Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique

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08 november 1917
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s.n. 1917, 08 November. Le XXe siècle: journal d'union et d'action catholique. Geraadpleegd op 15 oktober 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/4b2x34nr3p/
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TROISIEME ANNEE. — N° "201 f ï-ie Numépo : Î.O oentimea JEUDI 8 NOVEMBRE 1917. PARIS 3, Place des Deux-Écus, 3 Téléphone i Central 33-Q4 PUBLICITÉ S'adresser à l'Administration du Journal Lçs petites annonces sont également reçues à la Société Européenne de Publicité, 10, rue de la Victoire, Paris, qui en a le monopole pour Paris. LE XXe SIÈCLE QUOTIDIEN BELGE Directeur : Feroand NEURAY LE HAVRE 28tcr, Rue de la Bourse, 28ter Téléphone s 64 Belge ABONNEMENTS France. 2 fr. 50 par mois — 7 fr. 50 par trimestre Angleterre .. 2 sh. 6 d. par mois — .. 7 sh. 6 d. par trim. Autres pays. 3 fr. par mois — . 9 fr. par trimestre Le rêve sioniste peut-il se réaliser en Palestine ? Ce serait la plus dangereuse des solutions Les opérations du général Allcnby contre Gaza appellent de nouveau l'attention sur la question de Palestine. Nul ne doute plus que la victoire des Alliés doive affranchir du joug ottoman cette terre sacrée aux yeux de tout le ■ monde civilisé. Mais quel statut politique lui donnera-t-on pour assurer dans l'avenir sa liberté et sa prospérité? Certains milieux s'agitent beaucoup en ce moment pour faire prévaloir la solution sioniste. "Le XX' Siècle signalait dimanche une assemblée de juifs du Caire réunis pour demander au gouvernement britannique la reconstitution de la « patrie israélite >> en Palestine. Quelques jours auparavant, le Cl octobre, la Gazette de Lausanne nous avait apporté la .relation d'une conférence donnée le 27 à Zurich par le D1' Félix Pin-kus sur.« Les Alliés et l'Etat juif ». Le conférencier invoquait en faveur de la thèse: sioniste le patronage de certains hommes politiques -anglais, de M. Albert Thomas en France,, de M. Francisco Saverie-Nitti: en Italie, et du président Wilscrn aux Etats-Unis. Nous ignorons jusqu'à quel point la réalité répond au tableau du D'' Pinkus, mais' nous devons reconnaître que le TJmets a signalé le 28 octobre avec beaucoup de sympathie une requête çdres-?ée par 250 institutions, communautés ;t organisations juives au gouvernement britannique « en faveur de la reconsti-;ution de la Palestine comme le foyer national du peuple juif ». Le Times pressait même JVL Lloyd George de se prôno'nceï5 catégoriquement pour cette ;olution, afin de s'assurer la sympathie 3es Juifs. Nous sera-t-ii. permis de mettre notre jrand confrère anglais en garde contre e péril d'une solution sentimentale qui ne lient pas un compte suffisant des ' réalités concrètes? Les lecteurs du XX" Siècle n'ont pas oublié les articles très ( documentés où un de nos collaborateurs i iéiHontrait que la solution sioniste, ou- i :re qu'elle heurterait gravement des susceptibilités très respectables du monde ■ îhrétien, serait loin d'assurer l'ordre en ! Palestine et de favoriser la paix de l'Orient et de l'Occident. L'auteùr est un ] îsprit très libéral,, un orientaliste de . grande autorité, un familier de l'Islam -t de la Palestine, qu'il étudie concrètement depuis quarante ans. On peut ionc lui accorder quelque attention, juarid il affirme que les prétentions mti-juives sont si profondément enracinées dans les masses musulmanes :ju'on s'expose à de graves difficultés ■ m voulant soumettre à un régime is-'aélite les islamites constituant les trois quarts de la population palestinienne. Certes, les