La Flandre libérale

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30 december 1918
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s.n. 1918, 30 December. La Flandre libérale. Geraadpleegd op 10 december 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/599z030n1r/
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44' Aîné*. — Lundi 30 et Mardi 31 Déetibr* I9lt* PRIX i 10 OENTMIE8 49-50. ■ Lundi 30 et Mardi 31 Déeiïbrt 1918. LA FLANDRE LIBÉRALE ABONNEMENTS Momentanément 2 fr. 50 par mois ou 7 fr. 50 par trimestre Pour l'étranger le port en sus. 8ÉDACTI0R, ADH1NISTBAT10N ET 1HPRIMEËIB : QAND, iy RUE DU NOUVEAU BOIS ANNONCES Pot» le prix des annonces, s,adresser au bureau du journal, On traite & forfait. Despotisme et liberté La guerre de 19)4 a montré à la- foie u affaiblissement certain do la puissance c l'Allemagne, un admirable accroissent de la force matérielle et surtout morale c da France. Ces deux faite ont àa même cause. Ce qui a causé l'étonnante diminutio de la vigueur allemande, l'incapacité d *a diplomatie, de son gouvernement civi la faiblesse relative de ses armées, jus qu'à l'espèce d<- paralysie qui a frapp l'Allemagne et i'a laissée inerte à la m en de l'ennemi, c'est la. naturelle décadent uue produit la servitude. L'omnipotenc de la police, exerçant son empire sur toi tes les volontés, sur tous les esprits dt ▼ait à la longue.produire ce résultat. Le forces humaines né se développent, ne 6 maintiennent que par la liberté. Un discipline trop étroite finit par les ann liiler. En défendant. aux intelligence toute initiative, on les Condamne à la toi peur, à ia débilité. Imposer aux volor tés une obéissance éternelle, c'est produ re en eJiles une atrophie inévitable. E soumettant tout un peuple à œ régime d servilité universelle, on lui conserve le apparences de la force, mais on detru i chez lui toute énergie morale. Or. cett énergie est la condition de la vie. L'Allemagne était devenue une natio d'esclaves. Elle avait le. nombre, la disci pline, elle n'avait plus la force de pense librement, ni de vouloir, ni de va/incre, r de résister. Malgré le nombre d<- ses ca nons, de ses sous-marins, de ses régiment: elle était condamnée à la défaite. Elùe ']', seul i et s'est abandonnée) elle-même. En contrasta avec le tableau de cett décadence morale, voyez le spectacle qu'. donné au monde la France républicaine La France, après la convulsion de^lSI et l'instauration soudaine du sùffrag universel, auquel'elle n'était pas préparée a traverrsé sous l'Empire une période oir> liberté avait disparu, et avec elle sa fùéce Cette période a. été pour elle un tejiip d'affaiblissement général, dont la défait de 1870 a été Je résultat. Mais 1-e désastii même a eu pour effet de réveiller en eli lo.fond natif d'énergie de la race. Ce ré voil se manifesta par les efforts désespéré que 1<'S armées improvisées de GambetU firent pour résister à la Prusse triom phante et aussi par l"'établissement d'ui " évi-u dévvvcrr) tique <>t lil.-éml. Lf* lifecrti a motrnt là les fruits qu'elle donne riatu reîlement: un peuple instruit, éclaire voulant passionnément la liberté et i; grandeur du pays, prêt à y sacrifier se biens et sa vie. En un mot, un peuple ca pable de se battre héroïquement et vie toricusement. Cet héroïsme a été sutferbe, mais i n'est pas resté isolé. D'autres peuples li . bref. ont senti que la cause de la Frànc< éiait aujourd'hui la cause même de h liberté du monde. Ils sont von us se ran ffôr à côté d'elle, à côté de la nauvn petite Belgique ravageee, mais luttan' avec un courage désespéré contre l'en va n hisseur germanique L'Angleterre, puis e les Etats-Uni^ sont totrés dans la lutte, it Ni l'une, ni les autifes n'avaient des ar-e mois considérables. Les Allemands jugeaient leur force militaire digne