L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam

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s.n. 1917, 03 Juli. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Geraadpleegd op 22 oktober 2019, op https://nieuwsvandegrooteoorlog.hetarchief.be/nl/pid/js9h41kr2t/
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7V££83S 11X11161 1917 L'ECHO BELGE CM si Son fait la Forcer «foursial ataotâcSiein «Su rrasallEi psaraÉsssaïît era Hollande Belae est notre nom tie Famille, Toutes Ses lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N. Z. VOORBUKGWAL 334-240, AMSTERDAM. Téléphones: 3797 et 1775. Rédacteur en Chef: Gustave Jaspaers. „ ... . , ( Charles Bernard, Charles Herbîeî, Comité de Rédaction: < „ „ . . » l René Chambry, Emile Painparé. pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration uu iournal:N.Z.Voorburâwal 234-240, Amsterdam Abonnements: Hollande fi. 1.50 par mois. Etranger fl. 2.00 par mois. Pour les militaires au front et les militaires internés en Hollande II. 0.75 par mois payable par anticipation. Annonces: 15 cents la ligne. Réclames: 30 cents la ligne. Lettre d'Italie La sérénissime héroïque ,,11 morbo infuria, il pan ci manca, Sul ponte sventola bandiera bianca." , (Chanson vénitienne de 1848.) Tous ceux qui, aux jours de paix qui étaient tous, indistinctement, des jours de fête, ont approché le rivage où elle étale i s£3 grâces précieuses blessées par le temps j en reçurent la même impression. Même les j plus dégagés de réminiscences littéraires songent tout de suite devant Venise à la courtisane, parée, parfumée, aux vices innombrables comme ses colliers — plus désirable d'être un peu mûre. Le parfum fade et suraigu qui dort sur les lagunes est un parfum de féminité amère et douce, d'inconscience où se noient les voluptés. Qui, voulant incarner Venise en une forme humaine, n'a songé aux courtisanes du musée civique, admirablement avachies sous la mitre dont'les coiffa Vittore Carpaccio, et dont les yeux bovins fixent, dans le néant, l'avenir diminué de leur beauté peut-être? L'humeur fantasque, radieuse tour à tour et mélancolique1; les raffinements d'une coquetterie subtile; l'abondance des hommages cosmopolites: tout enfin assimilait Venise aux grandes pécheresses. N'avait-elle point même ses amants de coeur, artistes déshérités qui sacrifiaient leurs maigres ressources pour ne la point quitter, vivre encore dans son sourire? Or, voici que la courtisane est devenue une sainte. Dès le début de la guerre européenne, le coeur de la cité des Doges commença à ralentir ses battements. Ses deux principales sources de vie: le port et les étrangers, tarirent peu à peu. La navigation diminua de jour en jour dans l'Adriatique, menacée, surveillée, par-dessus laquelle deux peuples ancestralement ennemis s'observaient en grondant sourdement, comme deux mâtins retenus encore par la volonté de leurs maîtres. L'activité du port languit. En même temps les étrangers quittaient, comme un flot»-qui se retire, les innombra-, et somptueux hôtels vénitiens. C'était un arrêt de mort, ou tout au moins de famine, pour les pigeons de Saint-Marc et les autres innombrables infiniment petits: gondoliers, dentelières, souffleurs de verre, fileuses do perles roses ou violettes en colliers à quelques sous; colporteurs de bric-à-brac ,,artistiques", gondoles-encriers, dauphins en cristal, lion de St-Marc — presse-papier Une bonne partie de la population de Venise est composée de ceux-là justement dont le métier consistait à fournir du superflu le moins nécessaire, de tous, de bibelots et d'oripeaux fragiles comme des fleurs, les oisifs qui affluaient à Venise. Pour les autres villes d'Italie, la guerre signifie seulement le deuil des familles, les larmes des femmes, le départ des jeunes hommes. Pour Venise, seule entre toutes, la guerre signifiait aussi la faim. Bien d'autres cités à la place de celle-ci se fussent laissé épouvanter, démoraliser, eussent ' imploré de l'aide. Mais Venise se souvint des périodes héroïques de son- histoire; du siège de 1848, où donner la chaise aux rats était un divertissement, les manger un festin. L'âme des grands patriotes de la République eût tressailli de dédain si Venise ne se fût pas, devant le spectre de la faim menaçante, élevée à leur hauteur. ,.Sérénissime", très sereine, elle défia le spectre, comme elle défia le danger dont, pour elle, est gros le moindre nuage, et