chrétiens qui forment, à part 'infime minorité des colonies israélites, ( f' reste de cette population, accueille- I naient mal un régime juif, mais cela ] l'est rien à côte de la colère que sou-èverait.chez les musulmans une telle i création. On ne songe pas à s'en éton- J ter quand on a vu la garde farouche 1 nontée à Jérusalem autour de la mos- ' juée d'Omar en vue de garder de toute 1 souillure israélite ce temple largement ■ luvert aux curiosités chrétiennes. j Les Anglais, plus que personne, eux ' lont' l'Inde a si grand besoin du loya- : isrne musulman, ont intérêt à ne pas avoriser une solution qui serait consi- . lérée par tout l'Islam comme un acte ie mauvais gré. Or, ainsi que le disait ! lotre collaborateur, on ne oeut douter ; ïué les cent millions de mahométans ' /oient une grave insulte» à leurs croyants dans le fait d'assujettir leurs frères lux « Jahoud-Goroud », aux juifs-singes, comme ils appellent ceux qu'ils iennent pour leurs pires et leurs plus néprisables ennemis. L'état d'esprit des populations musulmanes est tel que beaucoup d'israélttes ;e rendent compte du danger que créerait pour les juifs eux-mêmes un régime jros de mortelles réactions. Qu'une autorité respectée — et une autorité chrétienne sèrait cent fois plus facilement acceptée — assure dans la vie commune lux Juifs une égalité de droits et de ;raitement, rien de plus équitable. Mais /ouloir aller au-delà, c'est s'exposer à do très graves mécomptes. Les Alliés n'ont pas à ajouter de fau- 1 tes nouvelles à toutes celles qui ont été iccumi/lées en Orient. Il leur en a coûté i trop, d© mal connaître l'Islam. Notre savant collaborateur a montré ici mê- : me quelle erreur nos gouvernements eu- i ropéens avaient commise en reconnais- < sant au sultan de Constantinople un i K h al i fat religieux auquel il n'avait au- i ;un droit et dont l'usurpation lui a per- ! mis d'étendre au profit de l'Allemagne ; =a domination politique. M. Louis Ma- ; rin, le distingué député de Nancy a, de 1 même attiré "l'attention de la Chambre française sur cette faute dans un récent AU FRONT BRITANNIQUE 1 UN DIOGENE CHRÉTIEN — v 11: La victoire des Flandres Léon Bloy C»»I« ■ LES SUCCÈS DU MARÉCHAL HAÎG VUS DE PASSCHENDAELE « Que tous, chefs et soldats sachent bien qu'il y va du Salut de l'armée des Flandres de garder Passchendaele. » Ordre du jour du maréchal Hindenburg à la fin d'octobre. (De notre envoyé spécial) Front des Flandres, 6 novembre. Un coup de téléphone vient de m'appren-dre que nos hommes seraient au delà de Passchendaele, — annonce un officier d'état-major.Voilà l'excellent© nouvelle qui nous parvient mardi dès dix heures du matin. Je dis : qui nous parvient, car il ne nous a. pas été possible, cette fois, de nous rendra sur le terrain. Il pleut comme lors de toutes les attaques anglaises et l'on ne voit pas à 800 mètres. La semaine écoulée a été l'une des plus agitées de la formidable bataille des Flan-ires. L'activité de l'artillerie allemande a été plus forte que jamais. Elle a arrosé sans interruption tout le terrain occupé par les troupes britanniques, faisant principalement emploi d'obus à gaz. Malgré ;ela. les fantassins et les hommes du génie snt travaillé infatigablement à réparer les routes, à en construire de nouvelles et à ooser des voies ferrées. * * * La boue a cette l'ois.