Le petit belge

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14 augustus 1914
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s.n. 1914, 14 Augustus. Le petit belge. Geraadpleegd op 19 januari 2021, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/wh2d79672v/
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VENDREDI 14 AOUT 1914" AtoinisiratoiB 4, Impasse du la Fidélité, 4 luruxelleg ABONNEMENTS pour toute la Belgique Un an... 8 franc" Six mois . ♦ 4 — Trois mois 2 — Pour l'étranger, le port en sus. VENDREDI 14 AOUT 1914 Direction et Rédaction : 4, Impasse de la Fidélité, 4 Bruxelles ANNONCES & RÉCLAMES Pour tout ce qui concerne la publicité adresser directement,et exchisivemen à la DIRECTION DU JOURNAL, 4. Im passe de la Fidélité & Bruxelles Une guerre de sauvages C'est à de véritables brutes qne nous avons affaire: Los Prussiens qui ont été battus et écra ses par nos troupes mercredi à Haelen et Tir lemont étaient passés à Landen dans la jour née de lundi, cfe 11 heures du matin à 3 h de l'après-midi. Dragons, grosse artillerie artillerie légère et infanterie, formaient uni colonne de 6,000 hommes environ. La gar< de Landen a reçu la visite d'un détachement Naturellement ces gentilshommes ont enlev< tout l'argent. A la poste ils ont fait main basse non seulement sur les plis chargés mai; sur toutes lesjettres. Cette colonne marchai dans la direction de Namur. Quelques heures après on a vu revenir sj cavalerie ventre à terre; l'ennemi s'étai heurté à nos troupes et battait en retraite précipitamment dans la direction de Saint Trond d'où il était arrivé. Ils ont commis dans la contrée toutes sor tes d'excès. A Overhespen, ils ont brûlé ui fermier dans sa ferme. Le village de Zechlen ost en flammes ; od les a vus enfoncer lei portes à coups de crosse de fusils, attache aux arbres les paysans inoffensifs et les fu siller à bout portant. A Walsbetz, sous pré texte que le cadavre d'un officier allemanc avait été trouvé sur le territoire de la com mune, des habitants ont été fusillés. (Wals betz est situé sur la ligne de Landen à Han nut). A Eumsdorp, ils ont fusillé quatre pay  sans qui s'enfuyaient. Gare aux troncs de: î éptfi'sei et airs caisses des sociétés qui *on' leur siège dan^ les cafés, les Prussiens les eu lèvent quand ils ne peuvent les forcer asse: vite. Est-ce donc à des hordes d'e sauvages qu< nous avons affaire"? Ils se conduisent ceu fois plus férocement en Belgique que le! Prussiens de 1870 en France. Les officiers envoient en Allemagne de; cartes postalos affranchies avec un timbre d< cinq centimes ; quand on leur dit que c< n'est pas suffisant, ils répondent : C'est suf fisant en Allemagne et votre pays fait main tenant partie de l'Allemagne. 'Ces messieur: sont très friands de journaux belges. Raisoi de plus pour tous les journaux d'être très pru dents. Un sous-officier disait à un de nos compatriotes : « Il faut que nous soyons 1( 27 à Paris; nous y serons. Notre plan est de contourner Liège et Namur et d'aller vite en France par tous les moyens. » Le pauvre diable débitait là la leçon qu'on leur avait faite à tous au début de l'invasion en Belgi que, srans réfléchir que ce beau plan, la ré sislance de Liège l'a tout à fait dérouté. Un autre disait : a Ce n'est pas aux Belges que nous en voulons, nous respecterons aprèi la guerre votre indépendance, nous ne vous prendrons que le Congo. » Insolence et folie, il n'y a pas d'autres mots !... Respect aux vaincus Il ne faudrait pas que la brutalité des soldats allemands gagnât ceux qu'elle révolte à bon droit. On entend parfois faire touchant le sort à infliger à nos prisonniers de guerre des réflexions dénotant un fâcheux état d'esprit. Dieu merci, ces dispositions ne sont pas celles de tout