La Belgique: journal publié pendant l'occupation sous la censure ennemie

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23 december 1914
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s.n. 1914, 23 December. La Belgique: journal publié pendant l'occupation sous la censure ennemie. Geraadpleegd op 23 februari 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/gq6qz23x2g/
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MftFCKtii m Ùiéç^mJbx^ 1914 K" ,40 Mercredi 23 Décembre 1914 LA BELGIQUE administration et rédaction S, Rue Montagne-de-Sion, S, BftUXELLEfi Bureaux : de 10 à 12 et de 15 à 17 heures JOURNAL QUOTIDIEN ISriixelleit et Faubourgs : IO centimes le numéro E*j-«vvjïices : ïî» ccîaitiiiïîes îe numéro ILa petite ligne fr. 0.40 Réclame avant les annonces 1.00 Corps du journal 2.00 Nécrologie S.00 la guerre 140me jour de guerre La dépêche officielle allemande datée du 21, que nous avons publiée hier, nous est arrivée à 1 heure même de la mise sous presse du journal : il ne faut attribuer qu'à cette communication tardive le fait qu'o.i n'en a point trouvé tr.ice dans notre exposé quotidien. Il est fort loin en effet d'être né-o-ngeable. Sans parler des opérations assez nombreuses qu'il signale, il reproduit le texte — nous n'avons pu naturellement quen donner la traduction — d'un ordre aussi concis qu'éloquent du généralissime Joffre proclamant 1 heure venue d une offensive énergique. • Ceux qui faisaient depuis huit jours pressentir cette offensive des Alliés étaient donc dans le vrai. Nous n'y avions pas cru d'abord, on s'en souvient, et le seul fait de voir certains journaux autorisés — tel le « Temps » en France et le « Times a en Angleterre — parler sans réticence de la probabilité d'un mouvement dont l'importance nous paraissait à ce point primordiale, n'avait pas été sans nous plonger dans un profond étonnement : il nous pa* raissait que si l'état-major le projetait vraiment ,il s'imposait qu'il fût tenu absolument secret. Bientôt après cependant la tournure des événements modifia cette manière de voir, et nous avons fini — nos lecteurs s'en sont rendu compte — par croire nous-même à une imminente offensive générale "« Al liés. S Jusqu'ici, ou du moins jusqu'à dimanche soir — puisque c'est à cette date que s'arrêtent les indications officielles parvenues de part et d'autre — cette offensive n'a pas encore amené de résultats transcendants. Ce serait duperie d'ailleurs d'maginer qu'elle doive nécessairement se manifester et tout de suite par des attaques acharnées et opiniâtres destinées à trouer à tout prix le front ennemi. Bi;n plutôt il faut croire, quand l'on tient compte des conditions de la guerre moderne, qu'elle doit se traduire par un mouvement général mais forcément lent, par une poussée graduellement accentuée vi-•nt à fatiguer l'ennemi sur toute la ligne, à user peu à peu sa résistance et à le contraindre graduellement à une retraite générale. Au surplus, n'allons pas nous aventurer au delà des bornes dans le domaine des probabilités, émettre des prévisions téméraires et prématurées. En réalité, les opérations poursuivies sur le théâtre de la guerre dans l'Ouest, malgré leur manifeste regain d'activité, n'ont pas encore sérieusement modifié la situation que nous y connaissons depuis deux -mois. Il n'est pas douteux que les Alliés ont essayé et réussi à se donner de l'air le long de la côte, vers Lombartzijde et du côté de Saint-Georges, en vue d'empêcher la pression des Allemands contre Nieu-port de devenir inquiétante : ce succès toutefois ne déoasse point une portée incidentelle, puisque les Allemands affirment catégoriquement qu'ils ont empêché les progrès de leurs adversaires de s'accentuer et qu'ils ont depuis lors repoussé toutes leurs attaques. Paris annonce de légères avances dans la région d'Ypres, ainsi que la prise de tranchées sur le front Richebourg l'Avoué — La Gevenchy — Loos — La Bassée. C'est précisément sur ce front, qui en cadre le nord-ouest, l'ouest et le sud de cette dernière localité, que Berlin signale de son côté la prise de