d< mépris. A défaut d'ele, ils avaient une n force morale merveilleuse,' celle qui naii e (te ta liberté, celle qui!quand il le faut, i? crée des armées et akure la victoire. >_ Nous avons vit, dans i»s campagnes, ce? é armées britanniques, farciées de ci-.j toyens, créées par la anéreii-e et una-e nime vqloiîté de la na.lori anglaise, oti e cor::battaient, côte à cCle, des Anglais, des Ecossais, des Irlandais, des Canadiens. des Indiens, des ^ouveaux-Zélan-~ dais, des Africains, d$ Australiens. ' • Rien, sans doute, dans l'histoire du monde n'est plus merveilleusement beau que cet accord spontané da tant de peu-" pies indépendants unis da& le même dévouement à la mère-patrieIt à la liberté d" l'humanité. Rien, si ce t'est la noble initiative de l'Amérique républicaine, cette fédération de libres démocraties, 11 qui, voyant le militarisme allemand me. e naeer le droit et la liberté se lèvent .comme un seul homme, pour,accourir à leur défense, au-delà des me®. e Ainsi se trouvèrent en présknoe d'une part toutes les forces matérielles que a peut produire le despotisme, rçe l'autre toutes les puissanoes morales qu'engen-K dre la liberté. 1 On aurait pu dire d'avance : Ceci ~ tuera cela. ^ Ceci a tué cela. Cela devait ®re. Ce n'est certes pas un motif pour que Q les peuples libres renoncent à préparer, l à armer leur défense. L'exemple de l'Angleterre et des Etats-Unis montre] les ^ pertes énormes qu'entraîne la faute d'à voir négligé cette préparation. Qnè de millions d'hommes a coûtés cette négli" i j gence ! Que de milliards ces peuples ont | dû dépenser sais compter pour n entra j, I liaer l'effet des* économies excessivâi.et mal entendues qu'ils avaient cru P'J/'oir fâire impunément. Or, tous ces milliards ^ représentent les sommes nécessaires pour assuiet le bien-être, le progrèsjde ~ leurs populations. Xa vraie leçon qui se L dégage de la guerre et de son heureu>6 issue n'est donc pas une leçon de c\> L qu'on nppelle le "pacifisme.,", doctrirsl ; ■ «'voyance et de faiblesse-', qui^vsr-c. 1 pTé-v?xf,l;>d aimer la paix, tend seulement à en abandonner la défense et à assurer ' le triomphe de la force brutale. L'enseignement vrai qu'il faut puiser dans la 1 guerre est que seule la liberté fait les peuples forts, comme seule elle fait des hommes forts. C'est là une vérité univer-1selle et certaine, et il a fallu l'asservis-jsement de la pensée allemande et la fai-[ ; blesse qu'elle cause pour que ce " truisme " échappe à l'intelligence de tous les ^ jsavantissimes professeurs qui peuplent les | universités allemandes, et qui sont trop habitués à courber l'échiné sous le foueb du maître pour voir droit devant eux. Reprise du travail en Belgique Programme essentiel - Extensions On lit dans le ''Moniteur des intérêts matériels" : Pendant les longs mois d'occupation du pays et d'emprisonnement moral, on a eu le temps de faire' toutes 'les réflexions qu'amenaient le pillage et la destruction des usines belges, l'accaparement de la main-d'œuvre, la désorganisation du réseau des chemins de fer et tous autres moyens systématiquement employés pour paralyser 'a vie économique et ralentir plus tard la reprise du travail. Ceux qui se plaçaient dans l'hypothèse d'une paix boiteuse étaient complètement découragés. Ceux qui, ayant plus de fer. meté dans l'espoir, envisageaient déjà Ifci renaissance du pays se divisaient en deux camps. Les uns bâtissaient tout un édifice : modification profonde1/ des conditions de l'iud'usl rie, groupements de producteurs, syndicats de vente, etc., etc. Les autres, moins enclins de se nourrir de doctrines ou de chimères, enterraient leur pensé,e et recherchaient plus modestement ■quels étaient les facteurs essentiels permettant d'espérer une restauration prompte. Ceux-là arrivaient à cette conclusion: ' Pour hâter la