étJ uour nos alliés. En effet. les obus allemands tombant dans le.terrain marécageux, n'éclataient pas, ou faisaient fougasses, ou bien ne projetaient nue de la boue. Les Boches installés sur la crête, dans un terrain sablonneux, n'avaient pas la même chance. Nos obus brisants éclataient dans d'excellentes conditions sur le sol dur de la colline, tes pavés ou les constructions du villas». Grâce aux nouvelles routes, les artilleurs britanniques purent amener leurs pièces à bonne afcliiyeo et, grâce aux chemins de fer de :aihp'agnè, H le'iir îttt possible d'avoir des nunitioris en abondance. Aussi, malgré la violence du feu ennemi, les canons anglais purent-ils à la fois tenir tête aux Allemands ît continuer leurs tirs de destruction, iigmme précédemment, des milliers de piè-;es ont préparé l'attaque, « mûri » !a posi-don.Les Allemands, se rendant parfaitement ;ompte des intentions du commandement mglais, avaient amené de nouvelles trouves. Et cependant les événements se sont déroulés conformément au plan de Sir Douglas Haig. A 6 heures ce matin, un tir le barrage d'une densité telle que les écla-ements formaient une ligne ininterrompue, a été déclanché sur les lignes alle-'n and es. Les troupes anglaises et cana-liennes, protégées par ce rideau de feu, ;e sont précipitées sur les fortins ennemis ivant que le nuage de fumée se fût dis-«Dé. De nombreux corps-à-coms se sont produits. Les Britanniques, principalement es Canadiens si habiles à lancer la grenade et à manier la baïonnette, ne se sont pas laissé arrêter longtemps. Ce n'est ru'au centre du village, dans 'es maisons ie la place qui toutes, absolument toutes, ivaient été bétonnées, que la lutte fut un noment, très dure- Mais, à huit heures _ du natin, les Canadiens qui avaient enlevé le rillage le dépassaient vers l'Est et vers le ^lord, s'établissaient dans les abris aban-ionnés par les Boches, mettaient leurs mi-railleuses et leurs fusils-mitrailleuses en lattaries et déroulaient des réseaux de fils barbvdési.' iL'imnemi amenait immédiale-nent des troupes pour contre-attaquer, nais cette fois il devait opérer ses concen-rations sous les yeux même des troupes rritanniciues, installées dans dies positions lominantes. Plus de mouvements de ter-'ain permettant aux Boches de se dissimu-er : ils doivent littéralement _ monter _ à 'assaut sous les yeux de nos alliés. Jamais, a situation de" l'armée allemande des Flandres n'a été aussi mauvaise qu'au-ourd'hui. _ En même temps qu'elles s'emparaient de Passchendaele, l'es troupes britanniques miraient dans le hameau de Mosselmarkt ït occupaient l'éperon de Goudberg, ra-neau occidental de la crête die Passchen-laele. De cette position, ils commandent et prennent en même temps d'enfilade l'es positions allemandes de Spriet, qui barrent la route de Poelcappelle à West-Roosebeke. Les renseignements qui nous arrivent établissent tous que le sol de la crête, large i'un kilomètne, est remarquablement sec. Le fond des entonnoirs ne retient pas l'eau, à cause du sable mélangé dans de fortês proportions au terrain. Les abris et fortins ennemis avaient la plupart des meurtrières ouvertes vers les quatre points cardinaux. Les troupes britanniques peuvent donc s'en servir comme s'ils avaient été faits exprès pour elles. Le nombre des [prisonniers est, paraît-il, peu étevé. Mais il 2-st largement compensé par le nombre des cadavres accumulés par les tirs de destruc- m rapport fait au nom de la commission iu budget. « En Orient, l'aspect religieux d'une question domine tous les autres », écrivit M. Louis Marin qui a rapporté de ;es voyages en Orient une expérience tppréciable. Qu'on ne l'oublie pas. Grâ-;e à une diplomatie habile, l'Angleterre ;t la France ont aujourd'hui un allié Duissant dans le chérif Hussein, roi du ledjaz, reconnu pour son chef légitime jar tout l'Islam arabe. Qu'on prenne jarde de compromettre par une_ politique inconsidérée la paix de demain avec .es succès d'aujourd'hui. STYLO. tion et de barrage et aussi par ïes pertes