qui peut couver dans le ciel le plus serein. Le3 femmes, d'apparence fragile, fleurs de salon, que brise la moindre fatigue, sont parfois, aux grandes épreuves morales, les plus résistantes. Ainsi cette ville irréelle, née d'un mirage ou de l'écume des flots, et dont il faut toucher les' pierres pour se convaincre qu'elles existent; cette ville bâtie de beauté, sur la fragilité, s'est montrée robuste et forte envers l'épreuve. Appauvrie, Venise n'a rien demandé à personne — donnant ainsi un exemple à méditer par d'autres cités de la Péninsule. Venise tira d'elle-même tbutes les ressources nécessaires à faire face à la disette. Un restaurant populaire fut organisé, d'après le système coopératif; plus de sept mille enfants recueillis; un bureau pour servir d'intermédiaire entre les militaires et leurs familles. S'oubliant elle-même,- s'arrachant à ses maux infinis, Venise n'a-t-elle pas souscrit deux millions au dernier emprunt de guerre national? A l'appel du danger, à la voix du patriotisme, la grande dame oublie ses élégances, ses frivolités, pour ne plus songer qu'à se rendre utile. Telle Venise, jadis vouée à l'industrie du superflu gracieux de la vie, se consacre à l'industrie du dur nécessaire de la lutte. Les mains morbides, aux féminines souplesses, des fileurs de verre fabriquent des munitions. Les doigts ailés des dentellières de Burant ne voltigent plus sur les métiers qui voient naître le royal ,,point de Venise"; ils s'acharnent, ô merveille, à coudre des uniformes gris-yert ! Malgré l'endurance joyeuse, la résignation patriotique dont fait preuve la ville des Doges, combien les conditions de l'existence y sont changées ! Le soleil et la lune, les deux amants de Venise, experts à la partfss&r, qui; la font tour, à tour royalement radieuse ou pâlement mélancolique, cité orientale ou demeure de songe — lui sont à présent devenus hostiles, redoutables. La lumière du soleil ou de la lune trahit Ver nise, révèle ses plus secrets trésors à la cupidité ennemie, découvre ses endroits les plua vulnérables. Et, cependant, Venise ne craint point la lumière. Comme une patricienne qui marché à la mort parée de tous ses joyaux, elle attend le danger, plus belle que jamais. Certes les églises les plus insignes furent couvertes, matelassées ; l'on étaye les plus fragiles colonnes. Mais est-il june seule pierre de Venise qu'on puisse toiicher sans blesser mortellement un peu de Beauté éternelle et indivisible? Il faudrait blinder la ville entière, dont les plus obscurs pavés radient un otincellement de gemme rare. Blessée dans la chair lacérée des roses angelots de Trépolo, Venise n'a point frémi. Depuis la guerre les descendants de ses grandes familles, qui disséminaient dans toute l'Europe la langueur et la noblesse d'yi être nés, sont revenus à la lagune menacée, monter la garde auprès de. leurs palais croulants. Jamais les étroites coXli ne £ont plus débordantes qu'aux moments dangereux de la pleine lumière. Mourir, soit, mais pas sans avoir joui une dernière fois des jeux de l'ombre et de la lumière sur la ville incomparable; sans s'être penché sur les canaux flamboyants de soleil ou laiteux de lune, pour leur demander le secret de l'oubli et d'une volupté inconsciente qui rappelle les saisons d'avant la guerre. La terrasse historique du café Florian, où Jean-Jacques, petit secrétaire, n'osait pas lever les yeux sur les belles Vénitiennes, n'est plus pleine que jamais et d'un plus élégant public aux heures périlleuses. Cette coquetterie est bien digne de la ville, dont Stendhal nous dit ,,qu'on s'y amusait avec esprit quand Paris n'était encore qu'une réunion assez grossière de marchands et de laquais, se volant les uns les autres " Rien n'a changé à Venise que le profil de quelques monuments. La Sérénissime a vaincu la faim et reste très sereine devant la perpétuelle menace aérienne. Toute tendue vers l'autre rive de cettô Adriatique souvent nommée pour les marais, à la joie de d'Annunzio, ,,le golfe de Venise", la ville des doges se souvient que sa domination jadis dépassa les revendications italiennes actuelles. Les hauteurs de la Dal-matiè portent, comme une couronne, des châteaux vénitiens et l'écu de Saint-Marc; les stigmates de l'a domination vénitienne y inscrivent partout une tradition que l'histoire actuelle, rafraîchit. Si Venise souffre si stoïquement, n'est-ce point qu'elle songe aux souffrances pires de