La dernière heure

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13 december 1918
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s.n. 1918, 13 December. La dernière heure. Geraadpleegd op 29 maart 2020, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/s17sn0201t/
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r "N BUREAUX 9, RUE ST-PIERRE, BRUXELLES Ouverts de 9 à 5 h. Les jours fériés de 9 à midi. Les annonces et réclames sont reçues aux bureaux du journal et à l'Agence Havas, 8, place des Martj'rï(lerétage), ^Bruxelles. La Dernière Heure et La Petite Feuille 2"" Ed. MATIN ★ -Ar PRIX DE8 ABONNEMENTS! Oéoembro 1918 à 30 Juin 1919 Abonnés nouveaux fr. 14.00 Abonnés de 1914 10.00 (annuels «t semestriels) (La différence do 4 francs constitue la ristourne faite aux anciens abonnés pour les dédommager de l'Interruption du service en 1914.) Déoembre 1918 à 31 mars 1918 Abonnés anoiens ou nouv. 1.60 Les personnes qui souscriront seulement un abonnement à partir du 1" janvier proohain auront à payer: Pour trois mois fr. 6.50 Pour six mois 12.00 i—— , N® 19 TREIZIÈME ANNÉE VENDREDI 13 DÉCEMBRE 1918 10 CENTIMES QUELQUES NOTES D'HISTOIRE LE RÉVEIL DU SIONISME Nous i rnmes décidément entrés dans une période de genèse, de gestation et de refonte ethnographiques. Les vieilles nationalités s'efiritent, il en surgit de nouvelles, et l'alambic politique est partout en pleine ébullition. Dans de pareilles conditions, le réveil du sionisme ne pouvait se faire attendre : il se manifeste par l'apparition de publications nouvelles et par une sourde agitation qui se propage dans le monde israélite tout entier. Les rudes secousses de la guerre avaient fait oublier, à peu près complètemênt, la doctrine sioniste. Aussi, n'est-il peut-être pas inutile de rappeler qu'elle vise « l'établissement d'un Etat autonome, officiellement reconnu, situé en Palestine, et constituant, pour le peuple juif, un domicile garanti par le droit public ». Cette idée de restauration d'une patrie juive n'est pas récente; elle fait partie *%v^£scroyances religieuses et a été annon-c éertiri*i.es prophètes d'Israël. Le souhait traditioifficrtuS^îf pratiquant: « l'an prochain, JérusaleîrKjLen u"e trace. Mais sous sa fonne con8i*9^®BÉ^st. de date relativement, fraîche. les vrais fidèles s'étaient habitue^^j® considérer la Jérusalem promise que^ comme un pur symbole de l'avènement de. ia justice çt de la bonté parmi les hommes. Ce fut^l'explosion de l'antisémitisme slave, vers 1882, avec ses persécutions et ses horreurs, qui changea la notion religieuse en notion pratique. Dès lors, de timides essais d'émigration et d'organisation se produisirent; en 1892, le baron de Hirsch, rompant avec la tradition palestinienne, fonda un embryon de colonie juive en Argentine; mais malgré l'extension de l'antisémitisme, ces tentatives ne se coordonnèrent pas avant la publication, en 189G, d'un livre célèbre « Der Judenstaat (l'Etat juif), par le Dr Herzl, que l'on peut considérer comme le véritable fondateur du sionisme tel qu'il est entendu actuellement. Herzl eut pour collaborateur primordial le fameux Max Nordau, le critique acerbe du monde latin, qu'il dépeignit à sa manière dans un livre dont on s'occupa trop à l'époque ■ <r Dégénérescence » (« Entar-tung »). Ce fut dans un premier congrès tenu à Bâle, où se rencontrèrent des délégués venus de tous les points du globe, même de Mandchourie, que fut établie l'association sioniste. Elle travailla sans relâche, tant d'une façon occulte que par la voie de toute espèce de publicité, à la réalisation de son programme simpliste. Il y. a une quinzaine d'années, un des propagandistes les plus actifs de l'idée, E. Kronberger, put publier une enquête (« Sionistes et Chrétiens »), où il énu-mérait les importantes sympathies que le Sionisme avait su acquérir. On y voit une curieuse lettre de lord Salisbury, alors chef du Cabinet britannique: « La réalisation de la doctrine sioniste, écrit-il, ay nt pour but la résurrection de l'aii-tique Sion, dépend des juifs eux-mêmes. Si 40 0/0 seulement d'entre eux luttaient , sérieusement pour cette cause,'elle serait : gagnée. Il est certain que le Sultan ne s'opposerait pas à ce que les juifs forment, en Palestine, un Etat autonome, qui lui rapporterait cent fois plus de profits que 13, Crète et l'Arménie, dont il a eu tant d'ennuis. » il est à remarquer, en passant, que l'Angleterre est restée, de toute l'Europe, le seul pays où l'antisémitisme n'ait jeté aucune racine quelque peu profonde. Or, présentement, l'Angleterre tient la Palestine, et le Sultan n'y a plus rien à voir. Aussi, la dépêche de Constantinople, lancée ces jours-ci, n'a-t-elle pu étonner Î)ersonne parmi ceux qui, connaissant es sionistes, les avaient même, dans le gros orage des batailles, perdus de vue. Voici cette dépêohe dans sa simplicité: « Un gouvernement sioniste est constitué en Palestine. M. Brandès en est le chef. Ses membres sont: MM. Max Nordau, Zangwill, Goldschmidt, Sokolovv, Albert de Rothschild, Mandelstam, Op-penheim et Omowsky. » Pour en arriver là, les sionistes ne. s'étaient pas gardés inactifs pendant la guerre. Leur sommeil n'était qu'apparent. Ils possédaient, d'ailleurs, une banque à Londres, la « Jewish Colonial Bank », suffisamment riche pour subvenir à tous les frais de propagande. Le 2 novembre 1917, ils publiaient "une lettre de M. Balfour à lord Rothschild, datée du ministère des Affaires étrangères de Londres, et dans laquelle il est écrit: « Ce m'est un grand plaisir de vous communiquer, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration de sympathie qui suit pour les aspirations sionistes, que le Cabinet a examinées et approuvées. Le Gouvernement de Sa 3 7a-jesté v< rrait avec plaisir la création d'un foyer national en Palestine poivr le peuple juif, et fera les plus grands efforts pour faciliter l'obtention