allemandes subies au cours des corps-à-corps.r* i c * II convient de résumer en quelques lignes les diverses étapes de i'avance britannique en Flandres. Au mois de juin, les lignes allemandes s'étendaient en demi cercle autour d'Ypres. Distantes de la ville de trois kilomètres, elles dominaient celle-ci au Nord, à l'Est et au Sud. La victoire du S juin à Messines et Wyts-chaete' faisait tomber toutes les positions <rui dominaient la ville par le Sud. Le 31 juillet, les lignes allemandes sont largement entaméies principalement au No ré de la ville. Pii^ken et Bixschoote tombent entre les mains des troupes franco-anglaises. Le 16 août, Langemarek est enlevé. Au mois die septe/nbre, l'effort britannique se produit vers lT-st. Le 20, le bois d'Heren-thage est enlevé. Le 2G, c'est 'le tour du beis du Polygone. Au mois d'octobre, l'effort se produit dans la direction du Nord-Est des dieux côtés du chemin de fer d'Ypres à Roulers Le 4, Broodseinde, point calminant d? la ligne de séparation Yser-Escaut, est occupé. A partir de cette date, la saison avancée, les pluies presque continuelles, les marmitages répétés, dans un terrain naturellement marécageux rendent _ toute avance sérieuse impossible. Les Britanni-au.es ne veulent cependant pas lâcher. Ils avanceront par petits bonds — par petites secousses pourrait-on dire — de 500 mètres. Les 0, 12, 22, 26 et 30 octobre, ils progressent do cette façon jusqu'à ce_qu£ Passchendaele soit à portée de la main. Et. aujourd'hui, leur ténacité est récompensée. Hindenburg et tous ses ordres du lour n'ont pu empêcher la prise de Passchendaele. Ils n'aideront pas davantage à reprendre le fameux village aux troupes qui l'ont conquis. On peut lancer divisions sur divisions à la contre-attaque. Les troupes canadiennes, qui ont mis à mal quelques-unes des meilleures divisions du Kaiser lorsqu'elles cherchaient à leur reprendre la colline 70 au nord de Lens, sont bien décidées à en marquer quelques-unes de plus à leur actif. A. MATAGNE. CE QUI RESTE DE PASSCHENDAELE... • Londres. 7 novembre. Le correspondant du Daily Mail au front britcùnniaue dit, en date du 6, viïune division vrussiërmè nouvellement arrivée au front et la 11° division, com.vo.-see d'habitants de Breslau. occuvaient les points les vlus exvosés du secteur d'attaaue. Il n'y avait en ligne àue d\es trçupes d'élite. Il n'ii a pas eu de surprise. Il ne reste plus de Passchendaele que la charpente de l'eglisje. Les Canadiens disent : « Nous avons tra-veme Passchendaele comme le vent passe à travers un trou de serrure. » La lutte s'est presque toujours .bornée à des combats de mitrailleuses. Les Britanniques sont maintenant établis sur le sommet de la petite partie du plateau qui reste encore aux maiiis <Les Allemands : ils dominent partout tes .positions ennemies à des milles à la ronde. La lutte pour ces collines a déjà coûté au moins 100.000 hommes aux Allemands. Nos lecteurs trouveront en 2= page les communiqués belge, français et britanniques.' "■■'WVW* ■ . Il » COMMENT MEEÏÏ ECS MTMS DEUX CITATIONS Ont été nommés Chevaliers dé l'Ordre de Léopold : Kervyn .de Lettenhove (.baron.), C-M.-B.