Trieste, sa fille...? Si elle se tait n'est-ce point qu'à travers l'Adriatique chantante elle en perçoit la plainte muselée? Junîa Lotty. Une Sîenne mesure. Le ,;XXe Siècle" annonce qu'une importante réunion vient; de se tenir à Paris, dont les Allemands ne se féliciteront certes pas. Il en adviendra sotis peu une entente inter-alliée en vertu de laquelle tous les vols commis — en Belgique occupée ou dans les départements envahis — par les soldats du kaiser trouveront une ample compensation ; une restitution équitable sera assurée aux intéressés. Ceux-ci peuvent être complètement rassurés, en attendant les informations plus précises qu'il ne nous est pas 1 permis de leur donner aujourd'hui. ma p — . , La Seine le Stockholm Du ,,New-York Times" : lies délégués socialistes austro-allemands sont manifestement des agents du Bail Platz et de la Wilhelmstrasse. Toute cette discussion au sujet de l'internationalisation des routes maritimes et des canaux, do la liberté du commerce sur mer et sur terre, du retour aux principes maritimes, du traité de Paris de 1856, do restrictions des moyens mécaniques dans la guerre maritime et aérienne n'est que le décor poétique d'un pian allemand de pillage mondial; pas d'annexions ni d'indemnités est la phrase allemande avec laquelle les hommes d'Etat improvisés du Comité des ouvriers et de soldats se gargarisent pour le moment. La nouvelle!?] répartition des diocèses. Permettez à un de vos lecteurs de faire re-narquer que ce n'est pas Liège qui a remplacé rongres comme ville épiscopale, mais...- Maastricht, où St. Servais transportait l'Evêché de Tongres vers le Ve siècle. Le transfert de L'Evêché de Liège à Tongres ne peut donc so justifier par aucune considération historique, en admettant qu'il ne soit plus tenu compte pour le maintien de cet évêché des longues et encore récentes traditions historiques des prin-:es-évêqucs de Liège. Le transfert de cet évêché à Tongres entraînerait logiquement un remaniement des diocèses hollandais. Avez-vous pensé à cela, chrétiens du ,,Tijd", qui aimez à tenir vos yeux pudiquement demi-clos pour qu'ainsi la moitié au moins de la laideur de certains maux ne es induise point en tentation? Un paroissien. -■ —-r~^0--o-Cjh»-«CS3r*»~ H y à un m 3 juillet 1916: Sur la Somme "les Français 3ii{èvent Herbecourt et dépassent, Buscourt st les Britanniques pénètrent dans La Boi-selleA \ En Belgique. la sépaiatM aÉinisliaie Lettre de Son Emir.ence le Cardinal Mercier à son Excellence le Gouverneur Général de Belgique relative à l'arrestation de fonctionnaires des départements ministériels. Malines, 6 juin 1917. Archevêché de Malines. Monsieur le Gouverneur Général, Dès lo- début do l'occupation du sol belge par la force armée, les délégués du pouvoir impérial comprirent qu'ils avaient à organiser l'administration do notre pays en conformité avec le Droit International. Aux diverses catégories de fonctionnaires qui relevaient de l'administration civile, le Baron ^'on Bissing se réclamant de la Convention do La Haye, adressait une invitation dont la teneur, abstraction faite des variantes de forme, revenait pour tous à ceci: Consentez-vous à remplir, sous mon administration générale, les fonctions que vous occupiez sous le gouvernement belge? Pas plus que mon prédécesseur, le baron von dçr Goltz, je ne vous demande d'abdiquer votre patriotisme; je fais appel -à votre concours dans l'intérêt général; les finances belges dont j'assume provisoirement la gestion vous continueront votre traitement d'avant l'occupation, sous l'unique condition que vous vous engagiez par écrit à remplir loyalement vos fonctions et à ne rien entreprendre contre l'administration allemande dans les territoires belges occupés. Plusieurs employés de l'Etat vinrent à cette occasion soumettre à l'autorité religieuse une inquiétude de conscience: Pouvaient-ils, sans forfaire au patriotisme et à la loyauté envers le gouvernement légitime, seconder une administration étrangère ? La question était grave; elle était délicate. A la première conférence de La Haye (1899) le délégué des Pays-Bas, Monsieur Van Karne-beek, r-vait déclaré ,,repousser toute disposition qui paraîtrait donner directement ou indirectement aux fonctionnaires d'un pays envahi autorisation de se mettre au service du vainqueur." .Toutefois, l'assemblée se montra moins exclusive. Elle comprit que vertains fonctionnaires accomplissent parfois mieux