le monde et plus d'un de nos prisonniers a déjà rendu hommage aux soins généreux qu'il a trouvés en Belgique. Il faut que tous rencontrent la même bienveillance et c'est pourquoi nous tenons à reproduire une lettre que M. {C'apelle, procureur du Roi à Namur, vient d'adresser a un de nos confrères : « Hier, au cours de l'après-midi, des blessés allemands, officiers et spldats, ont été amenés à Namur. Sur la place de la Gare, la foule s'amassa et se mit à huer les prisonniers. Elle montra une attitude si hostile que l'officier de service fit mettre baïonnette au fusil p our contenir les gens qui entouraient les allemands. L'attitude de la foule était injuste et lâche. Injuste, car ces blessés n'ont fait que leur devoir en obéissant à leurs chefs et ils ont souffert. Lâche, car ces hommes étaient désarmés et ne pouvaient opposer aucune résistance. S'ils eussent été armés, leurs insulteurs auraient tôt pris la fuite. Il ne faut pas que de pareilles scènes se renouvellent : il y va du bon renom de la population namuroise, compromis par quelques personnages de dernier ordre. Je donne ordre à la police de s'opposer à toute manifestation de ce genre et de dresser procès-verbal à charge de tous contrevenants que je me réserve de faire poursuivre avec sévérité. » Très bien! Le temps qu'il fait... et celui p'il fera ^ La pression reste forte sur le centre, l'ouest et le nord-ouest de l'Europe, elle dépasse 770mm sur le centre de la mer du Nord. Le baromètre descend sur la Russie et les îles Britanniques, monte sur le sud de la France et varie peu ailleurs. Un veut faible du N.-E. souffle sur nos contrées, où la température est comprise entre 16° et 19°. Prévisions : Vent Eat, faible, beau. 011 et 11111 , Toast prononcé le 28 juillet 1905, ( à Anvers, par le comte de Wal-nitz, ministre d'Allemagne à Bruxelles. r »C* Rappelons-le sans commentaires : « C'est en bonne voisine, avec intérêt et sympathie, que l'Allemagne a suivi votre marche en avant. Nos sympathies vous sont acquises; elles convergent vers le même point que notre propre intérêt. O'est une Belgique forte que nous désirons, tant au point de vue politique qu'au point de vue commercial. EN PASSAN1, JE PUIS DIRE QUE POUR NOUS AUTRES, ALLEMANDS, LE MAINTIEN DU TRAITE DE GARANTIE CONCLU A LA NAISSANCE DE LA BELGIQUE ACTUELLE EST UNE ESPECE D'AXIOME POLITIQUE AU QUEL NUL NE SAURAIT TOUCHER SANS COMMETTRE LA .PLUS GRAVE DES FAUTES. +»**+ Prenons garde aux exagérations »(**)« Un journal hollandais t De Telegraaf », , d'xlmsterdam, s'est distingué depuis le début t de la guerre par l'exagération ae ses récits. , Le correspondant qui lui a envoyé au sujet _■ de la résistance des habitants de Herstal le . récit que nous avons reproduit, n'aurait pas . mieux réussi s'il avait prémédité de fournir 1 aux Prussiens des prétextes pour tuer les . habitants désarmés. On a vu par la déclaration de M. Fléchet . que les sanglants événemnts de Warsage ont . été exagérés par plusieurs correspondants de . journaux étrangers. Il en est d'e même de l'é-; chaiiffonrée de Herstal. Cel? fait très bien dans un journal ces récits où l'on voit toute t une population, y compris les femmes et les enfants, lutter jusqu'à la mort contre l'en-ii nemi. Cela fait une belle page de roman ou t une émouvante scène de drame. ; Mais il ne s'agit aujourd'hui, hélas, ni de roman ni de drame ; le premier devoir des • correspondants de journaux est de respecter » scrupuleusement la vérité. Nos confrères , français, anglais, américains s'y soumettent, . nous ne pouvons croire que les Hollandais . veuillent faire exception. ; Il n'est pas vrai que la population de Her-! stal ait attaqué en masse les Prussiens. La . vérité c'est que quelques civils exaspérés par ; l'insolence