-G.. sous-lieutenant, av. m. : Pilote de premier ordre, d'un calme et d'un courage à toute épreuve A effectué plus de 400 heures de vol aurdessus dçs lignes ennemies pôur l'exécution de missions photo-gràâùque^. A trouvé une mort glorieuse le 21 juillet 1917, au cours d'un combat aérien livré pendant une mission de reconnaissance. Etait porteur des Croix de guerre belge et française. De Meeus (comte), Jacques, sous-lieutenant, av. m. : Pilote d'une valeur exceptionnelle, ne cesse de se distinguer par son courage et son dévouement. A accompli plus do 400 heures de vol au-dessus des lignes ennemies pour l'exécution de missions photographiques. A trouvé une mort glorieuse le 21 juillet 1917 au cours d'un combat aérien livré pendant une mission de reconnaissance. Etait porteur de la Croix de guerre belg.e m, — *VWWV»" ■ ■■ ■ ■ ■ LA VIE MILITAIRE se trouve aujourd'hui en 2' page LIRE DANS LA MEME PAGE : Le repli des Italiens ; Une conférence de M. Helieputte à Paris ; Le traité entre l'Amèrioue et le Japon. r, Sa tenace malechance auira poursuivi .Léon Bloy jusque dans la mort. Par une forte d'ironie, c'est à une heure de fièvre belliqueuse et d'indifférence pour tout ce fui n'est pas la guerre, que disparaît ce errible militant. En tout autre temps, sa puissante personnalité eût largement dé-Îîayé la chronique ; on pouvait parler d© l<ai, puisqu'il n'était plus. D'autr.es préoccupations dominent les esprits, et c'est distraitement que les journaux ont enregistré, en quelques lignes d'avare nécrologie, la fin du mendiant ingrat. Avec le tempérament le plus original, lai plus vigoureuse pensée et des dons de gi-'and écrivain, Léon Bloy laisse surtout le- renom d'un pamphlétaire redoutable. Ilîïut incomparablement cela ; les Propos d'un entrepreneur de démolitions ou le Journal font tort à l'auteur du Désespéré et,%e la Femme pauvre. Deux œuvres, et pourquoi ne le dirais-je pas ? deux chefs-d'œuvre de cette qualité garderont mieux sa mémoire et le révéleront plus sûrement dans son fond véritable, que les recueils où ses| ressentiments s'exhalèrent en tumultueuse invective et, souvent, avec la plus meurtrière mais la plus évidente injustice. C'est pourtant sur des livres de cette manière : Quatre ans de captivité à Co-chorm-sur-Marne tru Les dernières colonnes de l'Eglise, sur quelques-pages féroces de son Exégèse des Lieux-communs, — si propres à aguicher la malignité publique, autant contre le satirique que contre ses victimes, — qu'on a accoutumé de juger Léon Bloy. Rien n'est plus naturel, dès lors, que le malentendu qui s'est accumulé autour de son nom et dont il a intrépidement, parfois avec une serte de frénésie, entretenu l'amertume. On n'a point vu que son « mauvais caractère » n'était peut-être que la protestation d'un caractère en proie à une vie inégale à ses élans et aux circonstances contraires à son essor. Il était, tt la Mérité, difficile- de Je voir. Devant ce. « moi' » insistant, obsédant, toujours impérieux et irascible, dont, quelles qu'en soient les supériorités, le moins qu'on puisse dire c'est qu'elles n'empêchent pas qu'il soit parfois « haïssable », devant ce <( moi » dont les livres de Bloy sont débordants, il a pu légitimement sembler qu'il était tout entier dans les explosions d'une fougue belliqueuse et que toute son activité intérieure étaiWt^e aux déceptions, aux revendications et aux représailles d'un écrivain méconnu. On pouvait le penser et, dans ce personnage de censeur irrité, impitoyable, et d'éternel réfractaire, il n'a pas toujours été impossible de percevoir quelque chose comme de l'artifice et une attitude. Disons-le, Léon Bloy s'exaspérait à la fois et se complaisait dans ce rôle de paria des lettres et d'artiste paralysé au sein d'une société inexorablement ennemie. Il a un peu composé sa figure de mendiant ingrat et de Diogène chrétien. A tout prendre, la vie ne lui a pas été sensiblement plus âpre qu'à beaucoup d'autres, et jusqu'au dernier jour, il a rencontré des amitiés précieuses et fidèles. Ses contemporains ne lui ont pas été tellement hostiles qu'ils ne soient accordés sur sa valeur et n'aient consacré son talent. Il a eu des ennemis, mais il a su s'en faire et, en conservant