leur devoir s'ils Testent à leur poste en présence de l'envahisseur. Néanmoins, et à la Conférence de Bruxelles en 1874, et à la Conférence de La Haye en 1899, les représentants officiels de la codification du Droit international mirent une particulière insistance à revendiquer pour le fonctionnaire non seulement la liberté, soit de reprendre, soit de refuser de reprendre ses fonctions lorsque l'occupant l'invite à les reprendre, mais encore la liberté de cesser ces fonctions après les avoir une première fois acceptées. Je voudrais inviter Votre Excellence à se faire remettre sous les yeux l'article 43 de la Convention de Bruxelles de 1874 et les Protocoles de cette conférence. Elle y retrouverait, à l'appui de la liberté des fonctionnaires, les déclarations explicites de M. Beernacrt et du Baron de Lambermont pour la Belgique ; de M de Landsbêrgo pour la Hollande ;de M. Vedel pour leDanemark ;du Colonel Staaf pour la Suède et la Norvège. J'invoque le témoignage des nations neutres qui demeurent des'arbitres incontestés du Droit International. Je voudrais inviter Votre Excellence à se faire remettre aussi sous les yeux le Protocole de la Conférence de ]^a Haye de 1899 et le rapport Rolin, commentaire authentique des articles votés par cette conférence. Votre Excellence y verrait à nouveau que cette assemblée dénie unanimement à l'occupant le droit de ,,contraindre directement ou indirectement les employés de tout ordre de l'Etat occupé à reprendre leurs fonctions". Puisque le Gouvernement Général de Bruxelles, à la fin de l'année 1914, plaçait son invitation aux administrations publiques belges sous le couvert de la Convention de La Haye, c'est d'après celle-ci que je formai ma conscience et qu'aux fonctionnaires inquiets je répondis : Le contrat de louage soumis à votre signature ne présente rien de compromettant, ni pour votre conscience morale et religieuse, ni pour votre dignité patriotique. Vous pouvez donc sans forfaire ni à l'honneur ni au patriotisme le suscrire. Vos services vont en effet à lintérêt national. Le Gouvernement belge, s'il pouvait être consulté par vous, ratifierait, ie n'en puis douter, votre acceptation. Le patriotisme, vous n'y manquez donc pas. Quant à l'engagement qui vous est demandé ,,de rien entreprendre contre l'administration allemande dans les territoires belges occupés',', il vous commande le respect et de l'ordre extérieur, et des règlements nécessaires à son maintien. Ces règlements, nul d'entre vous n'a l'intention do les violer. Que si, un jour, les conditions du contrat qui vous est soumis changeaient de caractère, il vous serait toujours loisible de le résilier. Le Droit naturel et le Droit international voiis en donnent et vous en garantissent la faculté. L'hypothèse entrevue en "décembre 1914 vient malheureusement se réaliser. Le décret de séparation administrative, qui tend à bouleverser l'administration générale de notre pays et à briser notre unité nationale .place les fonc-t'1 mnaires de l'Etat dans une situation que beaucoup d'entre eux jugent incompatible avec leur dignité et leur conscience. Ils usent de leur droit en renonçant à leurs fonctions. Et l'on ne frappe ni de l'exil, ni de la prison le légitime exercice d'un droit. Le règlement annexé à la Convention de La Haye du 18 octobre 1907 stipule à F article 4 que l'occupant doit respecter, ,,sauf empêchement absolu", les lois en vigueur dans le pays. Rien n'empêche le pouvoir occupant de respecter l'organisation séculaire de notre administration générale.Les questions de politique intérieure de la Belgique ne regardent que les Belges, n© peuvent être résolues que par les Chambres belges, par le gouvernement belge, par le Roi des Belges. Votre Excellence doit avoir été mal éclairée sur les motifs do la retraite des fonctionnaires qui ont quitté leur administration. Lorsqu'elle .aura bien , voulu contemj»ler de plus haut la noble attitude de ces braves, Elle comprendra ' qu'au lieu de sévir contre eux, Elle doit avec toutes les âmes bien nées rendre hommage à leur discrétion et à leur désintéressement. A leur discrétion, parce qu'ils ont préféré se retrancher dans l'abstention que de desservir dans l'ombre une administration à laquelle ils ne pouvaient plus loyalement collaborer ; à leur désintéressement, parce qu'ils ont immolé leurs intérêts propres et la sécurité de leur foyer familial sur l'autel dé la Patrie. Excellence, veuillez