et la brutalité des envahisseurs : se sont laissés aller au geste instinctif de s l'homme en légitime défense. Ils l'ont payé ; de leur vie. Pourquoi grossir leur nombre, exagérer les représailles, fournir enfin des ; prétextes à la soldatesque ennemie. Un aveu éloquent Après avoir essayé d'en diminuer l'importance, les Allemands reconnaissent aujourd'hui que leurs pertes devant Liège ont été énormes. Un sous officier prussien, actuellement prisonnier à Bruges, en faisait un éloquent aveu ces jours-ci en écrivant à sa famille que « LE BAIN DE SANG DE LIEGE (bloedbad) n'était pas nécessaire. » • 4 Bien répondu! Un officier allemand détenu à Bruges a, paraît-il, demandé à être mis en liberté sur parole. — Sur parole t lui a-t-on répondu. Mais comment nous y fier alors que votre empereur tient si étrangement la sienne! , Félicitations étrangères <♦+» M. Schollaert a reçu du président de la Skoupchtina serbe le télégramme suivant : « Président du Parlement, Bruxelles, Nisch, 11, 10 h. V. Malte. La Skoupchina nationale serbe, pénétrée de sentiments d'admiration pour l'héroïsme de la vaillante armée belge dont la résistance glorieuse remplit d'enthousiasme tous nos cœurs, s'empresse d'envoyer au Parlement belge ses salutations chalfcureuses et l'assurance de ses plus vives sympathies et de sa haute estime. Le Président de la Skoupchtina, A. NICOLITCH. i M. Schollaert a répondu par ce télégramme : « La Chambre des Représentants de Belgique adresse ses vifs remerciements à la Skoupchtina nationale serbe et à son Président.Injustement attaquée, la nation belge, essentiellement pacifique, a pris les armes pour résister à son puissant agresseur. Sa vaillante armée saura ^ip>jjer son indépendance. SCHOLLAERT, Président de la Chambre des Représentants de Belgique. » Un engagement sérieux a eu lieu mercredi, dans le Limbourg. »o« La déroute des Allemands est complète et leurs pertes sont énormes »o« Merffredi soir. Un engagement sérieux a eu lieu aujourd'hui mercredi, dans le Limbourg belge, aux confins de la province de Brabant. Repoussés, mardi, après plusieurs tentatives infructueuses pour forcer les lignes de notre armée de campagne, les Allemands s'étaient retirés dans la direction de Hasselt, non sans avoir essuyé des pertes sensibles. Dans la matinée de ce jour, 2,500 uhlans, soutenus par du canon et trois bataillons | d'infanterie, se portèrent dans la direction ! de Diest. Mais les nôtres veillaient. Noflre cavalerie, ' avec ses batteries à cheval, soutenue par des cyclistes avec des mitrailleuses et une brigade mixte, barra le chemin à l'ennemi. Le 1 combat fut très vif. Les nôtres firent preuve d'un calme remarquable et d'une bravoure ! magnifique. Après avoir subi des pertes très sensibles, cavalieis et fantassins teutons dé talèrent vers JBerbroeck, dans la direction d^ Hasselt. Une fois de plus, les Alle^nanrls ont ap/ rl^ à connaître la valeur de nos troupes De Louvain, par télégramme, 9 heures soir : Le succès de nos troupes a été complet, les Allemands ont subi des grosses pertes; ils repassent la Gette dans le plus grand désordre. »o« En résumé, toutes les attaques de l'ennemi pour se frayer un passage par le centre de • notre pays ont piteusement échoué. Mardi et 1 mercredi, les Allemands, repoussés partout, se sont repliés dans le plus grand désordre. De ce côté, il semble qu'ils doivent renoncer à toute idée d'offensive. D'autre part, il est certain que les Allemands se sont fortifiés à Liège et aux environs, ainsi que dans la région de l'Ourthe. Sur l'un et l'autre point, ils paraissent vouloir se tenir sur la défensive. Vont-ils essayer d'entrer en France par la région de Longwy, après avoir passé par le Sud du Luxembourg belge? Nous le saurons bientôt. Quant aux fort