positions ennemies : la confrontation des deux documents aboutit par conséquent à une contradiction formelle. Tirons-en la conclusion que, pas plus qu'en Flandre, rien de décisif n'est survenu à l'est de la Lys. Pour le surplus, la dépêche officielle de Berlin publiée hier et celles de Paris du 20 que nos lecteurs trouveront ci-contre, enregistrent diverses actions couronnées par des avantages réciproques. Le théâtre de ces actions répétées se situe entre Albert et Noyon, près du village de Lihons qui est distant d'environ 22 kilomètres d'Albert, puis aux environs de Souain sur la route de Reims à Sainte-Mene-hould, puis encore dans la forêt de l'Argonne et dans le bois tout voisin de la Grurie, et enfii) au nord-ouest de Verdun, c'est à dire, exception faite de la Haute-Alsace, sur presque tout le front en F rance ' La multiplicité de ces attaques se ressent visible-; ment de la nouvelle tactique des Alliés : attendons-nous à en voir résulter avant peu les événements marquants qui sont depuis longtemps attendus avec une légitime impatience. * * # De la guerre en Pologne, ni Vienne ni Pétrograd ■ n nous ont rien dit. Le seul renseignement qui nous soit parvenu est la brève indication contenue dans la dépêche de Berlin que nous avons publiée hier, annonçant la continuation des attaques austro-allemandes contre les positions qui délimitent le front actuel des troupes russes, dont pour cela même il s'avère que la retraite, a pris fin. Il n'y a certes 'à rien d'étonnant : l'on peut même dire qu'il faut s'attendre à voir les opérations marquer de ce côté un temps d'arrêt. L'effort fourni depuis huit jours par les belligérants, déjà surmenés par plusieurs mois de campagne, a été gigantesque. Des confins de la frontière allemande, il a ramené les Russes au-delà de la Bzura, de la Rawka, de la Pilica et de la Nida, c'est à dire approximativement à 150 kilomètres ^e cette frontière. Etant donné l'énormité des effectifs mis de part et d'autre en action, il semble qu'après une pareille étape un temps de repos doive actuellement et forcément s'imposer. I.es Russes vont d'ailleurs — c'est pour eux une question vitale — faire l'impossible pour ne pas être refoulés sur la Vistule, où le but évident des Allemands est de les acculer. Dans la région de la Bzura, dans la direction de Varsovie, ils ne se trouvent déjà plus guère qu'à trente ou quarante kilomètres de la rivière, mais ils peuvent se servir avec avantage, pour éviter le grave péril qu'ils .courraient en s'en rapprochant davantage, du point d'appui remarquable que constitue la place forte de Novo-Geor-giewsk, qui commande sur la rive droite de la Vistule une grande partie du territoire situé entre la Bzura et les environs de Varsovie, et qui offre une base excellente aux armées opérant dans la région. Plus au sud, le fait que la Vistule s'infléchit vers ; «t a pour conséquence d'en tenir le front le bataille des Russes éloigné de 100 à 150 kilomètres ; la menace de devoir repaser ce fleuve ne deviendrait donc pour eux véritablement gra/e que si une nouvelle retraite précipitée venait à leur être imposée. Sans vouloir ni pouvoir préjuger du résultat final, nous devons considérer cette éventualité comme improbable. Elle ne serait véritablement à craindre que si les Allemands triomphaient complètement de l'ailé droite russe dans le secteur Vistule-Bzura, et si par surcroit la résistance opposée par l'aile gauche russe dans l'ouest galicien, sur les contreforts des Carpathes, venait à être définitivement brisée. S'il en était ainsi, une flexion du centre vers l'est dans la direction d'Iwangorod, qui est avec Varsovie et Novo Georgiewsk, la troisième des places fortes qui commandent la Vistule, en serait l'inévitable conséquence. Dans cette hypothèse ce serait — ou presque — l'abandon à l'ennemi de toute la Pologne, ce serait l'évacuation forcée de presque toute la Galicie, bref, ce serait la déroute des Russes. Mais les Russes ont là en bataille deux millions et demi de soldats, et nous allons vraisemblablement les voir, tout à l'encontre de ces hypothèses