de ce résultat; il est en même temps bien entendu que rien ne sera fait qui porte atteinte poit aux .droits civils et religieux des communautés non juives existant en Palestine, soit aux droits et à la situation des Juifs -dans quelque autre pays que ce soit. Je vous prie de porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste. » Le gouvernement britannique alla plus loin: il donna son appui à une commission qui se rendit en Palestine pour y étudier les voies et moyens disponibles ët fonder une université hébraïque, dont les bases furent posées, le 24 juillet dernier.Ces faits eussent, assurément, eu plus de retentissement, si à cette époque les regards du monde n'eussent pas été tous fixés sur un point de la carte de France, où se décidait le sort commun de l'Humanité.Cette institution d'une université hébraïque a été explicitement approuvée par le président Wilson, dans une lettre du 31 août, dans laquelle il déclare que « tous les Américains seront profondément émus par la nouvelle que la Commission britannique a été à même, en ces temps urgents, d'accomplir une telle œuvre. » Voilà donc dans quelles conditions les juifs sionistes, excipant du droit des peuples de disposer d'eux-mêmes, s'apprêtent à se présenter devant le Congrès de la Paix et la future Société des Nations. Ils réclament la constitution de la Palestine comme patrie du peuple juif ; i mancipation civile entière et réelle pour les Juifs de tous les pays; l'autonomie dans les domaines intellectuel, politique et social, pour la population israélite des contrées où les Juifs habitent en masse. Au moment même où de nouveaux po- 1 groms viennent d'éclater en Pologne, à : Lemberg et dans d'autres villes galiciennes, on ne saurait dénier l'actualité à 3 ces réclamations. Mais il ne peut s'Lgir ici de commenter en aucune manière; ^ on n'y a voulu que rassembler quelques notes d'histoire qui se perdaient dans la j grande tourmente des dernières années. MuupB. ] NOUS DEVONS FELICITER MONSIEUR WOESTE... Avec lui on sait à quoi s'en tenir Des deux méthodes cléricales la plus juste nous paraît la meilleure fl Donc M. Woeste a fait des réser-p.|. » ves au sujet de l'Adresse. Il L/rll veut le vote des femmes, il a toujours confiance dans la 'or-ce des traités, il ne veut pas de la liberté d'association. Joli programme. Quel culot! uisent les uns. Quel scandale! s'exclament les autres. Quelle gaixe ! gémissent « in petto » quelques profonds politiques. Nous, nous félicitons M. Woeste. il a de la franchise. Il a dit tout haut, ce que pensent, sans oser ouvrir la bouche, bon nombre de ses amis politiques. Et puis, il a jeté quelque variété dans le concert un peu monotone, nous allions dire soporifique, des délicieuses cigales de l'Union sacrée. Certes, l'unité, l'harmonie sont belles à contempler, mais elles le sont d'autant plus qu'elles so*.t rares, et, comme le dirait le philosophe Tiberghien, il faut avoir de la variété. Onèn manque un peu dans le ronron 1 patriotiqft^ du moment. Ce n'est, certes^Si-âinmîrdôs discussions byzantines qui nous faitp^iê^jin-si. Mais il est malsain, pour un pays et pour un gouvernement, de manquer r Apposition déclarée. Il y a toujours des mécontents et mieux vaut cent fois qu'ils expriment leur mécontentement. Sinon, il couve une fermentation lente, une sorte de maladie de langueur de l'opinion qui se traduit, à un moment donné, par une explosion d'autant plus grave que tout le monde nageait dans la béatitude. De telles illusions peuvent aussi mener un gouvernement à abuser de sa ] uis-sance, à trop s'admirer, et à se croire tout permis. Alors c'est la culbute sans phrases. Enfin, que deviendraient les Belges s'il n'y avait plus de « rouspéteurs »? Heureusement, donc, il y a à droite une opposition* M. Woeste en est le général...., le général des « rouspéteurs », si l'on peut dire. Sans doute verrons-nous bientôt, apparaître son état-major; s'il n'est pas, très brillant, il sera, en tout cas, de forte taille; mais n'anticipons pas sur lea événements. La méthode de ce corps d'armée est un peu celJe des curés de campagne, dont la langue bien pendue et l'invective directe sont préférables aux patilinades et à la bouche en cœur des abbés de salon. Dans les temps difficiles pour la sainte cause, on fait donner les politiques et les forts en gueule passent à la réserve. La « Libre Belgique », chaussée d'escarpins vernis, prend la succession du « Patriote », qui avait de trop gros sabots. Le tour est habile et fait pour les nigauds.M. Woeste vient de mettre les pieds dan& un plat bien garni, et de montrer que le vieux parti clérical est toujours debout, prêt à livrer bataille au progrès et à la liberté, prêt à les étrangler au premier tournant du chemin, si les « habiles » de la deuxième méthode parviennent à les lui livrer sans défense. Félicitations et merci à M. Woeste ! A LA CHAMBRE HOLLANDAISE LA QUESTION GUILLAUME II LE PASSAGE DES TROUPES ALLEMANDES PAS D'ANNEXION SANS GUERRE La Haye, 11 décembre. — A la Chambre, le ministre de l'Intérieur déclare que le gouvernement aurait préféré oue l'ex-kaiser n'eût pas chpisi les Pays-Bas comme lieu de refuge. Toute demande éventuelle d'extradition sera examinée en tenant compte des lois et traités. Il ne sera pas toléré que l'ex-kaiser exerce une influence quelconque en Hollande. Le ministre ajoute que le gouvernement avait le droit de refuser le passage aux troupes allemandes ce qui, cependant, aurait été contraire aux intérêts de la Belgique, tandis que l'internement et la libération immédiate n'auraient été qu'une démonstration apparente. Le temps de consulter les alliés fit défaut. M. Marchant déclare qu'il considère les déclarations du gouvernement, au sujet du passage des troupes allemandes et du séjour de l'ex-empereur, comme satisfaisantes. A son avis, le gouvernement n'aurait pas pu agir autrement qu'il l'a