en croire ceux qui connaissent lo peuple belge et son histoire ; aucune violence n'aura raison de 6on patriotisme. Agréez, Monsieur le Gouverneur Général, l'expression do ma haute considération. (signé) D. J. Card. MERCIER, Arch. de Malines. * * * Lettre ries membres ries* trihun?ux au cfcancelior von Bethmann-Hollweg. Exoellence, Légitimement émus par les mesures de dépor-i tation prises contre des fonctionnaires des départements ministériels belges, à raison de j ! l'usage que ces fonctionnaires ont fait d'un j . droit incontestable, en résignant -leurs fonc-1 lions, les soussignés, Membres des corps judi-■ ciaires et des Barreaux de Bruxelles, s'adres-^ sent à Voire Excclientce, au nom du Droit et de la Justice, et invoquent les grands principes qui sont communs à tous les peuples civilisés ; et constituent lo droit des gens. J Au moment où — en 1914 et 1915 — s'orga-i nisait, en Belgique, lo régime de l'occupation, ' nombreuses furent; les assurances données aux Belges que l'occupant respecterait leur patrio-. iL.no et leur n délité à leurs devoirs sacrés envers le Roi, la Loi et la Patrie. , C'est sous la garantie de ces promesses et dans le désir d'être utiles à leur infortuné pays que les fonctionnaires sont restés en fonctions et ont souscrit envers le pouvoir occupant, qui n'était et qui ne pouvait être ' pour eux que l'administrateur temporaire du territoire, l'engagement, auquel ils n'ont jamais failli, d • <■ ntinuer loyalement l'exercice de leurs fonctions. Cet engagement est révocable en tout temps. Le fonctionnaire peut revenir sur un consentement. qui a . un caractère purement provisoire ; à aucun moment, 11 ne peut être prive de ce droit. Il se retire notamment si des raisons personnelles ou sa conscience lui dictent cette retraite, s'il considère l'accomplissement des obiigotircs qu'on lui impose comme une coopération à des actes contraires aux intérêts de sa patrie, s'il estime que son■ patriotisme et son honneur, dont il- est seul juge, lui font un devoir de se démettre. Aussi, le caractère provisoire de rengage-menu n'eût-il pas même dû être reconnu et lorsque son Excellence, lo docteur Ton -Sandt, conformément aux instructions du gouverneur général von Bissing, affirma, par écrit du -î Janvier 1915, porté à la connaissance do tous, • que les fonctionnaires restaient libres de | icinpre, à tout moment, leur engagement, et que nul d'entre eux ne pourrait être inquiété pour avoir fait usage de cette faculté, ne faisait-il que reconnaître un principe. Dès 1874, les représentants de toutes les nations civilisées, réums au congrès à Bruxelles, et y organisant l'occupation de guerre, avaient solennellement et unanimement reconnu ,,que le fonctionnaire ne peut, à aucun moment, être privé du droit de se démettre de ses fonctions". En 1899 et en 1907, cette affirmation ne fut même plus discutée et la doctrine l'admet aujourd'hui unanimement, comme un axiome de droit international, fondé sur la conscience et la justice universelles. L'occupant ne peut donc imposer aux fonctionnaires belges l'obligation de continuer a exercer leurs fonctions. Il no peut les contraindre, sous peine de déportation, à collaborer à un régime do division entre les enfants d'une même patrie, contraire à nos lois et à nos traditions et de nature à bouleverser les services publics. Organes de la Loi et du Droit, nous devons à la vérité d'affirmer solennellement que les fonctionnaires ont le droit d'apprécier les actes auxquels on entend les associer et de rompre, à tout moment, à raison de ces actes, l'engagement qui ne dépend que de leur volonté; — qu'on ne peut les frapper pour le refus d'une collaboration qu'ils estiment ne pouvoir se concilier avec leurs devoirs envers leur pays; — que, dès lors, la mesure que nous visons constitue la méconnaissance d'engagements librement acceptés des principes les plus certains du Droit éminenfc que les Nations se sont donnés et des Lois, et de la Justice, et de l'Hu-i manité. Aussi, avons-nous, la ferme confiance que cette mesure inadmissible et qui blesse profondément la conscience publique sera rapportée. Nous prions Votre Excellence de trouver ici les assurances de notre haute considération. Suivent !fiO à 500 signatures du monde judiciaire (depuis les juges de paix jusque et y compris les membres du parquet et de cour de cassation) et des barreaux de cassation et d'appel. A Son