pessimistes, tenter une contre-offensive vigoureuse. _ Contribution de guerre Le Conseil provincial du Brabant s'est réuni 19 décembre, à 12 heures, pour s'occuper exclusivement de la contribution de guerre mise à charge 5u pays. M. Emile Duray présidait l'assemblée. M. Ch. Janssen, qui occupait la place du gouverneur, a lu un rapport sur la question. Après discussion, la députation permanente, mise au courant des négociations engagées avec le gouvernement allemand, n'a pu que se rallier unanimement à la solution adoptée par les délégués parce qu'elle accorde au moins un avantage appréciable en échange de la somme considérable réclamée. Cet avantage consiste en ce que, dès le paiement de la première mensualité, toutes les réquisitions allemandes, qui se règlent maintenant en bons de guerre, se régleront en espèces. Elle estime que, vu le court espace -de temps laissé à fia disposition pour résoudre les 'difficiles et délicates questions que soulèvent le règlement, la répartition et le recouvrement du lourd impôt de guerre imposé au pays entier par 1Jintermédiaire des neuf provinces, elle ne peut mieux fa-ire que de demander, dams les pénibles circonstances actuelles, au Conseil de lui marquer sa confiance en votant une résolution dont nous extrayons les considérants suivants : « Yu l'impossibilité de faire face à cette lourde imposition sans le concours de la Banque Nationale de Belgique et de la Société Générale de Belgique; » yu la difficulté de régler dès à présent entre les provinces la répartition de cette contribution de guerre; » Vu la nécessité d'assurer en temps et Heu le remboursement des sommes qui auront été avancées à la province; # -, - t :-. » Vu. ites articles 73 et 86 de la loi provinciale, » 1° De contracter* solidairement avec les_ autres provinces les engagements nécessaires pour faire face au paiement de la contribution de guerre imposée au pays par le gouvernement allemand; » 2° De régiler^ ultérieurement avec les autres provinces la répartition entre elles de la dite contribution;» 3° De faire, à la session ordinaire de 1915, au Conseil provincial, les propositions nécessaires pour assurer en 1916 le remboursement des sommes qui auront été avancées à la province. » Les conclusions de ce rapport ont été longuement commentées et défendues par son auteur, puis Irrésolution proposée a été votée par 56 voix contre h. Les opposants n'ont pas motivé leur vote. M. le président Duray s'est fait l'interprète ck l'assemblée en remerçiant la Députation permanente et spécialement M. Ch. Janssen qui avait représenté celle-ci au cours des négociations du résultat obtenu. Ses paroles ont été chaleureusement applaudies par tous les membres du conseil. La même résolution a été votée par lèj huit autre y conseils provinciaux. : ... ■ — La -guerre et la vie de demain C'est le cujet d'une conférence que vient de faire à Paris, devant un auditoire extrêmement nombreux, M. Emile Boutroux de l'Académie française, et qui a fait sensation en raison de la philosophie sereine dont elle était empreinte : — Certes, a dit en substance M. Emile Boutroux, nous devons en ce moment, avant tout, appliquer la maxime de Hoche : « Age quod^ agis ». Mais faire la guerre ce n'est pas oublier l'avenir, c'est y subordonner, y sacrifier, s'il le faut, le présent. Et, dans la vision d'une vie plus belle pour nos descendants, nous puisons des forces nouvelles. D'ailleurs, qui peut dire combien durera cette guerre 1 La vie de demain, peut-être, sera encore, pendant un temps notable, la continuation de la vie d'aujourd'hui. Notre sujet est donc très actuel. De la guerre, comme de toutes choses, la raison conseille de tirer le meilleur parti possible. La guerre est une destruction. Mais, à côté de tant de destructions déplorables, il en est d'utiles. D'une manière générale, la crise actuelle favorisera une poussée nouvelle de la vie ; et, à construire sur une table rase, nous pourrons donner pleine satisfaction aux exigences de l'hygiène, nous ouvrirons à l'art une libre carrière, La guerre a créé et maintient