de Liège, non seulement ils tiennent toujours, mais ils canonnent sans trêve les Allemands qui passent à leur portée. C'est ce qui explique que l'ennemi n'a pu faire avancer dans le Limbourg et dans le Brabant des forces bien considérables. Les points de passage sont peu nombreux. Quant à passer par le Limbourg hollandais, le danger serait sérieux pour les Germains, étant donnée la concentration des troupes hollandaises et l'état de 1?opinion chez nos voisins du Nord. Voilà juste dix jours que les Allemands sont a accrochés » en Belgique. Encore une fois, si on nous l'avait prédit, le dimanche avant, nous ne l'aurions pas cru. La Belgique centrale leur est fermée. La vallée de la Meuse leur est fermée. Par où peuvént-ils arvancer maintenant, sinon par le Luxembourg belge ? Ils se sont fourrés dans un buisson d'épines. Tant pis pour eux. Les uîilans ont volé deux millions à la Banque Nationale de HasSfelt Mercredi matin, un parti de uhlans est entré à Hasselt. Les cavaliers ennemis ont enlevé 17,000 francs à la poste et, ce qui est plus grave, deux millions à la succursale de la Banque Nationale. Il est vraiment incroyable qu'un directeur de Banque garde en caisse une somme aussi considérable, dans le chef-lieu d'une province infestée depuis plusieurs jours de coureurs ennemis. Les abonnés postaux qui changent de résidence sont invités à donner connaissance de leur nouvelle adresse, quelques jours d'avance, au percepteur des postes de la localité QU'ILS QUITTENT. En ^'adressant directement à l'éditeur, ils s'exposent à des retards dans la réalisation des mutations. Un récit des combats de mercredi L'offensive allemande snr la ligne Tirlemont-Biest échoue complètement. — Duei d'artillerie. — A Diest, deux pelotons d'infanterie exterminent entièrement un escadron de dragons. " S (DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL.) Mercredi soir. | La journée a été chaude. Les forces allemande:, qui ont traversé la Meuse aux environs de! visé ont essayé de se frayer un passage vers ! Bruxelles. Elles ont attaqué nos lignes sur Veux points : vers Haelen (à proximité de L'ièst) et non loin de Tirlemont. Des deux côtés !>nnemi a été repoussé avec des pertes très mandes, tandis que de notre côté, grâce à Jieu, nos pertes sont très peu élevées. C'est aux environs de Qiest que nous avons >u suivre le combat. Dès la matinée, la grande oix du canon s'est fait entendre. Les hommes tu génie chargés de faire sauter les ponts h Haelen, sur la Gette, ont tout juste le temps ^accomplir leui besogne. L'un dreux n'ayant Vis le temps de chercher un canif pour couper i e cordon Bickford qui doit mettre le feu à la i coudre, le coupe avec ses dents, tandis qu'au-! tour de lui pleuvent les shrapnels. Enfin, vers ; ! I h. 1/2, au moment où se précipitent les pre-| niers cavaliers, les ponts sont détruits. "Nos fantassins et nos artilleurs, suiffisam-"Taent nombreux, entrent dans la danse et l'ennemi est contenu. Nos canons, dans de bonnes , positions, causent des pertes sérieuses aux i Prussiens, qui répondent en installant des batteries. Pendant plusieurs heures, le canon ne cesse de tonner et l'on distingue parfaitement ,ies shrapnels qui éclatent en laissaint un énorme flocon de nuage blanc. Mais voici qu'au cours de la canonnade, un escadron de dragons du Mecklembourg, avec tous ses officiers, mais à effectifs assez mai-|,rres, à la suite des pertes qui lui o-nt été in-*(îfgces les jours précédents, essaie de pénétrer de vive force à Diest. Ils s'élancent au grand galop dans la direction de la ville. A deux kilomètres au maximum de celle-ci, ils se heurtent à une barricade de chariots derrière laquelle se tenaient une centaine de nos fantassins. Les Allemands, pistolet crépitant au poing, se