fait. L'orateur est convaincu que l'annexion d'une partie de notre pays ne pourrait jamais avoir lieu qu'après une nouvelle guerre. M. Van Ravesteyn (socialiste révolutionnaire) proteste contre les paroles de M. Marchant et dit que même l'annexion de notre pays ne devrait pas être cause d'une guerre. M. Van Groenendael (catholique) dit: Toutes les assertions, concernant mes prétendus efforts en vue de favoriser des projets d'annexion par la Belgique, sont inexactes. M. Schaper (socialiste) déclare que l'attitude du gouvernement, en ce qui concerne la question du passage des troupes allemandes et du séjour de l'ex-kaiser, ne mérite aucun blâme. — Reu-ter.LES ÉLECTIONS ANGLAISES Londres, 12 décembre. — Voici les résul-ats actuellement connus des élections eé-îérales en Grande-Bretagne et en Irlande. Elus sans latte: 107; à élire: 600 députés; îombre de candidats: 1,518. Le vote aura lieu le samedi 14 décembre [ans les oSi localités où des adversaires ont en présence. Les résultats seront proclamés le samedi 8 décembre. Des mesures ont été prises pour que tous os soldats puissent prendre part au vote. OU NOS SOLDATS ONT SOUFFERT LUTTÉ ET VAINCU " Jamais vous ne ferez assez connaître au pays ce que nous devons à nos soldats „ (Parole d'un officier du G. Q. G.) (De notre envoyé spécial) En panne... à La Panne Nous nous proposions de voir Dixmude ce matin, mais l'homme propose et l'auto dispose. A Fumes, la panne traditionnelle survient et tandis que notre chauffeur s'es-crime à réparer, nous parcourons à pied la vieille cité: un obus est tombé sur la tour de Saint-Nicolas; le perron de l'Hôtel de ville et les habitations voisines ont été atteintes; partout des fenêtres éborgnées et des murs crevassés dans le quartier de Sainte-Walburge. De nombreuses vieilles maisons flamandes ont perdu leurs dentelles.Nous revenons à, l'auto dans l'espoir de continuer la randonnée. C'est en vain. Force nous est de rebrousser chemin vers La Panne et d'y passer la lin de journée. Les moyens ue transport sont tellement rares qu'il faudra attendre de Bruxelles une voiture de secours. C'est donc la panne totale à. la Panne, nom prédestiné semble-t-il, à ce genre d'incidents. Un soleil rayonne et la plage est souriante de clarté: c'est une invitation à la promenade. Sur le sable, des pêcheurs replient lours filets, tandis qu'au loin, par delà l'é- douloureuse; cette cruelle méthode, employée pour la première fois par l'ennemi, provoqua les plus horribles hécatombes de la guerre. Les prisonniers Tandis qu'un des officiers qui nous accompagnent expose ainsi ce procédé barbare, nous croisons des prisonniers teutons qui se rendent au travail. Ils ont bonne mine et n'était la souffrance morale de l'exil, ils seraient ici parfaitement heureux, plus heureux sans doute qu'en Germanie. Leur solde est minime —r 5 centimes par jour — maie ils sont nourris comme nos « jass », c'est-à-dire comme jamais ils ne l'ont été dans les rangs allemands.En rentrant à la Panne, nous avons le plaisir de joindre M. Omer Coppens, lè père de notre « As », h qui nous demandons des nouvelles de son glorieux fils: — Il va relativement bien, nous dit-il; il a supporté avec courage l'amputation de la jambe et ses nuits sont bonnes. Un pen de fièvre parfois... Vers Dixmude Après la journée de panne à La Panne, L'observatoire allemand à Dixmucte cume des vagues, notre regard, heureusement étonné, comme après les longues absences, retrouve des steamers bondissant à l'horizon. Des infirmières, alertes et coquettes dans leur complet bleu et sous leur voile blanc, ont l'air d'être évadées d un rêve de Prince Charmaut. Elles sont en récréation; car l'hôpital est proche où plusieurs milliers de blessés attendent la convalescence, C'est un long baraquement gris, longeant ln dune: le docteur Depage qui l a installé et dirigé avec un dévouement admirable. l'a baptisé « l'Océan ». D'autres lazarets du même nom ont été établis à Vinc-kem et dans les environs. Une église en bois domine les sables. Dans l'alentour, des éclo-pés, des amputés et des béquillards prennent du repos. L'un d'eux, un manchot, serre dans son bra6 valide un enfant estropié. C'est le geste sans ostentation d'un sacrifié compatissant. Nous interrogeons des officiers; tous nous expriment leur admiration respectueuse pour les « jass »; tous nous répètent ce que nous avait dit, au cours d'un remarquable exposé de la grande guerre, le major Salmon, du grand quartier-général: « Jamais vous ne forez assez connaître au pays, ce que nous devons à nos soldats, quelle abnégation fut la leur et quelles heures tragiques ils vécurent, pleins d'un héroïsme incomparable ». Sur des tombes Sous l'impression de cette reconnaissance émue, avec laquelle les chefs parlent de leurs hommes, nous gagnons le cimetière de Duinhookje, ce reliquaire de la vaillance où plusieurs milliers de nos braves dorment, en rangs serrés, leur dernier sommeil. C'est un coin pieux, entouré de verdure et de sablons où s'alignent des croix noires aux lettres blanches. Ces tertres re- § résentent combien de misères, combien 'orphelins, combien de veuves, combien de parents éplorés, combien d'amantes aux bras vides. Nous déposons respectueusement une souronno de perles que barre un ruban tricolore avec cette inscription : c Aux soldats belges, morts pour la patrie : hommage de la presse bruxelloise ». Nous poursuivons notre route vers Adin-kerke, ou s'étend un champ de repos, plus vaste encore que le précédent: plus de trois mille des nôtres y sont couchés au cer-cueil.Au cimetière civil, qui est contigii, parmi des herbes et des mousses, dans un coin obscur et perdu, entouré seulement de quatre petites couronnes que la végétation a envahies, une pierre tombale, épaisse et plate, porte un simple nom en lettres d'or ternies: Emile Verhaeren. Le prénom est deviné; les lettres en sont presque effacées par les