parmi nous de précieuses habitudes. Elle nous apprend la sobriété, l'endurance, toutes les viriles vertus physiques. Elle guérit nos intelligences de la sophistique et du dilettantisme, en confrontant à chaque pas nos idées avec les réalités. Elle nous fait oublier nos divergences d'opinion et pratiquer la coopération, l'aide mutuelle, la fraternité active ; ces vertus, il s'agira de les conserver. Enfin, la guerre nous donne de grandes leçons : ne point s'endormir dans une fausse sécurité ; réaliser la coopération de l'Etat, des sociétés libres et des individus ; envisager toutes les questions à un point de vue, non seulement national, mais international, etc. Leçons que nous devrons nous garder d'oublier. C'est donc un véritable renouveau de toutes nos activités vitales qui peut résulter de la présente épreuve. Plus nous méditons sur les enseignements de cette guerre, plus nous sommes fondés à penser que, dans l'intérêt du monde comme dans notre intérêt propre, il est à souhaiter que notre action s'inspire, plus que jamais, de notre^ idéal national, des idées de liberté, de droit, d'humanité, de beauté et de grandeur morale. f+ Le réchaud du soldat L'acadlômicien Maurice Barrés, qui écrit chaque matin son premier-Paris dans un grand journal français, ne craint pas le reproche qu'on pourrait lui faire d'y traiter des questions trop humbles. Il a choisi l'autre jour pour sujet d'article un ustensile dont il parle en ces termes : — J'ai en main « le réchaud du soldat ». Je l'ai montré autour dJe moi à ceoix qu'il intéresse. Ceux qui doivent s'en servir m'ont dit : « C'est épatant! » Je veux mettre l'explication sous les yeux de tout le monde, afin que toutes les tranchées, de la mer à Bel-fort, puissent profiter, s'il en est digne, de cet ingénieux objet. Les initiateurs n'ont aucune prétention. « Nous n'avons rien inventé, di6ent-ils; nous avons retrouvé un amusement d'enfant. » La matière combustible h employer est connue depuis longtemps : c'est l'alcool solidifie, obtenu par un mélange à chaud au bain-marie de 8 parties d'alcool et 1 partie de savon ordinair e La solidification résulte du r elroidissem ent. Le réchaud seul est nou veau et original. Il est constitué à l'aide d'une boîte à conserve (boîte de 300 grammes, vulgairement appelée par les soldats « boîte à singe »). Les bords sont dentelés plus ou moins profondément suivant l'intensité qu'on veut donner a la combustion. Ces créneaux servent de support au récipient à chauffer. Une deuxième boîte sert de couvercle et d'éteignoir. Après refroidissement, le tout peut être remis en poche. En quelques minutes, le soldat peut ainsi avoir son café chaud ou sa eoupe. En vingt minutes, si la température est trop rigoureuse, il peut se procurer une bouiMote d'eau chaude. La durée de combustion de la boîte est de 60 à 70 minutes. Un réchaud ménagé peut •'d'onc servir à plusieurs hommes et plusieurs jours. Le prix de revient de la boîte est de dix# centimes. Des officiers d'une formation sanitaire de la zone de l'avant ont organisé un atelier d'où il peut sortir 200 à 250 réchauds par jour, et les réchauds sont distribués gratuitement aux nommes. Jusqu'à ce jour, les matières premières, alcool et savon,-ont été fournies par la générosité privée. Ceux qui vaudraient aider à multiplier cei instrument d'un modes', e bien-être peuvent m'adres- ser leur offrande. ^ LES FAITS DU JOUR Depuis ç[ue la guerre sévit, la plantation du tabac est poussée vigoureusement dans les régions du Midi de la France. Dans le département du Lot seul, une superficie de 200,000 hectares est plantée en tabac. Sir Francis Bertie, ambassadeur d'Angleterre à Parie, devait quitter son poste à la fin de l'année. A la demande # du gouvernement, il a consenti à continuer ses fonctions. Les protestations se multiplient en Italie contre 'l'embargo mis sur 21 navires de commerce italiens. Fn ce moment, sept navires chargés de grains 6ont retenus dans des ports français et anglais et plusieurs bâtiments sont obligés de décharger leur cargaison en Angleterre. Le « Corriere d'Itaha » demande au ministre des Affaires étrangères d'intervenir énergiquement. Dans leur récente entrevue, les rois scandiniaves auraient décidé, afin 'de protéger leurs navires de commerce, de les faire convoyer par des navires de guerre. De cette façon, les puissances belligérantes n'auraient plus le droit de visite, aucun doute ne pouvant subsister sur le fait de savoir si les cargaisons sont destinées ou non à des pays neutres. Bien que cette nouvelle ne soit pas officielle, on croit cependant à sa réalisation. Il existe d'ailleurs un précédent qui date de la guerre de l'Indépendance américaine : la Suède et _ le Danemark prirent en effet à cette époque la décision de faire convoyer leurs navires de commerce. Le quartier-maître général allemand a décidé que les lettres et les paquets aue la poste de campagne ne peut remettre par suite de la mort de leurs destinataires, seront renvoyés aux expéditeurs avec la mention : « Mort pour la Patrie » ou bien « Tombé au champ d'honneur ». Précédemment la poste inscrivait sèchement : « Mort ». Les deux croiseurs anglais « Invincible » et « Inflexible » qui ont pris jrart à la bataille maritime des îles Faklanjd, font partie des premiers dreadnoughts construits. Ils ont -été lancés en 1907, ont chacun un •déplacement de 20,300 tonnes; ils sont armés de 8 canons de 30.5 cent, et de 16 canons die 10.2 cent.; leur équipage compte 750 hommes. Un grand nombre d'étudiants sont réfugiés en Hollande et l'on en trouve jusque parmi les internés. Le Dr Kuyper, ancien chef du Cabinet, et le ministre de la guerre ont pris les mesures nécessaires pour que les internés soient toûs réunis^ dans le camp de Zeist. Ils se rendent tous les jours sous surveillance militaire à Amersfoort, où des cours universitaires ont été organisés. Divers professeurs belges et hollandais donnent des cours en langue française et en langue néerlandaise. Les étudiants des facultés techniques seront autorisés à continuer leurs études à l'Ecole polytechnique de Delft. L'enseignement est gratuit. Beaucoup d'étudiants non internés sont lo^és chez des particuliers aux frais des étudiants d'Utrecht. Le Comité néerliandlak de.secours aux Belges et aux autres victimes de la guerre a' réuni jusqu'à présent environ un million de francs. Le gouvernement 6uéidois a interdit, à partir du l6r janvier prochain, la distillation de l'alcool d'ans le pays. Cette mesure a été prise en vue de conserver exclusivement pour l'alimentation les réserves de grains et de pommes de terre. Le chalutier à vapeur allemand « Senator Oswald H. C. 6 » qui se rendait à Zeebrugge a été arrêté et amené hier dan6 le port hollandais d'Ymuiden. Il a été visité jusqu'à fond de cale et placé sous la surveillance militaire. L'empereur Guillaume a quitté Berlin dimanche pour se rendre sur le front dans l'Est. Il est accom-paîgné du chancelier de l'Empire et des ministres de là Guerre, de la Marine et des Affaires étrangères. L'empereur fêtera la Noël au milieu des troupes. Le gouvernement russe continue à organiser la Galicie en grande partie occupée. La Banque d'Etat a pris ses dispositions pour l'organisation d'une succursale à Lvof, nom russe de Lemberg, capitale de la Galicie. Le roi Pierre de Serbie est rentré dans sa retraite de Vranja-Bania, au sud de Nisch. Il a traversé Nisch ; et a reçu dans son wagon le président du conseil et les membres du gouvernement. Il a été l'objet d'une ovation enthousiaste de la part de la population. La « Gazette de Cologne » publie la lettre suivante d'un prisonnier allemand blessé. Nous la reproduisons sans autre commentaire : Hôpital Saint-Joseph, Caen, 10 novembre. ... Moi aussi j'ai dû payer tribut au dieu de la guerre. Le 22 j'ai été blessé dans une attaque sur Dixmude ; j'ai été relevé par la Croix-Rouge belge et française, et pansé. J'ai passé quelques jours à l'hôpital de Calais d'où j'ai été transporté par paquebot à Cherbourg et de là par chemin de fer à Caen. Dans ce trajet, nous ayons reçu de la population des dons charitables : fruits, vin, pain, fruits cuits, lait, tartines de confiture