont tendues vers elle. Nos alliés l'Améri-uue, l'Angleterre nous ont apporté un secours efficace, nous le savons et nous le reconnaissons tous. Mais il en est d'autres, Que nous serions tentés d'oublier, ce sont les neutres, et particulièrement notre voisine la Hollande Ses frontières étaient proches des*nûtres. C'est tout naturellement vers elle que se sont dirigées nos populations qui tentaient d'échapper à la barbarie teutonne. Elles y lurent accueillies avec bienveillance toujours, avec cordialité souvent. Nous ne pouvons perdre le souvenir de ce g:este généreux. Dès l'invasion allemande, des habitants du Nord de la province de Liège, chassés par l'ennemi, s'enfuirent dans le Limbourg hollandais. Et plus tard, lorsqu'Anvers fut assiégé, lorsque notre métropole devint la proie du vainqueur, plus d'un million de Belges, désormais sans foyer, allèrent demander à nos vol-=;iris dujviord une^o^italité qui leur fut accor-; tèe, Le gouvernement des Pays-Bas se préoccupa d'établir 4 Berg-op-Zoom un camp destiné à abriter les réfugiés. Des vivres, des tentes, des installations de tous genres furent mis a leur disposition. Lorsque les Allemands, établis à Anvers, invitèrent les habitants exilés" à rentrer dans leur ville, des trains furent organisés pour les rapatrier. 200,000 Anversois usèrent de la faculté que l'ennemi leur donna de rentrer. Certains, qui en avaient profité, quittèrent de nouveau la métropole lorsqu'ils purent se rendre compte du poids de l'oppression allemande, et retournèrent en Hollande. Vers la fin de novembre, il y avait encore dans ce pays plus de 750,000 réfugiés, dont 410,000 dans le Brabant septentrional et 150,000 en Zélande. On créa pour eux un villagè dans les bruyères de Nunspeet; on édifia des maisons, une église, une école, différents bâtiments, et bientôt la population de cette localité 'improvisée s'élevait à 13,000 âmes. On créa des villages semblables à Ed« et à Uden. Les frais entraînés par ces initiatives se montèrent à plus de quinze millions. Les autorités néerlandaises montrèrent encore une vive sollicitude à l'égard des internés ; elles entretinrent nos soldats comme les leurs; elles leur procurèrent des distractions et organisèrent des cours d'études. Ces leçons s'adressèrent en premier Heu aux intellectuels et ensuite aux illettrés. Dès le mois de décembre 1914 une commission était fondée par les soins du gouvernement des Pays-Bas pour régler le ravitaillement des communes belges. Cet organisme se mit en rapport avec le Comité National belge de Secours et d'Alimentation et sa sphère d'action s'étendit sur les provinces des deux Flandres, d'Anvers, du Limbourg, de Liège et la partie septentrionale du Brabant, et fit des envois importants de bétail et de pommes de terre. Mais ce n'est pas seulement au delà des frontières que la Hollande exerça à notre égard son action bienfaisante. Son ministre à Bruxelles, M. van Vollenhoven, ne cessa d'exercer son influence auprès du gouvernement allemand en faveur des nôtres. Nous croyons que, s'il n'obtint pas plus, ce fut parce qu'il était impossible de plus obtenir de nos barbares op presseurs. Mais les avantages dont il nous fit bé-nôncier, les grâces qui furent accordées par son intervention apportèrent à nos compatriotes un secours que nous ne pouvons oublier. M. van Vollenhoven a sauvé de la mort plus de cent Belges condamnés par les tribunaux alle-mands. Il intervint en faveur des chômeurs déportés, fit passer des lettres au front, procura des renseignements de toute nature sur les Belges exilés et dont le sort était inconnu de leurs proches restés en Belgique. Il y a un mois à peine, à la veille de l'armistice, il se rendait à La Haye pour instruire son gouvernement des projets de destruction que les