De klok uit België = La cloche de Belgique

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s.n. 1917, 08 April. De klok uit België = La cloche de Belgique. Geraadpleegd op 15 mei 2021, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/m901z42z4g/
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LA Cloche de Belgique Supplément spécial hebdomadaire du ^Courrier de la Meuse" REDACTION et ADMINISTRATION: Kapoenstraat 14-16. ABONNEMENT: HOLLANDE, fl. 1.— par trimestre; ETRANGER, fl. 1.2S Toi, n'hésite pas ! Venez à moi, vous tous qui souffrez- Le soir du Samedi Saint. Le poilu descend de sa tranchée, lourd, bringuebalant, boueux, les épaules sciées de paquetages. Tout le harassement de la semaine, toute la fatigue de la descente semblent buter là, contre l'articulation de ses genoux qui résistent à peine. Voici la Meuse et ses premiers baraquements... puis les abris de chevaux... puis les gourbis... A cet endroit, le chemin encaissé contre le cimetière devient horrible. Tous les ravitaillements, toute l'artillerie passent par là, patouillant cette boue depuis vingt mois ; puis c'est le fracas du maréchal-ferrant, puis la mairie où se tiennent la brigade et les cyclistes. Et voici l'église... L'homme regarde, hésite... c'est à peu près dans tout le village le seul endroit tranquille. Alors il entre... Et là, il s'écroule sur un banc, entre son bidon et sa musette... * * * Cest l'heure où les églises se font plus grandes... l'heure où des êtres invisibles semblent surgir de l'ombre... l'heure où les yeux des vitraux s'é-elairent des lueurs du jour qui va mourir. M est là, le poilu... presque une •hose au milieu des choses. Comme c'est bon de ne plus rien voir, rien sentir, d'étendre sa pensée et ses pieds et ses bras dans le néant des réactions... Un grand quart d'heure, il savoure •e nirvana. Puis, peu à peu, il redevient un être intelligent... Alors il regarde... il s'intéresse à la lueur vacillante de la petite lampe qui brûle là-bas, point d'or dans le noir du sanctuaire. Chez lui, il y a aussi une lampe comme cela. * * * "Chez lui... ?, Le mot lui paraît étrange... Comme c'est loin, "chez lui, î... à des centaines de lieux !... Le reverra-t-il jamais son petit village... sa maison au bord du sentier herbeux qui conduit à l'église... une église pas du tout comme celle ci. "Chez lui...„ ? Que fait sa vieille maman aujourd'hui?... et sa femme?... et ses pettts enfants ?... L'une après l'autre, le soldat raccroche ses idées... Ce qu'ils font ?... C'est Samedi Saint aujourd'hui, veille de Pâques... il est 7 heures... Alors, c'est très simple !... ils se confessent tous... Ça c'est sûr ! Il les voit... il sait leur banc... il aperçoit le recteur et l'endroit de son confessionnal. Et puis, demain, ils communieront et ils prieront pour lui. Ça, c'est sûr encore... Oui, ils prieront pour lui... pour le malheureux qui est là, si fatigué dans sa capote limée... pour le pauvre bougre qui a échappé tant de fois à la mort, et qui rentrera bientôt dans la fournaise... et quelle fournaise !... puisque les officiers disent partout "qu'on va tremper la soupe dans la grande soupière». Alors le soldat met la tête dans ses mains et il contemple la vision. * * * Combien de temps reste-t-il ainsi ? En tout cas, il avait les doigts mouillés de larmes quand une main camarade s'appuya sur son épaule : — Eh bien, quoi donc !... ça ne va pas ? — Ah! c'est vous, Monsieur le curé! — Tu es blessé? — Non. — Tu as de mauvaises nouvelles de chez toi ? — Non... j'ai le cafard ! — Ah 1 et pourquoi ? — Est-ce qu'on sait!... pour tout!... C'est Pâques, demain... je me sens si seul !... si loin !... — Viens avec moi, à la sacristie! dit le curé brusquement. L'homme hésite. — Viens !... insiste le prêtre. — Non.,, ce sera pour l'année prochaine ! — On ne dit pas "l'année prochaine, surtout en temps de guerre. Et comme pour souligner les paroles du prêtre, une détonation ébranle l'église et les maisons voisines. Alors l'homme suit. Il entre dans la sacristie pleine de platras, car les obus y sont venus avant lui ; le curé lui montre un prie Dieu à moitié dépaillé. — Mets-toi là! Le poilu s'y attendait, et il s'agenouille sans répondre. * * * Le lendemain, c'est Pâques. La cloche est absente... Oh ! pas à Rome !... Elle a été tout simplement hissée en première ligne pour annoncer l'arrivée des gaz. Mais l'église est pleine quand même de gaillards héroïques qui s'entassent partout. Il y en a de juchés sur le rebord des verrières brisées, et jusque dans la chaire. Ils chantent à pleine poitrine de vieux caniques français, et par tous les trous d'obus de la toiture leurs voix s'élèvent vers le ciel, comme la fnmée bleue des baies d'un encensoir. Le vieux curé rayonne. On est si content quand ceux qu'on aime font tout leur devoir! Jamais il n'a eu pareilles Pâques ! Ou êtes-vous, les femmes ? Où êtes-vous, les pâles petites con-frériennes ? Où êtes-vous, les enfants ? Dans le village évacué, Dieu travaille en pleine pâte. Oh ! les distractions qu'il a, le curé, pendant sa messe. Quand il se tourne pour son Domi-nus vobiscum, il s'arrête parfois une ou deux secondes, contemplant le moutonnement des casques de fer. Clovis... Jeanne d'Arc... Bayard... Napoléon... seraient chez eux, ici ! Et l'Hostie frémit entre ses doigts. La messe se termine, C'est une messe basse, mais le curé chante YAllelui»! Tant pis pour la liturgie! Puis, d'une main énergique, il trace un