l'admiration, il a découragé les sympathies. Il est vrai, son temps l'eût placé ostensiblement à plus haut rang s'il avait pu l'admirer avec moins de défiance, et si, comme tant d'autres, le rude jouteur avait souscrit à quelque sacrifice de son indépendance et de sa sincérité : le monde n'adule quie qui le flatte et n'enrichit que qui que ce soit. Cela, Bloy s'est rudement refusé à le comprendre et c'est ' tout à son honneur. Mais, dès lors, on voudrait qu'il eût pris un peu différemment son parti des conséquences de cette belle révolte contre Mam-mon. Une âme illuminée par les "clartés chrétiennes, un homme qui se prévaut si fièrement de sa foi catholique, choque un peu quand il n'accepte tristesses et souffrances qu'avec des cris de colère ou une hargneuse résignation. On voudrait que celui qui n'a pas voulu acheter d'une bassesse un succès imipur eût, d'un cœur moins ulcéré, accepté sa destinée, fut-elle de se réaliser en étant contrarié dans ses voies. On souhaiterait que la satire cor-rosive de Léon Bloy et ses dons de pamphlétaire apparussent moins systématiquement au service de ses propres causes et que l'usage qu'il en fît attestât davantage la libre maîtrise d'un esprit, que l'habitude où il se fixe et le paroxysme où il se plaît. Mais ce qu'il y a donc souvent de déplaisant, de disconvenant dans beaucoup des livres du véhément polémiste ne saurait cependant faire méconnaître que les beautés qu'ils renferment sont d'un écrivain de la grande race. L'ensemble de son œuvre honore notre temps et ce n'est pas l'estimer peu que de lui assigner, avec une originalité propre, la double filiation du grand Louis Veuillot et de l'étincelant Barbey d'Aurevilly, plus proche peut-être du second que du premier. Raoul NARSY. n/t/lAA* i — Le nouveau ministre de Belgique auprès de la Cour de Saint-James, le baron Mon-cheur, est arrivé à Londres. UNE DIVERSION ALLEMANDE? Menace de nouveaux troubles maximalistes à Pétrograde Les Austro-Allemands sont pour l'instant engagés à fond sur le front italien. Leur pénurie de réserves les a forcés à emprunter, pour cette offensive qu'ils espèrent décisive, les meilleurs -éléments de leurs troupes du front oriental. Ils ne doivent avoir laissé en Russie, que des troupes d© médiocre qualité, les Allemands en particulier ayant à faire face aux graves menaces des Anglais à Passchendaele et des Français sur l'Ailette. Une dépêche nous appreud que le généralissime Kerens'ky et son ministre des affaires étrangères Terestchenko ont eu une entrevue avec l'ambassadeur d'Italie à rétrograda Il y aurait été question d'une offensive pour soulager l'Italie. Si bas que soit le moral de l'armée russe, tout réveil do ce côté, ne i'ût-cequ'uné vigoureuse oa-i.onnade, obligerait i'état-major allemand à rappeler des troupes du Frioul et qui peut dire ce qui en résulterait pour les Aus-tro-Alleinands à .la merci de la riposte prépayée par les Alliés. _ A ce danger, ie Kaiser, suivant le sys tème qui lui a si bien réussi jusqu'ici auprès des Russes, semble avoir voulu parer, par une offensive - maximaliste, à Pétrograde. La tyrannie de plus en plus accentuée des Soviets, lo manifeste de paix de ces mêmes Soviets et du Congrès des paysans, les intrigues pour une paix séparée que les dépêches attribuent à Skobeleff, l'homme des Soviets; la faiblesse évidente de Kerensky et sa récente interview, tout cela semble bien s'expliquer par une « offensive pacifiste allemande ». Heureusement, il y a actuellement au ministère russe un homme dont l'envergure semble autre-que celle du faible et indécis Kerensky : M. Terestchenko vient de se révéler au Préparleme-nt par une campagne nette et décidée contre les Soviets et leur porte-parole actuel M. Skobeleff. Il s'oppose à ce que ce dernier vienne à Paris travailler en vue d'une paix allemande. 