Excellence le Docteur D. de Beth-mann-Holhveg, Chancelier de l'Empire d'Allemagne, à Berlin. I * * * Lettre des sénateurs et députés au chancelier von Bethmann-Hollweg. Excellence, Par sa note du 4 janvier 1915, adressée avec l'assentiment de son Excellence le Baron von iiissing au Président de l'administration civile de Hasselt et communiquée pour information à tous les départements ministériels belges, Monsieur le chef de l'administration civile près le Gouverneur Général en Belgique a déclaré ,,réserver aux fonctionnaires belges de décider librement s'ils croyaient pouvoir concilier l'exercice ultérieur de leurs fonctions avec leurs devoirs envers l'Etat Belge, leur assurant que ceux d'entre eux qui renonceraient à leurs fonctions, même après avoir signé la déclaration do loyauté, n'auraient à craindre do ce. fait aucun dommage — abstraction faite do la porte de leur traitement — s'ils n'avaient pas manqué d'une autre façon aux obligations' de leur charge ni nui aux intérêts ae î aammistran^n allemande." (Jette déclaration était d'ailleurs surabondante.Surabondante parce qu'elle ne faisait que confirmer les garanties dont les fonctionnaires publics jouissent en territoire occupé en vertu do l'article 43 du règlement annexé à la Convention de La Haye de 1907 (voir travaux préparatoires).Surabondante encore parce que le contrat de travail dont la durée n'est pas fixée est toujours résiliable par la 6eule volonté de l'une des parties contractantes. C'est donc sous le double couvert du Droit international et du Droit privé que le personnel administratif de l'Etat belge a accepté, quoiqu'il lui en coûtât, do prêter au pouvoir occupant plusieurs années durant le concours de son expérience et de son labeur pour la sauvegarde des intérêts supérieurs du pays. Ce concours fut toujours loyal. Pour ne parler que.des fonctionnaires ministériels, nul d'entre eux n'a jamais encouru le reproche d'avoir, dans l'exercice de ses fonctions, manqué à ses obligations ou nui aux intérêts de l1 administration allemande. Or, voici'que Monsieur le Gouverneur Général, Baron von 1 alkenhausen, par sa décision du 19 mai dernier, enjoint à Monsieur le chef de l'administration civile do revenir sur sa dé-claraton du 4 janvier 1915, d'abroger lo No. 1 de sa circulaiire, et conséquemment de retirer aux fonctionnaires le droit qui leur appartient de se soustraire aux obligations do leurs fonctions en renonçant à celles-ci. Cette rétractation serait justifiée, dit la note, ,,par la longue durée de la guerre et do l'occupation, qui aurait créé des circonstances no permettant pas que la marche régulière des affaires administratives soit compromis© par des démissions illimitées, nuisibles aux intérêts bien compris du pays et ne répondant pas aux exigences justifiées du pouvoir occupant." _. Do quelque raison d'Etat que pareille décision se réclame, elle ne peut déroger à la Convention do La Haye et moins encore modifier unilatéralement les conditions sous lesquelles les deux parties so sont, en 1915, engagées l'une vis-à-vis de l'autre. A supposer qu'elle puisse lier ceux qui, pour l'avenir, s'y soumettraient librement, expressément et en connaissance de cause, elle ne saurait avoir d'effet rétroactif ni dépouiller d'un droit acquis ceux auxquels la faculté de so démettre a été formellement et explicitement réservée et qui entendent user de cette faculté pour ne pas coopérer à la séparation administrative de la Belgique.Sur l'assurance que leur liberté et leur fidélité à. nos institutions seraient respectées, nous n'avons pas hésité, lorsqu'en 1914 et 1915 le régime de l'occupation commença à s'établir en Belgique, à exercer notro influence sur ces fonctionnaires publics pour les encourager à rester à leur poste et nous n'avons pas cessé depuis de les soutenir dans l'accomplissement do la tâche ingrate qu'ils' avaient assumée. La pensée qu'ils servaient ainsi l'ordre public nous avait tracé cette ligne de conduite. Mais lo même souci nous dicte aujourd'hui le devoir impérieux de nous , ranger à leurs côtés et d'élever la voix pour leur défense et leur protection.Plusiours, ayant derrière eux une longue et honorable carrière, ont déjà été châtiés à cause do leur résistance : arrêtés, transférés en Allemagne, ils subissent, outro les rigueurs de l'exil, celles de la détention. Plus nombreux sont ceux que menace un sort semblable. Après les déportations en Allemagne