sabre dans l'air, ça, c'est la bénédiction ! — Benedicat vos !... Si le bon Dieu ne les bénit pas, les poilus, ce ne sera pas la faute de son prêtre. Retour à la sacristie... un doigt d'action de grâces. Le curé sent que le Saint-Esprit le pousse par les deux épaules... — Va donc serrer la main à ces braves gens! La barette en bataille, et le rabat en congé, le curé revient dans l'église. — Eh bien, mes enfants!... — Eh bien, Monsieur le curé !... Et l'on se regarde ! Et chacun se sent heureux! L'espérance divine est ici partout dans l'air... Paraissez, Na-varrois, Maurès et Castillans ! Venez donc, tous les boches du kronprinz ! Ces poilus-là, ils ont fait leur devoir ! Ils mourront, peut être comme les autres, mais ils savent qu'ils sont en règle et quel livret ils présenteront au grand Chef qui les attend, les bras ouvert, au seuil de l'éternité ! * « * Justement, le lamentable soldat d'hier passe devant le curé. Il est aussi boueux que la veille, sa capote est ausst limée, et son paquetage bringuebale aussi miteusement. Mais toute la joie de Pâques éclate dans ses yeux devenus clairs comme des yeux d'enfants. Il a vraiment l'air ressuscité. — Et ce cafard, mon garçon ? Le poilu fait un geste magnifique: — Oh ! le cafard ! Le curé prend alors le soldat par sa capote et, avec une certaine mélancolie dans la voix, comme s'il en apercevait d'autres dans le même cas: — Et pourtant... rappelle-toi ? Tu as presque hésité !... (La Croix.) Pierre l'Ermite. / Les Tommies en Flandre. Nous extrayons du "Daily Mail„ un intéressant article concernant les bons rapports entre les troupes britanniques et la population civile en Belgique libre : "Chaque soldat anglais qui a servi sur cette partie du front vous racontera qu'il aime la Belgique. Pourquoi ? La beauté intrinsèque du pays ne justifie absolument pas cette appréciation. Si vous interrogez l'homme timide qu'est en général Thomas Atkins (nom populaire du soldat anglais) il vous racontera probablement qu'il aime la Belgique parce qu'il y est à l'aise. La vraie explication est que les Belges ont aidé à solutionner 'a question linguistique par une rapide connaissance de la langue anglaise, que les frugals goûters de thé, pain, beurre et friandises évoluent le souvenir du confort familial et que dans chaque corps de ferme du pays, il y a toujours une tasse de café accompagnée d'un bon mot pour le soldat anglais. Il s'est établi entre le troupier anglais et la population civile une parfaite entente provenant de l'esprit d'initiative, du caractère hospitalier et de la facili d'adaption du peuple belge. On parle anglais partout, chaqi village derrière le front possède se estaminet où le troupier britanniqi peut varier son ordinaire par une coi sommation d'œufs, de friandises et( pâtisseries ; chaque écolier hredouil et les gamins soulèvent leurs casque tes au passage d'un officier britann que. La foi des Belges dans la eau: pour laquelle nous nous battons, dont le triomphe est assuré par force de l'Empire Britannique est dl montrée par !a façon dont ils tâche: par tous moyens de regagner leur lie natal. Il est fréquent de voir s'érig hâtivement de ci de là une hutte fai de vieilles caisses à provisions et trouver habitée quelques jours pli tard. La population normale de beai coup de villages s'est doublée dura: ces derniers mois grâce aux instinc "de clocher, des Belges et à lei confiance de voir les troupes britai ques maintenir le boche dans si lignes actuellee. Ces maisons, poi autant qu'on puisse les appeler aim présentent, certes, d'étranges conce] tions architecturales, mais démontre l'esprit d'initiative des Belges qui pa viennent à se tirer d'embarras av< des moyens insignifiants. La majeu partie de ces habitations ont des mu exclusivement construits de caisses biscuits ou à fromages, ayant servi contenir les rations. Les boîtes à tl en fer blanc remplies de terres o été utilisées par des essais d'abris l'épreuve des bombes. Il y a actuell< ment des centaines de huttes con: truites de ces déchets et "laisser-pou compte, qu'abandonnent inévitable ment les troupes en campagne. Parfo le plan est fait dans la forme d'ur hutte sans étage, avec un mur de s< paration en toile à sacs entre la chan bre à coucher et le salon. Un typ plus fréquent encore est la cabar dont la moitié est utilisée comme sal! de café ou comme boutique et le res tant comme habitation. Ces taupinière sont invariablement baptisées de nom français ou flamands avec la dénomi nation commune de "villa„. Mais le annonces de vivres ou de produit anglais s'étalant sur les matériaux d construction sont plus visibles que le enseignes ! Un naturel du pays, à l'esprit en treprenant, a même érigé dans le mêm style un restaurant pour officiers. So entreprise a été couronnée de succè et le restaurant est devenu le rendez vous de beaucoup d'officiers désirar se retrouver pendant les jours d repos. Avis à nos abonnés Nos abonnés sont instamment priés d'en voyer dans la huitaine le montant de tabon nement au bureau du tournai. Passé ce délm ïadministration s» permettra de disposer ei *}o9kmt i t» wittance le montant é» frati Dimanche 8 Avril 1917. Ire Année N« 2

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Dit item is een uitgave in de reeks De klok uit België = La cloche de Belgique behorende tot de categorie Katholieke pers. Uitgegeven in Maastricht van 1917 tot 1918.

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