11 a su rallier M. Kerensky à une politique J) .'i.,0'riitenu. le r;iiv-i du ministre «le la guerre Verkovsky décidé ment suspect même s'il est innocent. 11 a envoyé à Paris un ambassadeur, M. Maklakoff, dont la presse française signale avec joie le3 hautes qualités e„t' l'énergie. , Comme il fallait s'y attendre, vaincus sur le terrain politique, les maximalistes des Soviets descendent dans la rue. Le Kaiser en aura encore pour son argent. Les dépêches qui nous arrivent et qu'on lira plus loin signalent une situation bien grave à Pétrograde. C'est l'émeute, peut-être la guerre civile. D'aucuns ne la regretteront pas. L'ancien gérant du minis, tère d-e la guerre, le socialiste révolutionnaire M. Savinkof, a, par exemple,fait au correspondant du « Temps » cette déclaration significative : « J'ai la ferme conviction que si les maximalistes sortaient dans la rue ils seraient battus, et le résultat de leur aventure serait pour le pays le retour à la raison et au sang-froid, et la constitution plus rapide encore de notre bloc. » Depuis longtemps tout le monde est convaincu que l'ordre ne sera rétabli que par la force. Korniloff a échoué par la faute et l'erreur de Kerensky. Le correspondant à Petrograde de l'« Humanité » nous signalait la semaine dernière que nombreux sont ceux qui, même parmi les socialistes, regrettent cet échec. Kerensky aidé de Terestchenko peut réussir cette fois. Souhaitons-le lui. — PERCY. Pétrograde gardé militairement. — Les Soviets défendent aux troupes d'obéir au gouvernement Petrograde, G novembre. — En fin de journée, le conflit entre I'état-major de la circonscription militaire de Petrograde et le Comité révolutionnaire militaire du Conseil des délégués ouvriers ci soldats s'est considérablement aggrave. Les pourparlers, entamés par les deux parties adverses sur la base du renforcement des éléments démocratiques dans I'état-major, ont été rompus dans l'après-midi, le Comité ayant été informé que le gouverneur militaire de Petrograde avait demandé au cours de la nuit les troupes des environs de la capitale, notamment de Petr«ff, Pavlovsk et Tsars'xoie-Selo. En présence de ce fait, le Comité a lancé à ses troupes l'ordre de ne pas obéir au gouvernement. La situation s'est compliquée également à la suite deia suspension par M< Kerensky de trois journaux maximalistes et de deux organes de la droite. Vers cinq heures, les autorités ont donné l'ordre de barrer les ponts reliant les quartiers ouvriers au centre de la capitale, arrêtant ainsi la circulation des tramways dans toute la ville qui est gardée militairement par les troupes fidèles au gouver' nement. UNE MFTâe EN B€f*rEUr:e DE KERENSKY A L AVANT-PARLEMENT Petrograde, G novembre. — Au cours de la séance que le Conseil de la République a tenue cet après-midi, M, Kerensky, parlant des tentatives des maximalistes pour s'emparer du pouvoir et provoquer la guerre civile a déélaré, au milieu des applaudissements de la droite, du centre et d'une partie de la gauche « que les partis qui osent lever en ce moment la main sur la volonté du peuple russe menacent en même temps d'ouvrir le front russe à l'Allemagne. Tous les actes de cette nature devront être réprimés aussitôt. » M. Kerensky a demandé à l'Avant-Par-lement de répondre sur le champ si la gouvernement peut compter sur l'appui du Conseil de la République pour remplir son devoir. L'Avant-Parlement procède à la discussion de la ^question du président du Conseil. ECHOS Dans notre corps diplomaliqu« M. de Raymond qui était, au début des