pluies. A la suite du stupide accident qui lui fracassa lo crâne sous les roues d'un wagon, c'est là, dans la terre grasse du pays qu'il exalta si magnifiquement, que le poète de la « Multiple splendeur » et de « Toute la Flandre » a été inhumé comme il a vécu, modestement. C'est de là que ses restes furent transportés, il y a quelques mois, par crainte d'un bombardement, à Wulverin^hem, près de la ferme qu'il avait habitée au cours de la guerre. Nous nous inclinons, émus, devant cette tombe d'une de nos plus pures gloires nationales, d'une dos plus hautes incarnations de la pensée. Les gaz Sur le chemin du retour, la conversation vagabonde au fil des circonstances. Nos guides, les commandants Leduc et Van Truyn, et notre confrère Henrion, directeur du service de presse au grand-quartier général, nous donnent mille détails occasionnels. Ils nous disent combien nos bravas eurent à souffrir des gaz asphyxiants, vésicants, lacrymogènes ou 6ternutatoires. Le pbogène surtout était effroyable. Des obus éclataient, remplis de liquide. Celui-ci, au contact de l'air, se transformait en gaz qui corrodait la chair aux aines, aux aisselles, aux mains, au cou, à la figure. Il importait de se masquer rapidement nour echapper au premier danger. Mais le liquide avait des effets ultérieurs: projeté sur des nappes d'eau ou sur la terre, il contenait encore un principe nocif rémanant à telle enseigne quo bien des heures après ce bombardement au poison, les soldats qui poignaient de la terre du barbotaient dans l'eau, étaient encore brûlés. La chair tuméfiée empêchait la respiration cutanée et les malheureux mouraient, asphyxiés. Souvent aussi c'était la bronoho-pneujnoiiie fatale, en une agonie { nous filons vers Dixmude, par les routes qui sillonnent le Veurn-Ambacht. Dos recrues des,dernières lovées sont exercées par des oïficiers belges portant l'ancien uniforme galonné. Ces iptructeurs viennent de rentrer d'Allemagne, après un long internement. Ils prennent maintenant leur repos dans les cantonnements nombreux établis aux abords des chemins. Nous dépassons, à Vincken, l'immense hôpital en planches « L'Océan », ce pendant que notre guide nous indique, à droite, dans les Moeres, la ferme que nos souverains habitèrent durant un an, depuis août 1917. Les baraquements d'Alveringhen ont reçu quelques boulots et l'église de cette commune a été écorchée. A Forthom, parmi des cambuses, se dresse un des cinq ou six théâtres de fortune que la reine a fait ériger à l'intention de nos soldats. La zone d'action reparaît bientôt; elle se révèle par les tranchées de cinquième ligne établies là en prévision d'un recul toujours possible et aussi par les camouflages de rafia qui bordent la route pour la dérober aux regards ennemis. Après Lampernisse, que le bombardement a démoli, nous apercevons, près des maisons délabrées qui survivent a Oost-kerke, les camps de l'artillerie bel«e où serpentent encore les voies Decauville qui servaient au transport des munitions. A la gure, nous traversons le chemin de fer de Dixmude à Ypres, où roule, lentement, un train chargé de voyageurs jusque sur les toits des wagons. —La ligne ost à peine remise en état et la locomotive qui met un panache de fumée dans ce désert, n'avance que timidement. En la voyant, nous nous expliquons aisément comment on met 85 à 40 heures pour aller, par fer, de Bruges à Bruxelles, et nou6 comprenons les longues attentes de ces gens qui se postent aux carrefours pour supplier qu'on les prenne à bord des au- 1 tos. Dès Caeskerke, les routes effondrées, , toutes parsorrï&es de fondrières, ont été rendues praticables, depuis l'armistice, au moyen de planchers de baliveaux; elles se déroulent dans un morne désert, fait de roseaux, d'entonnoirs, de lagunes et de gluant argile. Au loin, semblable à quelque château d'eau, apparaît, étançonné de décombres, l'observatoire allemand de Dixmude.Au long de la route bourbeuse, qui -s'amincit pour franchir le nouveau pont de l'Yser, des boyaux serpentent, menant aux tranchées qui bordent le fleuve. A gauche, la tranchée de l'épi, à droite celle de la gerbe. Puis, quelques centaines de mètres au delà, dans la digue même, les retranchements des nôtres. C'est le fameux « boyau do la mort », ainsi appelé parce que l'ennemi qui se trouve sur l'autre rive et occupe une minoterie surélevée parvient, grâce à une sinuosité favorable du cours d?eau, à diriger un tir d'enfilade sur cette malheureuse position. Lea adversaires se trouvaient ici à dix-sept mètres les uns des autres, séparés seulement par la nappe de l'Yser. Beaucoup des nôtres ont été fauchés là par la mitraille continuelle; chaque jour d'autres les remplaçaient, fermes devant la mort: car il importait de barrer le passage du fleuve. Ln face, sur l'autre rive, les casemates bétonnées de l'ennemi, d'où partaient les grenades, presque à bout portant. Un coup de main Imagine-t-on que nos patrouilleurs, franchissant le fleuve la nuit, en barque, parvenaient, sous la protection de notre artillerie, à passer entre les redoutes allemandes, s'avançaient juvqu'à des centaines de mètres plus avant, en jetant des passerelles sur les gracbten, et y faisaient des prisonniers ? C'était là ce que le-? communiqués officiels appelaient des « coups de mains ». Pour nous, lecteurs profanes, le bulletin annonçant que les Belges avaient fait cinq, 6ix ou sept prisonniers faisait sourire amèrement. Cela semblait une dérision. Il faut avoir vu pour comprendre de quel héroïsme, de quelle témérité étaient faits ces exploits.De telles prouesses n'étaient pas, comme on pourrait le supposer, une manière de défi ou quelque cacade de hurluberlus: elles avaient pour but do reconnaître les unités en présence, en faisant des prisonniers.Détail digne de remarque: jamais hommes et officiers en patrouille ne se lâchaient; les survivants remportaient les çiorts ayeo