reprise du travail —; cai l'essentiel est d'aller vite, time it m o n e y — il faut : 1° Que le réseau.,des voies de communi. cations à l'intérieur et vers le port belge d'attache soit le plus tôt possible remis er état. Car sans cette circulation artérielle le pays restera mort • 2° qu'un nouvel outillage soit sans délai apporté aux ateliers et usines reconstruits. Car pour travailler il faut être outillé; 3° que les matières premières soient mises à la dipositiotn des usines réédifées et outilléeè à frais nouveaux également dans le plus bref délai possible. Car, pour avoir un fabricat à vendre e1 reconstituer la Belgique dévalisée pai l'étranger, il faut ces matières premières Isolés du reste du monde, désemparé? d'ailleurs, ceux-là espéraient que <-'d( l'autre côté" les mêmes réflexions étaient faites ; ils souhaitaient une action immé. diate4 et énergique du gouvernement potn arriver, sous son égdde, à réaliser les cfeu? derniers desiderata. En d'autres tt^nnes ils voyaient l'Etat intervenir -pour grou. per les commandes d'outillages et de ma. tières premières afin de les' avoir au? meilleurs prix possibles avec un tour d< •faveur dans les époques de livraison. Li ! même action gouvernementale aurait dû assurer du change sur l'étranger aux industriels qui pouvaient payer ce qu'ils commandaient, mais n'avaient pas d'avoirs à l'étranger. L'initiative dont lie Belge a cronné ta-nrt de oreuves eût fait le reste, et ceux-là estimaient encore qu'il était prématuré de songer à des groupements, à de grands syndicats, à des organisations synthétiques qui mettraient la nroduction des forces du pays en belle ordonnance, en coupe réglée, pourrait-on dire. La paix n'est pas faite, mais l'occupation du pays a cessé et il faut songer à cette reprise du travail si ardemment désirée. Elle se fera sans doute, mais il semble que ce soit avec une peu sage lenteur. Il faut laisser passer une crise d'étatis-me qui sévit en ce moment et qui, comme l';t grippe espagnole, nous vient du dehors. On voudrait tout réglementer, tout centraliser ; on ralentit les efforts et les initiatives individuelles pour arriver à un. état économique perfectionné, mettant cous les Belges, rangés en bed' ordre, sous l'égide de 1"Etat. Il faut attendre que cette crise passe ou s'atténue avec l'espoir au'il n'y ait pas de temps perdu et qu'on arrive au plus vite à des solutions immédiatement pratiques. Et puisque nos dirigeants ont résolu de percevoir sur les contribuables, amaigris par les cinquante mois d'occupation, des contributions anciennes, puisque même la plupart des surtaxes imposées par T occupant sont maintenues, puisque ainsi les charges seront les même pour une population qui a vu ses revenus diminués tout en subissant la yie chère, il faudrait son. cer aussi aux moyens pratiques die per-inettre à ceux qui travaillent de faire les légitimes bénéfices qui les mettront en mesure de s'acciuitter envers l'Etat. < Une fièvre de curiosité Les Américains sont actuellement en proie à une véritable fièvre de curiosité. Leur désir de visiter les champs de bataille est tel que ]00,000 passeports ont déjà été sollicités. Pour mettre fin à l'afflux de semblables requêtes, les autorités américaines ont cru devoir annoncer que les personnes qui n'auraient'pas de raison plus sérieuse à l'aire valoir pour l'obtention du permis devaient provisoirement s'abstenir. Les autorités sont décidées à ne donner suite, pour le mo-> ment, qu'aux demandes dûment justi fiées. | Pour remédier an chômage Une interview Le problème le plus angoiswnt' peut-être de l'heure présente est celui du chômage. Que vont devenir les centaines de mille chômeurs involontaires? Que fait-on pour eux 1 Quelles mesures compte-t-àn prendre pour faire cesser cette'situât-ion ? Un rédacteur de 1' " Indépendance belge " est allé demander à M. Anseele ce qu'il en pensait. — Quel problème, lui dit-il tout de suite, et combien angoissant, et combien difficile à résoudre! Dans certaines régions du pays, surtout, la situation est délicate. A Gand, notamment, de nombreux ouvriers qui travaillaient pour les Allemands et qui pouvaient ainsi se tirer d'affaire, sont actuellement voués au chômage complet. C'est la misère totale, qui nous a émus, et qui nous a déterminés, M. Coppieters, notamment, à trouver pour eux, coûte que coûte, du travail. 