Allemands nourrissaient à l'égard de nos établissements miniers. Nous avons assurément une dette de reconnaissance à payer à M. van Vollenhoven. Le meilleur moyen de nous acquitter envers lui ne serait-il pas de maintenir le jeune diplomate — il a 35 ans à peine — dans le poste où il a rendu de si importants services, et où il a acquis tant de sympathies 7 ' ■ Chemins de 1er et vicinaux Quand le service de nos railways reprendra-t-il ? C'est la question que tout le monde se pose actuellement. D'après les renseignements recueillis, rien ne peut être fixé pour ce qui concerne les chemins de fer. Les directeurs des différents services se réunissent dans un local de fortune pour prendre contact et régler la reprise du trafic. Actuellement, ils font le recensement de tout ce qui est resté dans le pays en fait de matériel roulant et matériel d'accessoires; on procède également à la vérification des voies. Sitôt que les rapports dee inspecteurs seront rentrés, on prendra une décision. L'idée générale est de réorganiser le service des grandes lignes d'une façon générale et non pas l'une après l'autre. En tout cas, le service reprendra très rapidement; encore quelques Jours d.e patience. * ' * On sait combien nos lignes vicinales ont souffert pendant l'occupation allemande. L'autorité occupante a réquisitionné, enlevé 1,691 kilomètres de voies, 743 locomotives, 40 voitures motrices, 1,210 voitures et fourgons, 4.133 wagons. » Il y a environ pour quatre millions de matériel fixe disparu dans les locaux. Le matériel enlevé, les dégâts causés dans les bâtiments de différentes lignes, représentent une valeur d'environ 71 millions de francs. Les Allemands ont laissé dans le pays 100 kilomètres de voie. Ces chiffres ont été arrêtés au premier octobre de-cette année. On voit par cet aperçu les difficultés que présente la réorganisation de ces services. Toutefois. certains d'entre eux vont reprendre. Le service BruxellesMons sera repris certainement d'ici mardi. Les trains vicinaux n'iront pas plus loin qu^ Nimy. Il y aura un départ par jour. La ligne Bruxelles-Louvain reprendra régulièrement lundi Les trains iront vraisemblablement jusque Diest. La ligne de Liège est toujours supprimée. Quant à la ligne de Hal, c'est l'encombrement du matériel que empêche la réorganisation du service. Il y a plus de 400 voitures abandonnées suir la ligne par les Allemands. Celle-ci devra être évacuée pour pouvoir rétablir le service.Pour ce qui concerne les Flandres, le service sera, croit-on, rapidement réorganisé. L'Allemagne essaye d'éluder l'armistice. Le docteur Soif, secrétaire d'Etat allemand aux affaires étrangères, a adressé aux gouvernements alliés le mémorandum suivant : Aux gouvernements américain, anglais, français et italien / Les conditions d« l'armistic* mtnacent de la façon la plus grave la situation économique sur la riv« g .u-che du Jfthin et let rapports de cette dernière avec le territoire allemand sur la rire droite du Rhin. Si, par la voie de l'interprétation et de la réalisation, nous n'arrivons pas à obtenir les éclaircissements les plus étendus dans le sens de l'adoucissement, il est absolument impos»ible, en raison des rapports étroits, d'un caractère économique qui existent entre la rive gauche du Rhin et le reste de l'Allemagne, que nous puissions continuer d'exister, et il est presque certain que le développement pacifique qui commence à faire son chemin ici sera do nouveau immédiatement bouleversé. Nous nous rapprocherons ainsi plus ou moin» de latituation bolchevik, ce qui pourrait devenir dangereux pour les Etats voisins. Afin d'y remédier, noas considérons comme étant d'une nécessité urgente l'adoucissement de» condition» d» l'armistice et ia détermination de lenr application I