de nos malheureux compatriotes, dont des milliers attendent toujours, en proie à. d'inexprimables souffrances physiques et morales, la libération qui leur avait été promise, après la déportation en France, proche de la ligne de feu, de centaines d'hommes do tout âge et de toutes conditions, nous voici témoins de la déportation de fonctionnaires des administrations centrales ! Leur crime? C'est de se prévaloir des stipulations d'un pacte revêtu de la signature du premier fonctionnaire de l'administration civile et ratifié par le Gouverneur Général en exercice pour obéir au cri de leur conscience professionnelle ! C'est de se retirer parce que leurs fonctions sont dénaturées et qu'au lieu de servir leur Patrie elles tourneraient contre elle? C'est de renoncer à l'autorité dont ils sont investis pour ne pas devenir les complices d'une oeuvre systématique do désorganisation nationale ! Leur crime, c'est de ne pas trahir ! Ah! Si l'événement nous condamnait à rester les témoins impuissants de la violence qui leur est faite, du moins il ne sera pas dit que, mandataires do la Nation Belge, nous en serons demeurés les spectateurs impassibles et muets ! Convaincus d'être les interprètes des sentiments de tous leurs collègues, les soussignés prient Votre j-xcellence d'agréer l'assurance de leur haute considération. Liste des signataires. Ministres d'Etat: Baron do Favereau, Président du Sénat; Vicomte de Lantsheere, Ane. Président de la Chambre; Comte Woeste, Ch.-Député d'Alost. iSénateurs: Braun, Alex, pour Bruxelles; Brunard, II. pour Nivelles; Delannoy, Sénateur provincial du Brabant ; De Becker, Remy, pour Louvain ; De Ro, G, pour Bruxelles; d'Huart, Baron A. pour Namur-Dinant^Philip-peville; Dubest, E. pour Bruxelles; Daipi^et, G. pour Bruxelles ; Hallet, Max. Echevin de Bruxelles, Sénateur pour Bruxelles; Hanrez, pour Bruxelles; Kcpenne, J. pour Liège; Le-keu, J. sénateur provincial pour le Hainaut; Magis, pour Liège; Magnette, pour Liège; Nescns, Edm. pour Bruxelles; Poelaert, Alb. pour Bruxelles; Ryckmans, pour Anvers; bpeyer, H. pour Arlon-Marche-Bastogne; van der Molen, pour Anvers; Baron van Rynegom do Buzet, pour Anvers; Vinck, Sénateur provincial pour Bruxelles. Membres de la Chambre des représentants: Bertrand, L. pour Bruxelles; Buyl, pour la Flandre occidentale ; Callens, pour Anvers ; Cocq, E. pour Bruxelles; Dallemagne, pour Liège; De Bue, pour Bruxelles; Delporte, A. pour Bruxelles ; du Bus de AVarnaffe, pour Arlon-Marche-Bastogne ; Franck, Louis, pour Anvers ; Goblet, pour Liège ; Hanssens, Eu.g. pou r Bruxelles; Janson, P. E. pour Tournai ; Jowiez, L. pour Nivelles ; Lambo-rclle, pour. Malines; Lévie, M. pour Char- icriu, -ixiii itiu .\ximburo ues x- iiiiuicea ; eu- jean, pour Liège; Ozeray, pour le Luxembourg; Royers, pour Anvers; Tibbaut, pour Termonde; Troclet, Léon, pour Liège; Wauters, pour Huy. Waremme ; Wauwermans, pour Bruxelles. Les membres qui n'ont signé sont ceux qui n'ont pu être touchés, notamment les' représentants do l'Etappengebied. IIIL» Pourquoi naas nous ballons. Lo ,,Bulletin des Armées" publie dans son numéro du mercredi 27 juin les pages suivantes du général Pétain: On sait trop peu ou on oublie quelquefois trop pourquoi nous nous battons. Nous nous battons parce que nous avons été assaillis par l'Allemagne; Nous nous battons pour chasser l'ennemi de notre territoire et empêcher, par une paix solide et complète, qu'une pareille agression se reproduise jamais; Nous nous battons parce que ce serait un crime do trahir, par une honteuse défaillance, tout à la fois nos morts et nos enfants; Nous nous battons pour que la paix ramène dans notre pays l'aisance et conjure une gêne qui serait, avec une mauvaise fin de guerre, bien'pire que celle dont souffrent les nôtres; Nous nous battons avec ténacité, nous nous battons avec discipline, parce quo ce sont les conditions essentielles do la victoire. Je veux vous expliquer en toute simplicité, en toute cordialité, comme à des amis et à des hommes, la vérité telle qu'elle nous apparaît en m'arrêtant sur les points qui peuvent plus particulièrement nous préoccuper. Et je suis convaincu quo vous serez d'accord avec moi sur la conclusion, qui est que chacun, selon ses moyens et dans sa fonction, doit continuer à faire son devoir, tout son devoir. Qui a voulu et veut la guerre? Il semble que la question ne se pose plus, tant les documents publiés sont