11 y a deux jours, deux requêtes nous sont arrivées des syndicats socialistes et chrétiens, deux requêtes pressantes, nous demandant de la besogne, et laissant entrevoir les difficultés qui pourraient se présenter si on ne remédiait pas immédiatement au chômage. Tout de suite, d'accord ave M. Delacroix, j'ai télégraphié au bourgmestre de Gancl de décider des travaux publics pour occuper un grand nombre de sans-travail. Le bourgmestre n'a pas perdu son temps. Il s'est mis en rapport avec l'autorité militaire qui a cédé 370,000 mètres cubes de gravier à déplacer, ce qui donnera du travail pendant plusieurs moi6 à plusieurs centaines d'ouvriers. Des travaux d'utilité publique seront entrepris dans d'autres localités, pour obtenir le plus de résultat possible. Ainsi, à Anvers, on commencera incessamment les travaux de démolition de l'enceinte fortifiée, on comblera les fossés, on ouvrira des brèches pour rejoindre les communes suburbaines. Là aussi, existent de grandes quantités de gravier du llhin, qu'il va falloir déplacer, et M.Ren-kin mettra vraisemblablement à notre disposition les wagons nécessaires. M.Van Gansberg, directeur du département, se rendra demain même sur place pour exa-v miner ce qui peut être fait. — - E-t le- canaux, mon:->ieuv le ministre? VEn quel état se trouvent-ils V \— On y travaille, et activement, je vpus prie de le croire. Le canal de Ter-néuzen sera bientôt remis en état, et d'ici quelques jours la presse gantoise sera invitée à voir ce qui a été fait. Oii remet en état les deux grandes écluses de l'Escaut, on déblaie la Dendre canalisée, le canal de la Sambre; on fait ce qu'on peut, on utilise autant que possible les chômeurs ; on répare les routes de la province de Namur, qui sont dans un état pitoyable, .et où le général anglais Orts s'est mis "à notre disposition. On travaille au port de Bruges, au port d'Ostende, où s'entassent d'immenses quantités de gravier; on s'occupe à draguer le port d'Anvers, si bien que d'ici peu les quais seront déblayés et les navires pourront arriver et décharger, l'entrée du port étant libre. — Toute cette besogne demandera-t-elle beaucoup de temps 1 — Ah! mon cher monsieur, ne me demandez pas de faire de théorie. Tâchons d'arriver au bout de l'hiver. Alors, tout ira mieux. — ^§««^4-—— —. Les Français à Gand i,es remercîments du général Sicre Avant de quitter notre villes, le général Sicre, commandant la 132e division d'infanterie de l'armée ffançaûje, a adressé à M. Braun, bourgmestre cte la ville de Gand, la lettre suivante •: Monsieur le bourgmestre Braun, En quittant la jolie ville de Gand, au passé si glorieux, je tiens à avoir l'honneur de vous exprimer la profonde gra^ titude de tous les militaires de la 132e D. I. pour la réception enthousiaste, grandiose et profondément émouvante que la municipalité et la population tout entière ont faite à ma division. Tous les cœurs français seront pénétres de la plus belle émotion reconnaissante, en apprenant, par les braves poilus de la 132e D. I., avec quelle sincérité' les Gantois ont manifesté leur chaude sympathie pour la France, en accueillant aussi noblement ses fils victorieux. Je vous demande de bien vouloir offrir à la population gantoise l'expression de nos remercîments les plus vifs, en l'assurant, de notre éternelle amitié. Je salue en vous, Monsieur le bourgmestre Braun, le très digne et très vénéré représentant de votre grande cité, et je m'incline avec le plus profond respect devant les glorieux étendards de la noble Belgique au grand cœur. Veuillez agréer, Monsieur le bourgmestre, l'expression infiniment cordiale de mes sentiments les plus dévoués et reconnaissants.