pratique aux points suivants ; 1° Un accord général, à savoir que le trafic normal sur la rive gauche du Rhin et les communication» complètement normales, d'un caractère économique, entre la rire gauche du Rhin et le reste de l'Allemagne et avec les pays étrangers, ne soient pas troublés même pendant l'occupation militaire; 2° Décisions séparées sur les points suivants les plu» importants : a) Permission pour l'exploitation par leurs propriétaires allemands, comme jusqu'à maintenant, des mines de charbon, de potasse et de minerais sur la rive gauche du Rhin en dedans de l'ancien territoire de l'em-pire ; o) Permission pour le transport du charbon, des minerais et de la potasse dans les deux sens du Rhin et au delà Oece ileuve,dans la partie de l'Allemagne située sur la rive droite du fleuve; c) Usage libre et général du Rhin pour les transport» <t) Permission pour la libr. narigatiou de Rotterdam et la côte pour l'approvisionnement de l'Allemagne, vià les côtes de la mer du Nord et de la mer Baltique. en charbon, potasse, denrées alimentaire, etc. ; e) Continuation de» travaux industriels sur la riv# gauche du Rhin à l'usage du reste de l'Allemagire : f) Trafic libre de» chemins de fer dans le territoirt occupé; g) Fourniture de puissance électrique de la rire gauche à la rive droite du Rhin ; h) Les hommes licenciés aptes au service militair». 6ur la rive gauche du Rhin, ne devront pas être fait» prisonniers de guerre, même s'ils sont en uniforme; i) Les organisations civiles et militaires de tous genres, sur la rive gauche du Rhin, seront autorisée» à continuer de fonctionner; j) Les marchandises de toutes espèce» dan» les territoires occupés ne seront réquisionnées qu'en tant qu'elles seront absolument nécessaires pour l'entretien de» troupes d'occupation ; h) Les traflos téléphonique, télégraphique et postal du territoire occupé, avec la rive droite du Rhin et le» pays neutres, seront libres ; l) Permission do transporter des denrées alimentaire* et du fourrage de tous genres de la rlv» gauche à la rive droite du Rhin ; m) L'ancienne frontière de l'empire comprenant 1» Luxembourg, qui appartient à l'union douanière, sera regardée comme la limite douanière, étant donné qut des décisions d'un caractère juridique ne seront posai» —*■ bles qu'en vertu du traité de paix. Les droit» de douane devront par conséquant ètra perçus par les fonctionnaires des douane» allemandes au nom de l'empire. De plus, le» interdictions allemande» concernant l'exportation, le transit et l'importation devront eU-e appliquées à cette frontière-là par les fonctionnaires allemands suivant les conventions allemandes. En outre, il nous faut faire remarquer de la façon la plus formelle que la livraison de 5,000 locomotives et de 150,000 wagons, eu égard à l'état actuel de notre maté-riel roulant, nous empêche d'assurer pour les villes même le plus strict ravitaillement en denrées, charbon, etc. Nous nous trouverions dans une telle situation qu» nous ne pourrions garantir le ravitaillement même pour une semaine, et comme les conditions à l'Est et à l'Oueat, au Nord et au Sud sont identiques, nous sommes forcé» de conclure qu'en tous lts points de l'empire la famina surviendrait, en raison des difficultés de transport»* famine dont les conséquences seraient incalculables. Enfin, la continuation du blocus, surtout à l'Est a eu pour conséquence que les moyens de transports du Nord pour nos industries comme aussi de» charbon» indispensables pour la Scandinavie et le transport du fer du Nord ne seront plus possibles,et que les industries allemandes et Scandinaves qui en dépendent seraient restreinte» dans leurs travaux, si toutefois elles n'étaient pa» arrêtées complètement. Toutefois, ce qu'il y a de plus important encore