et beaucoup d'autres choses. Moi et mes camarades nous avions l'impression de voyager à travers l'Allemagne et non pas en France comme prisonniers. _ Les soins dans notre hôpital sont très bons, la nourriture est excellente : noue recevons, le matin, du café avec du pain ; l'après-midi, de la soupe, des pommes de terre, de la viande, des légumes, du pain et du vin ; le soir, de la soupe, des pommes de terre, des légumes, du pain et du vin. Nous jouissons aussi d'un très bon traitement et de bons soins. Chacune des sœurs a eu quelque attention spéciale pour chacun de nous ; nous sommes l'objet de sojns dévoués et on a le sentiment d'être presque comme a la maison. Mon premier lieutenant et mon 6ous-officier sont également blessés et avec nous à l'hôpital. La contrée est superbe ; le soleil est riant et donne toute la journée. Cela contribue beaucoup au rétablissement. Je souhaite que tous les blessés soient aussi bien soignés que nous le sommes. COMMUNIQUÉS OFFICIELS Communiqués allemands Berlin, 22 décembre. (Officiel de ce midi) : Près de Nieuport et dans la contrée d'Ypres, le calme est général. Pour reconquérir les positions perdues le 20 décembre près de Saint-Hubert et La Givencby, les Anglais renforcés par des territoriaux français ont tenté hier et cette nuit des attaques désespérées qui ont été repoussées. Dans la contrée de Riche-bourg, ils ont réussi à reprendre sérieusement pied dans leurs anciennes positions. Les attaques tentées hier par les Français dans la région d'Albert, au nord-est de Compiègne, près de Souain et près de Perthes, ont été repoussées avec de fortes pertes pour l'ennemi. Dans la partie ouest de l'Argonne, nous avons pris quelques tranchées. Dans l'est de l'Argonne, au nord-ouest et au nord de Verdun, toutes ies attaques des Français ont été repoussées facilement, certaines avec de fortes pertes pour eux. Sur le théâtre de la guerre à l'Est, la situation en Prusse orientale et en Prusse occidentale est inchangée. En Pologne, nos troupes sont engagées dans une violente bataille autour du secteur Bzura-Rawka. A différents endroits, le passage sur ce secteur a déjà été effectué. A la rive droite de la Pilica, le combat des troupes austro-allemanies continue. Nous n'avons malheureusement appr;s qu'après sa publication qu'à l'ordre du jour du général Joffre du 17 décembre était ajouté le post-scriptum suivant : « Cet ordre du jour ne doit être porté que ce soir à la connaissance de toutes les troupes et l'on doit empêcher qu'il soit publié dans 'a presse.» * * * Bruxelles, 22 décembre : Il résulte des informations de la direction supérieure de l'armée que, sur le front à l'Ouest, les trouDes allemandes ont repoussé avec succès toutes les attaques françaises avec de fortes pertes pour l'ennemi. * * # Vienne, 22 décembre. (Officiel d'hier midi) : Dans les Carpathes, notre attaque sur le territoire supérieur de Latorcza fait de bons progrès. Au nord-est du col de Lupkow, sur le front au nord de Krosno-Tuchow et sur la Dunajec inférieure, on continue à se battre avec acharnement. La situation dans le sud de la Pologne ne s'est pis modifiée. ' Communiqués des armées alliées Paris, 19 décembre (Communiqué officiel de 23 heures) : En Belgique, dans la région de Steenstraete, une attaque ennemie a été refoulée et nous avens fait de sensibles progrès aux abords du Cabaret-Korteker.Les troupes britanniques ont perdu du côté de Neuve-Chapelle quelques-unes des tranchées conquises hier, tandis que le corps hindou a progressé de quelques centaines de mètres vers Richebourg l'Avoué. L'ennemi a montré de l'activité vers Thiepval et vers Lihons. En ce dernier point, une troupe ennemie a été surprise. De l'Oise aux Vosges aucun incident à noter. * * * Paris, 20 décembre (Communiqué officiel de 13 heures) : Entre la mer du Nord et la Lys, au dessus de Nieuport et de Saint-Georges, nous avons gagné un peu de terrain. A l'est et au sud d'Ypres, nous avon^ légèrement avancé. Entre la Lys et l'Oise, nous avons pris une par tie des tranchées de la. première ligne allemande sur le front