(Signé): Général SICIl-E. NOS ECHOS ••• Le suffrage des femmes Les cléricaux ont donc émis le vœu, à l'unanimité, d'inscrire dans là Constitution le suffrage des femmes. On devine le but. Il ne s'agit pas pour eux d'accorder à la femme l'émancipation politique, car ils savent que la femme belge, à quelques exceptions près, n'a pas reçu d'éducation politique, ou plutôt qu'elle a reçu une éducation à la façon' des cléricaux, et son intervention leur assurerait encore au moins pour un demi-siècle la domination du pays. En vfut-on la preuve 1 a) Dix=ueuf cent seize communes n'ont plus aucune école publique pour filles, l'ans ces communes, l'éducation de la femme s'est, donc faite exclusivement dans l'école du couvent. b) Dans les quatre provinces flamandes : les Flandres, la province d'Anvers et le Limbourg, il n'y a pas cent communes qui possèdent encore une ou plusieurs écoles publiques pour filles, et, de plus, un grand nombre des écoles publiques sont tenues par des religieuses. c) Dans tout le royaume il n'y a que 3,996 institutrices primaires communales laïques, alors que les écoles primaires communales, adoptées et adoptables, comptent 5,294 institutrices religieuses. d) Les écoles communales pour filles ne. comptent que 191,432 élèves, alors que les écoles adoptées et adoptables pour filleé en comptent 262,981. e) Les écoles gardiennes communales n ont que 80,731 élèves, contre 187,263 pour les garderies des couvents. f) Dans les écoles d'adultes commun.v-les pour femmes, il y a seulement 14,159 élèves, tandis que les écoles dominicales des congrégations en comptent 87,931 ! _ .Ces quelques chiffres sont une preuve irréfutable que les couvents ont à peu près' le monopole de l'éducation de la femme belge. Et c'est dans ces conditions que les cléricaux voudraient accorder le droit de suffrage à la femme belge ! Nous estimons que ce serait là un crime contre la patrie. Avec le suffrage des ifemmes, nous aurions bientôt/, comme complément, l'anéantissement complet de 1 école publique, et cela au moment, où la future femme, appelée à la vie publique, devrait recevoir un enseignement vraiment national, émancipateur ! Quel désastre ! ••o Radiations au barreau gantois Le conseil de tfj <oipline de l'ordre des avocats vient de décider la radiation du tableau, comme indignes, des sieurs Ju-lius Obrie e.t G. Van de Weghe. Le premier avait été nommé professeur à l'Université flamande, le second juge de paix à Audenarde, par la grâce des Allemands. ••• Le eouteau sur la gorgé Dans la région d'Alost on peut encore lire T affiche suivante qu'y firent placarder les Allemands sur les murs des diverses communes : Ordre de la commandanture, " Celui. qui ne fournit pas exactement les produits de la moisson de l'année sera le plus sévèrement puni, et cela non seulement par des amendes les plus élevées mais conjointement par d'importantes peines de détention à subir dans un bataillon des " strafarbeiders ". En outre, comme il s'est approvisionné lui-même, il est exclu du comité. " Celui qui De livre pas exactement les pommes de terre, se verra soustraire les quantités manquantes de la provision qui lui était réservée pour son alimentation personnelle. Celui qui ne veut pas s'exposer à être, ruiné, n'a qu'à livrer. " Alost, 23 août 1918. " (signé) SANGUINETTO., " Hauptmann et commandant. " ••• A la < Vlaamsche Hoogeschool » Nous avons déjà eu l'occasion de signaler