précipitent sur nos hommes. Ceux-ci en firent une effroyable boucherie. Pas un seul dragon ne put trouver son salut dans la fuite. Les plus heureux furent ceux qui se rendirent, notamment quatre officiels. Les autres furent exterminés jusqu'au dernier. Là où s'élevait la barricade de charettes se dresse en quelques secondes une autre barricade faite de cadavres d'hommes et de chevaux. Sept^ chevaux démontés, dans un effort désespéré parvinrent à franchir ce lugubre obstacle et dans un galop furieux gagnèrent la ville, où on les captura. Les Allemands, voyant leur insuccès, mirent un canon en batterie, pour prendre la route d'enfilade. Au moment même où nous débouchions sur la barricade, un shrapnel éclate à quelque 40 mètres de nous. La douille éventrée passe par-dessus nos têtes en sifflant, laissant derrière elle un léger sillon de fumée semblable à de la fumée de tabac. Un gros arbre qui borde la route nousi attire d'une façon particulière : le manque d'habitude sans doute. Puis quand on n'a qu'un crayon en fait d'arme offensive ou défensive, on n'est* pas trop fier... Des chevaux d'Allemands gisent au milieu de la route, puis trente mètres plus loin, c'est un tas de cadavres superposés. Et pas un seul des nôtres parmi ceux-ci : le Dieu des armées protège nos soldats, qui luttent pour la plus sainte des causes. Les ambulanciers, à peine l'action terminée, se précipitent et emportent les blessés. Parmi ceux-ci, il y a deux officiers allemands. Nous n'avons à cet endroit que deux hommes blessés. Douze dragons prisonniers, la plupart des colosses mecklembourgeois, passent sous l'escorte de gardes civiques. Ils marchent lourdement, lentement, à la file, au milieu de la chaussée et au pas, pâles, le front courbé, les mains liées derrière le dos. Quelques instants après, une auto vient de la ville chercher deux officiers prisonniers. Une maison transformée en ambulance donne asile à des blessés allemands : il y en a jusque dans les corridors. Un commandant des dragons étendu sur deux chaises, blanc comme neige, est là immobile; pas un muscle de son visage ne bouge; il paraît hébété, stupéfait, mais mécaniquement sa main droite porte à la bouche une cigarette qui lentement se consume. D'autres blessés sont couchés sur de la paille, le buste nu, un petit trou sanguinolent à la poitrine ou dans le dos. Au moment où nous sortons, un officicr de. cavalerie belge passe au pas de son cheval, que le sang couvre presque entièrement; il revient de la mêlée : il s'adresse à nous... : «Les Belges sont des héros, monsieur, rien ne les arrête; les Allemands fuient, nous sommes victorieux. Vous pouvez aller annoncer partout la bonne nouvelle. Dites aussi, monsieur, qu'un seul de mes sous-officiers, Rousseau, a chargé et capturé à lui seul dix cavalieis ennemis. » Ce lieutenant s'était avancé à 300 mètres d'ifhe batterie ennemie et avait d'un coup de carabine abattu le chef. * Et, au pas de son cheval trébuchant, harassé de fatigue, le lieutenant, tassé sur sa selle, mais l'œil brillant, s'en va vers la ville annoncer la victoire. Nos pas nous ramènent encore vers ce monceau de cadavres qu'il faut emjamber. Ici un jeune homme, la face au ciel, les yeux et la bouche mi-clos, 'le dolman ouvert. Sur sa chemise se distingue une couronne de vicomte brodée en rouge. Près d'un autre cadavre allemand, deux cartes postales, avec leur adresse rédigée, gisent sur le sol. Toujours la voix du canon gronde par intermittences. Les nôtres gardent leurs positions. Les canons allemands changent de place et s'éloignent. A portée de fusil, une troupe de cavalerie ai lemande s'éloigne au grand trot vers de Nord-Est- . Cette fois, c'est pour couvrir la retraite que les batteries allemandes tonnent. Nos troupes