est la paralysation complète de» pêcheries de la mer du Nord et de la mer Baltique, à cause d» la continuation du blocus. Nous avons donné de» instructions à no» représentants à Spa pour qu'ils discutent avec les représentant» des gouvernements alliés les desiderata urgents ci-dessus mentionnés, mais ils n'ont pas eu de succès, étant donné que les représentants des Alliés n'avaient pas pleins pouvoir» pour engager des pourparlers à ca sujet. Signé : SOLF, Secritairt d'Etat aux Affaires étrangères. Commentant ce document, le Matin, de Paris, écrit : C'est là un» menace en bonne forme. Elle est du reste éclairée par certaines manoeuvres souterraine» auxquelles s'est lirré le même docteur Soif. Redoutant pour lui et ses collègues l'opposition des révolutionnaire» d'extrême gauche, Soif nous a fait dire par un intermé-"diaiçe^feuu dans jttne capitale neutre qua noua feridn» »a<ca»:<io désordres, de meaacor l'Allcmmgae d'une reprise immédiate de» hostilité». Il veut que nous devenions les appuis du ministère dont il fait partie. Ce double jeu d'un autre machiavélisme montre, comme nous l'a von» si souvent dit c»3 jours-ci, que rien n'est changé en Allemagne. Ce Soif, qui veut se servir de la menace alliée contre les bolcheviks de l'intérieur et de la menace bolchevik contre les alliés, ressemble à s'y méprendre au von Jagow et au von Hintze, de sinistre mémoire. Nombreux sont déjà les fait» qui prouvent que l'armistice est exécuté par nos ennemis ar«c mauvaise foi. Les Souvernements de l'Entente étudient les représailles qui oivent suivre nécessairement les attentats comme ceux des gare» de Bruxelles. Mais si l'Allemagne essayait d'éluder l'ensemble de nos conditions, l'armistice tout entier devrait être remis en cause. Des ordres ont été donnés pour que le contrôle doua* nier ait lieu non à l'ancienne frontière de l'empire, comme s'exprime le docteur Soif, ministre de la république, mai* à la frontière d'avant 1870, la seule que nous reconnaissions. Quant à l'extraordinaire mémorandum qui a ét4 envoyé aux alliés, nous croyons savoir que M. Cleiratî-ceau, président du conseil, y a fait saiis délai la répons» voulue par l'intermédiaire du maréchal Foch. De son côté, VEcho de Paris s'exprime commit suit : En réalité, nos ennemi» l'agitent tout simplement pour desserrer quelque peu le bàilon .que le maréchal Jb'och a fixé le 11 novembre. L» moyen auquel il» recourent est toujours le même : sous prétexte de discuter l'armistice, discuter la paix et s'autoriser de la plus g ande liberté de mouvement qu'ils escomptent dans la seconde discussion, pour gagner un peu plus de marge dans la première. Ayant réussi à desserrer quelque peu leurs liens, ils seraient ensuite en mesure de nous faire redouter quelque résistance efficace et de parler plu» haut quand il s'agirait d» régler le statut définitil da l'Europe. Seule, l'exécution de l'armistice du 11 novembre noua occupe en ce moment ; et au lendemain de la destruction des gares de Bruxelles et d'une insuffisante remise d» matériel, o'est à nous qu'il appartient de formuler des plaintes — ou plutôt, toute récrimination étant vaine en lace de pareils adversaires, -= de soutenir efficacement notre droit. Nous sommes renseignés. La not» allemande nom montre les solution» auxquelles nous ne devrons pas^-"*— IS'fr» de Miss M! par M" Sa?2i KIRSCHEN (Suite) Mais avant de parler de la victime, essayons I* tracer le portrait de celui qui la mena à la juort. i.oùs revîmes l'auditeur Stœber dans nombre de procès après celui-'à ; il nous apparut /ilors moins absolu, moins autoritaire, moins lwûtal; le Stœfter du procès .CavelJ fut un Stœ-fr-ir presque exceptionnel, intraitable, joyeux d aller au combat, impatient de briller dans ia joute attendue. On eût