hostilités, conseiller de légation à Belges et qui avait été depuis lors attaché au consulat général de Belgique à Londres, ^st nommé ministre de Belgique à Téhéran. wvvv* Agence maritime (nj«isoij belge Try el C') Bureaux dans tous les ports français. Transit, douane, affrètements. Transports par mer et fer. Assurances. Bois de construction. Paris, 14, boulevard Montmartre. «vwn Le général Henry, gouverneur général du Congo, a été reçu, cette semaine, par le roi Albert. Au grand quartier général, le Roi a remis au général, en récompense de ses services, la cravate de commandeur de l'Ordre de Léopold. •i/vf/w* Montres du précision e.t Bracelets-Montre. Hautes nouveautés. Voir annonce en 4* page. Nos petits réfugiés Nous avons publié la'liste des enfants hébergés dans les colonies des environs de Paris. Grâce à l'obligeance du ministère de l'intérieur, nous pourront publier bientôt la liste des petits hôtes des colonies de la Seine-Inférieure. «/wvv» ' Correspondance _ Deux lettres venant de M--- et adressées à Marc Vanderwal, artilleur, par son père Zénon, peuvent être réclamées à Lucien Vilain. hôpital militaire belge, Bourbourg. MtMl 3 ceux du front Voir en dernière page l'offre particulièrement avantageuse d'une excellente jumelle militaire vendue à crédit au prix de 40 francs. UN SOUVENIR DU TEMPS DE GUERRE Faites-vous faire un' beau portrait chez le photographe bruxellois Dupont-Emera. Ses ateliers d'art sont 7, rue Auber, Paris (der-tuarp. l'Opérai. Ses prix sont avantageux. COMMÉMORATION Les villes de I'Yser m*. par Jean d'ARDENNE Une ville ?... Non, une simple bourgade de deux mille habitants, au bord d'un canal, au milieu des champs, près de l'endroit où I'Yser reçoit l'Yperlée, emplacement de l'ancien fort de K nocive. Elle n'a qu'une rue principale qui va serpentant, avec un moulin à chaque bout ; un coude en face dis l'hôtel de ville, et la rue va sie perdre dans la campagne. Mais il fut uu temps où elle mérita ce titre de ville dont elle se montre encore flère et qu'elle conserve jalousement à titre honorifique. Le lion de Flandre et l'aigle bicéphale se partagent son écusson. Elle fut chef-lieu d'un comté, munie d'un ohâteau-fort et ceinte de murailles. De celles-ci, il lui reste une vieille porte avec un simple fossé que plus rien u'empêche de franchir. La porte, flanquée de doux tourelles, se présente en travers de la rue qu'allé semble barreT. Auprès d'elle! se hérisse la noire silhouette de l'if au tronc tordu auquel la légende veut que le conquérant des Gaules, un jour qu'il passait là par hasard, ait attaché son cheval. Nous savons depuis longtemps qu'il ne faut pas contrarier la légende ; l'histoire se contrarie assez aisément sans difficulté, la légende jamais. J'ai vu qu'on n'était pas d'accord au sujet du vieil arbre, présenté sous des noms divers par des gens qui l'ont vu ; pourtant, rien dans le règne végétal n'est plus reconnaissable qu'un if ; je certifie que c'en est un ; il est cerclé de fer, étayé par des maçonneries, effroyablement décrépit et spectral : à notre époque, il n'est guère possible d'avoir été contemporain de Jules-César sans qu'il y paraisse. + f * 1 * * La rue se déroule jusqu'à l'endroit central où s'élève l'hôtel de ville flanqué du petit beffroi ; tout près, l'église spacieuse, ancienne abbatiale devenue paroissiale depuis la suppression de l'abbaye, à haute t#ur visible au loin; d'autre part l'hospice qui déployait à fr*nt de la placette sa jolie façade du XVI" siècle, couronnée de lucarnes, et, en face, la chapelle du couvent des Sœurs Grises. Tout cela, sauf la chapelle, est en ruines, ajprès avoir éciiaip-

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