H, AURONS-NOUS ENFIN A BON COMPTE DU BON BEURRE ET DU LAIT COMPLET? La ligue des marchands et producteurs de beurre du Brabant a tenu, jeudi, à 2 heures, une assemblée générale, au cours de laquelle ■Ue a examiné la question du ravitaillement en beurre du Grand-Bruxelles. M. Meyfroldt, président, fait l'historique de la situation de la ligue. Il rappelle que 460 membres se sont entendus avec le Comité National et les Magasins communaux, pour faire respecter les prix maxima fixés.L'Un^on du Brabant a livré, en 1916, 400,000 kilos de beurre, vendu au moins 5 francs moins cher qu'ailleurs. En 1917, on a vendu 1,400,000 kilos de beurre à 15 franos do moins. En 1918, on a réparti, dans le Brabant, environ 1,500,000 kilos de beurre à 25 francs de moins. De ce fait, la population du Brabant a économisé une somme globale de 60,000,000 de francs. Le commerce libre a fait augmenter les prix considérablement. Ceux qui n'étaient pas membres de notre Union étaient des fraudeurs ou des trafiquants avec l'ennemi. (Appl.) Nous avons été corrects, honnêtes pendant la guerre. A l'heure actuelle, notre situation est pénible. Notre commerce est passé aux trafiquants et aucun de nous n'est à même d'acheter du beurre directement au producteur. Pendant la guerre, nous avons touché 450 francs d'indemnité par an, ce qui n'est même pas l'allocation d'un chômeur. Le beurre vendu maintenant est additionné de 45 o/o d'eau et donne jusqu'à 5 francs de bénéfice par kilo aux trafiquants. Pendant la guerre, nous avons reçu des producteurs 7 o/o de beurre falsifié; nous ne l'avons livré qu'après inspection officielle, après l'avoir rendu normal, tandis que les courtiers marrons ont vendu, d'après les rapports officiels de la ville, 96 o/o de beurre falsifié de 50 à 70 o/o d'eau. Avant de demander protection au gouvernement, nous devons nous-mêmes continuer à être corrects. Nous réclamerons ensuite: 1) la suppression du beurre à l'eau; 2) l'interdiction de commercer pour ceux qui ne sont pas patentés d'avant 1914 ; 3) l'inspection renforcée chez les producteurs et les vendeurs; 4) la marque de contrôle du producteur. comme en Hollande. Entretemps, le ministre de l'Alimentation nous a promis de faciliter l'arrivage du beurre, du lait et des œufs de l'étranger. Il faut que nous arrivions à faire tomber les prix de l'accaparement. LE LAIT Quant au lait, sa hausse actuelle est due au paysan, qui n'a pour cœur, qu'un louis d'or et qui, depi is 1 armistice, a augmenté son produit de 25 centimes par litre. Belle façon d'accueillir nos vaillants soldats! Les acheteurs qui ont accepté sont des complices.Tandis que nous nous contentons d'un bénéfice de 5 centimes par litre, certaines grandes laiteries — dont plusieurs, qui continuent à jouir de privilèges, ont été les fournisseurs de l'Allemagne — prennent 40 et 50 centimes. Nous demanderons à être l'organisme officiel des communes et à être sévèrement contrôlés pnr elles. Nous devrions avoir le lait à 50 centimes au plus, comme à Paris. Formons Une coopérative. J'ai 30,000 litres de lait qui me sont garantis par jour, nous le vendrons en nous contentant d'un bénéfice minime et noue tuerons l'accaparement. Le lait écrémé doit disparaître; il ne doit plus y avoir que du lait complet. Il importe de rester honnêtes. Comme par le passé, nous continuerons à rayer de notre ligue ceux qui ont subi des condamnations. C'est à votre loyauté et à votre cœur quo je m'adresse, pour sauver la classe moyenne, qui a tant souffert, et surtout les enfants et les malades, qui sont exploités honteusement., scandaleusement, à l'heure actuelle. » L'as3emblée, nombreuse, a ratifié, par des applaudissements unanimes, cet intéressant exposé de la situation. La population bruxelloise, faut-il le dire, ...boira du lait, si, dans un avenir très pro-o)»e. elle voit oaottro fin -à. tous les abus dè trafiquants sans vergogne. LA COMMISSION D'ADRESSE DU SÉNAT La Commission du Sénat chargée de rédiger l'Adresse en réponse au discours du trône s'est réunie, jeudi, sous la présidence du baron de Favereau. Elle a discuté très longuement le rapport de M. Braun, en ce qui concerne la question des langues; elle en réclame l'égalité absolue; elle estim,e que l'université actuelle de Gand doit être maintenue. Quelques membres ont fait certaines réserves en ce qui concerne le Suffrage universel, non pas au point de vue du principe, mais sur le point de savoir à quel moment on en fera la première application. Dans l'ensemble, le rapport a été adopté et ou pense qu'il ne donnera lieu à aucune discussion, mardi en séance publique. LE RETOUR DE NOS RÉFUGIÉS M. Veldekens, attaché au Cabinet du ministre de l'Intérieur, s'est rendu jeudi à Anvers, pour s'assurer des conditions dans lesquelles devra s'effectuer le retour de nos réfugiés de Hollande et d'Angleterre.C'est à partir du 15 de ce mois, que commencera l'exode des Pays-Bas vers la Belgique; nos compatriotes pourront réintégrer leurs foyers à raison de 1,500 à 2,000 par jour. Toutefois, la priorité du retour sera accordée aux enfants — ils sont quatre mille — qui avaient été confiés au Comité spécial établi en Hollande et dont les parents sont disséminés ! dans le pays. La tâche, étant données les difficultés du voyage et la pénurie des moyens de transport, ne sera, certes, pas aisée; mais toutes les mesures ont été prises pour que le rapatriement se fasse dans les meilleures conditions possibles.Mais les difficultés seront particulièrement grandes pour le retour de Grande-Bretagne, quoique déjà, depuis le 10 de ce mois, quelques retours se soient produits. D'abord, le port d'Ostende est inaccessible et il faudra revenir par Anvers; d'autre part, nos moyens de transports sont insuffisants. Nos malles n'ont pas assez de soute pour entreprendre un trajet de l'espèce. On compte surtout sur les « transports » qui rapatrient, en ce moment, les