que les professeurs, étudiants et autres plats valets de la Vlaamsche Hoogeschool jouissaient de toutes les faveurs3 notamment de celle de bénéficier de rations spéciales de viande et de denréeSj et aussi de combustibles. Nous avons sous les yeux deux documents, dout ci-dessous la traduction : UNIVERSITE DE GAND Gand, le 19 septembre 1918. Très honoré Monsieur, J'ai l'honneur de porter à votre con naissance que 750 kilogrammes de charbons (briquettes ovoïdes), représentant la quantité de combustibles qui vous est destinée pour les mois d'octobre, novembre et décembre 1918, peuvent vous être délivrés immédiatement. Des charbons seront mis à votre disposition, et remis à votre adresse après que vous aurez signé et renvoyé la déclaration ci-jointe. Avec notre haute considération. L'administrateur, (s) E. VAN DEN BEKGHE. A M. le professeur F. Breitenrust Hetteraa, E. V. UNIVERSITE. — Fourniture de charbons : Le soussigné déclare qu'il désire recevoir contre payement comptant, 75C kilogrammes de charbons (briquettes ovoïdes), à partir de la date du (Signature). A l'administration de l'Université de Gand. ••• L'amiral Beatty à Bruxelles Le Roi a invité personnellement l'amiral . Beatty, le grand marin anglais, à Bruxelles. L'amiral a accepté et arrivera dans la capitale vers la fin de la semaine prochaine. Francs-tireurs belģes Les j oui-nées les plus horribles de cette guerre de quatre ans furent celles où certains bataillons, certains régiments allemands, pris d'accès de folie furieuse, incendièrent et décimèrent de6 villes, des Quartiers de viWes, des bourgs, des villages dont les habitants étaient accusés d'avoir tiré srur les troupes boches. Neuf fois sur dix, quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, peut-être, cette population civile, qu'une soldatesque sanguinaire massacrait sur des ruines fumantes, était complètement innocente d'un délit imputable, tout an plus, dans certains cas isolés, tout à fait rares, à quelque initiative purement individuelle. Nous avons sous les yeux un petit livre, écrit par un général de biûgade allemand, publié par la librairie de la coui* de Prusse, sous ce titre: "Kampf — und Siegestage 1914". Le 25 août au soir, ce général, en rentrant à Grand'-FaiPy, village situé non loin de Longuyon, constata, "non sans effroi", que toute la grand'rue du village venait d'être réduite en cendres. Des habitants de Grand-Failly avaient été accusés d'avoir tiré sur les troupes, lesquelles, sur l'ordre de leurs officiers, avaient mis le feu au village. A cette occasion, le général fait uu aveu à noter particulièrement, et à retenir avec soin, parce « qu'il s'applique à tous les cas, si nombreux, de villages incendiés et décimés en des circonstances analogues. " Je doute fort, écrit le général, si ce furent vraiment des habitants de Grand. FaiMy- qui tirèrent sur nos troupes. Je croirais plutôt que ce fureoit des maraudeurs venus d'ail leurs ou peut-être même des soldats français qui s'étaient débarrassés de leurs unifexrmes. " (Comme on était le 25 août, en plein été, la supposition faite par le général , n'a 'rien que do vraisemblable.) " Quoi qu'il en soit, la femme, très sympathique, de l'instituteur m'affirma, poursuit-il, avec énergie, qu'aucun habitant du village n'"'avait tiré. Il va de soi qu'il est impossible pour des troupes en train de se battre de s'assurer des circonstances exactes .dé faits de ce genre... " . Cet aveu n'empêche pas le général d'écrire que l'armée allemande n'eut rien à se reprocher dans l'incendie de Grand-.