dit que son désir de s'affirmer par un coup d'éclat le portait à une frénésie d'autoritarisme. Par un geste qu'on p*ut croire symbolique, il avait déposé sou casque à côté de son dossier. Auditeur militaire de carrière, il arrivait, comme nous l'avons déjà dit, de la partie occupée du Nord français; ayant exercé ses ionctions de ministère public si près de ce Iront, il était impressionné par lès procès de tianisdn où. il avait requis, hanté par l'idée des dangers que pouvaient faire courir à l'armée les renseignement fournis à l'adversaire. . dominé par le sentiment que, préposé aux grosses affaires, son rôle était de réclamer la jnort contre ceux qui mettaient un soldat en péril Toute cette affaire qui, en dernière analyse aboutissait fi des délits de recrutement, il la traita comme une affaire d'espionnage . on eût dit que le canon du front assourdissait encore ses oreilles et les fermaient aux explications des défenseurs ; il fut sec, cassant, colère, grossier, autoritaire. Il (It l'effet'd'un acteur en représentation; il «'inquiétait de ce que la postérité dirait de iui ; plus d'une foi* par la suite, il déclara è la défense qu'il se méfiait de ce qu'elle écrirait après la guerre. Il me dit un jour : « Si ▼ous me malmenez plus tard dans vos écrits, où que je serai, j'use-ai du droit de répons et je rectifierai ». Cette préoccupation, nui es à tout le moins l'indice d'une conscience troi blée, revenait à tout instant ; chaque fois qu'. faisait une concession à la défense ou qu' renonçait à une prévention, il ajoutait : « 1 plus tard que la défense n'aille pas dire qu j'ai été sans égards, inhumain et même baj Oure, car elie oublierait yue mon devoir éta. de demander des peines sévères ». Dévoré d'ambition, ayant à son service un intelligence vive, un talent incontestable d'ort teur, une science hors ligne de criminalist< le droit martial lui était aussi familier que 1 droit pénal. Peut-être faut-il imputer au désir d'affirmé sa personnalité, en se singularisant, son ii sistance à souligner vis-à-vis de nous son or gine bavaroise et le plaisir visible qu'il prena à critiquer ies Prussiens. Et cependant, la mentalité prussienne sen blait l'imprégner : il suffisait d'observer s< emportements, son manque constant de cou toisie, sa grossièreté parfois envers les incu pés, son autoritarisme vis-à-vis des juges eu: mêmes qui n'existaient pas pour lui, ses di retés vis-à-vis des soldats et de l'interprète. Mais ce qui le rapprochait surtout du tyi prussien c'était sa façon de colorer d'ullég lions de moralité, de justice et de bienveillai ce les agissements dont les circonstances li faisaient une nécessité.- C'étaient des « accor modements » qui ont pendant ces quatre a: nées de guerre aux yeux du monde entie rendu la Prusse plus odieuse encore par se hypocrisie que par sa brutalité. Son respect proclamé des droits de la d fense n'était qu'affectation pure ; après avo affirmé aux avocats qu'ils étaient libres < s'efforcer d'impressionner, comme ils l'ente daient, l'esprit des juges, il chuchotait l'oreille de ceux-ci, pendant les plaidoiries, d observations malveillantes sur les inculpé des détails tendancieux ignorés des avocal e des remarques dont le but était de ruiner leur t argumentation. S'il admettait que le defenseur posât des questions aux témoins, il s'empres- I sait d'ajouter qu'il ne devait pas être dit que [ devant ia justice allemande la question n'était x pas examinée sojs toutes ses faces, que la e lumière avait été mise sous le boisseau ; puis tout à coup il brusquait les juges, leur impo-t sait son opinion, s'impatientait s'il sentait chez eux une résistance ; plus d'une fois, le a président dut le prier de se calmer, de ne pas troubler les prévenus. !, Il nous reste, pour