prisonniers anglais et qui, revenant à vide dans nos ports, pourront embarquer peu à peu nos compatriotes. EN TERRE ENNEMIE SENTINELLE ATTAQUÉE Liège, 12 décembre. — Près de St-Vith, un civil ayant tiré sur une sentinelle anglaise, la manqua; le soldat épaula et tua le civil. Un officier anglais, survenant, attaqua un second agresseur du soldat et 1 abattit. COMMUNIQUÉS OFFICIELS DU GRAND QUARTIER GÉNÉRAL COMMUNIQUE BELGE 12 décembre. — Notre infanterie garde le Rhin entre Urdingen et Sturzeberg. Notre cavalerie est en surveillance entre Oldenberg et Urdingen; des détachements de troupes occupent Mors, Cem-pen, Mullen. COMMUNIQUE AMERICAIN 9 décembre, soir. La troisième armée américaine, continuant son avance en Allemagne, a atteint aujourd'hui le Rhin, depuis Rolandseck jusqu'à Brohl ; à la tombée de la nuit, la ligne générale passait par Rolandseck, Brohl, Masse-nack, Munstexmaifeld et Rheinbollen. POUR CEUX QUE LES ALLEMANDS ONT SPOLIÉS M. Delacroix, ministre des finances, adresse à la presse la note suivante: Aux termes du paragraphe II du protocole de clôture des travaux de la Commission internationale d'armistice do Spa, qui a fixé les conditions d'exécution des clauses financières de l'armistioe, le gouvernement, allemand fournira inoessamment au gouvernement belge des relevés dûment certifiés faisant connaître, d'une part, tous les documents, espèces, valeurs mobilières ou fiduciaires ou objets d'art touohant aux intérêts publics et privés, qui ont été enlevés ou recueillis dane la partie envahie du payb, et, d'autre part, les lieux d'où les dits documents, espèces, valeurs ou objets d'art proviennent, les endroits où ils ee trouvent présentement, ainsi que tous renseignements Utiles pour leur restitution aux ayants-droit.En vue de permettre au gouvernement belge de vérifier l'exactitude des dite relevés et d'exeroer auprès du gouvernement allemand toutes revendications ultérieures, relativement aux valeurs enlevées ou recueillies par les Allemands, tous les intéressée, belges ou alliés, sont priés de faire connaître à la délégation financière belge, siégeant a la Banque Nationale de Belgique, le détail des valeurs dont ils réclament la restitution.A l'effet de- faoiliter l'examen et le classement des réclamations, celles-ci seront subdivisées en quatre catégories: .t. Dans les documents, les archives publiques ou privées et en particulier, celles des officiers publics et ministériels; les matrices et plans cadastraux; les rôles des contributions; les registres de comptabilité, ainsi que les modèles, dessins, plans, marchés, devis, eto., pris dans les administrations publiques, les établissements industriels ou commerciaux, ainsi que chez les particuliers. 2. Dans les espèces, les billets de banque et toutes valeurs monétaires prises, soit dans les oaiseos publiques, soit dans les caisses privées, y compris les avoirs des banques, les cautionnements imposés aux banques, sociétés ou particuliers, ainsi que les avoirs enlevés par les séquestres, appartenant à des sujets-' belges et des puissances alliées. 3. Dans les « valeurs mobilières », colles prises dans les services publics, dans les établissements privés ou ohez les particuliers, ainsi que celles trouvées eoit dans les tranchées, soit dans les habitations abandonnées, ou colles remises en cautionnement on à tout autre titre aux autorités allemandes. ( L expression « valeurs mobilières » doit s entendre des actions, obligations, bons de caisses, chèques, accréditifs, mandats de paiement, effets de commerce, et tous autres titres de crédit nominatifs ou au porteur, à l'exolusion des meubles, outils, vêtements, objets de ménage, marchandises, etc., dont la revondioation n'est pas du ressort de la Commission finanoière. 4. Dans les objets d'art, exclusivement les oeuvres ayant une valeur artistique caractérisée et pouvant être nettement déoritos et identifiées. Pour chacune des catégories ci-dessus, il , y a lieu de flaire une déclaration séparée, i Les déclarations, datées et signées, porte- j ront en tête l'indication de la catégorie de j valeurs qu'elles oonoernent: (I. Documents, i ~~ II. Espèoes. — III. Valeurs mobilières. — j IV. Objets d'art.), et mentionneront les ! nom, prénoms, profession et domicile des i déclarants. Elles seront adressées en franchie de oort à la Délégation financière bolço à la Commission internationale d'armistico, a la Ban-que Nationale de Belgique, rue du Bois-Sau-vace, à Bruxelles. Les intéressés sont instamment invités à formuler leurs réclamations avoo la plus grande précision possible, avant le 15 Janvier prochain; à cet effet, ils n'omettront aucun débail, aucun renseignement particulier aux objets leur enlevés et susceptibles d être admis comme éléments de preuve du dommage subi. Citons^ notamment: la date px<%rte ou tout au moins approximative I enlèvement^, le nom ou ln dô- | signation des autorités/ ou organismes qui j y ont procédé, une copie du récépissé oui aurait été délivré, la dénomination complète i des documents ou titres, leurs numéros, leur i échéance, leur valeur nominale et effective, i le montant exact des cautionnements con6ti- j tués ou des avoirs sequestrés, la description ' p.xaote de l'objet d'art et le nom de son auteur, la facture et le prix d'achat, des témoignages de tiers honorables, eto. Pour chaoue objet, titre ou document, la valeur que leur attribue le propriétaire 6era indiquée. ,■ Eïesures financières A la suite d'une conférence internationale qui s'est tenue à Spa et ou la Belgique était représentée par MM. Franqui, ministre d'Etat, Hautain, directeur de la Banque Nationale, van Cutsem, administrateur, directeur général de la Trésorerie, et Janssen, secrétaire de la Banque Nationale, le gouvernement allemand a pris l'engagement d effectuer la remise, entre les mains des représentants du gouvernement belge, du 10 au 31 décembre: lo des enoaisses de la Banque Nationale de Belgique et du département d'émission de la Société Générale; 2o des sommes enlevées dans les agenoes de la Banque Nationale et dans les banques privées; 3o des avoirs do la Banque Nationale représentant la oontre-partie de son porte fouillo d'effets, pour autant que les convention" de la Banque Nationale avec les banque.; allemandes ne comportait oas d'autres délais de préavis; 4o des cautionnements de" banques, sooiétés et, en général, de tous particuliers; 5* des fonds de provision moné- ! taire, sous réserve des observations du pou- j vemement allemand; 6' des avoirs enlevés par les séquestres appartenant à des sujets ! belges et des puissances alliées. En vertu du paragraphe 4 du protocole, ! les remboursements en espèces pourront 6'ef- ! fectuer provisoirement sur la base de 1 fr. 25 i par mark, mais le gouvernement belge s'est ; réservé le droit absolu d'exiger ultérieure- ! ment l'échange de ces marks oostro des francs belges oji des valeurs en or. Et, les rafimes réserves ont été formulées par la délégation belge pour tous les marks circulant dans le royaume. UN VILLAGE ANÉANTI Un des derniers méfaits des Allemands h consisté à faire exploser les trains de munitions qui se trouvaient dans la plupart des gare.3 du pa^s. Partout, les dégâts ont ete immenses, incalculables même. Dans cet ordre d'idées, M. Vilain, le nouveau député de Thuin, nous a signalé l'anéantissement d'un des jolis villages de 1,200 habi- ■ tants du pays de Charleroi: Jamioulx. L'avant-veille de l'armistice,nuitamment, f les Allemands ont fait sauter un train de munitions qui comportait également deux wagons de dynamite. v Fort heureusement, les brutes qui devaient accomplir ce criminel exploit-avaient, étant en état d'ivresse, raconté que, dans la nuit ils x-éservaient une surprise à la population; cellîvci, c'est le caa de le dire, ouvrit 1 œil et dès la première détonation, elle se réfugia dans les caves ; Bien lui en prit, car l'explosion des deux wagons de dynamite devait ébranler le sol avec une telle, puissance que toutes les maisons furent renversées; l'église, la maison communale, tout s'est effondré sous la terrible convulsion du sol comme un siifiple ohâteau de cartes. A l'endroit où explosa la dynamite, il s'est formé une excavation d'une profondeur fantastique; c'est un véritable cratère, mais un cratere immense, qui s'est ouvert en cet endroit. Les trois députés de l'arrondissement, MM. Victor Vilain, Berloz et Gendebien, ont été faire une enquête sur place en leur qualité de membres de la « Commission pour la protection des évacués ». Assisté de M. Dubail, président de la « Commission des abris provisoires », nous avons parcouru les ruines de ce qui fut une charmante bourgade, nous a dit M. Vilain, et la destruction est telle, elle est si générale et si complète, qu'il a fallu considérer la population au même titre que des évacués. Et M. Vilain ajoute que l'explosion a été si formidable que les carreaux et les glaoes des magasins de la ville de Thuin, qui se trouve pourtant à trois lieues de Jamioulx, ont été pulvérisés. ON DÉLOGE LES ALLEMANDS Malines, 13 décembre. — Dans un but de salubrité publique, l'administration communale vient d'entreprendre les travaux de translation du cimetière allemand situé sur leç boulevards extérieurs. Environ deux cents corps de soldats allemands, tombés à Malines, seront transportés au,'cimetière de la yille, LES EDILES SCHÂERBEEKOIS REÇOIVENT SOLENNELLEMENT ALBERT DEVÈZE ET CONGRATULENT LOUIS BERTRAND Jeudi après-midi, le Conseil communal de Schaerbeek s'est réuni en séance solennelle pour fêter deux de ses membres, Albert Devèze, retour du front, et Louis Bertrand, nommé récemment ministre d'Etat. L'affluence était considérable. Les pom»-piers faisaient la haie sur l'escalier donneur; des délégations des sociétés scliaer-beekoises emplissent la salle des pas-per* dus, tandis que dans la salle du Conseil les drapeaux des diverses phalanges et cercles d'agrément jettent leur note de fête. Les héros da la fête sont introduits pay MM. Fischer, Desruet, Van Camp et Adam Îui avaient été désignés pour les recevoir. ■e brillant député de Bruxelles es£ en tenue d'officier d'artillerie. Longue'ovation, tandis que résonne la Brabançonne, exécutée par lo Cercle Weber. DISCOURS DU BOURGMESTRE M. le bourgmestre Reyers, a/près avoir salué la délivrance de la patrie, souhait® la bienvenue et félicite Albert Devèze. Au moment où le conflit éclata, notre dis* tingué collègue siégeait, depuis deux ans, 4 la Chambre des Représentants. Fils et petit-fils d'oificier, il, partageait lea angoisses patriotiques des anciens militaires, dont, malneurc4ïsement, les c/ris d'alarme no sont pas parvenus à se faire; écouter. A maintes reprises, nous aimons a le rappeler, le déput^ Devèze éleiia la voix, te ur attirer l'attention du gouve/niement sur l'insuffisance notoire de la défense nationale. . On sentait que ses discours étaient inspirés par un ardent patriotisme. Vussi, la» guerre fut-elle à peine décljxréé, que le c épnté Deveze endossa 1 uniforme' du soldat. Incorporé ( au 5* régiment de ligne, il fut détochc» à l'état-major d/e la position fortifiée d Anvers et chargé de oonstituer la Commission des prises /maritimes, dont on lui confia la présidence; Cette commission étaiI. investie du contrôle et de la gestion de 39 : navires allemands et autrichiens saisis dan?i le port. Après la chute d'AnVers, il rejoint l'armée, en France, et nasse h l'artillerie. Son h.»-truotiçm se fit au d<frpôt d'artillerie de la 6e division d armée. . Nommé maréchal d/es logis en janvier 1S15, il est désigné pour /ia 1" batterie, sous Je» ordres du commandv.nt Van der Eycken (fila d un Schaerbeekois); Cette batterie était appelée a prendre portion dans le secteur ae Dixmude. Le 10 mars 191/j, il est nommé officie* auxiliaire. Pr^mu sous-lieu .tenant de réserve, Ae 10 septembre suivant, il passe, sur sa demande, le 2 décembre, }i l'artillerie de campagne de la 1" division; d'armée. H commande une section de la 6* batterie montée de 7,5. 