Richebourg l'Avoué — La Givenchy — Loos — La Bassée. Nous avons repris les tranchées, prises à l'ennemi • ' di et abandonnées par nous vendredi, au sud-est "l'Albert. Nous avons repoussé deux attaques acharnées des Allemands dans la région de Lihons; ces attaques avaient pour but de reprendre les tranchées que nous leur avions prises. Entre l'Oise et l'Argonne, notre artillerie a !e dessus sur l'artillerie allemande. Dans le bois de La Grurie, nous avons repoussé des attaques sur Fontaine-Madame et Samt-Hubert. * * * Paris,20 décembre (Communiqué officiel de 23 heures) : La situation est inchangée sur tout le front. * * * Pétrograd, 20 décembre (Communiqué of ficiel de Vétat-major de la marine) : Le commandant du croiseur Askold, qui est arrivé à Port-Saïd, annonce que pendant une reconnaissance qu'il a faite sur les côtes syriennes, il s'est emparé dans le port de Haiffa d'un vapeur allemand. Il l'a envoyé à Port-Saïd sous la conduite d'un officier. A Beyrouth, l'Askold a fait couler deux navires turcs, dont le vapeur Cuola. Le croiseur a envoyé des chaloupes à vapeur en reconnaissance à six endroits différents de la côte syrienne. .** Pétrograd, 20 décembre. (Communiqué du grand quartier générât) ; De sérieux combats, qui ont pris en divers points un caractère très intense, ont eu lieu pendant la journée du 19 sur la rive gauche de la Vistule et sur le front de la Bzura et de la Rawka. Deux détachements allemands, qui passaient la Bzura au \illage Dachowa sur un pont à moitié brûlé, ont été immédiatement attaqués par des troupes russes. Des combats ont eu lieu également dans la région d'Opochno. En Galicie, il n'y a pas de changement. En divers points, les Russes ont effectué des contre-attaques.Dans la région de Przemysl, les Autrichiens ont tenté de faire une sortie avec des forces considérables, mais ont échoué. * * * j Londres, 20 décembre (Officiel) : L'Amirauté annonce que le vapeur anglais Tri- tonia a touché une mine à la hauteur des côtes du nord de l'Irlande. Tn croit que le navire est perdu, mais que l'équipage a pu être sauvé. ^ Dépêches diverses Bâle, 21 décembre : Une lettre de Paris publiée dans un journal de Bâle signale que le charbon continue à manquer à Paris, lliiant donné, dit-il, la construction légère des maisons et les fenêtres doubles faisant partout uéfaut, même les gens aisés ont dû geler. Le chômage continue et impose une tâche pénible aux bureaux de bienfaisance qui nourrissent tous les jours plus de 60,000 personnes, pas toutes domiciliees assurément dans les quartiers ouvriers. On voit réclamer des secours par des milliers de personnes qui n'avaient de leur vie eu besoin de l'aide d'autrui. * * # Capetown, 21 décembre : A. Garub, à 30 milles à l'est de Luderifczbucht (Est-Africain allemand), il y a eu le 16 décembre un engagement entre un détachement anglais s'avançant sous la direction de sir Duncan Mackensie et des troupes aile-, mandes. Le combat a duré plus de deux heures et s'est terminé par la retraite des Anglais. * * * Londres, 19 décembre : Le ministre des affaires étrangères a fait savoir à la Ligue des Protestants britanniques que le gouvernement italien a été avisé en temps utile de l'intention du gouvernement anglais de nommer un ambassadeur auprès du Vatican. * * # Londres, 19 décembre : Le Tribunal des prises a déclaré de bonne prise les voiliers Melpomène et Brandenburg, et saisi une partie des cargaisons des navires Caria, lnderabarah, Scindia et Yantsé. *■ * * Berlin, 19 décembre : Par 1 intermédiaire d'une puissance neutre, le gouvernement français avait fait exprimer à Berlin le désir d obtenir pour la Société de Bienfaisance française l'autorisation de faire parvenir des dons aux prisonniers de guerre français se trouvant en Allemagne. La France ayant promis d'accorder la même autorisation au profit des prisonniers allemands, il a été fait droit à cette demande à Berlin. * * * Paris, 20 décembre : k'Agence Havas publie une note dans laquelle il est déclare que rien ne s'oppose à la rentrée en France des membres^ des congrégations religieuses dissoutes. Ils n ont d'ailleurs pas été expulsés du pays, où ils pouvaient rester onmirip îai^isos. C<e£ congrégation" s'occupant du soin des malades n'ont pas été dissoutes : il existe en France 434 congrégations de ce genre qui sont autorisées, 982 qui attendent l'autorisation qu'elles ont sollicitée, et 315 qui continuent à exister sans autorisation.