compléter ce crayon, à in-e diquer qu'il avait les habitudes et les tares du parvenu: dur aux humbles, montrant dans r sa façon de traiter les femmes et les vieillards i- une grossièreté qu'une mauvaise éducation i- peut faire comprendre sans la justifier, il se it laissait imposer par les quartiers de noblesse et par la distinction des femmes de la haute i- bourgeoisie. is Tel était l'homme auquel il avait fallu pour r- scène de ses débuts à Bruxelles, les salles du 1- Sénat et de la Chambre des représentants. * i- * * Née en 1865, Miss Cavell était « trained nur-,e se » quand le professeur Depage la choisit i_ pour diriger l'école belge d'infirmières diplô-î: mées, établie à Bruxelles, rue de la Culture. II Elle occupait ce poste depuis plusieurs années A" quand la guerre éclata. J'ai déjà dit l'étonnement, peut-être le dé-r» sarroi que lui avait causé à son entrée dans n la salle du Sénat, le spectacle bariolé qu'offrait ce prétoire imposant ; elle était fort pâle, mais avec un air de résolution sévère. Mar-Ir chant à pas feutrés, mince, grisonnante, habil-,e lée modestement, elle paraissait exténuée par sa longue détention et par les privations su-à bies, excédée par les nombreuses confrontais tions. s. Les camelots ont vendu par milliers un por-' trait d'elle, dans les rues de Bruxelles, le len- ? —— —— demain de son exécution ; ce portrait est fort ressemblant, la physionomie est à la fois énergique et douce, une inquiétude est en éveil dans les rides du front et le plissement des yeux, l'inquiétude de la femme toujours sollicitée par les malades, toujours sur le qui-vive pour les soins à donner et les précautions à prendre. Cette directrice d'infirmerie se souciait peu de 1a coquetterie féminine ; des buts plus graves orientaient depuis toujours son activité. Sa vie n'a été qu'une perpétuelle dépense d'elle-même au profit des malheureux , sa mort aura donné une grande leçon au profit d'une juste cause: voilà ce qu'on ne peut s'empêcher de penser en regardant ce portrait. Miss Cavell déposa en français, elle parlait couramment cette langue avec l'accent spécial aux Anglais. Malgré son ennui et même sa gêne d'être interrogée la première, son énergie lui fit, dès les premiers mots de l'interrogatoire, surmonter tout malaise. Fière, calme, méprisant les violences de langage de l'auditeur, elle dit la vérité avant tout, la vérité à la quaker, la vérité i our la vérité. Elle parla sans peur, d'une voix basse et éteinte, la force tranquille de son regard suppléant à la faiblesse de cette voix ; elle parla peu, sachant combien il était difficile de se remuer dans les limites de sa prévention sans faire du tort à un codétenu.. Elle parla avec résolution quand elle eut à revendiquer la responsabilité de la tâche patriotique qu'elle avait accomplie. Les juges furent à coup sûr impressionnés par la simplicité avec laquelle elle exposa tout ce qu'elle avait fait d'aventureux et d'héroïque. Au banc de la défense, tous nos cœurs allaient d'un élan vers elle... Hélas! il ne nous était pas même permis de serrer dans nos mains ses mains bonnes et vaillantes : la police veillait, mettait une barrière entre elle et le reste du monde; il nous fallait, impuissants, regarder souffrir cette femme, qui avait consolé et soulagé tant de souffrances !. * * * Arrivons maintenant à l'exposé de l'affaire : lors de la retraite des troupes françaises et anglaises vers la Marne, après les batailles de Charleroi, Mons, Maubeuge, etc., beaucoup de soldats anglais et français blessés trouvèrent asile dans les hôpitaux et les ambulances organisés par la charité privée, et même chez des particuliers. Les Allemands, occupés à poursuivre les troupes en retraite, ne se soucièrent pas, à ce moment, de surveiller ces