accablants pour nos adversaires, seuls auteurs de la guerre. Mais depuis quelque temps, les Allemands essayent d'obscurcir par de nouveaux mensonges la situation qui n'est que trop claire pour leur condamnation. D'autre part, les commis-voyageurs socialistes du kaiser s'en vont partout disant: „Qu'importent les origines de la guerre? Les responsabilités ne pourront être établies que dans bien longtemps." Ils trouvent dans certains pays neutres et mal-• heureusement jusque chez nous des complices plus ou moins conscients de leur manoeuvre qui répètent: „Qu'importent les origines de la guerre ?" Les origines de la guerre importent beaucoup ; trop de gens ont pris l'habitude de dire : ,,11 est insensé de prolonger cette guerre." Comme si c'étaient les gouvernements alliés qui l'avaient déclarée et la perpétuaient. Or, c'est l'Allemagne qui a préparé, voulu, déclaré la guerre; c'est l'Allemagne qui la continue et avec les mêmes désirs de domination tjTanni-que. Les origines de la guerre nous révèlent le but que poursuit l'Allemagne, but qu'elle s'acharne à dissimuler sous des affirmations successives et différentes, mais toujours trompeuses.L'histoire des événements do l'ét.é de 1914 a été dix fois faite. Les documenta si ont été publiés par tous les gouvernements, y compris nos ennemis, qui, en les produisant, se sont eux-mêmes condamnés. Je me contente de vous rappeler que l'Autriche, rendant fort injustement la Serbie responsable du meurtre de l'archiduc héritier, a entendu obtenir d'elle des ,,réparations" qui ne visaient à rien de moins qu'à une main-mise sur l'indépendance de co vaillant petit peuple ; que le gouvernement serbe, sur les conseils même du tsar, accepta, pour conserver la paix, les plus humiliantes conditions; que le gouvernement austro-hongrois, qui était manifestement de mauvaise foi, affecta de ne s'en pouvoir contenter et déclara précipitamment la guerre à la Serbie; que le gouvernement russe, lié par de solennels engagements à la Serbie, se vit forcé, sans aucun désir d'agression, de mobiliser quelques-uns de ses corps en face de l'Autriche, mais tout en faisant démarche sur démarche pour empêcher le conflit de s'aggraver; que l'Angleterre, la France et l'Italie appuyèrent à Vienne les propositions de règlement à l'amiable, et qu'enfin l'Angleterre proposa à l'Allemagne de s'associer à cette démarche collective.L'Allemagne a refusé toute médiation. L'Allemagne refusa; c'était elle qui était derrière l'Autriche; c'était elle qui, plus que l'Autriche, voulait la guerre. Les premiers jours, elle avait affecté de n'être pas instruite de l'ultimatum envoyé par son alliée intime à la Serbie, et les pièces qu'elle-même a depuis publiées la font prendre ici en flagrant délit de mensonge. C'est son ambassadeur à Vienne qui poussait à la guerre et quand l'Autriche, plus ou moins sincèrement, sembla un instant pencher vers un accommodement qui pouvait tout sauver, c'est l'Allemagne qui, en laissant annoncer qu'elle mobilisait contre la Russie (31 juillet) , provoqua la mobilisation générale dans laquelle elle affecta de voir une provocation. Et cependant, dès le 29, le tsar Nicolas avait, par uno dépêche personnelle à l'empereur Guillaume, offert de ,,soumettre le problème austro-serbe à la Conférence de La Haye". Guillaume avait décliné l'offre, mais, ayant sans doute conscience du crime qu'il avait commis, il supprima dans le Livre blanc allemand cette si importante dépêche. C'est un aveu. En vain, le 31 juillet, lo 1er août, le tsar renouvelle ses démarches personnelles, pressantes, émouvantes près de Guillaume II ; celui-ci répond sèchement, durement, insolemment. Puis, brusquement, quand Vienne va peut-être négocier, il précipite le conflit en déclarant la guerro à la Russie, avant l'Autriche même, au désespoir du monde entier. L'Allemagne voulait la guerre. C'est qu'en réalité l'Allemagne, depuis des années, voulait la gueî-re, — et contre la Russie et contre la France. Elle se proposait de rejeter la Russie vers l'Asie, de nous écraser et, après s'être enrichie et agrandie à nos dépens, de dominer l'Europe. La preuve est qu'elle avait

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Dit item is een uitgave in de reeks L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam behorende tot de categorie Oorlogspers. Uitgegeven in Amsterdam van 1914 tot 1918.

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