1916, Se sous-lieutenant Devèze est oité a l'ordre du jour de la 1" division d'armée, pour <■ avi >ir commandé, pendant deux » mois, dans ls secteur de Steenstraete, la. ' section volanl e de son unité, mission par-» ticulièrement1 périlleuse, qu'il a accomplie" » avec un beavi courage et une réelle com-» pstence. » Le 18 décembre, il est nommé lieutenant. Au début de 1917, après avoir suivi, aveo grand succès, un cours à Onival, le lieutenant Devèze j )rend le commandement de la 6* batterie. En février ;i917, il est cité, avec la 6* batterie qu il coi ûmandait, à l'ordre du jour de la 1" brigad e d'artillerie « en raison de» » travaux accomplis par son unité dans des » circonstanc :es particulièrement difficiles. » Pendant 1/ ; repos de la division d'armée, en juin 1917j. il est attaché à l'état-major do «on rôfriaieiyt. Le 12 jui n, il est décoré de la Croix de guerre. En vue d<3. l'offensive projetée, le lieutenant Deveze est]iffeoté, sur sa demande, le 1" juillet, a la J 8* batterie, lors du retour de la division dTarmée dans le secteur de Dixmude. 1 endanO le mois de septembre, il passe, toujours i sur sa demande, à l'artillerie do tranchée fde la division, où il prend le com-mandemef nt de la 1" batterie de mortiers Van Deuy.'en. . Le 16 q çtobre 1917, il est cité à l'ordre du jour de la 1" brigade d'artillerie, avec lo groupe d, artillerie de tranchée de la 1" division d ajrmée, groupe dont il avaft exercé le comman dement pendant la lutte de tranchée, longue 13t violente, du 15 octobre, qui se termina victorieusement. Détaç hé, le 28 avril 1918, pour être adjoint au maj.or Van Deuren, commandant technique dq l'artillerie de tranchée, le lieutenant Devèze prend le commandement, en juillet, de la, 1" batterie lourde de mortiers, en formartion. Cetf e batterie arrive au front au début de 1 o ffensive générale. Dai is la guerre de mouveiaent qui s'an-nonç/ait, 1 artillerie de tranchée allait forcé-menl, rester inactive. Au ssi, le lieutenant Devèze, qui n'aime paa de r ester les bras croisés dans ces moments décisifs, sollicite son retour à l'artillerie de ca.rr) pagne de la 1" division d'armée. Chtte demande lui fut accordée et, le jour ou J armistice fut conclu, il commandait, prèa de 'Gand. la 3' batterie d'obusiers légers du 7* ■rérïiment d'artillerie. M'oilà. à grands traits, mon cher Devèze, vof ; brillants états de service. Vous avez lo droit d'en être fier. Vous avez fait noblement, bravement, votre devoir. Vous ave* bi/3n mérité de la patrie. (Longs applaud.) ■ M. le bourgmestre retrace ensuite la carrière admirable de Louis Bertrand, simple ouvrier devenu ministre d'Etat. Il rappelle la voie qu'il a suivie dans la politique. Son travail énorme comme polémiste, les nom-bireux ouvrages qu'il a écrits, souligne que, diapuis vingt-trois ans, il siège au Conseil cpmmunal, signale son activité surprenante. Le bourgmestre a la conviction d'être J'interprète de la population schaerbee-Jcoise en faisant part à Louis Bertrand de j-otite son admiration et de sa vive sympathie. (Vifs applaudissements.) M. le bourgmestre annonce alors que le nom de Philippe Baucq, fusillé par les Allemands, sera donné à l'une des places publiques de Schaerbeek et qu'une plaquo Commémorâtive sera apposée sur la maison où naquit. Paul Deschanel, né, comme oa sait, au 182 de la rue de Brabant. AU TOUR DES COLLEGUES M. Foucart, libéral, parlant au nom de ses amis politiques, s'associe à, ces « éloquentes félicitations ». Ce qui doit être souligné, dit-il, c'est le symbole que constitue la réunion, en uno nie™e cérémonie, do deux hommes d'origines différentes et d'aspirations communes, qui travaillent parallèlement, sinon toujours ensemble, à l'amélioration de la société de de-main, qui sera bâtie sur le Travail, la Jush tice, lo Droit, le Progrès. Après avoir, très heureusement développé ce thème, M. Foucart poursuit ainsi : Messieurs, il ne m'appartient pas, n'étant p.as de son parti, de porter un jugement spr les actes politiques du ministre d'Etat Louis Bertrand. Mais je puis affirmer que, pour l'immense majorité des libéraux, le député Albert Do v»«ze est l'incarnation du parti libéral moderne : c'est, je crois, l'éloge le plus beau et 1® mieux mérité, du reste, que l'on puisse traire de notre éminent ami. En terminant, M. Foucart propose d'ao-. clamer le roi, en même temps que ses deux illustres concitoyens, Louis Bertrand et Albert Devèze, qui sont l'orgueil de « notrç cher Schaerbeek ». M. Dausy, au nom des socialistes, s'as* soeie aux hommages rendus à Bertrand et à Devèze. Ce dernier, fidèle au principe de la nation armée, a donné aux jeunes gens un noble exemple de vaillance. Vous ayez aussi couvert d'éloges mérités notre ami Bertrand. Rien ne pouvait noua être plus sensible que de voir un homme de notre classe rangé parmi les grands ci* toyens de notre pays. Lea noms d'Albert Devèze et de Loui® Bertrand doivent être inscrits au livre d'otï de la commune de Schaerbeek. M. Van Camp, de la droite, s'associe de tout cœur K l'hommage adresse par les deux gauches à MM. Devèze et Bertrand. (VOIR SUITE EN PAGE 2) L'EX'IMPÉRATRICE MALADE La Haye, 11 décembre. — Le «Vaderland* annonce que l'ex-impératrice d'Allemagne*, qui se trouve à Amerongen, est très sérieusement malade. Elle souffre d'une maladie; de cœur. L'ex-empereur est très inquiet. Il a demandé, télégraphiquement, un cin à iBerlin. — HftvaSf - — - -.r I4

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Dit item is een uitgave in de reeks La dernière heure behorende tot de categorie Liberale pers. Uitgegeven in Bruxelles van 1906 tot onbepaald.

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