n'ont cessé d'aller de l'avant, elles ne sont maintenant plus visibles. Petit à petit, le soir tombe sur la campagne, les coups de canon se font de plus en plus rares. La grande-Allemagne a subi' une nouvelle défaite que vient de lui infliger la petite Bel-I gique. A. M. Autour de Namur (De notre envoyé spécial) Namur, mercredi soir. | A Namur, à voir le calme des habitants, on ne se croirait pas dans une ville qui attend d'un jour à l'autre l'attaque des Allemands. On se croirait plutôt dans une ville en fête, toute pavoisée et pleine d'animation dont toute agitation et toute angoisse sont bannies. Cependant la garde civique a mis la gare en ftat de siège renforcé. Tout voyageur qui y v'ébarque doit exhiber un papier. Peu importe quoi, pourvu que ce soit un papier. Mais sur ce papier les gardes civiques apposent trois cachets. Nous essayons de nous soustraire à cette majestueuse formalité, croyant, de bonne foi, que notre « ordre de laissez-passer » signé du ministre de la guerre, peut se dispenser du cachet des dignes gardes-citoyens. Prétexte frivole ! Nous subîmes 4-3 ' minutes, d'attente et les trois cachets, pour ne pas être fusillés. Heureusement l'armée chargée de la surveillance des routes s'acquitte de sa mission avec une vigilance entière et sans tracasserie. Nous avons pu voir les défenses de Namur. Nous n'en dirons évidemment pas un mot.Toutefois un qualificatif nous^ est permis qui ne peut en rien nuire à la défense : c'est formidable. En quelques jours le général Michel et ses collaborateurs ont fait de Namur une place forte imprenable. Si les Allemands s'aventurent de ce côté, autant dire qu'ils vont droit à un désastre. Mercredi, vers 5 heures, un monoplan a survolé la position, remontant la Meuse vers Di-nant. L'aviateur avait sans doute appris qu'on ne tirerait plus sur les aéroplanes car il ne se tenait pas à très grande hauteur. Dans la région de Namur aux stations du réseau abandonné le personnel a mis les appareils de signalisation hors de service. Au retour, vu un train-ambulance. Les wagons sont des wagons ordinaires à l'intérieur desquels on a supprimé toutes les cloisons, les banquettes, les filets, etc... Chaque voiture forme ainsi line « salle » dans laquelle 18 lits sont installés. L'éclairage au gaz y est remplacé par l'éclairage au pétrole. La nuit, sur toute Ja ligne Bjuxelles-Namur, la surveillance est rigoureuse. Les ponts sont gardés militairement et des projecteurs électriques dardent sur les ouvrages d'art les plus importants le rayon de leur lumière aveuglante. Le ministre de Belgique à Luxembourg est expulsé par les Allemands >»fro»{ic Le comté Fritz van den Steen de Jehay, ministre de Belgique à Luxembourg, a été invité par les autorités allemandes à quitter la ville. Cet ordre lui a été notifié lé 8 août, en même temps qu'on mettait un wagon à sa disposition pour lui permettre de quitter le territoire. A l'heure qu'il est, notre compatriote n'est pas encore arrivé à Bruxelles. On l'a fait voyager par Coblence et Cologne, d'où il a dû gagner la frontière néerlandaise. M. le comte van d£n Steen de Jehay est atetndu dans la capitale incessamment. L'Angleterre et la France déclarent la guerre à l'Autriche La Grande-Bretagne a déclaré jeudi la guerre à l'Autriche-Hongrie. D'autre part une note officielle du gouvernement français, datée du 13 août, dit que l'état de guerre existe entre la France et l'Autriche depuis minuit. (1) Rappelons que, le 2 août 1914, veille du jour de l'ultimatum du Kaiser à la Belgique, M. de Below-Saleske, ministre d'Allemagne près S. M." le Roi des Belges, disait dans une interview : « Une déclaration de ma part assurant votre gouvernement que le territoire de la Belgique sera respecté n'était pas à faire parce