^FaiJly'-Le colonel suisse Millier, dans ses "Lettres de guerre", d'écrit l'incenelie de Burzweiler, faubourg de Mulhouse, incendie suivi d'exécutions de prétendus francs-tireurs. Là, non plus, la preuve ne fut pas faite, ét ne pouvait pais l'être. ' Comment, en effet, écrit le- colonel Mùller, connaître, dans le tumulte des batailles, l'exacte vérité..." Mais .ce colc>-nel suisse, se rappelant aussitôt qu'il écrit on allemand pour des' lecteurs allemands, s'empresse d'ajouteir: "Comment condamner, d'autre. part, des soldats qui, risquant leur vie pour la patrie, se voient lâchement attaqués par derrière, ou qui s'imaginent simplement qu'ils le sont, et alors, dans la folie furieuse d'un combat nocturne, massacrent sans distinction les innocents1 et les coupables? C'est la guerre! La guerre tue ■ toujours beaucoup d'innocents et épargne les grands coupables, qui se tiennent, au loin, à l'abri de tout danger. (Le bandit enfin découronné, tapi au château d'Amerongen, sut toujours, jusqu'ici1, se tenir à l'abri des coups... La main de la justice saura-t-elle l'y saisir1?) Quoi qu'il en soit, les règleiments militaires allemands, qui prescrivent de si terribles châtiments pour des1 méfaits presque toujours inexistants, sont des codes d'une barbarie horrible; et ceux qui les rédigèrent furent d'autant plus cruels que ces châtiments furent édictés par eux à froid. Ce n'est point, du reste, dans l'aveugle emportement dl'une mêlée nocturne, c'est en plein jour, aptrès que les fumées d'e! la bataille s'étaient dissipées, qu'ont eu lieu la plupart des exécutions militaires ordonnées, de sangfroid1, par 'es officiers boches, en Belgique et en France-. Remarquez, de plus, que les Allemands, qui ont sévi si impitoyablement contre nos populations belges, faussement, accusées d'avoir fait la guerre de partisans, n'ont jamais n és i t é à organiser la guerre de partisans sur leur propre territoire envahi Il suffira do rappeler ici la loi organique prussienne sur le Landsturm du 21 avril 1S13. Cette loi ordonnait à tous les hommes de 15 à 60 ans de s'armer de piques, de haches, de faux, de fourches, et de foncer sur l'envahisseur. "Pour défendre le sol sacré de la patrie, tous les moyens sont bons. Le lâche, qui refuse de faire, cette guerre de partisans, doit être ixmé de coups, comme un esclave." Cette loi, qui fut partout exécutée (l)j n'a sa pareille, croyons-nous, dans aucune autre législation. Les francs-tireurs — que les Allemands célèbrent comme des héros quand ce sont des Allemands combattant on territoire allemand, et qu'ils condiiinnent comme des assassins du moment que ce sont des Belges défendant la patrie lâchement envahie, — les francs-tireurs sont, de nos jours surtout, presque invariablement héroïques: contre des armées organisées, ils sont sûrs d'avance de succomber. Quoi de plus beau qu'un tel sacrifice? Comme le disait justement feu Beer-naert à la première conférence dé la Haye, les guerres de partisans ne sont pas les épisodes les moins glorieux de l'his-£pire des nations. Un des délégués alle-mand&i.à la même conférence l'a reconnu, d'airfêurV, pleinement. Un délégué anglais, un délégué suisse firent de même. Ernst Moritz Arndt a proclamé ce droit de défense populaire, qui est sacré, dans ces vers enilaminés: Das Volk steht auf, der Sturm bricht los, Wer legt die Hàude noch feig in den Schoss ? " Lorsque le bien suprême de la patrie est en jou, dit un juriste allemand, Ph. Zorn, les formes et formules juridiques, qui ne s'élèvent guère au-dessns des intérêts terrestres, perdent leur valeur: c est du Ciel que vient le droit de quiconque se lève pour défendre son pays injustement attaqué. " X." (1) Treitschke, "Deutsche Geschichte", I, p. 442. ••• Les toIs à la campagne Depuis quelques jours nons constaton avec plaisir une notablfe amélioration dan ,1a rapidité de remise des.