locaux de près : ils laissaient les blessés à la garde des habitants. Beaucoup de soldats anglais et français, atteints légèrement ou déjà remis de leurs blessures, erraient, désorientés, dans le nord de la France et dans le sud de la Belgique. Aucune loi, à cette date, ne punissait le séjour de ces soldats dans le territoire occupé, mais tous vivaient dans l'idée que s'ils étaient pris par les Allemands, ils seraient passés par les armes (1). Une organisation se créa pour les aider à gagner la Hollande et rejoindre le front. Elle se préoccupait moins de les envoyer grossis les armées de l'Entente que de les soustraire au sort qui, d'après l'opinion générale, les attendait. Miss Cavell résuma très bien tous ces sentiments, quand elle dit, dans son interrogatoire, qu'elle croyait ses compatriotes en danger de mort. L'auditeur se mit en frais de lui expliquer qu'au regard de la loi allemande il n'en était pas ainsi ; elle lui répondit que c'était bien possible, mais que sa croyance avait été telle, (1) Los Allemands affirment, qu'en fait, quand ces soldats étaient appréhendés, ils étaient simplement envoyés en Allemagne comme prisonniers do guerre, à moins qu'eût été établi qu'ils faisaient de l'espionnage.Oe n'est qu'en octobre 1915, précisément à la suit© de l'affaire Cavell. que les Allemands prirent un arrêté punissant les soldats çnnemis qui se cachaient dans le territoirp occupé et punissant également ceux qui lea logeaient, leur donnaient à manger ou leur procuraient les moyens de passer la frontière peu importe que ces moyens eussent consisté en argent, vêtements, etc.. ou dans l'indication d» la route à suivre et du guide à rejoindre. nous preier si nous voulons parvenir à nos ans, - —■* comme celle de tous ses collaborateurs, que, dès1 lors, il n'y avait pas à s'étonner si tous, ignorant la loi martiale — où en auraient-ils pris connaissance ? — avaient avisé au plus pressé, c'est-ù-dire essayé de soustraire au peloton d'exécution ceux qui. pour défendre la Belgique, avaient offert leur vie. Voici, dans ses grandes lignes, comment fonctionna l'organisation. Ces données résultent da la déposition de chaque inculpé, car chacun tient à prendre la responsabilité de 6es agissements : les soldats du nord de la France s'adressaient au prince Réginald de Croy, en son ch&i teau de Belligny; il leur donnait un peu d'argent, une fausse pièce d'identité, dont la photographie avait été prise par sa sœur, la princesse Marie-Elisabeth de Croy, des vêtements, quelques mots d'encouragement, et les confiait à M1" Louise Thullier, jeune Française de Lille, qui travaillait sous le nom de Mlle Martin. Celle-ci accompagnait parfois les voyageurs jusque Bruxelles, mais, habituellement, elle les remettait soit aux mains de l'ingénieur Ca-piau, de Mons, soit à celles de la comtesse Jeanne de Belleville. Ces derniers les répartissaient entre miss Ca-veH, Philippe Baucq, qui se faisait appele» « M. Fromage », Ada Bodart et le pharmacien-droguiste Séverin. Miss Cavell et Séverin s'occupaient de faire partir les fugitifs de Bruxelles vers la Hollande, par l'entremise d'un guide nommé Gilles, un ancien employé de M. Séverin. Longtemps après l'affaire Cavell, les Allemands réussirent à mettre la main sur oe guide imprudent, le firent juger et condamner à mort. Un autre groupa de Français et d'Anglais s'étaient concentrés à Pâturages et Wihéries, localités des environs de Mons. Ils furent expédiés vers Bruxelles par Capiau et l'avocat Libiez; les fausses pièces d'identité leur étaient procurées par le pharmacien Derveau, de Pâturages et par l'avocat Libiez. (A tuivrej r38« ANNEE LUI»! 35 BfOVEMBBB 1918. EDITION * B Le numéro provisoirement : ÎO centimes.

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