* * * Londres, 20 décembre : Par suite de la concurrence des vapeurs qui voyagent sous pavillon américain sans être soumis à l'assurance contre les risques de guerre, la Royal Mail Steam Pac- ket Company a suspendu ses voyages vers la Jamaïque. * * * Paris, 20 décembre : M. Weill, député de Metz au Reichstag, s?est enrôlé le 5 août comme volontaire dans l'armée française, en déclarant qu'il était convaincu de remplir ainsi son mandat de député socialiste alsacien-lorrain. Le parti socialiste allemand, on le sait, n'est pas de son avis. * * * Rotterdam, 19 décembre : La navigation le long de la côte anglaise, entre Hull et Newcastle, est interdite. *• * * Rome, 20 décembre : Le prince de Bulow a remis hier, avec le cérémonial habituel, ses lettres de créance au Roi. Conformément aux usages de la Cour d'Italie, aucun discours n'a été prononcé à cette occasion. * - •... - ;■ - * . - •.... . .. * * Amsterdam, 18 décembre : Le ministre de l'Intérieur des Pays-Bas a déclaré à la Chambre qu'à certain moment le nombre des réfugiés en Hollande a atteint 800,000 et qu'actuellement il y en a encore 200,000. Il a demandé un crédit de 2 millions de florins pour ceux qui, ruinés par la guerre, sont forcés de rester en Hollande. * * * Prétoria, 20 décembre : Le capitaine Fourie, un des chefs de l'insurrection, a été condamné à mort par le Conseil de guerre et fusillé. Son frère, le lieutenant Fourie, condamné également à mort, a vu la sentence commuée en un empri onnement de 5 ans. Conroy, le dernier chef rebelle de l'Etat libre d'Orange, a été fait prisonnier. * * * Le Caire, 20 décembre : Le nouveau Sultan a fait aujourd'hui son entrée solennelle au Palais, au milieu des acclamations d'une foule immense. Il a envové un chaleureux télégramme de remercîmeiît au roi d'Angleterre : il s'y déclare heureux de pouvoir compter sur l'appui du Roi et sur l'aide du gouvernement anglais pour l'accomplissement de sa tâche. * * * Berlin, 20 décembre : Les troupes turques qui ont défait les Russes près de Saraï sur la frontière turco-persane se sont avancées victorieusement vers Kotur et ont déjà occupé quelques hauteurs devant cette ville. . * * * Le Caire, 20 décembre : Les troupes turques ont quitté la. péninsule du Sinaï il y a quinze jours et ne sont pas revenues. Le canal de Suez est mis en état de défense depuis Port-Saïd jusqu'à Suez. *** Amsterdam, 20 décembre : On mande de Scarborough au « Lloyd » qu'hier plusieurs _ navires anglais se sont occupés de rechercher des mines dans la mer, dans un rayon de 5 milles au sud-est de Scarborough. Un navire a touché une mine et a sombré : un seul nomme de son équipage a pu être sauvé. On dit que deux autres navires ont été détruits par des mines. u * * Paris, 20 décembre : Un biplan français est tombé au milieu des bâtiments de l'Abattoir de la Villette. Les aviateurs qui le montaient, le major de Stouche et le lieutenant Brugère, fils de l'ancien généralissime, étaient morts quand on les a retirés des débris de l'appareil; leurs cadavres étaient calcinés. * * * Londres, 20 décembre : Du communiqué hebdomadaire de la marine anglaise sur les opérations navales nous extrayons le passage suivant : « Le Dresden », qui avait pu s'échapper pendant la bataille des îles Falkland, est parvenu à atteindre Punta-Arenas ; il a repris la mer après avoir char-bonné. » Punta-Arenas est un port du Chili, dans le détroit de Magellan.

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Dit item is een uitgave in de reeks La Belgique: journal publié pendant l'occupation sous la censure ennemie behorende tot de categorie Gecensureerde pers. Uitgegeven in Bruxelles van 1914 tot 1918.

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