-télégrammes < correspondances. Certes,, ce* n'est poir encore l'idéail rêvé, mais patientons... S'il nous plaît de rendre aijisi hommag à l'activité déployée, en l'occurrence, pa l'administration des postes et télégn; plies, pour tâcher d'améliorer les transac tions, combien est regrettable, par contr. l'attitude de nos campagnards. Pas un jour ne se passe sans que de vols de filb télégraphiques ne se commel tent dans nos environs, et tout pavrticulw rement sur la ligne de Bruges ;ï A los Dimanche matin, vingt fils télégraphique ont encore été coupés, à divers endroit: entre Wetteren et Schellebelle ! Là pOli( locale et la gendarmerie sont impuissante pour réprimer ces actes de vanda'ilismi indignes d'une nation qui, après avoi été affreusement ravagée par l'oppiv* seur teuton', n'aspire qu'à se reconstitue: Certes, il ne viendra à l'esprit de pe: sonne d'imposer aux. communes sur le tei ritoire desquelles ces rapines se commei tent, une forte tmende, comme le firer jadis les Boches. Cependant, si la polie et là gendarmerie ne parviennent point réprimer ces délits, il faudrait que ne soldats fussent postés le long des voi< ferrées, «avec l'ordre d'agir impitoyable ment à l'égard de quiconque se livrerait ces scandaleuses déprédations. Les mesv res énergiques qu'on prendrait serai et salutaires et nul doute que nos paysar hésiteraient à risquer leur peau pour l'aj pât de quelques kilos de bron?c. Il e* urgent que les mesures' los plus sévère soient prises. U y va de l'intérêt élu pay; ••• Le voyage de M. Hymans à Paris Nous apprenons que M.« Paul Hyraan ministre des affaires étrangères, est rei tré samedi, à Bruxelles, venant de P. ris, où il vit M. Clémenceaai, avec lequ il eut un long entretien. U fut égalemei reçu par le président Wilson», et s'est lo: guement entretenu avec MM. Hoover i Crooby, de la Commission de ravitaill ment. ••• Comment on roulait les Boches s Au début de janvier, un industriel de s notre ville exposera, au N ee r h o f , t une collection de 105 pigeons, qu'il par-t vint à soustraire à toutes les recherches et à toutes les investigations et perquisi-e tions des Allemands. r Ces pigeons étaient ses idoles. ^1- T... avait caché ses pigeons dans ia cheminée de son usine. Un ouvrier était spécialement préposé à leur donner des ' soins. A certain moment, M. T... transféra tous ses pigeons au domicile du dit ou_ vrier. Il fit soigneusement nettoyer son colombier et entretemps adressa une • lettre anonyme à la commandanture, pour dénoncer T... comme ayant chez lui '' des pigeons, race sévèrement prohibée. Aussitôt des " markepakkers " s'ame-s lièrent chez M. T..., perquisitionnèrent ■» dans la maison et dans l'usine, et... ne r trouvèrent rien. A une seconde reprise, M. T... provoqua pareille vaine perquisition dans ses établissements. Les Boches en conclurent que ces dé--- nonciations étaient de pure méchanceté. Fis étaient le jouet d'une odieuse calom-e 1 nie. rl Jjt lorsque dans la suite, des voisins ja-« loux ou envieux, désireux de nuire à s M. T.... le dénoncèrent aux Allemands, pour £enir des pigeons cachés, les Teu-a tons ne bougèrent plus. On s'était assez moqué d'eux ! Et M. t T... put. dès lors garder ses pigeons en s P'T-'x et en sécurité, et absolument à l'abri des visites indiscrètes ou vexatoi-t res, s ••• Le goulet d'Ostende est libre Par suite de l'habile travail de la section de sauvetage de i'amirauté britannique. l'entrée d' Ostende est maintenant, déblayée. Le premier vapeur cargo est at-5, tendu de Tilbury à bref délai. î- î- ••• pI Au Sénat it Le bureau du Sénat a fait 1»; noimina-1- tions suivantes: M. S. Macs devient di--t recteur des services du greffe : M. Tt. de e- Biolley, secrétaire de la présidence ; M. G. Pullings, secrétaire de la questure.

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Dit item is een uitgave in de reeks La Flandre libérale behorende tot de categorie Culturele bladen. Uitgegeven in Gand van 1874 tot 1974.

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