qu'elle était inutile. L'idée a toujours prévalu chez nous que la neutralité de la Belgique n|b serait pas violée... Les troupes allemandes ne traverseront pas le territoire belge... Peut-être verrez-troiis- brûler le toit de votre voisin, mais l'incen-iic épargnera votre demeure ». La situation -»o«— *— v- Les renseignements -publiés ci-dessous nous sont communiqués par le grand état-major de Varmée belge ou par le ministère de la guêrre, et sont par conséquent OFFICIELS.Nouvelle délaite allemande à Eghezéç JEUDI, 11 HEURES MATIN. La victoire remportée par nos troupes hier dans la journée a été confirmée officiellement : nous n'avons engagé qu'une division de cavalerie et une brigade mixte. Les pertes des Allemands sont très grandes : ils' auraient eu environ les 3/5 de l'effectif engagé hors de combat. De notre côté, au contraire, les pertes sont relativement faibles : quelques tués à la division de cavalerie. Ce matin on a signalé une pointe offensive des troupes battues hier, vraisemblablement dans le but de ramener les blessés, les morts et le matériel abandonnés. Aucune surprise n'est à craindre pour nous : une nouvelle attaque serait repoussée victorieusement, si elle se produit. Nous avons eu un combat jeudi matin au Sud contre des troupes allemandes qu'on avait signalé hier en marche vers Eghezée. Elles ont été attaquées par nos troupes et repoussées avec très fortes pertes. Nous leur avons pris des mitrailleuses sur autos. Il n'y a rien à craindre du mouvement de cavalerie allemande sur Bruxelles par le Sud pas plus que par le Nord. Toutes les routes sont gardées par l'armée et la garde civique. 5 Encore in sirts é dos tapes à ierÉ-la-vil »>i<o>i<c JEUDI, MIDI D'APRES NOS INFORMATIONS UN COMBAT EST ACTUELLEMENT ENGAGÉ DU COTÉ DE HERCK-LA-VILLE. LES TROUPES ENNEMIES ONT ÉTÉ BATTUES ET SONT POURSUIVIES PAR NOS CAVALIERS. (Voir suite « Dernières Nouvelles») >-«.+•—; Nos adversaires et les lois de la guerre Nombreuses violations de conventions internationales Le comité d'enquête sur l'observation des lois de la guerre signale les faits suivants commis par les troupes allemandes opérant en Belgique : 1°. — Le dimanche 9 août 1914, une troupe du 9e bataillon des chasseurs de Lauenbourg s'est présenté à l'hôtel de ville de Tongres et a exigé la remise de la caisse communale. Le collège échevinal a protesté et a répondu qu'il ne céderait qu'à la force. L'officier allemand, sans tenir compte de cette protestation, a emporté le montant de la caisse communale s'élevant â 7,620 francs. Il en a donné reçu. Cet acte constitue une violation évidente de l'article 5 du règlement concernant les lois ot coutumes de la guerre sur terre. Cet article est ainsi conçu : « L'armée qui occupe un territoire no pourra saisir que le numéraire, les fonds et les valeurs exigibles appartenant en propre à l'Etat. » ! Toute saisie de fonds et numéraires appartenant aux particuliers, aux sociétés privées, I aux pnyyinces et aux communes est aonc in-! terdite. 2°. — Le mercredi 12 août 1914, au matin, les troupes allemandes se sont emparées de l'encaisse de l'agence de la Banque Nationale à Hasselt, encaisse dépassant deux millions de francs. La Banque Nationale de Belgique étant un établissement privé cet acte constitue une violation plus flagrante encore de l'article 53 du règlement concernant les lois et coutumes ' de La guerre. _ < L'infraction commise par les forces aile- 1 mandes est d'autant moins justifiable que déjà en 1870-71 le gouvernement allemand avait reconnu l'inviolabilité de l'encaisse de la Banque de France. Lors de l'entrée des forcer allemande» à 20' ANNÉE - Ne 226 centime» Ce aMmfer« EDITION Jggg cereitmes le 20' &3BKB — N 225 ^

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